N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL
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2013-11-17
2011-03-13
simon oncle en avait...
J.P. — « (...) Je me connais. Si je le lisais, je l'imiterais toute ma vie ». Ou bien : « Je me suis arrêté à la troisième page. Il me ressemble trop. Si je continuais à le lire je serais influencé. »
R.M. — Est-ce que c'est là une opinion tellement sotte ?
J.P. — Sotte, je ne sais pas. Mais fausse, ça ne fait pas l'ombre d'un doute. J'ai vu mille fois le contraire. Je connais des auteurs qui ont écrit du Kafka toute leur vie. On le leur disait. Ils répondaient : « Allons donc, je ne l'ai jamais lu. » Et le plus fort, c'est que c'était vrai. Ils n'en connaissaient que cinq lignes, parfois une simple citation. C'était bien suffisant. Quand on est tant soit peu sensible à ces choses-là, il suffit de cinq lignes, il suffit d'une phrase pour qu'un auteur se livre à vous tout entier.
cf. ... les moyens de ses intuitions
cf. hein ? confluences
R.M. — Est-ce que c'est là une opinion tellement sotte ?
J.P. — Sotte, je ne sais pas. Mais fausse, ça ne fait pas l'ombre d'un doute. J'ai vu mille fois le contraire. Je connais des auteurs qui ont écrit du Kafka toute leur vie. On le leur disait. Ils répondaient : « Allons donc, je ne l'ai jamais lu. » Et le plus fort, c'est que c'était vrai. Ils n'en connaissaient que cinq lignes, parfois une simple citation. C'était bien suffisant. Quand on est tant soit peu sensible à ces choses-là, il suffit de cinq lignes, il suffit d'une phrase pour qu'un auteur se livre à vous tout entier.
cf. ... les moyens de ses intuitions
cf. hein ? confluences
2010-11-06
... les moyens de ses intuitions
Vous savez, moi je crois que les livres, ça sert à tout sauf précisément à leur emprunter des idées. Je sais pas à quoi ça sert ! Mais ça sert à quelque chose, ça, sûrement. On peut emprunter à un livre tout ce qu’on veut (...), mais on peut pas lui emprunter la moindre idée ! Ça va pas, ça... Le rapport d’un livre avec l’idée c’est quelque chose de tout à fait différent.
Alors dans le cas de Spinoza, on peut toujours trouver une tradition dans la philosophie du livre : ah oui, bon, elle se continue et passe par Spinoza, tout ça... Mais, en un sens, il emprunte rien... rien, rien, rien... (...) un philosophe il a une intuition, et qu['il] cesse pas d’essayer de l’exprimer, quoi...
(G.D.)
Je n'ai subi qu'une fois l'influence de quelqu'un : avant de tourner Citizen Kane, j'ai vu quarante fois La Chevauchée Fantastique. Je n'avais pas besoin de prendre exemple sur quelqu'un qui avait quelque chose à dire, mais sur quelqu'un qui me montrerait comment dire ce que j'avais à dire...
cf. hein ? confluences
Alors dans le cas de Spinoza, on peut toujours trouver une tradition dans la philosophie du livre : ah oui, bon, elle se continue et passe par Spinoza, tout ça... Mais, en un sens, il emprunte rien... rien, rien, rien... (...) un philosophe il a une intuition, et qu['il] cesse pas d’essayer de l’exprimer, quoi...
(G.D.)
(...) à mon sens, ce qui se transmet, ce ne sont pas des « idées », mais des « langages », c’est-à-dire des formes que l’on peut remplir différemment ; c’est pourquoi la notion de circulation me paraît plus juste que celle d’influence ; les livres sont plutôt des « monnaies » que des « forces ».
(R.B.)
(O.W.)
... afin d'avoir sous la main quelques formules, signes, moyens d'expression de plus.
