N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(otto karl)

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2014-10-27

pas n'importe qui, quoi

C'est juste que je me refuse à dévouer, à n'importe quel prix, mon énergie à n'importe quoi, pour n'importe qui. (Car dans ce sens-là aussi c'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui.)
(O.K.)

> l'or du temps colonisé
> par micromarxisme
 

2014-10-13

fanta

La vie est une porte qu'on nous claque lentement au nez, et lorsque l'ouverture se réduit à une fine fente de lumière, nous tâchons de nous souvenir de ce merveilleux paysage qu'elle nous offrait jadis, grand ouvert, le panorama d'un avenir sans fin.
(J.-B.H.)

2014-10-10

une foi, pas deux

On peut entrer dans l'usine par une porte dérobée (…). (…) je me promène longuement [de]dans (…). (…) C'est une longue fabrique à douleurs, l'usine (…). (…) je fais résonner mes pas et ma voix, comme pour un exorcisme. Monde souterrain des forges, du métal, du bruit qui transperce et transforme, de la fumée montant par la cheminée. Vivre là et de ça, comme eux ? Impossible. C'est décidé, je ne ferai rien. (…) Écrire, lire, et puis encore écrire et lire ce qu'on veut, s'occuper de pensée, de poésie, de littérature, avec péripéties sociopolitiques, n'est pas « travailler ». C'est même le contraire, d'où la liberté. Il faut sans doute, dans cette expérience, garder une immense confiance. Mais en quoi ?
(Ph.S.)

2014-09-23

sous-traitement

... il faut comprendre (... peut-être parce que j'ai au moins 10 ans de plus de casse-tête dans les pattes ?) que j'aborde ou saisis maintenant les choses par le fond. Disons dans les grandes lignes, de fond, qui tirent « toutes » les ficelles. Et où tout est archimélange. Non pas seulement « porosité », comme tu dis volontiers, mais archimélange. À force de creuser, et pourvu qu'on ait assez de génie philosophique ou de connerie (de suffisance) peut-être, on finit par accéder aux quelques grandes lignes sous les petites tous azimuts du grand casse-tête. Les grandes lignes qui commandent les petites qu'on peut dès lors traiter par le peu de considération qu'elles méritent dans le débat, puisqu'elles ne sont disons que l'écorce des vagues dont on croit saisir « l'âme », de fond. Ce passage ou traitement par le dessous te semble peut-être, à toi, comme à d'autres en tout cas, un passage ou traitement par le dessus, d'inconsidération ou de désinvolture, alors que... et...
... et justement...
Bref, ici maintenant otto, avec ses moyens détournés, indirects, décalés, suggestifs, pour dire la suite :
(o.K.)

Une façon dont mon livre laisse la philosophie de l'art là où elle était consiste à dépasser certains problèmes dont la philosophie traditionnelle de l'art pensait qu'ils étaient les plus importants, tels que la nature et les critères de la beauté.
(Nelson Goodman)

[Les positions de Nelson Goodman] s'expriment aussi dans un certain nombre de silences ou d'indifférences qu'il n'a apparemment jamais désiré rompre, probablement pas sans raisons. Cette attitude d'apparence négative, cette réserve, incompréhensible pour certains n'est pas secondaire ; on pourra tenter d'en faire une question de tempérament, inévitablement contingente, une manifestation de scepticisme, voire de désinvolture. Les questions que Goodman a laissées de côté (en particulier les questions d'évaluation et les questions proprement métaphysiques), il ne les a toutefois pas réservées à d'autres, pour parer au plus pressé, par manque de goût ou pour quelque autre raison. Ses réticences expriment davantage des adieux sans regrets, n'exigeant en tant que tel aucun commentaire, ou une façon de se situer ailleurs, à égale distance des thèses ou des questions qui nous tiennent ordinairement captifs.

(J.-P.C. & R.P.)

2014-09-17

axio-logique instinctive

Demande-toi si la rationalité existe, et, quelle qu'elle soit, n'est pas déjà une parodie, comme tu dis, un mensonge, une mauvaise foi. Nos vies, nos valeurs ne tiennent que par cette mauvaise foi, inhérente, constitutive. Tout est affectif, passions, passionné. Tout au fond, vraiment, tout n'est que ça. (...) Du moins dans ce qu'on appelle – abusivement encore, sûrement – le règne du vivant ; et encore !...
(O.K.)

