N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL
> page d'accueil
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2016-12-13
2015-09-05
2013-11-14
en post(e) campagne
C’est dans la campagne sans lune, noir total, que j’ai vu pour la première fois le lapin fluo, vert intense dans son champ abandonné, menant sa vie, indifférent à l’idée de son étrangeté, dans un halo brûlant, comme on ferme les yeux sur le souvenir de quelqu’un, signal dans la nuit noire, petit point.
Sage comme une image.
Plus mangeable, ce lapin-là, le contraire du boeuf, ex-vache, viande sur pied dès sa naissance, placard de boucherie au ralenti dans les prés, le front bouclé trempé, les yeux noirs exorbités de peur quand on les fait grimper dans le camion.
Ajouter ici une histoire vraie à propos de gens qui aiment leur vache jusqu’à leur tisser des couvertures sur mesure.
C’est loin.
Un philosophe disait qu’il fallait faire exploser le passé dans le présent, il avait raison.
Construisons.
C’est flou.
Un coup de blanc mais pas trop, pas trop de peinture, attention, ou alors ne pas poncer ni enduire avant, pour garder visible le relief de ce qui s’est passé.
Il faudrait faire une étude.
Se documenter, comprendre, rattraper le temps perdu, consulter les bons traités techniques, trouver les bonnes sources, recouper, faire parler les témoins, bien recopier.
Le lapin fluo, c’est tout le contraire de vos vaches classiques.
Réalisé avec amour par un artiste de labo dans son atelier-hôpital, prototype vivant, oreilles clonées et douces, cible idéale dans campagne transparente, gibier 4D pour nouveau chasseur.
Boum.
Planqué dans les fossés aussi visible qu’un fugitif à l’infrarouge.
Chasseur écologique nouvelle génération.
Après chasseur, il fera artiste dans la post-campagne.
C’est dans très bientôt déjà.
Ajouter ici une traditionnelle vue de campagne avec immenses prairies ponctuées de très grands arbres au feuillage fin et dense.
Il faudrait faire une étude.
C’est compliqué, c’est parfait, on ne s’endort pas.
Imaginer les bons travaux pour une vie idéale, trouver le bon compromis entre le neuf et le vieux, il y a des solutions, il faudrait faire une étude, chauffage au charbon ? type de vêtements ? rester habillé toujours pareil dans toutes les circonstances, habillé en tous les jours, pas de panoplie spécialisée, c’est une première garantie de suspension du temps.
Ajoutez ici le début d’un livre qui attaque bille en tête : un baron dans la force de l’âge, appelons-le Édouard, etc. affinités électives, fraîcheur, belle histoire d’amour d’été, capacité à prendre quelqu’un dans les bras de manière éperdue, vita nova, rouler dans les champs, courir la nuit, sensation d’être ici et maintenant, brûlure, quelque chose de direct, un bon début, c’est simple, expéditif, franc du collier, c’est rare, est-ce que les gens à l’époque parlaient vraiment comme ça ?
C’est dans les livres qu’on parle vraiment.
Il suffit de lire un livre qui s’écarte des manières du moment.
C’est rare.
Je fais un effort énorme de compréhension, je devrais mieux me documenter, travailler sur des bases solides, c’est trop tard, j’aurais dû commencer avant.
Je perds un temps fantastique, je ne devrais pas, c’est une erreur, j’écoute trop...
... c’est pas comme ça que j’irais vendre un scénario, le bon pitch, eh oui comme au base-ball, absolument, le pitch, vous avez 5 minutes pour raconter l’histoire.
... alors qu’on est déjà un grand cinéaste encore jeune, un vrai film sur du vrai réel...
Il faut se lancer, il y a une méthode : savoir exactement ce qu’on fait et uniquement ce qu’on est en train de faire avant de le faire, sans interface mentale, et ensuite le faire tout simplement.
J’ajoute que, dans une autre partie de ma vie, je me suis trompé complètement, j’avoue, je regrette, je croyais que collectionner des choses suffisait, comme on dispose des souvenirs corporels dans une vitrine...
Je regrette.
Je suis Robinson, c’est moi...
À une époque précédente, j’avais une vie très proche de la nature, par nécessité, installé dans une cabane faite main, après avoir réglé l’essentiel, j’aurais dû m’arrêter, j’ai continué comme un canard sans tête.
J’aurais dû prendre des vacances.
... beaucoup de travail pour pas grand-chose.
J’avais du temps à perdre.
Une série de projets à dormir debout.
Le sport, c’est mieux.
Elle m’a parlé.
Cheveux d’or.
Essayons de rassembler ces *** pour les enterrer, tout mettre en tas pour les annuler en vitesse, un résumé pour les détruire d’un coup, comme quand on revit en accéléré le film de sa vie juste avant de mourir.
Un millefeuille s’écrase dans mon cerveau.
On verra plus tard qu’il faudra faire l’équivalent avec les choses aimées, un monument qui grandira.
On s’en occupe à plein temps, on travaille, on ramène des tas de choses trouvées à l’extérieur, on les colle, il faudra acheter l’appartement du dessus et percer un trou dans le plafond pour continuer, ça augmente, musée sonore d’êtres aimés, catalogue de paroles dans l’air, c’est si loin qu’il faudrait un baobab.
Un monument au mort maison.
... je suis otage passé à l’ennemi, je suis conquis par les paroles des autres, ffft, je disparais, avalé, disparu, terminé, c’est problématique, tout devient affecté d’une puissance énorme, volonté de m’en sortir par de vraies lectures, crayon en main, d’auteurs importants, mon idéal de modification dans le bon sens de tout ce qui va se passer, mon algorithme de vie.
