N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2016-03-10

« chevalier » moi

Cependant, les [chevaliers] qui cherchaient ce Graal, nous voulons croire qu’ils n’étaient pas dupes. Comme leur DÉRIVE nous ressemble, il nous faut voir leurs promenades arbitraires, et leur passion sans fins dernières. Le maquillage [spirituel] ne tient pas. Ces cavaliers d’un western mythique ont tout pour plaire : une grande faculté de s’égarer par jeu ; le voyage émerveillé ; l’amour de la vitesse ; une géographie relative.
(P.)

2014-11-29

luftmensch

Le Luftmensch, terme yiddish passé dans la langue allemande, désignait originairement quelqu'un de peu pratique, de tête en l'air, et qui n'est enraciné nulle part. C'est pour moi l'exacte définition de quelqu'un qui (...) entend rester lui-même sur un autre mode que ceux qu'on lui propose. Il peut élaborer une existence de funambule, et alors toute son adresse consiste à se maintenir en l'air, conscient qu'il y a une sorte d'abîme dans lequel il peut tomber à tout moment. Dans cette position exposée, intermédiaire, menacée, le funambule, ne peut pas se contenter de vouloir rester en repos car alors il serait sûr de tomber. Il lui faut bouger en contre-balançant. C'est pour cela que je trouve la barre du funambule et ses deux extrémités si intéressantes : il lui faut constamment jouer de l'une contre l'autre pour se maintenir au milieu. Et l'attrait qu'il exerce sur celui qui le regarde est l'attrait qu'exercent toutes les activités artistiques. Toute activité artistique est à la fois réflexive, voluptueuse – au sens du pas de côté – et nécessairement risquée. Seul le risque intéresse.
(H.W.)(merci à I.K.)

2014-04-13

picar/esque

Ce genre d’œuvres trouvaient leur raison d’être, profonde et durable, dans un effort de l’art littéraire pour s’égaler à la diversité de la vie, diversité qu’aucun des autres genres n’était à même d’embrasser.
(…) la structure très libre [du roman picaresque] permet à l’auteur d’introduire à chaque instant de nouveaux épisodes, sans les faire sortir de ce qui précède. (…)
À la différence des autres genres littéraires (...) qui s’astreignaient tous à des lois précises de développement, de construction, et parfois même n’hésitaient pas à faire violence à la réalité pour la soumettre à l’harmonie de l’art, le roman [picaresque] fonctionnait sans règles (...), devait échapper aux règles habituelles, et trop étroites, de la composition afin de pouvoir représenter l’infinie diversité de la vie et du monde social. Le roman picaresque a su contourner l’écueil qui menaçait le roman psychologique dont les personnages peu nombreux, l’action simple et rectiligne, le milieu uniforme ou à peine caractérisé, les réalités quotidiennes estompées, sinon pudiquement oubliées risquait de l’appauvrir (…).
(w.)

J'ai un attachement particulier pour les romans picaresques – Barry Lyndon, de William Thackeray, Gil Blas de Santillane, de Lesage, Jacques le Fataliste et son maître, de Diderot, L'Histoire de ma vie de Giacomo Casanova,  (qui peut aussi se lire comme un roman picaresque). Ces narrations avancent au hasard (en tout cas elles savent en donner l'impression), au gré des rencontres, dans un espace ouvert. Elles nous mettent en rapport avec des univers profondément joyeux. Finalement, seule la clôture est triste alors qu'évoluer dans un espace ouvert, sans limite a priori quoi qu'il arrive, recèle une joie. Rien de plus perceptible chez Samuel Beckett, en particulier dans ses romans Molloy, ou Malone meurt (…). Premier amour
(C.T.)

2014-01-01

calendrier de l'avent « fête étrange »

