N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2016-03-29

quarante( )aire

(M.S.)(I.K.)(J.D.)
J'ai eu quarante ans (...) Certes, c'est déjà la mort qui vient, mais c'est aussi l'occasion de participer d'une vérité éternelle : quoi de plus éternel, quoi de plus vrai en effet que le temps qui passe ? (...) il y a dans l'acceptation lucide de ce que nous sommes quelque chose de salutaire. (...) comme si de ne plus trop attendre de la vie était la meilleure façon de l'aimer, comme si de ne plus trop attendre des autres était la meilleure façon de les apprécier. Ce n'est pas une pensée qu'on a à vingt ans (...). À quarante ans, c'est différent : il faut apprendre à vivre avec cet écart entre ce que la vie aurait pu être et ce qu'elle est réellement. Intégrer le poids étrange du temps...
(Ch.P.)

Mais...
Atteindre la quarantaine ? Alors que je n'ai vécu pour ainsi dire que ça.
(O/<.)

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29 mars 2009
29 mars 2010
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29 mars 2013
29 mars 2014
29 mars 2015

 

comme en 39

Un miroir me fait face, et son regard me sort par les yeux.
(O.K.)
 
Je regardais ce visage dans le miroir, je regardais ce visage déjà vieux et pourtant mien, et c'est un état qu'il est des plus étranges de devoir associer à soi-même la vieillesse, ou du moins – car je n'étais pas encore vraiment vieux, j'allais avoir quarante ans dans quelques mois –  la fin incontestable des caractéristiques de la jeunesse lisible sur les traits de son propre visage.
(J.-P.T.)


2015-01-22

l'enfance offensée

Malgré toutes leurs dénégations et leurs grands airs, les adultes sont des enfants ratés qui veulent, à tout prix, transmettre à leurs descendants ce ratage, y compris sous forme d'ascension sociale. L'enfance ? Un paradis contrarié. Eh bien, non, je vais la garder. Il n'y a aucune raison de renier ou de déserter son enfance pour l'adapter à celle des autres, le plus souvent humiliée, malheureuse ou bornée.
(Ph.S.)

Au besoin, débusquer l'enfance embusquée sous l'enfance offensée.
(O.K.)

> sauv(et)age de l'enfance
> jeu d'adulpte

2007-09-23

vilains petits anars

L'effort des adultes est de briser toutes les habitudes des enfants, parce qu'ils soupçonnent en celles-ci un noeud de résistance et d'anarchisme.
(C.P.)

2007-07-09

l'aire de la trentaine



C'est à trente ans que nous comprenons que, pour la première fois de notre vie, l'espoir n'est plus exclusivement situé dans l'avenir, mais aussi dans le passé. C'est à trente ans que nous apprenons à espérer à l'envers, à attendre autant d'hier que de demain, aussi heureux d'avoir encore à vivre longtemps que d'avoir un peu vécu déjà. Il existe, à cet âge, une sorte de futur à rebours qui, loin de se confondre avec le chagrin, contient non seulement ce que nous sommes, mais ce que nous n'avons pas encore achevé d'être. Il est trop tard pour le rêve, mais trop tôt pour le remords, et c'est cet espace intermédiaire, cette interface entre le monde des morts et celui des mortels qu'explore l'âge de trente ans. Nous visitons plus souvent les jours enfouis, nous partons en voyage dans les années abolies. Nous n'avons plus pour seule obsession celle du temps à remplir, et nous nous tournons volontiers vers le temps rempli.
Il m'avait fallu atteindre l'âge de trente ans, aussi distant du début de la vie que du début de la mort pour admettre, dans ce monde sans cesse parcouru par les mouvements convulsifs des êtres qui se cherchent l'un l'autre, que l'amour est la seule réalité possible. Toujours précaire, puisque tel est le destin d'une flamme, il était plus simple qu'à vingt ans parce que j'avais la force, enfin, de le préférer au reste. (...)
Je n'avais plus, à trente ans, à ce moment de l'existence où les certitudes deviennent des hypothèses, le souci de la fonction ni le goût de la carrière. La réussite est la forme la plus subtile de l'échec.(...)
Grâce à l'amour, la politique n'existait pas, ni les salaires, ni les cours de la Bourse. La mondialisation ne venait pas jusque dans mon lit. Autiste, irresponsable, imbécile et buté, j'acceptais enfin, à trente ans, d'éprouver une réalité parallèle à la réalité sociale du monde.
J'avais appris à ne plus vouloir être riche (...) Ce que j'avais appelé autrefois la survie n'était finalement que la vie, et l'avenir, qui m'avait semblé infini, je commençais à comprendre qu'il ne serait que la succession de journées minuscules que j'aurais à remplir sans mourir.
Notre corps est là, livré à ce qui lui reste à vivre, attendant sa fin quand nous rions, pleurons, discutons, relisons un chef-d'oeuvre. À vingt ans, nous n'imaginons jamais que nous aurons trente ans un jour. Mais à trente, nous savons que nous en avons déjà presque quarante, que ce presque, de proche en proche, s'appelle la mort.
La mort n'est pas soudaine ; elle est millimétrique. (...)
C'est la dernière fois, à trente ans, que ce corps marche aussi bien, qu'il sait si bien faire l'amour aux femmes ; plus instruit qu'à vingt ans, nous sommes plus vigoureux qu'à quarante. Nous savons la fragilité d'un instant, et c'est pourquoi chaque caresse pèse davantage, ployant sous le poids de l'approche de cette fin qui ne vient jamais, mais qui pourtant est déjà là, sur nos épaules. À trente ans, nous pouvons faire l'amour à des filles de vingt ans et à des femmes de quarante. Nous sommes les meilleurs observateurs de l'amour, situés à la meilleure place. Au centre géométrique de l'amour. Nous sommes le barycentre de la vie sexuelle. Le temps, à trente ans, se gaspille encore un peu, mais nous savons reconnaître qu'il s'agit d'un gâchis. Tout devient plus grave — et par conséquent plus précieux.
Les années passent vite, mais les secondes sont dilatables à l'infini dès lors que nous les chargeons d'étreintes, de souvenirs d'étreintes, de perspectives d'étreintes. Entre avenir et passé, le moment présent balance, hésite, et se prolonge sous un drap, mêlé de peau, de sueur et de griffes, la nuit, à l'aube, le jour, viens, tu es belle, je suis jeune et je suis vieux, j'ai trente ans : le meilleur âge pour aimer.
(Y.M.)