N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2015-04-01

du surmenage maternel, honnêtement

... notre société actuelle véhicule l'image d'une parentalité remplie d'amour et de moments inoubliables, en laissant de côté l'absence de sommeil – qui peut s'apparenter à de la torture – ainsi que le poids des nouvelles responsabilités. Personnellement, je me souviens que la fatigue accumulée me laissait dans un état d'apathie extrême.
(J.R.)

Le burn-out maternel est le mal du siècle, nous disent les journaux. Les mères sont de plus en plus fatiguées, épuisées, au bout du rouleau. Tout le monde le sait. Ce sont vos amies, vos soeurs, vos cousines, vos mères, vos collègues de travail. Personne ne bouge. “Mais les hommes aussi sont touchés” me dit-on. Ah oui? Vraiment? Les 3% qui prennent un congé parental? Et le pire c’est qu’on est CONTENT que des hommes soient touchés, parce que ça veut dire qu’on AVANCE dans la répartition des tâches. Non mais vous vous rendez compte? On finit par SOUHAITER que des types soient mal, au bord de la dépression, à pleurer chaque jour de leur vie ou presque parce que ce serait signe de PROGRÈS SOCIAL. Miam le progrès.
Parmi ceux qui ne bougent pas, les pouvoirs publics tiennent le haut du pavé. Surme… quoi? Burn… quoi? D’abord la loi Toubon n’a-t-elle pas interdit les mots anglais? J’ai cherché sur le site de l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé je rappelle) si ce mal insidieux avait fait l’objet d’une préoccupation étatique: RIEN. Faut dire, déjà qu’ils s’en tamponnent pas mal du surmenage au travail tant qu’il n’y a pas trop de suicidés alors pensez donc, aller se préoccuper du surmenage de celles qui ne travaillent MÊME PAS TOUJOURS!! En cherchant bien, on finit par dégoter un truc sur les troubles émotionnels et psychiques du post-partum. Comme si la question du surmenage maternel se résumait tout entière au post-partum immédiat. Vous avez accouché depuis plus de 6 mois? Bonne nouvelle, vous ne risquez plus rien! A la rigueur, notre ami Google nous sort deux trois trucs sur le surmenage des parents dont les enfants sont atteints de pathologies graves, diabètes, cancer, parce que eux quand même, ils ont de bonnes raisons de ne plus en pouvoir (ce qu’on imagine aisément, mais qui laisse quand même pas mal de monde sur le carreau).
Bon mais alors, je leur dis quoi moi aux copines qui du matin au soir se disent qu’elles doivent vraiment être complètement NULLES de ne pas s’en sortir avec leur nouveau-né hurlant, leurs bambins fiévreux, et toutes les petites galères du quotidien? De ne pas réussir à être la mère souriante, heureuse, épanouie, qu’on voit sur les magazines, qu’on nous vend dans les films et série TV, comme semble réussir à être la voisine, l’ancienne copine de fac, la grand mère, qui s’en sort(ai)ent si bien ELLES.
Je leur dis “implique leur père, tu ne les as pas fait seule ces enfants!”. Parce c’est pas faux (même si les familles monoparentales sont aussi une réalité par trop niée), parce que c’est la seule issue et que ça marche, parfois. Je dis seulement “parfois” oui, parce que c’est pas facile de remettre en cause des siècles de patriarcat en quelques générations, parce que ça bouscule, parce que c’est pas naturel et que se battre, déconstruire les habitudes et en changer, c’est pas simple quand on n’a déjà plus l’énergie de se lever le matin. Parce que les habitudes reviennent au galop, parce qu’on peut pas dire à une jeune mère “ton mec ne veut pas se lever la nuit? T’as qu’à le quitter”. Alors on tricote, on négocie, on concilie et ça évolue, doucement. Trop doucement au regard de l’urgence de l’épuisement. D’autres leur disent “t’avais qu’à pas faire de mômes”, et c’est pas faux. Mais c’est un peu facile aussi. Pas besoin de réfléchir au problème, pas besoin de compassion, d’empathie, d’intelligence. Pas besoin de changer, pas besoin d’inventer. Le “tavékapa” est une panacée universelle en matière de politique: Tavékapa arrêter l’école, tavékapa fumer, tavékapa manger au fast food, tavékapa vivre en ville, je vous passe le reste. Je milite pour que chacune puisse faire ses choix et soit respectée quelqu’ils soient, pour qu’on fiche enfin la paix à celles qui ne veulent pas d’enfant et qu’on ouvre les yeux sur le quotidien de celles qui ont décidé d’en faire.
