N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL
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2016-10-12
2016-10-11
2014-05-23
2014-05-01
pierre, paul, jacques (a dit) je t'aime
Ottorésumé de l'article (2009) : la roue méca nique de l'amour
(A.d.P.)(O.K.)
> du couple : alors quoi ?
> contre l'amorosité passive
>> chapitres ci-dessous :
(A.d.P.)(O.K.)
> du couple : alors quoi ?
> contre l'amorosité passive
>> chapitres ci-dessous :
2013-11-04
de la vie tout(e) droit(e), ou ("fête") d'intervalles
(O.K.)(A.J.)
« Tout se passe au jour le jour, dis-je. — À la nuit à la nuit ? — Voilà. » Elle ne semble pas choquée, la confiance est là, physique. (...)
(...) Tu, vous, la danse. (...)
Pas de pourquoi simple dans ce genre de rencontre, tout se joue dans un poudroiement de détails. Dans la parole, surtout : écoute, respiration, réserve, silence. On s'entend, expression vraie. Quelque chose se veut, se dégage, ne s'use pas, ne s'arrête pas. (...) gratuité et repos, facilité à s'arrêter, à se taire, dormir, disparaître. Du feutré. (...)
D., depuis le début ne m'a rien demandé : ni d'où je venais, ni où j'allais, ni ce que je voulais. Elle s'en est tenue aux comportements, aux gestes. Réalisme (...). (...) Instinct transmis, sûreté d'appréciation dans les plis. (...)
(P.S.)
> pour cette « clandestinité de la vie privée »
> chapitres ci-dessous :
2013-07-22
s'entend la rencontre
C'est tombé sur moi. Vite fait, plus ou moins bien fait, on n'en parle plus.
— Et vous ?
On se tutoie ou on se vouvoie ? Les deux, ce sera plus juste. Je lui raconte que j'ai décidé de ne rien faire, sauf peut-être écrire, et encore. Écrire ? Elle a l'air surprise, je ne dois pas avoir la tête à ça. Écrire quoi, d'abord ? Des romans ? « Les choses qui m'arrivent. — Parce qu'il vous arrivent des choses ? — On dirait. » Elle rit. Comment je vis ? Un peu n'importe comment, mes parents m'envoient de l'argent depuis leur province, sans savoir que je ne vais plus à la Sorbonne depuis longtemps. (...) « Tout se passe au jour le jour, dis-je. — À la nuit à la nuit ? — Voilà. » Elle ne semble pas choquée, la confiance est là, physique. (...)
(...) Tu, vous, la danse.
(...)
Pas de pourquoi simple dans ce genre de rencontre, tout se joue dans un poudroiement de détails. Dans la parole, surtout : écoute, respiration, réserve, silence. On s'entend, expression vraie. Quelque chose se veut, se dégage, ne s'use pas, ne s'arrête pas. On dirait que parfois les morts s'en mêlent, certains de leurs moments lumineux, en tout cas. Les liaisons ennuyeuses ou tragiques sont des erreurs de peau, de squelette, de parfum, de voix. On s'obstine, malgré l'ennui, on veut y croire, on n'ose pas s'avouer qu'on est constamment gêné par ceci ou cela, on appelle le tout passion, possession, on pense même qu'on a eu raison d'avoir tort, qu'il faut continuer à se forcer, mais on se trompe, c'est seulement la mort qui rôde, là, lourde, puritaine, fanatiquement impuissante, frigide. La vraie passion est gratuité et repos, facilité à s'arrêter, à se taire, dormir, disparaître. Du feutré.
(...)
D., depuis le début ne m'a rien demandé : ni d'où je venais, ni où j'allais, ni ce que je voulais. Elle s'en est tenue aux comportements, aux gestes. Réalisme (...). (...) Instinct transmis, sûreté d'appréciation dans les plis. (...)
Pourquoi redouter quoi que ce soit ? Tu arriverais avec quelqu'un d'autre au même coefficient d'immédiateté, d'inceste joué, de tendresse réelle, de cruauté filée de velours ? À la même vicieuse douceur ? Si c'est le cas, soit, dis-moi, on verra.
(P.S.)
> sympathie paradiGmatique !
> l'art de rencontrer d'aimer
> CHAPITRE : affinité
> CHAPITRE : pour l'art rencontre
— Et vous ?