à Caroline

Merci à I.K., J.D., D.J., D.S.,

J'ai depuis quelque temps le projet d'envoyer une ottosélection de
Potlatch à Caroline [...], mais jour après jour, numéro après numéro, jusqu'à noël ou le 31 décembre [2013]. Les plus initiés d'entre vous savent que Potlatch était une publication sauvage, envoyée régulièrement à des gens (soi-disant) au hasard. Cette fois, le principe est inversé. Comme Caroline a le désir d'organiser un jour une « fête étrange » (référence au Grand Meaulnes) et qu'à ce propos je lui ai évidemment parlé des situationnistes, le principe pour cette fois (...) serait de lui envoyer ça, une ottosélection (d'un numéro de la revue) par jour, dans l'ordre chronologique de publication originale, mais par des correspondants différents. (...) si vous voulez jouer le jeu... Une série cohérente (...) parlant justement – non seulement de détournements aussi, mais – de situations créées (telles les fêtes), de psychogéographie, de dérive, de dépaysement, d'architecture, de décoration... égrainée par divers correspondants inconnus d'elle. Fait étrange, non ? (...)
Bien sûr, j'en enverrai moi-même, donc elle comprendra d'où ça vient. Peut-être même assez vite. Mais d'abord lui faire cadeau de cette expérience... un peu étrange, et raccord au contenu. Songez aussi que dans une fête, on est plusieurs, et pas toujours connus des services. Surtout pour une « fête étrange », n'est-ce pas ? Et comme dans celle du
Grand Meaulnes. Donc, qui est partant ? Et qui en premier ? Et qui en deuxième, demain ? Etc.
(O.K.)


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1er décembre 2013

Vous le recevrez souvent.
(...)
Le 1er décembre...
(...)
LE JEU PSYCHOGÉOGRAPHIQUE DE LA SEMAINE

En fonction de ce que vous cherchez, choisissez une contrée, une ville de peuplement plus ou moins dense, une rue plus ou moins animée. Construisez une maison. Meublez-la. Tirez le meilleur parti de sa décoration et de ses alentours. Choisissez la saison et l’heure. Réunissez les personnes les plus aptes, les disques et les alcools qui conviennent. L’éclairage et la conversation devront être évidemment de circonstance, comme le climat extérieur ou vos souvenirs. S’il n’y a pas eu d’erreur dans vos calculs, la réponse doit vous satisfaire. (Communiquer les résultats à la rédaction.)

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2 décembre 2013

L’économie politique, l’amour et l’urbanisme sont des moyens qu’il nous faut commander pour la résolution d’un problème qui est avant tout d’ordre éthique.
Rien ne peut dispenser la vie d’être absolument passionnante. Nous savons comment faire.

(...)





2013-12-27

à propos, vivre

En dépit de l’invitation des poètes : « Cueille le jour ! », nous ne concevons toujours pas ce que peut être de vivre au présent… [Pour ma part] j’ai tenté (...) de (...) vivre, non pas au présent, mais « à propos » (...) : l’opportunité du moment et la disponibilité opposée au devancement. (...) [Et] si vivre était à penser selon l’occurrence du moment, autrement que comme intervalle, et par conséquent (...) sortir du grand drame « existentiel » (...) si puissamment organisé ?
(F. J.)(O.K.)


> confchance dans le réel
> pour l'art rencontre – l'art de vivre

2013-12-08

forer

... imitant en ceci les voyageurs, qui, se trouvant égarés en quelque forêt, ne doivent pas errer en tournoyant tantôt d’un côté tantôt d’un autre, ni encore moins s’arrêter en une place, mais marcher toujours le plus droit qu’ils peuvent vers un même côté, et ne le changer point pour de faibles raisons (...) ; car, par ce moyen, (...) ils arriveront au moins à la fin quelque part où vraisemblablement ils seront mieux que dans le milieu d’une forêt.
(R.D.)(O.K.)


> ô gué, au guet, matelot !
> nechangerien
> forêtre

2008-12-15

t'as du feu, s'te plaît ?

La jeunesse, c'est quand on ne sait pas ce qui va arriver.
(H.M.)
Une petite flamme de folie, si on savait comme la vie s’en éclaire !
(H.d.M.)
Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit.
(F.d.L.R - § 209)

cf. à l'insu
cf. l'il d'un je

2007-10-13

in media vita

Non, la vie ne m’a pas déçu ! d’année en année je l'ai trouvée au contraire plus vraie, plus désirable et plus mystérieuse — depuis le jour où m’est venue la grande libératrice, la pensée qu'il nous était permis de voir dans la vie une expérimentation de la connaissance — et non pas un devoir, non pas une fatalité, non pas une duperie ! — Et quant à la connaissance elle-même : pour autrui elle aura beau être quelque chose d'autre, quelque chose d'autre comme un lit de repos, ou bien le chemin qui mène au lit de repos, ou un divertissement ou une flânerie — pour moi elle est un monde de dangers et de victoires, où les sentiments héroïques eux aussi ont leur place de danses et de jeux. La vie comme moyen de connaissance — avec ce principe au cœur, on peut non seulement vivre avec bravoure, mais encore vivre gaiement, et rire joyeusement !
(F.N. — GS§324)