N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2014-01-01

calendrier de l'avent « fête étrange »

à Caroline

Merci à I.K., J.D., D.J., D.S.,

J'ai depuis quelque temps le projet d'envoyer une ottosélection de
Potlatch à Caroline [...], mais jour après jour, numéro après numéro, jusqu'à noël ou le 31 décembre [2013]. Les plus initiés d'entre vous savent que Potlatch était une publication sauvage, envoyée régulièrement à des gens (soi-disant) au hasard. Cette fois, le principe est inversé. Comme Caroline a le désir d'organiser un jour une « fête étrange » (référence au Grand Meaulnes) et qu'à ce propos je lui ai évidemment parlé des situationnistes, le principe pour cette fois (...) serait de lui envoyer ça, une ottosélection (d'un numéro de la revue) par jour, dans l'ordre chronologique de publication originale, mais par des correspondants différents. (...) si vous voulez jouer le jeu... Une série cohérente (...) parlant justement – non seulement de détournements aussi, mais – de situations créées (telles les fêtes), de psychogéographie, de dérive, de dépaysement, d'architecture, de décoration... égrainée par divers correspondants inconnus d'elle. Fait étrange, non ? (...)
Bien sûr, j'en enverrai moi-même, donc elle comprendra d'où ça vient. Peut-être même assez vite. Mais d'abord lui faire cadeau de cette expérience... un peu étrange, et raccord au contenu. Songez aussi que dans une fête, on est plusieurs, et pas toujours connus des services. Surtout pour une « fête étrange », n'est-ce pas ? Et comme dans celle du
Grand Meaulnes. Donc, qui est partant ? Et qui en premier ? Et qui en deuxième, demain ? Etc.
(O.K.)


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1er décembre 2013

Vous le recevrez souvent.
(...)
Le 1er décembre...
(...)
LE JEU PSYCHOGÉOGRAPHIQUE DE LA SEMAINE

En fonction de ce que vous cherchez, choisissez une contrée, une ville de peuplement plus ou moins dense, une rue plus ou moins animée. Construisez une maison. Meublez-la. Tirez le meilleur parti de sa décoration et de ses alentours. Choisissez la saison et l’heure. Réunissez les personnes les plus aptes, les disques et les alcools qui conviennent. L’éclairage et la conversation devront être évidemment de circonstance, comme le climat extérieur ou vos souvenirs. S’il n’y a pas eu d’erreur dans vos calculs, la réponse doit vous satisfaire. (Communiquer les résultats à la rédaction.)

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2 décembre 2013

L’économie politique, l’amour et l’urbanisme sont des moyens qu’il nous faut commander pour la résolution d’un problème qui est avant tout d’ordre éthique.
Rien ne peut dispenser la vie d’être absolument passionnante. Nous savons comment faire.

(...)





2009-04-29

philosophie d'altitude

Qui sait respirer l'air de mes écrits sait que c'est un air des hauteurs, un air mordant. Il faut être fait pour y vivre, sans quoi le péril est grand d'y prendre froid. La glace est proche, la solitude effrayante — mais comme les choses y baignent paisiblement dans la lumière! Comme on y respire librement! Combien de choses on y sent au-dessous de soi! — La philosophie, telle que je l'ai toujours comprise et vécue, consiste à vivre volontairement dans les glaces et sur les cimes, — à rechercher tout ce qui dans l'existence dépayse et fait question, tout ce qui, jusqu'alors, a été mis au ban par la morale. Je dois à la longue expérience acquise au cours d'une telle incursion dans les contrées interdites, d'avoir appris à envisager, tout autrement qu'on ne le souhaiterait sans doute, les raisons pour lesquelles on a jusqu'ici « moralisé » et « idéalisé » : l'histoire cachée des philosophes, la psychologie de leurs plus grands noms, m’est apparue sous son vrai jour. — Quelle dose de vérité un esprit sait-il supporter, sait-il risquer ? Voilà qui, de plus en plus, devint pour moi le vrai critère des valeurs. L'erreur (la croyance en l'idéal) n'est pas aveuglement, l'erreur est lâcheté... Chaque acquisition, chaque pas en avant dans la connaissance est la conséquence du courage, de la dureté envers soi, même de la probité envers soi... Je ne réfute pas un « idéal », mais je ne le touche qu'avec des pincettes... Nitimur in vetitum [nous luttons pour l'interdit] : c'est par ce signe qu'un jour ma philosophie vaincra, car jusqu'ici on n'a jamais, par principe, interdit que la vérité. —
(F.N. — EH0§3)

cf. l'angle d'oreille

2008-11-15

les forçats de la société

Le drame pour tous ceux-ci c'était de sentir en eux plus de force qu'il n'en restait dans la société. De là la nécessité de se dépayser pour dire leur rêve ou l'obligation de ne se vouer qu'à l'exécration convulsive.
(P.D.L.R.)