Je fais des études et ça ira mieux après, je suis un peu en perte de vitesse ces derniers temps, j’avoue, j’ai trop parlé ? vous trouvez que je me suis bizarrement comporté chez ces gens ? ils ont voulu me torturer, absolument, je peux le prouver, alors que je me suis mis en quatre toute ma vie.
Silence.
... il faut quand même qu’une reconnaissance soit possible...
Résumé.
Je suis enfermé dans un sale petit film concret, héros principal : le corps bouillant d’organes en décomposition.
... amis perdus, problèmes sous ciment, impossibilité retour immédiat, blocage en amour, difficulté recherche en général, frein et non-influence de bonnes choses et protection, manque elle.
Elle qui ?
Avec qui dois-je entrer en rapport ? qu’est-ce qui est bon pour moi ? qu’est-ce qui va se passer ? quel est le rapport de choses en moi qui va se mettre en rapport avec des choses elles-mêmes en rapports intenses et secrets ?
Je ne comprends pas tout, je devine, j’essaye.
Qui doit comprendre quoi ?
À la recherche de ?
Voilà ce que j’aurais pu faire si j’avais eu une formation, et un atelier assez grand pour construire mes essais taille réelle.
Je vais arranger tout ça, ça va bien se passer, les choses compliquées deviendront simples, je devrais construire un endroit approprié pour réfléchir à tout ça, je dois être aidé par le cadre, une table pratique, dépliante ? un toit, quelque chose de léger mais d’assez résistant quand même.
Au travail.
Finir par tout comprendre par analogie comme se révèle patiemment un ciel de puzzle.
Construire un meuble pour faire progresser ce travail, des heures penchées sur ces petits dessins noirs, un vrai bon petit Robinson qui fait au jour le jour le travail qu’il s’est fixé lui-même, une planche étroite bien poncée pour lire debout combinée à de petites étagères dessous, on y range des outils et les éléments essentiels pour bien accomplir la tâche fixée.
J’avance.
... il faudrait corriger à l’infini.
J’abandonne.
Bienvenue à la campagne.
Pommes dauphines surgelées.
Vue 360° sur la vallée.
Venez.
Bilan provisoire, il fait partout pareil, gris avec des gens dedans, post-campagne † in memoriam, ciel sale, réverbération maximum, comme si on avait installé une batterie de spots derrière une vitre opalescente de porte de clinique.
il faut faire exploser le passé dans le présent, oui, mais comment ? comment on sort ?
J’aurais dû être artiste.
Pause.
Il cherche un[e] assistant[e].
Il me faut un[e] spécialiste, on ne peut pas avoir toujours raison tout seul.
Comment s’en sortir ? sortir vers où et pourquoi ? quels sont les risques ? que faire ? pourquoi ? pour qui ? vers où ? avec quelle partie de qui relier les parties extérieures de moi ? rester seul ? combien de temps ? pourquoi ? quel intérêt ?
Et si j’arrêtais de parler tout seul, ça ne sert à rien, vous devriez vous laisser aller, pour changer, si j’arrêtais d’entendre des phrases…
Comment penser sans voix ?
Je progresse, sport de silence total, épouser ce qui se dit, technique camouflage, sage comme une image, pas un mot, on verra plus tard l’avantage de cette méthode.
Opération Perroquet Mort.
Une vie sans paroles avec juste des gestes, cure de signes, je me coule dans le mouvement des choses, je compose, je suis habile à présenter mon corps sous des rapports qui se composent directement avec les rapports qu’entretiennent les machines entre elles.
Vous devriez vous laisser aller, ils m’ont tous dit ça, pourquoi s’énerver comme ça ? vous êtes compliqué, vous n’êtes pas vivant, au sens nature, détendu, vous en faites trop, levant les yeux au ciel, alors que c’est le contraire, je ne suis pas assez compliqué pour être vivant, je suis un mécanisme pas assez artificiel pour ressembler à un vrai vivant.
Je ne le dis pas, c’est fini, maintenant Silence.
> petite annonce
« sylvie aymard, c'est moi »
« je voudrais... »
etc. etc.
>> EN POST(E) CAMPAGNE II, LE RETOUR (version audiovisuelle)
Sage comme une image.
Ajouter ici une histoire vraie à propos de gens qui aiment leur vache jusqu’à leur tisser des couvertures sur mesure.
C’est loin.
Construisons.
C’est flou.
Il faudrait faire une étude.
Se documenter, comprendre, rattraper le temps perdu, consulter les bons traités techniques, trouver les bonnes sources, recouper, faire parler les témoins, bien recopier.
Le lapin fluo, c’est tout le contraire de vos vaches classiques.
Réalisé avec amour par un artiste de labo dans son atelier-hôpital, prototype vivant, oreilles clonées et douces, cible idéale dans campagne transparente, gibier 4D pour nouveau chasseur.
Boum.
Planqué dans les fossés aussi visible qu’un fugitif à l’infrarouge.
Chasseur écologique nouvelle génération.
Après chasseur, il fera artiste dans la post-campagne.
C’est dans très bientôt déjà.
Ajouter ici une traditionnelle vue de campagne avec immenses prairies ponctuées de très grands arbres au feuillage fin et dense.
Il faudrait faire une étude.
C’est compliqué, c’est parfait, on ne s’endort pas.