On se tutoie ou on se vouvoie ? Les deux, ce sera plus juste. Je lui raconte que j'ai décidé de ne rien faire, sauf peut-être écrire, et encore. Écrire ? Elle a l'air surprise, je ne dois pas avoir la tête à ça. Écrire quoi, d'abord ? Des romans ? « Les choses qui m'arrivent. — Parce qu'il vous arrivent des choses ? — On dirait. » Elle rit. Comment je vis ? Un peu n'importe comment, mes parents m'envoient de l'argent depuis leur province, sans savoir que je ne vais plus à la Sorbonne depuis longtemps. (...) « Tout se passe au jour le jour, dis-je. — À la nuit à la nuit ? — Voilà. » Elle ne semble pas choquée, la confiance est là, physique. (...)
(...) Tu, vous, la danse.
(...)
Pas de pourquoi simple dans ce genre de rencontre, tout se joue dans un poudroiement de détails. Dans la parole, surtout : écoute, respiration, réserve, silence. On s'entend, expression vraie. Quelque chose se veut, se dégage, ne s'use pas, ne s'arrête pas. On dirait que parfois les morts s'en mêlent, certains de leurs moments lumineux, en tout cas. Les liaisons ennuyeuses ou tragiques sont des erreurs de peau, de squelette, de parfum, de voix. On s'obstine, malgré l'ennui, on veut y croire, on n'ose pas s'avouer qu'on est constamment gêné par ceci ou cela, on appelle le tout passion, possession, on pense même qu'on a eu raison d'avoir tort, qu'il faut continuer à se forcer, mais on se trompe, c'est seulement la mort qui rôde, là, lourde, puritaine, fanatiquement impuissante, frigide. La vraie passion est gratuité et repos, facilité à s'arrêter, à se taire, dormir, disparaître. Du feutré.
(...)
D., depuis le début ne m'a rien demandé : ni d'où je venais, ni où j'allais, ni ce que je voulais. Elle s'en est tenue aux comportements, aux gestes. Réalisme (...). (...) Instinct transmis, sûreté d'appréciation dans les plis. (...)
Pourquoi redouter quoi que ce soit ? Tu arriverais avec quelqu'un d'autre au même coefficient d'immédiateté, d'inceste joué, de tendresse réelle, de cruauté filée de velours ? À la même vicieuse douceur ? Si c'est le cas, soit, dis-moi, on verra.
(P.S.)
> sympathie paradiGmatique !
> l'art de rencontrer d'aimer
> CHAPITRE : affinité
> CHAPITRE : pour l'art rencontre
2013-07-21
2013-07-20
contre l'amorosité passive
Nous sommes [en général] amoureux sans savoir pourquoi. C'est
un état joyeux qui nous paraît miraculeux, et d'autant plus envoûtant
que nous ne le comprenons pas. Mais nous sommes ainsi en proie au doute
et à l'insécurité affective. Ne comprenant pas notre amour, nous
devenons suspicieux, jaloux et possessifs. Notre amour pour un rien
pourra se transformer en son contraire, notre joie risque de se
renverser subitement en tristesse. En comprendre les causes transforme
la passion amoureuse en amour actif. En sachant pourquoi on aime
quelqu'un, nous serons plus sûr de notre amour, moins en proie aux
montagnes russes passionnelles que sont le doute, la jalousie, (...) la
frustration... (B.T.)
... comment le dire en deux mots ?... en « amour » le désir est premier, l'objet est second. On a d'abord le désir, en l'occurrence de tomber amoureux – c'est-à-dire au fond de renaître à soi-même par une cause extérieure, se payer une décharge immédiate de vie nouvelle, une relance du sens de sa vie, une intensification facile de son existence – et l'objet quant à lui est plus hasardeux, contingent, illusoire, on prend un peu ce (fla-) qu'on trouve, du moment qu'on ait l'ivresse, ça fera l'affaire, d'y croire assez, de trouver à s'épanouir au moins quelque peu, au moins quelque temps. Il y a une formule qui dit « faute de trouver ce qu'on désire, on désire ce qu'on trouve » ; alors je la conteste dans la mesure de son idéalisme – impliquant qu'un objet de désir précède le désir, alors que je prétends le contraire –, mais ça pourrait résumer grossièrement. (...)
(...) ce que je pointe aussi dans cette méca nique de l'amour, c'est ce jeu de rôles: bon, c'est pas de toi que je rêvais au fond, mais comme tu es là, « parce que tu étais là » (comme dit la chanson de dominique a) et que c'est un peu le désert autour et que fondamentalement je désire, sans pouvoir m'en empêcher, je désire par essence, alors on va faire avec, avec toi, comme ça, comme si.
