N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2016-11-09

notre cher Raoul Cou†ard, Karl

Un décloisonnement bouillonnant
il « fait le tour du monde avec une caméra »…
… il pouvait tourner avec très peu de lumière, il était adroit avec la caméra portée à l’épaule, prêt à se dissimuler dans une boîte pour les prises de vues dans la rue.
« Les secrets techniques me semblaient grotesques (…). Pour moi l’image, c’était le regard. » (R.C.)
La légèreté sur le terrain, le style buissonnier et expérimental, la lumière blanche volontiers surexposée tranchent avec le formatage de l’époque. Baroudeur et grande gueule, Coutard se trouve en parfaite osmose avec le projet de la Nouvelle Vague, son jeu naturel et ses jeunes comédiens remuants pour lesquels il dit inventer « la lumière diffractée ».
[De ses images] « J’aimais leur liberté de ton (…), et surtout leur audace formelle, leur fluidité chaotique, les accidents et les surprises, et leur grande beauté (même si elle ne correspondait pas aux canons officiels). […] Coutard invente la lumière de cinéma moderne, diffuse, douce sur les visages, sensuelle. On ressent le grain de la peau. »
(C.G.)

2016-03-29

quarante( )aire

(M.S.)(I.K.)(J.D.)
J'ai eu quarante ans (...) Certes, c'est déjà la mort qui vient, mais c'est aussi l'occasion de participer d'une vérité éternelle : quoi de plus éternel, quoi de plus vrai en effet que le temps qui passe ? (...) il y a dans l'acceptation lucide de ce que nous sommes quelque chose de salutaire. (...) comme si de ne plus trop attendre de la vie était la meilleure façon de l'aimer, comme si de ne plus trop attendre des autres était la meilleure façon de les apprécier. Ce n'est pas une pensée qu'on a à vingt ans (...). À quarante ans, c'est différent : il faut apprendre à vivre avec cet écart entre ce que la vie aurait pu être et ce qu'elle est réellement. Intégrer le poids étrange du temps...
(Ch.P.)

Mais...
Atteindre la quarantaine ? Alors que je n'ai vécu pour ainsi dire que ça.
(O/<.)

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29 mars 2009
29 mars 2010
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29 mars 2012
29 mars 2013
29 mars 2014
29 mars 2015

 

comme en 39

Un miroir me fait face, et son regard me sort par les yeux.
(O.K.)
 
Je regardais ce visage dans le miroir, je regardais ce visage déjà vieux et pourtant mien, et c'est un état qu'il est des plus étranges de devoir associer à soi-même la vieillesse, ou du moins – car je n'étais pas encore vraiment vieux, j'allais avoir quarante ans dans quelques mois –  la fin incontestable des caractéristiques de la jeunesse lisible sur les traits de son propre visage.
(J.-P.T.)


2016-03-27

du philosopoétique

Mon philosophique sera poétique ou ne sera pas.
(O.K.)

Mais ce qui m'excite presque physiquement, c'est ton mélange fantastique d'intellect et d'une irrationalité absolument et frénétiquement logique, cette poésie philosophique, cette philosophie poétique dont nous avons un peu parlé (…) mais dont la portée dépasse de très loin les bornes de notre conversation. Car ce n'est pas qu'il y ait deux sphères côte à côte – la philosophie et la poésie – c'est que leur fusion donne naissance à une troisième chose dont on ne saurait sans doute même pas saisir la valeur.
(…)
Le vrai charlatanisme, ce sont ces écoles à produire des philosophes diplômés, ceux qui ont obtenu leur brevet de pensée philosophique – quelle ignoble et effroyable absurdité que de tester quelqu'un sur la connaissance de x manuels et de lui octroyer le titre de philosophe (…). Cela n'a rien à voir avec la philosophie (…)
Voilà pourquoi ton travail [philosophique] est tel qu'il est, voilà pourquoi il a servi à d'autres fins que purement philosophiques, qu'il peut être un point de départ et une base sur laquelle construire. Je ne crois pas et ne croirai sans doute jamais qu'en philosophie on puisse parvenir où que ce soit à pied sec, en suivant la voie de l'érudition, de l'instruction policée.
(…)
… ta philosophie n'est pas assez rébarbative pour orner les rayonnages des bibliothèques académiques, c'est sa supériorité et non son défaut et c'est surtout son plus grand espoir (...)
tu as (…) éprouvé le besoin de faire ce qui a du sens, même si en fait c'est à un moment donné un sens que tu ignores ou qui ne se révélera qu'au bout d'un certain temps, voire d'un temps certain. Fais confiance à ce don (…)
… cette vision qui te donne des longueurs et des longueurs d'avance. (…) qui est le terreau nourricier de la poésie et de la philosophie mais aussi de ce qui n'a pas encore de nom, ce qui résulte de leur mélange homogène. (…) S'il existe un espoir concret que tu produises un fruit mûr (et tel est bien le cas) alors c'est seulement à condition que ce fruit te comprenne tout entier, avec tes chaussettes, ton horreur des bibliothèques, ta barbe, ta bière, ta fantaisie, ton intellect, ta queue, tout ce qui se rapporte à toi. Rien ne m'enthousiasme tant que l'espoir d'une oeuvre qui naîtra en lien direct avec tout cela, une oeuvre (…) crue, brute et monstrueuse, mais absolue.
(J.C.)

2016-03-18

un otteur : compositeur

... entre chiffonnier et scribe, je me vois plutôt comme ça. Là, je parle de choses matérielles, d'avoir les poches pleines de papiers, de petits papiers, de choses que j'ai trouvées, un côté « bout de ficelle », de devoir en faire un livre...
(J.-J.S.)

Je vous dis, je me vois à moitié comme scribe, à moitié comme chiffonnier et un tout petit peu commentateur.
(J.-J.S.)

Leur ordre a été un casse-tête. Qu’est-ce qui doit être avant ou après (...). Ces questions de composition m’intéressent davantage que l’écriture, qui est un processus qui ne me passionne pas : le montage, la citation, l’emprunt d’objets ou de textes trouvés, les intégrer ensemble, voilà ce qui me plaît. Ce que je préfère, c’est quand je prends deux textes qui ne sont pas de moi, un article de journal ou un extrait de livre, et que je les confronte. Là, j’ai l’impression de jouer une partition. Il y a le plaisir de travailler des choses extérieures à soi.
(...) Je n’ai pas de grille préétablie. J’ai quelques points forts (...) et j’essaie de faire tenir tout cela ensemble, en gardant un argument. (...)
L’écriture n’est pas une partie de plaisir, la composition ça peut l’être. (...)
Je recherche deux choses à la fois : la fluidité, le flux qui traverse les phrases, (...) et d’autre part, le rythme obtenu par le montage : deux choses antithétiques. Le flux hypnotique s’accommode très mal du coup de ciseau clinique du montage. J’aime faire rejoindre ces deux pôles très lointains.
(J.-J.S.)

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au fond, jean-jacques schuhl, c'est moi
Chapitre : Compos(t)age
Chapitre : otteur