(F.N. — EH 3B§3)
2010-10-20
hein ? confluences
« Ah, vous écrivez comme untel » ou « vous pensez la même chose que lui ! — Que qui ? Comme qui ? » Ou : « Oui, mais je connaissais pas avant. » Phénomène courant. C'est pour dire que l'influence, j'y crois bof, et ce que je crois en revanche c'est que j'ai plutôt raison.
(o.k.)
Cette question des influences est très difficile à démêler. Ce serait comme de demander à ma fille Agathe dans quelle mesure elle doit sa jolie mine à la crème dont elle est si gourmande. L’écrivain est bien sûr impressionné par les œuvres dont il s’est nourri. Mais n’oublions pas qu’il ne les a pas choisies par hasard. Lorsqu’il est venu vers elles, c’est avec un instinct aussi sûr que celui des bêtes qui vont mâchonner l’herbe médicinale que leur état réclame. L’influence ne s’exerce que sur celui qui était prédisposé à la recevoir. Elle est elle-même déterminée, oserai-je avancer, et non seulement par goût du paradoxe. D’une certaine façon, elle est seconde, de même que l’eau n’étanche que la soif.
(E.C.)
Finalement, personne ne peut tirer des choses, y compris des livres, plus qu'il n'en sait déjà. Ce à quoi l'on n'a pas accès par une expérience vécue, on n'a pas d'oreilles pour l'entendre.
(F.N. - EH 3§1)
Il n'y a en littérature qu'un sentiment absolument sot : c'est la peur d'être influencé.
(J.P.)
cf. ... les moyens de ses intuitions
cf. intracession
(o.k.)
Cette question des influences est très difficile à démêler. Ce serait comme de demander à ma fille Agathe dans quelle mesure elle doit sa jolie mine à la crème dont elle est si gourmande. L’écrivain est bien sûr impressionné par les œuvres dont il s’est nourri. Mais n’oublions pas qu’il ne les a pas choisies par hasard. Lorsqu’il est venu vers elles, c’est avec un instinct aussi sûr que celui des bêtes qui vont mâchonner l’herbe médicinale que leur état réclame. L’influence ne s’exerce que sur celui qui était prédisposé à la recevoir. Elle est elle-même déterminée, oserai-je avancer, et non seulement par goût du paradoxe. D’une certaine façon, elle est seconde, de même que l’eau n’étanche que la soif.
(E.C.)
Finalement, personne ne peut tirer des choses, y compris des livres, plus qu'il n'en sait déjà. Ce à quoi l'on n'a pas accès par une expérience vécue, on n'a pas d'oreilles pour l'entendre.
(F.N. - EH 3§1)
Il n'y a en littérature qu'un sentiment absolument sot : c'est la peur d'être influencé.
(J.P.)
cf. ... les moyens de ses intuitions
cf. intracession
2010-04-22
intracession
Finalement, personne ne peut tirer des choses, y compris des livres, plus qu'il n'en sait déjà. Ce à quoi l'on n'a pas accès par une expérience vécue, on n'a pas d'oreilles pour l'entendre.
(F.N. - EH 3§1)
Comprendre vraiment, c'est avoir déjà compris.
(O.k.)
... chaque fois qu’on ouvre un grand philosophe, on s’aperçoit qu' (...) il parle de très peu d’auteurs, d’abord. Et ensuite, ceux dont il parle, c’est pas tellement sûr qu'il les ait lus — c’est pas son problème. Alors, si vous y réfléchissez (...) c’est grotesque cette idée qu’on puisse emprunter des idées à un livre. (...) dès qu’on se lance dans cet élément, c’est curieux, on entre dans un élément qui est complètement inconsistant... Vous savez, moi je crois que les livres, ça sert à tout sauf précisément à leur emprunter des idées. Je sais pas à quoi ça sert ! Mais ça sert à quelque chose, ça sûrement. On peut emprunter à un livre, tout ce qu’on veut (...), mais on peut pas lui emprunter la moindre idée ! Ça va pas, ça... Le rapport d’un livre avec l’idée c’est quelque chose de tout à fait différent.