Car je vous le dis bien fort: nous sommes des menteuses, des menteuses de mères en filles même!
Ma mère m’a menti, toutes les années où elle prétendu se moquer d’avoir le talon trop cuit du rosbeef, les biscuits éternellement cassés, où elle nous a donné sa glace sans sourciller parce que, finalement, on préférait le chocolat à la fraise. Toutes les années où elle a fini les assiettes tout en débarrassant la table parce qu’elle n’avait pas le temps de s’asseoir, les centaines de cafés réchauffés qu’elle a finalement bu froid parce qu’il le fallait bien. Son sourire quand mon père annonçait qu’il partait à l’autre bout du monde pour le boulot deux jours après en la laissant avec les mômes et les miasmes était un mensonge, son tendre empressement à repasser ses chemises et à les disposer dans la valise de façon à le prémunir d’une faute de goût aussi. Elle m’a caché ses larmes, ses crises de nerf, ses ras-le-bol, ses frustrations quand “prendre soin d’elle” était réduit à “aller aux réunions Weight Watchers” pour substituer à la tyrannie de ses enfants la tyrannie sociale, quand nous ne la laissions même pas déféquer en paix. Elle m’a menti chaque fois que je suis rentrée de l’école et que j’ai trouvé la maison propre, le repas chaud et appétissant sur la table, chaque fois que trempée de sueur dans l’insouciance d’une après-midi passée au grand air, j’ai trouvé un gâteau tiède et du jus de fruit frais sur la table du jardin. Elle m’a menti quand, pour avancer sur ses projets, elle devait consentir à des nuits blanches. Elle m’a menti chaque fois que mon père nous emmenait à la plage et où elle se disait tellement heureuse de pouvoir “mettre la maison au clair” en shampouinant les moquettes et lessivant les volets.
Moi aussi je suis une menteuse. Chaque fois que je n’ai pas n’osé dire combien de fois je me lève la nuit, combien de temps cela fait que je n’ai pas dormi d’une traite, combien de temps cela fait que je n’ai pas mangé chez moi assise de l’entrée au dessert. Chaque fois que je n’ai pas osé dire à quel point la grossesse peut être un moment pourri, à quel point on peut se sentir malade, diminuée, impuissante, terrorisée aussi. Chaque fois que je n’ai pas osé dire que oui, un nouveau-né tète tout le temps, chie tout le temps, et grandit lentement. Très lentement. Qu’un petit enfant c’est tout le temps malade, et qu’on s’inquiète, et que ça tombe jamais au bon moment. Qu’un tout petit enfant, ça a tellement de choses à apprendre et d’idées dans la tête que chaque minute, ça réclame trois cent choses. Qu’un petit enfant, c’est une bombe émotionnelle, qui pleure puissance mille, se réjouit puissance mille et que, bon gré mal gré, c’est au parent d’encaisser. Chaque fois que je m’enferme dans ma chambre pour crier fort dans un coussin (parce qu’il ne faut déranger personne) d’épuisement, de rage, de désespoir, chaque fois où j’ai supplié mon nouveau-né d’arrêter de pleurer, mon enfant d’arrêter de me solliciter, mon ado d’arrêter de m’envoyer bouler. Chaque fois que je me suis réfugiée dans les toilettes parce que c’était la seule pièce de la maison avec un verrou fiable. Chaque fois que j’ai fait semblant d’avancer sur mes projets professionnels alors que je n’avais ni le temps ni la disponibilité pour le faire sereinement et efficacement. Chaque fois qu’après avoir amené mon bébé chez la nounou, je me suis assise sur les marches de la cage d’escalier pour pleurer un bon coup en entendant ses hurlements derrière la porte, avant de commencer ma deuxième journée.
J’aimerais vous dire que je suis une exception, mais ce n’est pas vrai. J’aimerais vous dire que c’était un mauvais moment à passer, mais ce n’est pas vrai. Grattez sous le vernis de celles qui vous disent qu’elles ne voient pas de quoi je parle, examinez les cernes, les mâchoires tendues, les colères ravalées, vous verrez les mères épuisées.
Pourquoi suis-je une menteuse? Pourquoi sommes-nous toutes des menteuses? Parce que nous avons HONTE. Et pourquoi avons-nous honte? Parce qu’on nous a menti.
On nous a fait croire que...

2014-11-30

inexpecteur gadget

Type de vêtements ? rester habillé toujours pareil dans toutes les circonstances, habillé en tous les jours, (...), c’est une première garantie de suspension du temps.
(O.C.)

