N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(otto karl)

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2015-01-19

pas la poutre

Mais au début de mon adolescence, (...) je me suis rendu compte que ce que je ressentais n'était pas conforme à ce que j'avais appris (...). En particulier, je me suis rendu compte que ce qu'on voyait, les apparences, n'avait pas grand-chose à voir avec la réalité. Dès l'âge de 10 ans, j'ai été violée par mon grand-père, un membre important de l'Église, respecté de tous. Il me disait que c'était de ma faute et que j'avais le diable en moi. La preuve : il ne touchait pas mes autres cousines, le problème venait donc de moi ! Mais je ne pense pas avoir été traumatisée plus que ça, ni que cela ait influencé ma sexualité. Évidemment, les psychologues diront que si je suis attirée par le sadomasochisme, c'est à cause de cela, mais je ne le pense pas.
("V.C." – merci à P.S.)

> postradio : § 13, extrait
> le sans vs le sans qui bat trop fort

2015-01-09

post(doc)radio

Le numérique a amené une nouvelle vie au documentaire radio – mais il n’a pas renfloué les finances de ceux qui le produisent.
Le documentaire radio est aussi différent d’un reportage radio qu’un docu de Depardon l’est d’un sujet du journal télévisé. Il se raréfie sur les ondes hertziennes, mais Internet lui a redonné une nouvelle vie.
Silvain Gire, directeur d’Arte Radio (...), en est sûr, le numérique a ouvert un nouvel Eldorado pour la création radiophonique :
« On vit un nouvel âge d’or de la radio, c’est évident ! En 2002, quand on a créé Arte radio, la création radiophonique n’intéressait plus grand monde. Aujourd’hui, avec Internet et l’accessibilité du médium, quelque chose est vraiment en train de se passer avec l’audio. »
(...)
À la radio, les rares émissions qui passent du documentaire radio imposent des formats précis. Ce n’est pas le cas avec le numérique, comme l’expliquait en mai 2014 Silvain Gire :
« Ce qui est génial sur Internet, c’est l’absence de format. 52 ou 26 minutes, ce sont des formats TV, ridicules et non adaptés pour une web-radio. [...] La radio a le rôle précurseur de ce que devrait devenir la télévision, avec des films et des documentaires sans format. »
(...)La radio était traditionnellement un médium de l’éphémère : on était devant sa radio au bon moment ou pas et sinon on avait raté le coche et tant pis. Le numérique a bouleversé ça et donné une vie beaucoup plus longue aux sons. Avec le numérique, les objets sonores restent en ligne et l’écoute devient affaire de choix dans la durée
(...)
Bref, comme résume Catherine Pétillon, de l’Association pour le développement du documentaire radiophonique (Addor) :
« Le numérique, c’est LA chance du son. Avec les podcasts, les écoutes mobiles, et bientôt les voitures connectées. On n’a jamais vu autant de casques sur les oreilles ! »
Signe de la vitalité du genre, de plus en plus de festivals lui font une place dans leur programmation (...)
A quoi correspond ce regain d’intérêt ? Pour Silvain Gire, l’une des raisons de son succès est qu’il permet la longueur, l’exploration fouillée dans un temps autre que celui du flux de l’info :
« (...) Je pense que c’est similaire au succès de XXI ou des “mooks” [les magazines-livres, revues vendues en librairie, et à la périodicité beaucoup plus longue, ndlr] : il y a un renouvellement du récit documentaire, un autre rapport au réel, au personnage... »
Pour Delphine Saltel [France Culture], cela tient aussi à la forme de réception particulière qu’impose l’écoute – un moment de pause et de respiration qui n’implique aucun écran :
« L’écoute va à rebours de la course à l’information. C’est un refuge, ça élève, ça demande une certaine forme de concentration... C’est encore le seul truc, aujourd’hui, qu’on peut faire sans écran. Pour tout le reste, on doit être figé devant un écran. Mais l’écoute est ambulatoire et ça, c’est irremplaçable. »
(...)
[Néanmoins] malgré l’enthousiasme qu’il soulève, le documentaire radio reste un métier extrêmement précaire. Le numérique a certes ouvert de nouveaux débouchés, mais ceux-ci ne sont pas forcément viables.
(...)
Mais on n’a jamais vu la précarité décourager les passionnés. Alors pour ceux que l’aventure tente, l’Addor a produit un document pour orienter les pas des chasseurs de son débutants.
(...)
Les documentaristes en désir peuvent se mettre à le potasser, mais ça ne suffit pas, prévient Catherine Pétillon :
« Il faut plus écouter que lire ! Le mieux, c’est d’essayer des choses, de fabriquer des choses... Mais aussi de rencontrer des gens qui font ça aussi. Après, il faut savoir si on fait des choses pour s’amuser ou si on veut les vendre, c’est sûr. »
Les futurs Padawans du son devraient avoir compris le message : c’est un métier magnifique, mais il faudra prévoir un plan B pour payer les factures. Pour Silvain Gire, ce n’est pas une raison de se plaindre :
« C’est sûr, il y a peu d’espace et il y a peu d’argent. Mais c’est un champ qui se développe, et qui se développe en ligne. On reste dans une niche, mais la niche s’agrandit. »

(C.R.)(O.K.) – merci à D.S. –

> chapitre : POSTRADIO