Et c'est presque toujours comme ça. Ha. Même quand on y croit à fond, naïvement. L'objet est moins fondamental que le désir. Le désir ne fait que se chercher des objets, des prétextes... des canaux, comme de l'eau (de rose ;) engagée sur un pente, car on est engagé dans le désir, vitalement. (O.K.)
Que répondre à tout ça [cette passion manifeste] ? Laisser décanter, je crois. Voilà ce que je choisis. Meilleur moyen que tu retrouves véritablement tes « esprits », et non pas seulement en intention et déclarations. Et que tu accèdes désormais par toi-même, et ce travail philosophique hélas après-coup, via la rumination de mes chapitres et de spinoza, à la com-préhension de ce que je t'explique et te répète depuis le début sur tout ça, la passion hallucinée qui au fond dépasse largement son objet illusoire, et qui par cette méconnaissance (passive) des causes, de ses motivations égoïstes réelles ne peut rendre que triste, malheureux, car balloté, etc. Voilà la première réponse que je ferais (...). Et si déjà ça peut t'aider... t'encourager à continuer le travail dans ce sens... d'assagissement... de clairvoyance... d'intelligence... (O.K.)
« Aimer », c'est ressentir une joie qu'on croit ne pas venir de l'intérieur, qu'on croit ne pas savoir produire soi-même, mais qui serait provoquée par un être extérieur, une personne, une chose ou une idée. De cette manière, les joies ressenties ne nous apparaissent plus aléatoires et fluctuantes, mais comme des états que nous pouvons, grâce à l'existence de cette cause repérable et identifiable, revivre de manière régulière et prévisible. Encore faut-il parvenir à se l'attacher et à s'y unir solidement. Cependant, aimer, (...) c'est aussi – et, malheureusement, presque toujours – se tromper sur les causes de l'amour, se tromper sur l'origine de sa joie, et s'attacher à ce qui nous attriste bien plus qu'il ne nous réjouit. Aimer, c'est croire que quelque chose nous réjouit, même si l'effet réel est contraire. (B.T.)
(...)
Reprenons la définition de l'amour [selon spinoza] :
« L'amour est une joie accompagnée de l'idée d'une cause extérieure. »
Cette définition nous dit bien que la seule chose qui est réelle dans l'amour, c'est notre sentiment ; c'est-à-dire la joie éprouvée. L'objet sur lequel porte ce sentiment, en revanche, n'est qu'une idée que nous attachons, avec plus ou moins de circonspection, à cette joie. Dans beaucoup de cas, c'est seulement dans notre imaginaire que cet objet est une cause de joie. Il nous incombe aussi de renverser notre conception et notre appréhension de l'amour. (B.T.)
Nous ne sommes pas davantage lucides sur le monde extérieur que sur nous-mêmes. Car nous nous confrontons encore au même problème : ce ne sont toujours pas les choses extérieures que nous percevons, mais l'effet qu'elles nous font, la réaction qu'elles provoquent et leur empreinte en nous. En goûtant un aliment, ce n'est pas la composition de l'aliment lui-même que nous percevons, mais la réaction de nos papilles (...). En tombant amoureux d'une personne, ce n'est pas la personne elle-même que nous percevons, mais les désirs et les craintes qu'elles suscitent, les souvenirs qu'elle évoque, la sensibilité qu'elle stimule.
(...) En réalité, nous ne connaissons que nos réactions, nos sensations, notre épiderme existentiel et affectif. Nous ignorons complètement les causes de ces réactions, qu'elles soient internes (...) ou externes (...). (B.T.)
Pour commencer, ce qui détermine notre amour, ce qui guide notre choix, c'est uniquement notre sentiment, et en aucune façon la qualité réelle de l'objet de notre affection, ou pire, des « valeurs » transcendantes auxquelles il est censé correspondre. Ce n'est pas l'excellence ou la bonté ou la beauté d'une chose, d'une idée ou d'une personne qui nous le rend aimable, mais uniquement le fait que nous associons une augmentation de notre énergie vitale [notre puissance], c'est-à-dire une joie, à sa présence. (...) Ce n'est donc pas l'autre la véritable raison de notre amour, mais simplement le sentiment qui accompagne sa présence.
