N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2016-11-09

notre cher Raoul Cou†ard, Karl

Un décloisonnement bouillonnant
il « fait le tour du monde avec une caméra »…
… il pouvait tourner avec très peu de lumière, il était adroit avec la caméra portée à l’épaule, prêt à se dissimuler dans une boîte pour les prises de vues dans la rue.
« Les secrets techniques me semblaient grotesques (…). Pour moi l’image, c’était le regard. » (R.C.)
La légèreté sur le terrain, le style buissonnier et expérimental, la lumière blanche volontiers surexposée tranchent avec le formatage de l’époque. Baroudeur et grande gueule, Coutard se trouve en parfaite osmose avec le projet de la Nouvelle Vague, son jeu naturel et ses jeunes comédiens remuants pour lesquels il dit inventer « la lumière diffractée ».
[De ses images] « J’aimais leur liberté de ton (…), et surtout leur audace formelle, leur fluidité chaotique, les accidents et les surprises, et leur grande beauté (même si elle ne correspondait pas aux canons officiels). […] Coutard invente la lumière de cinéma moderne, diffuse, douce sur les visages, sensuelle. On ressent le grain de la peau. »
(C.G.)

2016-06-21

vivre avec... montant

Il [André Bazin] était capable de dire « Le meilleur montage, c'est pas de montage du tout. » [Le réel...] oui, c'est ça... Sans coutures ! Alors qu'(...)Eisenstein (...) disait qu'il fallait non seulement qu'il y ait des coutures, mais qu'on les voie. Que la collure devait produire un choc. Passer d'une image à une autre, non pas par un effet de continuité plus ou moins chimérique ou falsifié, mais par une rupture choquante.
(A.R-.G.)

2016-06-15

le (premier) sens cinématographique



     Une fois, on demanda au réalisateur Wim Wenders quel était son premier souvenir de cinéma, ou plutôt, le souvenir du tout premier film qu'il eût réalisé.
    En grattant dans sa mémoire, Wenders se remémora cet après-midi où il s'était posté à la fenêtre du salon familial. Il avait en main la caméra 8 mm offerte par son père.  Avec naturel, il se mit à filmer la rue qui défilait devant lui. Cela lui apparaissait comme une évidence, le mouvement des passants et des voitures, sans autres péripéties que le cours de la vie, plane et quotidienne. Il filma jusqu'à la fin de la bobine car, disait-il, il ne pouvait imaginer faire autrement. Trois petites minutes de vie rendues à leur éternité.
(F.V.)

2016-03-21

with/out camera

A camera is a tool for learning how to see without a camera. (D.L.)
(Une caméra est un outil pour apprendre à voir sans caméra.)

2016-03-07

en pointillés, mikhaël hers, c'est moi

C’est un format très granuleux, il y a de la matière, presque une épaisseur dans l’image, on pourrait avoir prise sur elle. Elle est imparfaite, très différente des images lisses, totalement définies, “sur-définies” du numérique [> le génie du primitivisme...]. Je pense que c’est un format qui se prête assez bien à la thématique du passage du temps, à l’enchevêtrement des époques.
 (...)
... en tout cas c’est un cinéaste [Éric Rohmer] qui compte énormément pour moi. La psychologie de ses personnages, leurs sentiments, la façon de filmer, de s’emparer d’un lieu, la topographie, l’économie de moyens avec laquelle il faisait ses films sont pour moi des références majeures. (...)
Je vois des films mais je n’ai pas un rapport obsessionnel avec le cinéma. Je peux m’en passer très bien alors que je ne peux pas me passer de musique, j’en écoute tous les jours. En revanche, je peux rester des semaines sans voir un film.
(...)
J’essaie de faire en sorte qu’on puisse voir mes films d’une manière assez primaire, assez sensorielle. Ce sont des films d’atmosphère, d’impression donc ça se rapproche du rapport assez direct qu’on peut avoir avec la musique. Cela ne passe pas par l’intellect. On est touché par une mélodie ou on ne l’est pas. J’aimerais que mes films soient musicaux, pas uniquement parce qu’il y a de la musique à l’intérieur. Je cherche un rythme dans lequel on puisse se sentir bien 
 (...)
... je connais assez peu de monde dans le milieu, je fais mes films et je prends plaisir à voir ceux des autres mais je ne pense pas appartenir à une famille, mais ça va venir…
(M.H.)

2014-09-11

forme en forme

... quand on écrit, moins les sujets sont intéressants plus les textes demandent de travail (car, en l'absence de sujet, seule l'écriture les soutient), c'est bien ce (...) type de rendu que je recherchais dans ces esquisses, quelque chose de pris sur le vif, de décalé, d'à peine cadré, un côté rapide, ébauché, simplement saisi, comme une poêlée de langoustines. (...) rendus vidéo légèrement brouillés, qui refusent le fini, le soigné, le léché.
(J.-Ph.T.)