Imaginer les bons travaux pour une vie idéale, trouver le bon compromis entre le neuf et le vieux, il y a des solutions, il faudrait faire une étude, chauffage au charbon ? type de vêtements ? rester habillé toujours pareil dans toutes les circonstances, habillé en tous les jours, pas de panoplie spécialisée, c’est une première garantie de suspension du temps.
Ajoutez ici le début d’un livre qui attaque bille en tête : un baron dans la force de l’âge, appelons-le Édouard, etc. affinités électives, fraîcheur, belle histoire d’amour d’été, capacité à prendre quelqu’un dans les bras de manière éperdue, vita nova, rouler dans les champs, courir la nuit, sensation d’être ici et maintenant, brûlure, quelque chose de direct, un bon début, c’est simple, expéditif, franc du collier, c’est rare, est-ce que les gens à l’époque parlaient vraiment comme ça ?
C’est dans les livres qu’on parle vraiment.
Il suffit de lire un livre qui s’écarte des manières du moment.
C’est rare.
Je fais un effort énorme de compréhension, je devrais mieux me documenter, travailler sur des bases solides, c’est trop tard, j’aurais dû commencer avant.
Je perds un temps fantastique, je ne devrais pas, c’est une erreur, j’écoute trop...
... c’est pas comme ça que j’irais vendre un scénario, le bon pitch, eh oui comme au base-ball, absolument, le pitch, vous avez 5 minutes pour raconter l’histoire.
... alors qu’on est déjà un grand cinéaste encore jeune, un vrai film sur du vrai réel...
Il faut se lancer, il y a une méthode : savoir exactement ce qu’on fait et uniquement ce qu’on est en train de faire avant de le faire, sans interface mentale, et ensuite le faire tout simplement.
J’ajoute que, dans une autre partie de ma vie, je me suis trompé complètement, j’avoue, je regrette, je croyais que collectionner des choses suffisait, comme on dispose des souvenirs corporels dans une vitrine...
Je regrette.
Je suis Robinson, c’est moi...
À une époque précédente, j’avais une vie très proche de la nature, par nécessité, installé dans une cabane faite main, après avoir réglé l’essentiel, j’aurais dû m’arrêter, j’ai continué comme un canard sans tête.
J’aurais dû prendre des vacances.
... beaucoup de travail pour pas grand-chose.
J’avais du temps à perdre.
Une série de projets à dormir debout.
Le sport, c’est mieux.
Elle m’a parlé.
Cheveux d’or.
Essayons de rassembler ces *** pour les enterrer, tout mettre en tas pour les annuler en vitesse, un résumé pour les détruire d’un coup, comme quand on revit en accéléré le film de sa vie juste avant de mourir.
Un millefeuille s’écrase dans mon cerveau.
On verra plus tard qu’il faudra faire l’équivalent avec les choses aimées, un monument qui grandira.
On s’en occupe à plein temps, on travaille, on ramène des tas de choses trouvées à l’extérieur, on les colle, il faudra acheter l’appartement du dessus et percer un trou dans le plafond pour continuer, ça augmente, musée sonore d’êtres aimés, catalogue de paroles dans l’air, c’est si loin qu’il faudrait un baobab.
Un monument au mort maison.
... je suis otage passé à l’ennemi, je suis conquis par les paroles des autres, ffft, je disparais, avalé, disparu, terminé, c’est problématique, tout devient affecté d’une puissance énorme, volonté de m’en sortir par de vraies lectures, crayon en main, d’auteurs importants, mon idéal de modification dans le bon sens de tout ce qui va se passer, mon algorithme de vie.
Je fais des études et ça ira mieux après, je suis un peu en perte de vitesse ces derniers temps, j’avoue, j’ai trop parlé ? vous trouvez que je me suis bizarrement comporté chez ces gens ? ils ont voulu me torturer, absolument, je peux le prouver, alors que je me suis mis en quatre toute ma vie.
Silence.
... il faut quand même qu’une reconnaissance soit possible...
Résumé.
Je suis enfermé dans un sale petit film concret, héros principal : le corps bouillant d’organes en décomposition.
... amis perdus, problèmes sous ciment, impossibilité retour immédiat, blocage en amour, difficulté recherche en général, frein et non-influence de bonnes choses et protection, manque elle.
Elle qui ?
Avec qui dois-je entrer en rapport ? qu’est-ce qui est bon pour moi ? qu’est-ce qui va se passer ? quel est le rapport de choses en moi qui va se mettre en rapport avec des choses elles-mêmes en rapports intenses et secrets ?
Je ne comprends pas tout, je devine, j’essaye.
Qui doit comprendre quoi ?
À la recherche de ?
Voilà ce que j’aurais pu faire si j’avais eu une formation, et un atelier assez grand pour construire mes essais taille réelle.
Je vais arranger tout ça, ça va bien se passer, les choses compliquées deviendront simples, je devrais construire un endroit approprié pour réfléchir à tout ça, je dois être aidé par le cadre, une table pratique, dépliante ? un toit, quelque chose de léger mais d’assez résistant quand même.
Au travail.
Finir par tout comprendre par analogie comme se révèle patiemment un ciel de puzzle.
Construire un meuble pour faire progresser ce travail, des heures penchées sur ces petits dessins noirs, un vrai bon petit Robinson qui fait au jour le jour le travail qu’il s’est fixé lui-même, une planche étroite bien poncée pour lire debout combinée à de petites étagères dessous, on y range des outils et les éléments essentiels pour bien accomplir la tâche fixée.