Alors dans le cas de Spinoza, on peut toujours trouver une tradition dans la philosophie du livre : ah oui, bon, elle se continue et passe par Spinoza, tout ça... Mais, en un sens, il emprunte rien... rien, rien, rien... (...) un philosophe il a une intuition, et qui cesse pas d’essayer de l’exprimer, quoi... (...) c’est vrai aussi de la musique...
(G.D.)
(F.N. - EH 3§1)
Comprendre vraiment, c'est avoir déjà compris.
(O.k.)
... chaque fois qu’on ouvre un grand philosophe, on s’aperçoit qu' (...) il parle de très peu d’auteurs, d’abord. Et ensuite, ceux dont il parle, c’est pas tellement sûr qu'il les ait lus — c’est pas son problème. Alors, si vous y réfléchissez (...) c’est grotesque cette idée qu’on puisse emprunter des idées à un livre. (...) dès qu’on se lance dans cet élément, c’est curieux, on entre dans un élément qui est complètement inconsistant... Vous savez, moi je crois que les livres, ça sert à tout sauf précisément à leur emprunter des idées. Je sais pas à quoi ça sert ! Mais ça sert à quelque chose, ça sûrement. On peut emprunter à un livre, tout ce qu’on veut (...), mais on peut pas lui emprunter la moindre idée ! Ça va pas, ça... Le rapport d’un livre avec l’idée c’est quelque chose de tout à fait différent.
Alors dans le cas de Spinoza, on peut toujours trouver une tradition dans la philosophie du livre : ah oui, bon, elle se continue et passe par Spinoza, tout ça... Mais, en un sens, il emprunte rien... rien, rien, rien... (...) un philosophe il a une intuition, et qui cesse pas d’essayer de l’exprimer, quoi... (...) c’est vrai aussi de la musique...
(G.D.)
Il faudra attendre longtemps avant de connaître la vérité sur l'apparition de cet astre imprévu que constituent Les Demoiselles d'Avignon. Il est convenu que l'art nègre a fourni à Picasso la matière de sa « révolution ». Il n'existe pas moins de trois versions concernant sa découverte de cet art et de ses conséquences convulsives sur la version ultime du « grand tableau ».
(...) La version de Picasso lui-même ne survient qu'en 1937. C'est André Malraux qui la reçoit, interrogeant le peintre alors que celui-ci achève ce chef-d'œuvre : Guernica. Mais trente-sept ans nous séparent encore de la révélation, par l'écrivain, de ce témoignage de Picasso. (...)
Comment le créateur des Demoiselles d'Avignon découvrit-il l'art nègre ? Sans témoin ni interprète! Il pénètre dans le musée ethnographique du Trocadéro - qui ne s'appelle pas encore musée de l'Homme - pour la première fois un jour de l'année 1907.
« Quand je suis entré au Trocadéro, c'était dégoûtant. Le marché aux Puces. L'odeur. J'étais seul. Je voulais m'en aller. Je ne partais pas. Je restais. Je restais. J'ai compris que c'était important : il m 'arrivait quelque chose, non ?