Obama [ne portant en tant que président que des costumes bleus ou gris] et Zuckerberg [portant quotidiennement sweat à capuche et tee-shirt gris] s’appuient sur de nombreuses théories psychologiques expliquant que la prise de « petites » décisions (la façon dont on s’habille, ce qu’on prend au petit déjeuner, etc.) consomme de l’énergie, fatigue le cerveau et endommage notre capacité à nous prononcer sur des questions plus importantes.
Le terme médical, « decision fatigue », a été formulé par Roy Baumeister, chercheur en psychologie sociale à l’université d’Etat de Floride : « Les gens qui ont du ["]succès["] (...) développent des habitudes qui réduisent le nombre de décisions qu’ils doivent prendre et, donc, le stress. »
Déjà en 1887, le philosophe américain William James écrivait dans son livre Habit : « Plus nous serons capables de circonscrire les détails de notre vie quotidienne aux réflexes de l’automatisme, plus nos facultés d’esprit supérieures seront libérées pour faire correctement leur travail. »
(...)
Se libérer du temps de cerveau disponible, mais aussi se démarquer des autres. C’était l’intention assumée de Steve Jobs, adepte du col roulé noir Issey Miyake. (...) Après avoir rencontré le créateur japonais, Isaacson écrit que Steve Jobs « se mit à aimer l’idée d’avoir un uniforme pour lui-même, à la fois pour une question de commodité au quotidien (la raison, disait-il) et pour se créer un style ».
(...) L’uniforme, quelle que soit la forme qu’il prend, solidifie son image dans l’imaginaire populaire.
(J.N.)


Ne jamais changer de tenue et donner l’impression de ne pas y accorder d’importance, c’est reléguer au second plan son apparence physique, l’attention s’accroche donc au discours, aux actions, au travail.
(J.N.)

2014-11-27

hein ? parfait

S.T. — J’adore tout ce qui est déglingué. On aborde différemment quelque chose d’imparfait. On se l’approprie beaucoup plus. Dans la propreté, on s’ennuie vite. Maintenant j’essaye de me tenir loin de ce que je fais, de faire comme si ma musique était celle d’un autre.
LI — Tu assumes quelques imperfections sur certains morceaux.
S.T. — J’adore ça. Avant, j’étais trop frileux, trop bon élève. (...) J’ai dû un peu me forcer à l’accepter. Maintenant, je suis passionné par les fausses notes, qui créent énormément d’émotion. Les choses fausses, si on s’acharne et qu’on les fait bien, un jour ça semblera juste. C’est quelque chose que j’ai envie d’explorer.

2014-11-08

élucider et lu des...

Plus d'un savant très moyen d'aujourd'hui aurait pu devenir un grand homme s'il avait moins lu.
(L.)

Les gens qui ont beaucoup lu font rarement de grandes découvertes. Je ne dis pas cela pour excuser la paresse, car faire des découvertes exige que l'on observe par soi-même beaucoup de choses. Il faut plus voir soi-même que se laisser dire.
(L.)

Le savant qui en somme se contente de « déplacer » des volumes, (...) ce savant finit par perdre complètement la capacité de penser par lui-même. S'il ne remue pas de volumes il ne pense pas. Il répond à une excitation (...) quand il pense, et finalement il se contente de réagir. Le savant dépense toute sa force à approuver et à contredire, à critiquer des choses qui ont été pensées par d'autres que lui – lui-même ne pense plus jamais... L'instinct de défense s'est affaibli chez lui, autrement il se mettrait en garde contre les livres. Le savant est un décadent. J'ai vu de mes propres yeux des natures douées, de disposition abondante et libre, qui, lorsqu'elles ont atteint la trentaine, sont ruinées par la lecture. Elles ressemblent à des allumettes qu'il faut frotter pour qu'elles donnent des étincelles – des « idées ».
(F.N.)

> chapitre : (auto)philosophe

2007-09-14

même longueur d'ondes entre les lignes

Seuls les livres qui nous éclairent nous-mêmes ont de la valeur. Ce sont les livres qu'ils faut rechercher, auxquels il faut consacrer du temps — des livres qu'il faut lire et relire, méditer. En matière de livres la quantité est tout à fait indifférente. Et ceci est aussi vrai dans le registre de la lecture que de l'écriture.
(C.T.)

Peu de lectures, mais simples, fortes, qui laissent traces.
(J.M.)

... je cherche presque toujours refuge auprès des mêmes livres, en petit nombre au fond, les livres qui pour moi ont fait leurs preuves. Il n'est peut-être pas dans ma manière de lire beaucoup et dans tous les genres : une salle de lecture me rend malade. (...)
(F.N. - EH2§3)

cf. re-li-re
cf. partenaires particuliers