J’avance.
... il faudrait corriger à l’infini.
J’abandonne.
Bienvenue à la campagne.
Pommes dauphines surgelées.
Vue 360° sur la vallée.
Venez.
Bilan provisoire, il fait partout pareil, gris avec des gens dedans, post-campagne † in memoriam, ciel sale, réverbération maximum, comme si on avait installé une batterie de spots derrière une vitre opalescente de porte de clinique.
il faut faire exploser le passé dans le présent, oui, mais comment ? comment on sort ?
J’aurais dû être artiste.
Pause.
Il cherche un[e] assistant[e].
Il me faut un[e] spécialiste, on ne peut pas avoir toujours raison tout seul.
Comment s’en sortir ? sortir vers où et pourquoi ? quels sont les risques ? que faire ? pourquoi ? pour qui ? vers où ? avec quelle partie de qui relier les parties extérieures de moi ? rester seul ? combien de temps ? pourquoi ? quel intérêt ?
Et si j’arrêtais de parler tout seul, ça ne sert à rien, vous devriez vous laisser aller, pour changer, si j’arrêtais d’entendre des phrases…
Comment penser sans voix ?
Je progresse, sport de silence total, épouser ce qui se dit, technique camouflage, sage comme une image, pas un mot, on verra plus tard l’avantage de cette méthode.
Opération Perroquet Mort.
Une vie sans paroles avec juste des gestes, cure de signes, je me coule dans le mouvement des choses, je compose, je suis habile à présenter mon corps sous des rapports qui se composent directement avec les rapports qu’entretiennent les machines entre elles.
Vous devriez vous laisser aller, ils m’ont tous dit ça, pourquoi s’énerver comme ça ? vous êtes compliqué, vous n’êtes pas vivant, au sens nature, détendu, vous en faites trop, levant les yeux au ciel, alors que c’est le contraire, je ne suis pas assez compliqué pour être vivant, je suis un mécanisme pas assez artificiel pour ressembler à un vrai vivant.
Je ne le dis pas, c’est fini, maintenant Silence.
J’y suis, je suis déjà tout en haut, dans le vent, la terre est ronde, je suis un point saillant sur une surface courbe, me voilà sur l’extrême branche, ça va vite.
Bulles.
Bulles.
Je nage.
(O.C.)(O.K.)
> petite annonce
« sylvie aymard, c'est moi »
« je voudrais... »
etc. etc.
>> EN POST(E) CAMPAGNE II, LE RETOUR (version audiovisuelle)
2012-03-07
pour le sens de la forme
À un certain égard, tout est dans la forme, la forme dit tout. Donc creuser un peu… Le « sens » (ou disons l'intelligence) de la forme. (…) Si seulement les gens (le moyenhomme) considéraient attentivement, avec attention, pesaient effectivement le poids des formes... [Mais] je constate qu'on est loin loin, très loin d'y être, de vivre à travers la con-sidération fondamentale des formes qui nous entourent, nous constituent et nous déterminent comme on n'imagine pas. Tout est là. Le monde n'est que forme(s), dont nous sommes – émergés, immergés, déterminés. Et c'est donc pourtant par là qu'on pourrait tant changer. Par la prise en compte fondamentale de ce qui nous fonde, nous détermine, nous forme(s).
(O.K.)
cf. chapitre ATTENTION
cf. chapitre : autoconditionnement
cf. chapitre ATTENTION
cf. chapitre : autoconditionnement
2011-03-12
2011-02-17
on est physio-logique
J'avais bien calfeutré ma fenêtre : mon petit tapis de pied était cloué à sa place; ma lampe garnie de son abat-jour laissait filtrer une lumière adoucie, et mon poêle ronflait sourdement comme un animal domestique.
Autour de moi tout faisait silence. Au dehors seulement une pluie glacée balayait les toits et roulait avec de longues rumeurs dans les gouttières sonores. Par instants, une rafale courait sous les tuiles qui s'entre-froissaient avec un bruit de castagnettes, puis elle s'engouffrait dans le corridor désert. Alors un petit frémissement voluptueux parcourait mes veines, je ramenais sur moi les pans de ma vieille robe de chambre ouatée, j'enfonçais sur mes yeux ma toque de velours râpé, et, me laissant glisser plus profondément dans mon fauteuil, les pieds caressés par la chaude lueur qui brillait à travers la porte du poêle, je m'abandonnais à une sensation de bien-être avivée par la conscience de la tempête qui bruissait au dehors. Mes regards noyés dans une sorte de vapeur erraient sur tous les détails de mon paisible intérieur; ils allaient de mes gravures à ma bibliothèque, en glissant sur la petite causeuse de toile perse, sur les rideaux blancs de la couchette de fer, sur le casier aux cartons dépareillés, humbles archives de la mansarde! puis, revenant au livre que je tenais à la main, ils s'efforçaient de ressaisir le fil de la lecture interrompue.
Au fait, cette lecture, qui m'avait d'abord captivé, m'était devenue pénible. J'avais fini par trouver les tableaux de l'écrivain trop sombres. Cette peinture des misères du monde me semblait exagérée; je ne pouvais croire à de tels excès d'indigence ou de douleur; ni Dieu, ni la société ne devaient se montrer aussi durs pour les fils d'Adam. L'auteur avait cédé à une tentation d'artiste; il avait voulu élever l'humanité en croix, comme Néron brûlait Rome, dans l'intérêt du pittoresque!