« Les masques, ils n'étaient pas des sculptures comme les autres. Pas du tout. Ils étaient des choses magiques. Et pourquoi pas les Égyptiens, les Chaldéens ? Nous ne nous en étions pas aperçus. Des primitifs, pas des magiques. Les Nègres, ils étaient des intercesseurs, je sais le mot en français depuis ce temps-là. Contre tout, contre des esprits inconnus, menaçants. Je regardais toujours les fétiches. J'ai compris : moi aussi, je suis contre tout. Moi aussi, je pense que tout, c'est inconnu, c'est ennemi. Tout ! pas les détails ! les femmes, les enfants, les bêtes, le tabac, jouer... Mais le tout ! J'ai compris à quoi elle servait, leur sculpture, aux Nègres. Pourquoi sculpter comme ça, et pas autrement ? Ils étaient pas cubistes, tout de même ! Puisque le cubisme, ça n'existait pas. Sûrement, des types avaient inventé les modèles, et des types les avaient imités, la tradition, non ? Mais tous les fétiches, ils servaient la même chose. Ils étaient des armes pour aider les gens à ne plus être les sujets des esprits, à devenir indépendants. Des outils. Si nous donnons une forme aux esprits, nous devenons indépendants. Les esprits, l'inconscient (on n'en parlait pas encore beaucoup), l'émotion, c'est la même chose. »
Puis cette phrase clé : « J'ai compris pourquoi j'étais peintre. »
Puis, tout de suite après : « Tout seul dans ce musée affreux, avec des masques, des poupées peaux-rouges, des mannequins poussiéreux. Les Demoiselles d'Avignon ont dû arriver ce jour-là, mais pas du tout à cause des formes : parce que c'était ma première toile d'exorcisme, oui ! »
Pas les formes, pas les masques façon Vlaminck ou Matisse ou façon Braque dont Picasso dit alors : « C'est aussi ça qui m'a séparé de Braque. Il aimait les Nègres, mais, je vous ai dit : parce qu'ils étaient de bonnes sculptures.» (...)
Non, pas les formes, les masques, les bonnes, les belles sculptures ! Mais ce qui se passe sous les formes, sous les masques ! L'esprit, pas la matière, l'invisible plutôt que le visible. Déjà en 1923, Picasso avait déclaré : « Les statues africaines qui traînent un peu partout chez moi sont plus des témoins que des exemples. »
Alors, Picasso va à son tour exorciser ses propres démons, en donnant sa pleine mesure au « grand tableau ». Il livre une guerre d'indépendance, de libération, contre l'ennemi intérieur ! Il exorcise sa hantise de la maladie, laquelle peut-être transmise par Ie sexe ! Les Demoiselles, on le sait, sont une scène de bordel ! À Françoise Gillot, une de ses femmes, et au grand critique américain William Rubin, il dira, précisant encore ce qu'il avait dit à Malraux :
« Et alors, j'ai compris que c'était le sens même de la peinture », à propos de sa visite au musée du Trocadéro.
(...) il est profondément agacé par la rumeur selon laquelle il aurait copié les formes quand c'est l'esprit des formes qui l'avait touché ! (...)
(...) que le « grand tableau» soit terminé ou non à l'époque où Picasso entre dans le musée du Trocadéro, cela ne change guère. Si le tableau est achevé, Picasso comprend mieux ce qui l'a animé alors qu'il le peignait - passant en quelque sorte de l'inconscience à la conscience de son acte d'exorcisme. Si le tableau est en cours, sa découverte de l'art primitif vient appuyer ses convictions intimes, l'aide à franchir les derniers obstacles. Dans les deux cas, il ne copie pas, n'emprunte pas des formes. Advient au contraire ce qu'il porte déjà lui-même en germe. Car on ne fait pas une rencontre avec l'invisible si l'on n'est pas soi-même concerné !
(...) Daniel-Henry Kahnweiler (...) confirme que la rencontre avec l'art primitif de ses amis cubistes ne constitua aucunement « une simple délectation esthétique », et qu'ils ne se contentèrent jamais d'« imiter le seul aspect de ces sculptures ». Il tient à rappeler qu'il ne s'agit pas d'un emprunt formel.
« Il me faut, écrit-il, m'inscrire, une fois de plus, en faux contre la thèse d'une influence directe de l'art africain sur les deux peintres cubistes d'alors, à savoir Picasso et Braque. Il s'agit d'une convergence. » Quel mot clé ! Kahnweiler précise : « Les peintres cubistes se sentaient encouragés dans leurs travaux par l'existence d'un art qu'ils devinaient frère. »
cf. compris c'est compris
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