2014-08-12

le livre àvenir

(ou pas)

(M.F.)(O.K.) (merci à F.)

Mais peut-être, plus que des auteurs et des livres, est-il question ici du mouvement d'où viennent tous les livres et qui détient, d'une manière encore cachée, l'avenir de la communication et la communication comme avenir. Le secret de la littérature, la littérature comme exigence et comme sens et sa voie à venir se trouvent au centre de ces recherches.
(M.B., Le livre à venir

2014-04-13

picar/esque

Ce genre d’œuvres trouvaient leur raison d’être, profonde et durable, dans un effort de l’art littéraire pour s’égaler à la diversité de la vie, diversité qu’aucun des autres genres n’était à même d’embrasser.
(…) la structure très libre [du roman picaresque] permet à l’auteur d’introduire à chaque instant de nouveaux épisodes, sans les faire sortir de ce qui précède. (…)
À la différence des autres genres littéraires (...) qui s’astreignaient tous à des lois précises de développement, de construction, et parfois même n’hésitaient pas à faire violence à la réalité pour la soumettre à l’harmonie de l’art, le roman [picaresque] fonctionnait sans règles (...), devait échapper aux règles habituelles, et trop étroites, de la composition afin de pouvoir représenter l’infinie diversité de la vie et du monde social. Le roman picaresque a su contourner l’écueil qui menaçait le roman psychologique dont les personnages peu nombreux, l’action simple et rectiligne, le milieu uniforme ou à peine caractérisé, les réalités quotidiennes estompées, sinon pudiquement oubliées risquait de l’appauvrir (…).
(w.)

J'ai un attachement particulier pour les romans picaresques – Barry Lyndon, de William Thackeray, Gil Blas de Santillane, de Lesage, Jacques le Fataliste et son maître, de Diderot, L'Histoire de ma vie de Giacomo Casanova,  (qui peut aussi se lire comme un roman picaresque). Ces narrations avancent au hasard (en tout cas elles savent en donner l'impression), au gré des rencontres, dans un espace ouvert. Elles nous mettent en rapport avec des univers profondément joyeux. Finalement, seule la clôture est triste alors qu'évoluer dans un espace ouvert, sans limite a priori quoi qu'il arrive, recèle une joie. Rien de plus perceptible chez Samuel Beckett, en particulier dans ses romans Molloy, ou Malone meurt (…). Premier amour
(C.T.)

2013-12-04

grâce à nous

. Des moments de paix, d'abandon, nous en avons eu aussi ensemble (...).
. On ne peut pas expliquer la complicité. (…) Je sais seulement qu'il existe des moments. Ils peuvent se produire avec une femme, un homme, une bouteille de vin. Ce sont des états de grâce partagés.
Ils me font penser à une prise réussie au cinéma. Il y a toujours une part d'irrationnel dans une prise réussie. On travaille des heures, on passe son temps à refaire, à reprendre, à modifier, puis soudain c'est la bonne. On ne comprend pas pourquoi, mais c'est l'éclaircie, c'est la bonne. (...)
(G.D. - merci à J.D.)

2013-08-20

libéra/tten/tion

Moi, personnellement, j'aime bien, au contraire, savoir que je ne suis pas libre. Que je suis enfermé, d'abord, dans tous mes jugements de valeurs, mes automatismes culturels... tout ce qui a peuplé mon cerveau depuis ma naissance. Et malgré que je le sache, c'est très difficile d'en sortir ; alors quand on le sait pas, voyez ce que ça donne !
(H.L.)

... cette conception de la liberté comme soumise aux lois de [l'intelligence*] et, plus généralement, au déterminisme universel présente un grand avantage. [Cela] me rend attentif à ce qui se passe hors de moi et en moi, aiguise mon sens de l'observation et me rend apte, de ce fait, à tirer parti des lois de [l'intelligence] pour augmenter ma puissance d'agir. Le point de vue déterministe est favorable, voire indispensable au développement de la liberté réelle. L'idée d'une liberté (...) qui serait un privilège de l'esprit humain et le placerait hors du déterminisme régissant la réalité extérieure, conduit au contraire à l'inattention, à une appréhension insuffisante des lois de [l'intelligence] et à des modes d'action inadéquats, donc à la non-liberté.
(J.-F.B.) [O.K.]

Pour aller sur la lune, on a besoin de connaître les lois de la gravitation. Quand on connaît ces lois de la gravitation, ça ne veut pas dire qu'on se libère de la gravitation ! Ça veut dire qu'on les utilise pour faire autre chose.
(H.L.)

* au sens ottokarlien s'entend.


cf. la liberté ta soeur
cf. du détermunisme, quoi de plus ?
cf. pour le sens de la forme

cf. CHAPITRE physio-logique
cf. CHAPITRE s'en sortir sans sortir