... la source de l'amour ne se situe pas dans les qualités réelles de l'objet aimé, son excellence ou sa bonté, mais simplement dans les variations d'humeur ou d'énergie vitale que nous ressentons en sa présence. (B.T.)
... nos relations sont la plupart du temps aliénées, c'est-à-dire attachées à des objets imaginaires. Pour sortir de cette aliénation affective, nous devons comprendre les mécanismes à l'oeuvre dans nos choix affectifs. (B.T.)
Nos errances passionnelles sont ainsi non pas des fautes, au sens moralisateur du terme, mais des erreurs, des défauts de notre connaissance et de notre jugement – et non pas de notre moralité. (B.T.)
... il nous manque la connaissance adéquate de ce que nous sommes et de ce qui nous entoure. Bien que nous soyons conscients de nous-mêmes et de ce qui nous arrive, cette conscience n'est qu'une connaissance mutilée, tronquée, partielle et souvent imaginaire. Notre vie affective devient violente et passionnelle essentiellement parce que nous nous trompons sur nous-mêmes et sur les événements qui nous arrivent. (B.T.)
Il y a un fil rouge qui traverse toutes nos errances affectives : l'homme a besoin de croire en quelque chose, même s'il s'agit d'une erreur. L'homme a aussi besoin de désirer quelque chose, quoi que ce soit, même si ce désir est une illusion. Il s'ensuit que l'homme a besoin d'aimer quelque chose, de s'attacher à quelque chose, même si, en réalité, cette chose le détruit plus qu'elle ne le construit, l'attriste plus qu'elle ne le réjouit. (B.T.)
Que l'objet soit erroné ou imaginaire, nous avons toujours besoin de projeter nos sentiments sur quelque chose.
Nous ne pouvons faire autrement, car il y va de notre énergie vitale, de l'équilibre de nos forces intérieures. Pour nous maintenir face aux obstacles et aux dangers de la vie, pour nous donner la force de les dépasser, nous imaginons ce que nous croyons capables de nous renforcer. Et, à l'inverse, nous nous efforçons de nier l'existence de ce que nous croyons nous menacer, voilà pourquoi certains ont besoin de haïr à tout prix, de s'opposer à des dangers pourtant inexistants, de militer pour des causes imaginaires...
Si nous ne pouvons faire autrement que de nous attacher à des objets d'amour ou de haine artificiels, nous pouvons néanmoins tenter de comprendre par quels mécanismes s'enchaînent ces attachements. Quels sont les trompe-l'oeil qui aliènent notre désir (...) (B.T.)
« Le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu'on la conçoit comme déterminée, par la suite d'une quelconque affection d'elle-même, à faire quelque chose. » [spinoza]
Parce que fondamentalement nous sommes des êtres de désir. (...) Cela signifie que nous sommes désir, rien que désir. (B.T.)
Si être, c'est désirer, désirer, pareillement, c'est pas autre chose qu'être. (B.T.)
Ce que nous désirons, c'est être nous-mêmes, pleinement, et sans concession. (B.T.)
(...) ce n'est pas l'objet du désir qui provoque notre désir. Nous ne désirons pas une chose ou quelqu'un parce qu'ils nous paraissent merveilleux, hors du commun, indispensables : nous ne les désirons que parce qu'ils nous permettent d'être ce que nous sommes. (...)
Nous désirons parce que certaines choses nous apportent de la joie et ainsi augmentent notre puissance et notre capacité à nous réaliser nous-mêmes. En nous interrogeant sur notre désir, ne nous demandons pas ce que nous voulons avoir, mais plutôt ce que nous voulons être à travers ce que nous désirons. (B.T.)
Si vous êtes victime d'une avalanche (...), vous ne penserez certainement pas que la montagne vous [a] visé spécifiquement. Vous êtes juste passé au mauvais endroit au mauvais moment. (...)
Il semble difficile d'accepter que le même mécanisme conditionne l'amour des autres. En effet, si les autres nous aiment, ce n'est pas non plus parce qu'il ont délibérément choisi de le faire, et ce n'est pas non plus parce qu'ils nous ont choisis en particulier, mais parce qu'à un moment donné nous nous sommes trouvés disponibles pour jouer le rôle prévu par leur scénario affectif. (B.T.)