En fait, de nombreuses recherches démontrent désormais [donnant raison à otto karl, entre autres] que la plupart de nos décisions morales émanent de sentiments moraux automatiques plutôt que de calculs rationnels. Face aux questions morales, on ne réfléchit pas de manière rationnelle en pesant le pour et le contre de chaque argument et en examinant les preuves qui le sous-tendent, par exemple. Non, on décide de manière intuitive et on rationalise après. C’est-à-dire : on décide d’abord et on construit ensuite un discours pour justifier sa décision, à ses propres yeux et aux yeux des autres. C’est un processus plus émotionnel que rationnel.
(A.V.) – merci à D..J. –

Je ne cesse de le répéter : on est physio-logique, c'est-à-dire que je suis la logique de mon corps ; et une logique qui a pour raison d'être au service – plus ou moins sublimé, d'où la mauvaise foi constitutive, etc. – de ce que j'appelle le Programme, en nous, c'est-à-dire cet instinct de préservation et de reproduction bête et « méchant » de notre espèce, passant par l'instinct égoïste de préservation et de reproduction individuelles, etc. (...) Ni plus ni moins.
(O.K.)

Le corps a ses raisons, d'être – tout bêtement, comme vecteur de perpétuation de sa propre espèce –, que ses raisons ne reconnaissent pas.
(O.K.)

(...) ce que Jonathan Haidt appelle la théorie de l’intuition morale. Cette théorie explique par exemple pourquoi nous éprouvons [presque] tous une aversion (...) à certains comportements, comme l’inceste par exemple. Même si [«] nous [»] sommes incapables d’articuler la moindre explication rationnelle pour justifier cette aversion dans certains cas.  (...) Pratiquement toutes les personnes (...) considèrent que c’est moralement faux. Et quand on leur demande pourquoi, elles donnent des réponses [vaseuses]. Finalement, [poussés dans leurs retranchements] les participants cessent de raisonner et avouent simplement « Je ne sais pas. Je ne peux [pas] l’expliquer. Je sais juste que c’est faux. » Cet exemple et de nombreuses recherches qui conduisent à des résultats similaires ont amené Haidt à conclure [dans la ligne d'otto karl] que l’évolution nous a dotés d’émotions morales pour nous permettre de survivre et de nous reproduire. Chez nos ancêtres du paléolithique, l’inceste conduisait à des mutations génétiques aux conséquentes très graves. À l’époque, évidemment, personne ne se doutait du mécanisme génétique sous-jacent mais le tabou de l’inceste a « évolué » et empêché nos ancêtres d’avoir des relations sexuelles avec leurs proches, en favorisant la survie des descendants de ceux qui allaient chercher [leurs partenaires] hors de la famille.
(O.K.) (A.V.) – merci à D..J. –


2014-09-13

cri (é)t(h)ique

On simplifierait peut-être la critique si, avant d'énoncer un jugement, on déclarait ses goûts ; car toute œuvre d'art enferme une chose particulière tenant à la personne de l'artiste et qui fait, indépendamment [du reste], que nous sommes séduits ou irrités. (...) L'oubli de cette distinction préalable est une grande cause d'injustice.
Avant tout, l'opportunité du livre est contestée. « Pourquoi ce roman ? à quoi sert un drame ? qu'avons-nous besoin ? etc. » Et, au lieu d'entrer dans l'intention de l'auteur, (...) on le chicane sur mille choses (...), en réclamant (...) le contraire de ce qu'il a voulu. Mais si la compétence du critique s'étend au delà du procédé, il devrait tout d'abord établir son esthétique et sa morale.
(G.F.) (O.K.) (merci à L.W.)

2014-09-11

forme en forme

... quand on écrit, moins les sujets sont intéressants plus les textes demandent de travail (car, en l'absence de sujet, seule l'écriture les soutient), c'est bien ce (...) type de rendu que je recherchais dans ces esquisses, quelque chose de pris sur le vif, de décalé, d'à peine cadré, un côté rapide, ébauché, simplement saisi, comme une poêlée de langoustines. (...) rendus vidéo légèrement brouillés, qui refusent le fini, le soigné, le léché.
(J.-Ph.T.)