2007-09-21

joseph joseph

Lass Dich fallen.
Lerne Schlangen zu beobachten.
Pflanze unmögliche Gärten.
Lade jemand Gefährlichen zum Tee ein.
Mache kleine Zeichen die "ja" sagen
und verteile sie überall im Haus.
Werde ein Freund von Freiheit und Unsicherheit.
Freue Dich auf Träume. (...)
Schaukel so hoch Du kannst mit einer Schaukel bei Mondlicht.
Pflege verschiedene Stimmungen.
Verweigere Dich verantwortlich zu sein. (...)
Mach eine Menge Nickerchen.
Gib Geld weiter. Mach es jetzt.
Das Geld wird folgen.
Lache eine Menge. Bade (...)
Träume wilde, phantasievolle Träume.
Zeichne auf die Wände. Lies jeden Tag.
Stell Dir vor, Du wärst verzaubert.
Kicher mit Kindern. Höre alten Leuten zu.
Öffne Dich. Tauche ein. Sei frei.
Preise Dich selbst. Lass die Angst fallen.
Spiele mit allem. Unterhalte das Kind in Dir.
Du bist nicht schuldig.
Baue eine Burg aus Decken.
Werde nass. Umarme Bäume.
Schreibe Liebesbriefe.
((J.B.))

2007-09-13

« On ne part pas. »

Parmi l'énumération nombreuse des droits de l'homme que la sagesse du XIXe siècle recommence si souvent et si complaisamment, deux assez importants ont été oubliés, qui sont le droit de se contredire et le droit de s'en aller.
(C.B.)

cf. le droit
cf. le droit s'en aller

2007-06-22

On ira

On partira de nuit, l'heure où l'on doute/ Que demain revienne encore / Loin des villes soumises, on suivra l'autoroute / Ensuite on perdra tous les nord / On laissera nos clés, nos cartes et nos codes / Prisons pour nous retenir / Tous ces gens que l'on voit vivre comme s'ils ignoraient / Qu'un jour il faudra mourir / Et qui se font surprendre au soir / Oh belle, on ira / On partira toi et moi, où?, je sais pas/ Y a que les routes qui sont belles / Et peu importe où elles nous mènent / Oh belle, on ira / On suivra les étoiles et les chercheurs d'or / Si on en trouve, on cherchera encore.

On n'échappe à rien pas même à ses fuites / Quand on se pose on est mort / Oh j'ai tant obéi, si peu choisi, petite / Et le temps perdu me dévore / On prendra les froids, les brûlures en face / On interdira les tiédeurs / Des fumées, des alcools et des calmants cuirasses / Qui nous a volé nos douleurs / La vérité nous fera plus peur / Oh belle, on ira / On partira toi et moi, où?, je sais pas / Y a que des routes qui tremblent / Les destinations se ressemblent / Oh belle, tu verras / On suivra les étoiles et les chercheurs d'or / On s'arrêtera jamais dans les ports.

Belle, on ira / Et l'ombre de nous rattrapera peut-être pas / On ne changera pas le monde / Mais il nous changera pas /
Ma belle, tiens mon bras / On sera des milliers dans ce cas, tu verras / Et même si tout est joué d'avance, on ira, on ira / Même si tout est joué d'avance / A côté de moi / Tu sais y a que les routes qui sont belles / Et crois-moi, on partira, tu verras / Si tu me crois, belle / Si tu me crois, belle / Un jour on partira / Si tu me crois, belle / Un jour.

2007-06-20

leçon de vie d'un post(hume?)

j'avais pourtant plein de choses à dire. je vais à l'essentiel. ce qui est certain c'est que l'expérience de la vie a été géniale. finalement, je m'en suis bien tiré. j'ai évité les contraintes et multiplié les situations intenses. quand je repense à tous les fous rires, à toutes les émulations intellectuelles collectives, à tous les plaisirs, à toutes les transgressions, à tous les mauvais coups, je suis vraiment très content. (...) ce que j'ai le plus aimé c'est les rues des villes que j'ai parcourues, sans arrêt, sans jamais m'en lasser (...). et abuser des choses jusqu'à m'en rendre malade, jusqu'à l'écoeurement. et puis surtout toutes ces ivresses avec ou sans drogue. putain ça fait tellement de souvenirs. (...) salut à tous, portez des coups à ce système de merde, soyez ingérables, amusez-vous bien, soyez malins. rien n'était vrai. tout était permis.
(D.S.)

2007-06-15

l'art règle l'exception

Car il y a la règle et il y a l'exception. Il y a la culture qui est la règle, et il y a l'exception, qui est de l'art. Tous disent la règle, ordinateur, T-shirts, télévision, personne ne dit l'exception, cela ne se dit pas. Cela s'écrit, cela se compose, cela se peint, cela s'enregistre. Ou cela se vit, et c'est alors l'art de vivre. Il est de la règle de vouloir la mort de l'exception, il sera donc de la règle de l'Europe de la culture d'organiser la mort de l'art de vivre qui fleurit encore à nos pieds. Quand il faudra fermer le livre, ce sera sans regretter rien. J'ai vu tant de gens si mal vivre, et tant de gens mourir si bien.
(J.-L.G.)