À tout prendre, cette pauvre maison du genre humain, tant refaite, tant critiquée, était encore un assez bon logement : on y trouvait de quoi satisfaire ses besoins, pourvu qu'on sût les borner; le bonheur du sage coûtait peu et ne demandait qu'une petite place !...
Ces réflexions consolantes devenaient de plus en plus confuses.... Enfin mon livre glissa à terre sans que j'eusse le courage de me baisser pour le reprendre, et, insensiblement gagné par le bien-être du silence, de la demi-obscurité et de la chaleur, je m'endormis.
Je demeurai quelque temps plongé dans cette espèce d'évanouissement du premier sommeil ; enfin quelques sensations vagues et interrompues le traversèrent. Il me sembla que le jour s'obscurcissait... que l'air devenait plus froid... J'entrevoyais des buissons couverts de ces baies écarlates qui annoncent l'hiver... Je marchais sur une route sans abri, bordée, çà et là, de genévriers blanchis par le givre... Puis la scène changeait brusquement... J'étais en diligence... la bise ébranlait les vitres des portières; les arbres chargés de neige passaient comme des fantômes; j'enfonçais vainement dans la paille broyée mes pieds engourdis... Enfin la voiture s'arrêtait, et, par un de ces coups de théâtre familiers au sommeil, je me trouvais seul dans un grenier sans cheminée, ouvert à tous les vents. Je revoyais le doux visage de ma mère, à peine aperçu dans ma première enfance, la noble et austère figure de mon père, la petite tête blonde de ma sœur enlevée à dix ans; toute la famille morte revivait autour de moi; elle était là, exposée aux morsures du froid et aux angoisses de la faim. Ma mère priait près du vieillard résigné, et ma sœur, roulée sur quelques lambeaux dont on lui avait fait un lit, pleurait tout bas en tenant ses pieds nus dans ses petites mains bleuies.
C'était une page du livre que je venais de lire, transportée dans ma propre existence.
J'avais le cœur oppressé d'une inexprimable angoisse. Accroupi dans un coin, les yeux fixés sur ce lugubre tableau, je sentais le froid me gagner lentement, et je me disais avec un attendrissement amer:
— Mourons, puisque la misère est un cachot gardé par les soupçons, l'insensibilité, le mépris, et d'où l'on tenterait en vain de s'échapper; mourons, puisqu'il n'y a point pour nous de place au banquet des vivants!
Et je voulus me lever pour rejoindre ma mère et attendre l'heure suprême à ses pieds...
Cet effort a dissipé le rêvé; je me suis réveillé en sursaut.
J'ai regardé autour de moi; ma lampe était mourante, mont poêle refroidi, et ma porte entr'ouverte laissait entrer une bise glacée! Je me suis levé, en frissonnant, pour la refermer à double tour; puis, gagnant l'alcôve, je me suis couché à la hâte.
Mais le froid m'a tenu longtemps éveillé, et ma pensée a continué le rêve interrompu.
Les tableaux que j'accusais tout à l'heure d'exagération ne me semblent maintenant qu'une trop fidèle peinture de la réalité; je me suis endormi sans pouvoir reprendre mon optimisme... ni me réchauffer.
Ainsi un poêle éteint et une porte mal close ont changé mon point de vue. Tout était bien quand mon sang circulait à l'aise, tout devient triste parce que le froid m'a saisi !
(…)
Ainsi l'homme, dans ses jugements, consulte moins la logique que la sensation; et, comme la sensation lui vient du monde extérieur, il se trouve plus ou moins sous son influence; il y puise, peu à peu, une partie de ses habitudes et de ses sentiments.
(…)
Si nos sensations ont une incontestable influence sur nos jugements, d'où vient que nous prenions si peu de souci des choses qui éveillent ou modifient ces sensations ? Le monde extérieur se reflète perpétuellement en nous comme dans un miroir et nous remplit d'images qui deviennent, à notre insu, des germes d'opinion ou des règles de conduite. Tous les objets qui nous entourent sont donc, en réalité, autant de talismans d'où s'exhalent de bonnes et de funestes influences. C'est à notre sagesse de les choisir pour créer à notre âme une salubre atmosphère.
Convaincu de cette vérité, je me suis mis à faire une revue de ma mansarde.
(…)
Ah! si nous voulions veiller à tout ce qui peut nous améliorer, nous instruire; si notre intérieur était disposé de manière à devenir une perpétuelle école pour notre âme! mais le plus souvent, nous n'y prenons pas garde. L'homme est un éternel mystère pour lui-même; sa propre personne est une maison où il n'entre jamais et dont il n'étudie que les dehors. Chacun de nous aurait besoin de retrouver sans cesse devant lui la fameuse inscription qui éclaira autrefois Socrate, et qu'une main inconnue avait gravée sur les murs de Delphes :
Connais-toi toi-même.
(E.S.)
cf. pour un autoconditionnement (ou conditionnement réflexif)
cf. le dommage et l'entrouverture
cf. les grandes raisons (se rencontrent)
...