> cet secondaire objet du désirt
> l'amour inventé, à réinventer... : réinventé
> la roue méca nique de l'amour
> CHAPITRE : amouréinventé
> CHAPITRE : antiromantisme
... comment le dire en deux mots ?... en « amour » le désir est premier, l'objet est second. On a d'abord le désir, en l'occurrence de tomber amoureux – c'est-à-dire au fond de renaître à soi-même par une cause extérieure, se payer une décharge immédiate de vie nouvelle, une relance du sens de sa vie, une intensification facile de son existence – et l'objet quant à lui est plus hasardeux, contingent, illusoire, on prend un peu ce (fla-) qu'on trouve, du moment qu'on ait l'ivresse, ça fera l'affaire, d'y croire assez, de trouver à s'épanouir au moins quelque peu, au moins quelque temps. Il y a une formule qui dit « faute de trouver ce qu'on désire, on désire ce qu'on trouve » ; alors je la conteste dans la mesure de son idéalisme – impliquant qu'un objet de désir précède le désir, alors que je prétends le contraire –, mais ça pourrait résumer grossièrement. (...)
(...) ce que je pointe aussi dans cette méca nique de l'amour, c'est ce jeu de rôles: bon, c'est pas de toi que je rêvais au fond, mais comme tu es là, « parce que tu étais là » (comme dit la chanson de dominique a) et que c'est un peu le désert autour et que fondamentalement je désire, sans pouvoir m'en empêcher, je désire par essence, alors on va faire avec, avec toi, comme ça, comme si.
Et c'est presque toujours comme ça. Ha. Même quand on y croit à fond, naïvement. L'objet est moins fondamental que le désir. Le désir ne fait que se chercher des objets, des prétextes... des canaux, comme de l'eau (de rose ;) engagée sur un pente, car on est engagé dans le désir, vitalement. (O.K.)
Que répondre à tout ça [cette passion manifeste] ? Laisser décanter, je crois. Voilà ce que je choisis. Meilleur moyen que tu retrouves véritablement tes « esprits », et non pas seulement en intention et déclarations. Et que tu accèdes désormais par toi-même, et ce travail philosophique hélas après-coup, via la rumination de mes chapitres et de spinoza, à la com-préhension de ce que je t'explique et te répète depuis le début sur tout ça, la passion hallucinée qui au fond dépasse largement son objet illusoire, et qui par cette méconnaissance (passive) des causes, de ses motivations égoïstes réelles ne peut rendre que triste, malheureux, car balloté, etc. Voilà la première réponse que je ferais (...). Et si déjà ça peut t'aider... t'encourager à continuer le travail dans ce sens... d'assagissement... de clairvoyance... d'intelligence... (O.K.)
« Aimer », c'est ressentir une joie qu'on croit ne pas venir de l'intérieur, qu'on croit ne pas savoir produire soi-même, mais qui serait provoquée par un être extérieur, une personne, une chose ou une idée. De cette manière, les joies ressenties ne nous apparaissent plus aléatoires et fluctuantes, mais comme des états que nous pouvons, grâce à l'existence de cette cause repérable et identifiable, revivre de manière régulière et prévisible. Encore faut-il parvenir à se l'attacher et à s'y unir solidement. Cependant, aimer, (...) c'est aussi – et, malheureusement, presque toujours – se tromper sur les causes de l'amour, se tromper sur l'origine de sa joie, et s'attacher à ce qui nous attriste bien plus qu'il ne nous réjouit. Aimer, c'est croire que quelque chose nous réjouit, même si l'effet réel est contraire. (B.T.)
(...)
Reprenons la définition de l'amour [selon spinoza] :
« L'amour est une joie accompagnée de l'idée d'une cause extérieure. »
Cette définition nous dit bien que la seule chose qui est réelle dans l'amour, c'est notre sentiment ; c'est-à-dire la joie éprouvée. L'objet sur lequel porte ce sentiment, en revanche, n'est qu'une idée que nous attachons, avec plus ou moins de circonspection, à cette joie. Dans beaucoup de cas, c'est seulement dans notre imaginaire que cet objet est une cause de joie. Il nous incombe aussi de renverser notre conception et notre appréhension de l'amour. (B.T.)
Nous ne sommes pas davantage lucides sur le monde extérieur que sur nous-mêmes. Car nous nous confrontons encore au même problème : ce ne sont toujours pas les choses extérieures que nous percevons, mais l'effet qu'elles nous font, la réaction qu'elles provoquent et leur empreinte en nous. En goûtant un aliment, ce n'est pas la composition de l'aliment lui-même que nous percevons, mais la réaction de nos papilles (...). En tombant amoureux d'une personne, ce n'est pas la personne elle-même que nous percevons, mais les désirs et les craintes qu'elles suscitent, les souvenirs qu'elle évoque, la sensibilité qu'elle stimule.