cf. de sous la terre
cf. N(ième) le maudit

2007-06-14

antifuite

Nous avons aussi besoin de relations qui « décoiffent », nous transforment. Elles correspondent à des attentes — souvent inconscientes —, à des possibilités en nous inexploitées jusque-là. Certaines personnes — agressives, provocatrices — peuvent nous agacer ou nous déplaire, mais elles nous permettent d'avancer, de grandir. Ces relations inconfortables sont parfois le meilleur moyen de renouveler notre énergie.
(Psychologies magazine, n°230)


cf. des pieds poéthiques dans le (calme) plat poéthique
cf. inégalités (utiles)

EN PHrASE

Je fais certainement de la peinture et de la sculpture et cela depuis toujours, depuis la première fois que j'ai dessiné ou peint, pour mordre sur la réalité, pour me défendre, pour me nourrir, pour grossir ; grossir pour mieux me défendre, pour mieux attaquer, pour accrocher, pour avancer le plus possible sur tous les plans, dans toutes les directions, pour me défendre contre la faim, contre le froid, contre la mort, pour être le plus libre possible ; le plus libre possible pour tâcher — avec les moyens qui me sont aujourd'hui les plus propres — de mieux voir, de mieux comprendre ce qui m'entoure, de mieux comprendre pour être le plus libre, le plus gros possible, pour dépenser, pour me dépenser le plus possible dans ce que je fais, pour courir mon aventure, pour découvrir de nouveaux mondes, pour faire ma guerre, pour le plaisir ? pour la joie ? de la guerre, pour le plaisir de gagner et de perdre.
(A.G.)

> henri, tome A
> pourquoi écrire quand même

2007-05-17

des paysans

Après quelques années passées à ne rien faire au sens commun du terme, nous pouvons parler de notre attitude sociale d'avant-garde. Notre comportement n'est plus seulement une énigme, il terrorise, sans qu'on puisse nous reprocher aucun geste, aucun mot illicite. Au contraire, conduite EXEMPLAIRE qui achève de déPAYSer...
(I.L.) (O.K.)

> tonus

2007-05-15

le style

Écrire, c'est se tirer une balle dans les mots.
(A.J.)

le style

Je voudrais dire ce que c’est qu’un style. C’est la propriété de ceux dont on dit d’habitude "ils n’ont pas de style... ".

Ce n’est pas une structure signifiante, ni une organisation réfléchie, ni une inspiration spontanée ni une orchestration, ni une petite musique. C’est un agencement, un agencement d’énonciation.

Un style, c’est arriver à bégayer dans sa propre langue. C’est difficile parce qu’il faut qu’il y ait nécessité d’un tel bégaiement. Non pas être bègue dans sa parole, mais être bègue du langage lui-même. Être comme un étranger dans sa propre langue. Faire une ligne de fuite. Les exemples les plus frappants pour moi: Kafka, Beckett, Gherasim Luca, Godard.

Gherasim Luca est un grand poète parmi les plus grands: il a inventé un prodigieux bégaiement, le sien. Il lui est arrivé de faire des lectures publiques de ses poèmes; deux cents personnes, et pourtant c’était un événement, c’est un événement qui passera par ces deux cents, n’appartenant à aucune école ou mouvement. Jamais les choses ne se passent là où on croit, ni par les chemins qu’on croit.

On peut toujours objecter que nous prenons des exemples favorables, Kafka juif tchèque écrivant en allemand, Beckett irlandais écrivant anglais et français, Luca d’origine roumaine, et même Godard Suisse. Et alors? Ce n’est le problème pour aucun d’eux.

Nous devons être bilingue même en une seule langue, nous devons avoir une langue mineure à l’intérieur de notre langue, nous devons faire de notre propre langue un usage mineur. Le multilinguisme n’est pas seulement la possession de plusieurs systèmes dont chacun serait homogène en lui-même; c’est d’abord la ligne de fuite ou de variation qui affecte chaque système en l’empêchant d’être homogène. Non pas parler comme un Irlandais ou un Roumain dans une autre langue que la sienne, mais au contraire parler dans sa langue à soi comme un étranger.

Proust dit: "Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. Sous chaque mot chacun de nous met son sens ou du moins son image qui est souvent un contresens. Mais dans les beaux livres tous les contresens qu’on fait sont beaux."

C’est la bonne manière de lire: tous les contresens sont bons, à condition toutefois qu’ils ne consistent pas en interprétations, mais qu’ils concernent l’usage du livre, qu’ils en multiplient l’usage, qu’ils fassent encore une langue à l’intérieur de sa langue. " Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère..."

C’est la définition du style. Là aussi c’est une question de devenir. Les gens pensent toujours à un avenir majoritaire (quand je serai grand, quand j’aurai le pouvoir...).

Alors que le problème est celui d’un devenir-minoritaire: non pas faire semblant, non pas faire ou imiter l’enfant, le fou, la femme, l’animal, le bègue ou l’étranger, mais devenir tout cela, pour inventer de nouvelles forces ou de nouvelles armes.
(G.D.)