Autour de moi tout faisait silence. Au dehors seulement une pluie glacée balayait les toits et roulait avec de longues rumeurs dans les gouttières sonores. Par instants, une rafale courait sous les tuiles qui s'entre-froissaient avec un bruit de castagnettes, puis elle s'engouffrait dans le corridor désert. Alors un petit frémissement voluptueux parcourait mes veines, je ramenais sur moi les pans de ma vieille robe de chambre ouatée, j'enfonçais sur mes yeux ma toque de velours râpé, et, me laissant glisser plus profondément dans mon fauteuil, les pieds caressés par la chaude lueur qui brillait à travers la porte du poêle, je m'abandonnais à une sensation de bien-être avivée par la conscience de la tempête qui bruissait au dehors. Mes regards noyés dans une sorte de vapeur erraient sur tous les détails de mon paisible intérieur; ils allaient de mes gravures à ma bibliothèque, en glissant sur la petite causeuse de toile perse, sur les rideaux blancs de la couchette de fer, sur le casier aux cartons dépareillés, humbles archives de la mansarde! puis, revenant au livre que je tenais à la main, ils s'efforçaient de ressaisir le fil de la lecture interrompue.
Au fait, cette lecture, qui m'avait d'abord captivé, m'était devenue pénible. J'avais fini par trouver les tableaux de l'écrivain trop sombres. Cette peinture des misères du monde me semblait exagérée; je ne pouvais croire à de tels excès d'indigence ou de douleur; ni Dieu, ni la société ne devaient se montrer aussi durs pour les fils d'Adam. L'auteur avait cédé à une tentation d'artiste; il avait voulu élever l'humanité en croix, comme Néron brûlait Rome, dans l'intérêt du pittoresque!
À tout prendre, cette pauvre maison du genre humain, tant refaite, tant critiquée, était encore un assez bon logement : on y trouvait de quoi satisfaire ses besoins, pourvu qu'on sût les borner; le bonheur du sage coûtait peu et ne demandait qu'une petite place !...
Ces réflexions consolantes devenaient de plus en plus confuses.... Enfin mon livre glissa à terre sans que j'eusse le courage de me baisser pour le reprendre, et, insensiblement gagné par le bien-être du silence, de la demi-obscurité et de la chaleur, je m'endormis.
Je demeurai quelque temps plongé dans cette espèce d'évanouissement du premier sommeil ; enfin quelques sensations vagues et interrompues le traversèrent. Il me sembla que le jour s'obscurcissait... que l'air devenait plus froid... J'entrevoyais des buissons couverts de ces baies écarlates qui annoncent l'hiver... Je marchais sur une route sans abri, bordée, çà et là, de genévriers blanchis par le givre... Puis la scène changeait brusquement... J'étais en diligence... la bise ébranlait les vitres des portières; les arbres chargés de neige passaient comme des fantômes; j'enfonçais vainement dans la paille broyée mes pieds engourdis... Enfin la voiture s'arrêtait, et, par un de ces coups de théâtre familiers au sommeil, je me trouvais seul dans un grenier sans cheminée, ouvert à tous les vents. Je revoyais le doux visage de ma mère, à peine aperçu dans ma première enfance, la noble et austère figure de mon père, la petite tête blonde de ma sœur enlevée à dix ans; toute la famille morte revivait autour de moi; elle était là, exposée aux morsures du froid et aux angoisses de la faim. Ma mère priait près du vieillard résigné, et ma sœur, roulée sur quelques lambeaux dont on lui avait fait un lit, pleurait tout bas en tenant ses pieds nus dans ses petites mains bleuies.
C'était une page du livre que je venais de lire, transportée dans ma propre existence.
J'avais le cœur oppressé d'une inexprimable angoisse. Accroupi dans un coin, les yeux fixés sur ce lugubre tableau, je sentais le froid me gagner lentement, et je me disais avec un attendrissement amer:
— Mourons, puisque la misère est un cachot gardé par les soupçons, l'insensibilité, le mépris, et d'où l'on tenterait en vain de s'échapper; mourons, puisqu'il n'y a point pour nous de place au banquet des vivants!
Et je voulus me lever pour rejoindre ma mère et attendre l'heure suprême à ses pieds...
Cet effort a dissipé le rêvé; je me suis réveillé en sursaut.
J'ai regardé autour de moi; ma lampe était mourante, mont poêle refroidi, et ma porte entr'ouverte laissait entrer une bise glacée! Je me suis levé, en frissonnant, pour la refermer à double tour; puis, gagnant l'alcôve, je me suis couché à la hâte.
Mais le froid m'a tenu longtemps éveillé, et ma pensée a continué le rêve interrompu.
Les tableaux que j'accusais tout à l'heure d'exagération ne me semblent maintenant qu'une trop fidèle peinture de la réalité; je me suis endormi sans pouvoir reprendre mon optimisme... ni me réchauffer.
Ainsi un poêle éteint et une porte mal close ont changé mon point de vue. Tout était bien quand mon sang circulait à l'aise, tout devient triste parce que le froid m'a saisi !
(…)
Ainsi l'homme, dans ses jugements, consulte moins la logique que la sensation; et, comme la sensation lui vient du monde extérieur, il se trouve plus ou moins sous son influence; il y puise, peu à peu, une partie de ses habitudes et de ses sentiments.
(…)
Si nos sensations ont une incontestable influence sur nos jugements, d'où vient que nous prenions si peu de souci des choses qui éveillent ou modifient ces sensations ? Le monde extérieur se reflète perpétuellement en nous comme dans un miroir et nous remplit d'images qui deviennent, à notre insu, des germes d'opinion ou des règles de conduite. Tous les objets qui nous entourent sont donc, en réalité, autant de talismans d'où s'exhalent de bonnes et de funestes influences. C'est à notre sagesse de les choisir pour créer à notre âme une salubre atmosphère.
Convaincu de cette vérité, je me suis mis à faire une revue de ma mansarde.
