N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2007-09-13

« On ne part pas. »

Parmi l'énumération nombreuse des droits de l'homme que la sagesse du XIXe siècle recommence si souvent et si complaisamment, deux assez importants ont été oubliés, qui sont le droit de se contredire et le droit de s'en aller.
(C.B.)

cf. le droit
cf. le droit s'en aller

2007-08-07

« la routine ça n'arrive qu'aux autres »

Les autres suivaient sans y penser les chemins appris une fois pour toutes, vers leur travail et leur maison, vers leur avenir prévisible. Pour eux déjà le devoir était devenu une habitude, et l'habitude un devoir. Ils ne voyaient pas l'insuffisance de leur ville. Il croyaient naturelle l'insuffisance de leur vie. Nous voulions sortir de ce conditionnement, à la recherche d'un autre emploi du paysage urbain, de passions nouvelles.
(G.D.)

cf. (version audio) les autres sans y penser...

2007-06-22

On ira

On partira de nuit, l'heure où l'on doute/ Que demain revienne encore / Loin des villes soumises, on suivra l'autoroute / Ensuite on perdra tous les nord / On laissera nos clés, nos cartes et nos codes / Prisons pour nous retenir / Tous ces gens que l'on voit vivre comme s'ils ignoraient / Qu'un jour il faudra mourir / Et qui se font surprendre au soir / Oh belle, on ira / On partira toi et moi, où?, je sais pas/ Y a que les routes qui sont belles / Et peu importe où elles nous mènent / Oh belle, on ira / On suivra les étoiles et les chercheurs d'or / Si on en trouve, on cherchera encore.

On n'échappe à rien pas même à ses fuites / Quand on se pose on est mort / Oh j'ai tant obéi, si peu choisi, petite / Et le temps perdu me dévore / On prendra les froids, les brûlures en face / On interdira les tiédeurs / Des fumées, des alcools et des calmants cuirasses / Qui nous a volé nos douleurs / La vérité nous fera plus peur / Oh belle, on ira / On partira toi et moi, où?, je sais pas / Y a que des routes qui tremblent / Les destinations se ressemblent / Oh belle, tu verras / On suivra les étoiles et les chercheurs d'or / On s'arrêtera jamais dans les ports.

Belle, on ira / Et l'ombre de nous rattrapera peut-être pas / On ne changera pas le monde / Mais il nous changera pas /
Ma belle, tiens mon bras / On sera des milliers dans ce cas, tu verras / Et même si tout est joué d'avance, on ira, on ira / Même si tout est joué d'avance / A côté de moi / Tu sais y a que les routes qui sont belles / Et crois-moi, on partira, tu verras / Si tu me crois, belle / Si tu me crois, belle / Un jour on partira / Si tu me crois, belle / Un jour.

2007-06-20

leçon de vie d'un post(hume?)

j'avais pourtant plein de choses à dire. je vais à l'essentiel. ce qui est certain c'est que l'expérience de la vie a été géniale. finalement, je m'en suis bien tiré. j'ai évité les contraintes et multiplié les situations intenses. quand je repense à tous les fous rires, à toutes les émulations intellectuelles collectives, à tous les plaisirs, à toutes les transgressions, à tous les mauvais coups, je suis vraiment très content. (...) ce que j'ai le plus aimé c'est les rues des villes que j'ai parcourues, sans arrêt, sans jamais m'en lasser (...). et abuser des choses jusqu'à m'en rendre malade, jusqu'à l'écoeurement. et puis surtout toutes ces ivresses avec ou sans drogue. putain ça fait tellement de souvenirs. (...) salut à tous, portez des coups à ce système de merde, soyez ingérables, amusez-vous bien, soyez malins. rien n'était vrai. tout était permis.
(D.S.)

2007-05-30

comme ça vient

Au risque de s'y plaire / Au moment de s'y croire / Sonnez les courants d'air / Faites donner l'exutoire /
Il faudrait qu'on s'élève / Au fond il a d'la classe / Ou alors qu'on prenne la sève / Comme elle vient / encore et encore...
(B.C.)

2007-05-23

meilleur monde

Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu'on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation définitive ? Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d'éviter les utopies et de retourner à une société non utopique, moins « parfaite » et plus libre.
(N.B.)

2007-05-15

le style

Je voudrais dire ce que c’est qu’un style. C’est la propriété de ceux dont on dit d’habitude "ils n’ont pas de style... ".

Ce n’est pas une structure signifiante, ni une organisation réfléchie, ni une inspiration spontanée ni une orchestration, ni une petite musique. C’est un agencement, un agencement d’énonciation.

Un style, c’est arriver à bégayer dans sa propre langue. C’est difficile parce qu’il faut qu’il y ait nécessité d’un tel bégaiement. Non pas être bègue dans sa parole, mais être bègue du langage lui-même. Être comme un étranger dans sa propre langue. Faire une ligne de fuite. Les exemples les plus frappants pour moi: Kafka, Beckett, Gherasim Luca, Godard.

Gherasim Luca est un grand poète parmi les plus grands: il a inventé un prodigieux bégaiement, le sien. Il lui est arrivé de faire des lectures publiques de ses poèmes; deux cents personnes, et pourtant c’était un événement, c’est un événement qui passera par ces deux cents, n’appartenant à aucune école ou mouvement. Jamais les choses ne se passent là où on croit, ni par les chemins qu’on croit.

On peut toujours objecter que nous prenons des exemples favorables, Kafka juif tchèque écrivant en allemand, Beckett irlandais écrivant anglais et français, Luca d’origine roumaine, et même Godard Suisse. Et alors? Ce n’est le problème pour aucun d’eux.

Nous devons être bilingue même en une seule langue, nous devons avoir une langue mineure à l’intérieur de notre langue, nous devons faire de notre propre langue un usage mineur. Le multilinguisme n’est pas seulement la possession de plusieurs systèmes dont chacun serait homogène en lui-même; c’est d’abord la ligne de fuite ou de variation qui affecte chaque système en l’empêchant d’être homogène. Non pas parler comme un Irlandais ou un Roumain dans une autre langue que la sienne, mais au contraire parler dans sa langue à soi comme un étranger.

Proust dit: "Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. Sous chaque mot chacun de nous met son sens ou du moins son image qui est souvent un contresens. Mais dans les beaux livres tous les contresens qu’on fait sont beaux."

C’est la bonne manière de lire: tous les contresens sont bons, à condition toutefois qu’ils ne consistent pas en interprétations, mais qu’ils concernent l’usage du livre, qu’ils en multiplient l’usage, qu’ils fassent encore une langue à l’intérieur de sa langue. " Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère..."

C’est la définition du style. Là aussi c’est une question de devenir. Les gens pensent toujours à un avenir majoritaire (quand je serai grand, quand j’aurai le pouvoir...).

Alors que le problème est celui d’un devenir-minoritaire: non pas faire semblant, non pas faire ou imiter l’enfant, le fou, la femme, l’animal, le bègue ou l’étranger, mais devenir tout cela, pour inventer de nouvelles forces ou de nouvelles armes.
(G.D.)