(…)
Ah! si nous voulions veiller à tout ce qui peut nous améliorer, nous instruire; si notre intérieur était disposé de manière à devenir une perpétuelle école pour notre âme! mais le plus souvent, nous n'y prenons pas garde. L'homme est un éternel mystère pour lui-même; sa propre personne est une maison où il n'entre jamais et dont il n'étudie que les dehors. Chacun de nous aurait besoin de retrouver sans cesse devant lui la fameuse inscription qui éclaira autrefois Socrate, et qu'une main inconnue avait gravée sur les murs de Delphes :
Connais-toi toi-même.
(E.S.)
cf. pour un autoconditionnement (ou conditionnement réflexif)
cf. le dommage et l'entrouverture
cf. les grandes raisons (se rencontrent)
...
2009-11-10
pour une psychosom(m)ation philosophique
(B.C)(o.K) :: 2'37''::
cf. perspectivisme
cf. le b.a.-ba philosophique
cf. les grandes raisons se rencontrent
2009-10-06
2009-01-06
décorps
L’urbanisme prétendu moderne (...) nous le tenons pour passager et rétrograde.
(I.L.)
Nous avons toujours avoué qu’une certaine pratique de l’architecture (...) ne représentait pour nous qu'[un moyen] d’approche d’une forme de vie à construire.
(I.L.)
Ce que l’on veut faire d’une architecture est une ordonnance assez proche de ce que l’on voudrait faire de sa vie.
(I.L.)
L’architecture est le dernier point de réalisation de toute tentative artistique parce que créer une architecture signifie construire une ambiance et fixer un mode de vie.
(I.L.)
Le décor détermine les gestes : nous construirons des maisons passionnantes.
(I.L.)
Les chances de nouveaux comportements sont en jeu.
(I.L.)
Les dernières variations artistiques ne nous intéressent que pour la puissance influentielle que l’on peut y mettre ou y découvrir. La poésie pour nous ne signifie rien d’autre que l’élaboration de conduites [passablement] neuves, et les moyens de s’y passionner.
(I.L.)
Les belles aventures, comme on dit, ne peuvent avoir pour cadre, et origines, que les beaux quartiers. La notion de beaux quartiers changera.
Actuellement déjà on peut goûter l’ambiance de quelques zones désolées, aussi propres à la dérive que scandaleusement impropres à l’habitat, où le régime enferme cependant des masses laborieuses.
(I.L.)
Notre époque est parvenue à un niveau de connaissances et de moyens techniques qui rend possible une construction intégrale des styles de vie. Seules les contradictions de l’économie régnante en retardent l’utilisation.
(I.L.)
L'économie politique, l'amour et l'urbanisme sont des moyens qu'il nous faut commander pour la résolution d'un problème qui est avant tout d'ordre éthique.
Rien ne peut dispenser la vie d'être absolument passionnante. Nous savons comment faire.
(I.L.)
cf. chapitre : autoconditionnement
cf. sur l'urbanisation moderniste
(I.L.)
Nous avons toujours avoué qu’une certaine pratique de l’architecture (...) ne représentait pour nous qu'[un moyen] d’approche d’une forme de vie à construire.
(I.L.)
Ce que l’on veut faire d’une architecture est une ordonnance assez proche de ce que l’on voudrait faire de sa vie.
(I.L.)
L’architecture est le dernier point de réalisation de toute tentative artistique parce que créer une architecture signifie construire une ambiance et fixer un mode de vie.
(I.L.)
Le décor détermine les gestes : nous construirons des maisons passionnantes.
(I.L.)
Les chances de nouveaux comportements sont en jeu.
(I.L.)
Les dernières variations artistiques ne nous intéressent que pour la puissance influentielle que l’on peut y mettre ou y découvrir. La poésie pour nous ne signifie rien d’autre que l’élaboration de conduites [passablement] neuves, et les moyens de s’y passionner.
(I.L.)
Les belles aventures, comme on dit, ne peuvent avoir pour cadre, et origines, que les beaux quartiers. La notion de beaux quartiers changera.
Actuellement déjà on peut goûter l’ambiance de quelques zones désolées, aussi propres à la dérive que scandaleusement impropres à l’habitat, où le régime enferme cependant des masses laborieuses.
(I.L.)
Notre époque est parvenue à un niveau de connaissances et de moyens techniques qui rend possible une construction intégrale des styles de vie. Seules les contradictions de l’économie régnante en retardent l’utilisation.
(I.L.)
L'économie politique, l'amour et l'urbanisme sont des moyens qu'il nous faut commander pour la résolution d'un problème qui est avant tout d'ordre éthique.
Rien ne peut dispenser la vie d'être absolument passionnante. Nous savons comment faire.
(I.L.)
cf. chapitre : autoconditionnement
cf. sur l'urbanisation moderniste
2008-11-14
pour un autoconditionnement
Le décor détermine les gestes.
(I.S.)
La transformation, l'amélioration de soi ne se commande pas autant qu'on le voudrait. Dans la mesure où nous sommes en très grande partie le produit de notre environnement, un des meilleurs moyens d'améliorer notre caractère (humeurs, perspectives, idées, comportements, valeurs...) est d'en passer par l'aménagement tactique des conditions extérieures de notre existence (géographiques, climatiques, alimentaires, affectives...), qui alors ne manquent pas de nous déterminer en retour, à leur façon, qui en revient donc à la nôtre, à peu près. Appelons ça l'autoconditionnement environnemental, ou conditionnement réfléchi, ou réflexif ? En tout cas, le principe est celui-ci : les influences extérieures étant inévitables, si ce n'est constitutives, il s'agit d'en jouer de manière à en tirer un parti optimal. Au lieu de la servitude normale.
(O.K.)
En tout cela, - choix de la nourriture, choix du lieu et du climat, choix de sa récréation - on suit les ordres donnés par un instinct de conservation dont la manifestation la plus nette est celle de l'instinct défensif. Fermer les yeux sur bien des choses, s'abstenir de les écouter, ne pas les laisser venir à soi, c'est le premier commandement de la sagesse, la première façon de prouver qu'on n'est pas un hasard mais une nécessité. Le mot qu'on emploie couramment pour désigner cet instinct de défense c'est celui de « goût ». Son impératif ne commande pas seulement de dire « non » quand le « oui » serait une marque de « désintéressement », mais encore de dire « non » le moins souvent possible. Eloignons-nous, séparons-nous de ce qui nous obligerait à répéter le « non » sans cesse. Rien de plus raisonnable : car, si petites qu'elles soient, les dépenses de force défensive, quand elles deviennent la règle habituelle, amènent une pauvreté extrême et parfaitement superflue. Nos grandes dépenses sont faites de la répétition des petites. La défensive, la faction constante constituent - qu'on ne s'y trompe pas - une vraie dilapidation, un vain gaspillage des forces. En prolongeant l'état précaire que représente la défensive on s'affaiblit facilement au point de ne plus pouvoir se défendre. Supposez qu'en sortant de chez moi, je trouve, au lieu du calme et aristocratique Turin, la petite ville allemande : mon instinct m'obligerait à me replier sur moi-même pour repousser l'envahissement de tout ce plat et lâche monde. Ou encore, je serais en face de la grande ville allemande, ce stupre en pierre de taille, ce sol où rien ne pousse, où tout s'importe, bien et mal. Comment ne pas s'y transformer en hérisson ? - Mais les piquants sont un gaspillage, un double luxe, alors qu'il est loisible non seulement de n'en point avoir mais de tenir les mains ouvertes...
Une autre mesure de sagesse et de tactique défensive consiste à réagir le plus rarement possible, à se soustraire aux situations, aux conditions qui vous condamneraient à suspendre en quelque sorte votre initiative et votre « liberté » pour devenir un simple réactif.
(F.N. — EH2§8)
cf. décorps
cf. CHAPITRE : physio-logique
cf. comment s'en sortir sans sortir
(I.S.)
La transformation, l'amélioration de soi ne se commande pas autant qu'on le voudrait. Dans la mesure où nous sommes en très grande partie le produit de notre environnement, un des meilleurs moyens d'améliorer notre caractère (humeurs, perspectives, idées, comportements, valeurs...) est d'en passer par l'aménagement tactique des conditions extérieures de notre existence (géographiques, climatiques, alimentaires, affectives...), qui alors ne manquent pas de nous déterminer en retour, à leur façon, qui en revient donc à la nôtre, à peu près. Appelons ça l'autoconditionnement environnemental, ou conditionnement réfléchi, ou réflexif ? En tout cas, le principe est celui-ci : les influences extérieures étant inévitables, si ce n'est constitutives, il s'agit d'en jouer de manière à en tirer un parti optimal. Au lieu de la servitude normale.
(O.K.)
En tout cela, - choix de la nourriture, choix du lieu et du climat, choix de sa récréation - on suit les ordres donnés par un instinct de conservation dont la manifestation la plus nette est celle de l'instinct défensif. Fermer les yeux sur bien des choses, s'abstenir de les écouter, ne pas les laisser venir à soi, c'est le premier commandement de la sagesse, la première façon de prouver qu'on n'est pas un hasard mais une nécessité. Le mot qu'on emploie couramment pour désigner cet instinct de défense c'est celui de « goût ». Son impératif ne commande pas seulement de dire « non » quand le « oui » serait une marque de « désintéressement », mais encore de dire « non » le moins souvent possible. Eloignons-nous, séparons-nous de ce qui nous obligerait à répéter le « non » sans cesse. Rien de plus raisonnable : car, si petites qu'elles soient, les dépenses de force défensive, quand elles deviennent la règle habituelle, amènent une pauvreté extrême et parfaitement superflue. Nos grandes dépenses sont faites de la répétition des petites. La défensive, la faction constante constituent - qu'on ne s'y trompe pas - une vraie dilapidation, un vain gaspillage des forces. En prolongeant l'état précaire que représente la défensive on s'affaiblit facilement au point de ne plus pouvoir se défendre. Supposez qu'en sortant de chez moi, je trouve, au lieu du calme et aristocratique Turin, la petite ville allemande : mon instinct m'obligerait à me replier sur moi-même pour repousser l'envahissement de tout ce plat et lâche monde. Ou encore, je serais en face de la grande ville allemande, ce stupre en pierre de taille, ce sol où rien ne pousse, où tout s'importe, bien et mal. Comment ne pas s'y transformer en hérisson ? - Mais les piquants sont un gaspillage, un double luxe, alors qu'il est loisible non seulement de n'en point avoir mais de tenir les mains ouvertes...
Une autre mesure de sagesse et de tactique défensive consiste à réagir le plus rarement possible, à se soustraire aux situations, aux conditions qui vous condamneraient à suspendre en quelque sorte votre initiative et votre « liberté » pour devenir un simple réactif.
(F.N. — EH2§8)
cf. décorps
cf. CHAPITRE : physio-logique
cf. comment s'en sortir sans sortir
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