(...) En réalité, nous ne connaissons que nos réactions, nos sensations, notre épiderme existentiel et affectif. Nous ignorons complètement les causes de ces réactions, qu'elles soient internes (...) ou externes (...). (B.T.)
Pour commencer, ce qui détermine notre amour, ce qui guide notre choix, c'est uniquement notre sentiment, et en aucune façon la qualité réelle de l'objet de notre affection, ou pire, des « valeurs » transcendantes auxquelles il est censé correspondre. Ce n'est pas l'excellence ou la bonté ou la beauté d'une chose, d'une idée ou d'une personne qui nous le rend aimable, mais uniquement le fait que nous associons une augmentation de notre énergie vitale [notre puissance], c'est-à-dire une joie, à sa présence. (...) Ce n'est donc pas l'autre la véritable raison de notre amour, mais simplement le sentiment qui accompagne sa présence.
... la source de l'amour ne se situe pas dans les qualités réelles de l'objet aimé, son excellence ou sa bonté, mais simplement dans les variations d'humeur ou d'énergie vitale que nous ressentons en sa présence. (B.T.)
... nos relations sont la plupart du temps aliénées, c'est-à-dire attachées à des objets imaginaires. Pour sortir de cette aliénation affective, nous devons comprendre les mécanismes à l'oeuvre dans nos choix affectifs. (B.T.)
Nos errances passionnelles sont ainsi non pas des fautes, au sens moralisateur du terme, mais des erreurs, des défauts de notre connaissance et de notre jugement – et non pas de notre moralité. (B.T.)
... il nous manque la connaissance adéquate de ce que nous sommes et de ce qui nous entoure. Bien que nous soyons conscients de nous-mêmes et de ce qui nous arrive, cette conscience n'est qu'une connaissance mutilée, tronquée, partielle et souvent imaginaire. Notre vie affective devient violente et passionnelle essentiellement parce que nous nous trompons sur nous-mêmes et sur les événements qui nous arrivent. (B.T.)
Il y a un fil rouge qui traverse toutes nos errances affectives : l'homme a besoin de croire en quelque chose, même s'il s'agit d'une erreur. L'homme a aussi besoin de désirer quelque chose, quoi que ce soit, même si ce désir est une illusion. Il s'ensuit que l'homme a besoin d'aimer quelque chose, de s'attacher à quelque chose, même si, en réalité, cette chose le détruit plus qu'elle ne le construit, l'attriste plus qu'elle ne le réjouit. (B.T.)
Que l'objet soit erroné ou imaginaire, nous avons toujours besoin de projeter nos sentiments sur quelque chose.
Nous ne pouvons faire autrement, car il y va de notre énergie vitale, de l'équilibre de nos forces intérieures. Pour nous maintenir face aux obstacles et aux dangers de la vie, pour nous donner la force de les dépasser, nous imaginons ce que nous croyons capables de nous renforcer. Et, à l'inverse, nous nous efforçons de nier l'existence de ce que nous croyons nous menacer, voilà pourquoi certains ont besoin de haïr à tout prix, de s'opposer à des dangers pourtant inexistants, de militer pour des causes imaginaires...
Si nous ne pouvons faire autrement que de nous attacher à des objets d'amour ou de haine artificiels, nous pouvons néanmoins tenter de comprendre par quels mécanismes s'enchaînent ces attachements. Quels sont les trompe-l'oeil qui aliènent notre désir (...) (B.T.)
« Le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu'on la conçoit comme déterminée, par la suite d'une quelconque affection d'elle-même, à faire quelque chose. » [spinoza]
Parce que fondamentalement nous sommes des êtres de désir. (...) Cela signifie que nous sommes désir, rien que désir. (B.T.)
Si être, c'est désirer, désirer, pareillement, c'est pas autre chose qu'être. (B.T.)
Ce que nous désirons, c'est être nous-mêmes, pleinement, et sans concession. (B.T.)
(...) ce n'est pas l'objet du désir qui provoque notre désir. Nous ne désirons pas une chose ou quelqu'un parce qu'ils nous paraissent merveilleux, hors du commun, indispensables : nous ne les désirons que parce qu'ils nous permettent d'être ce que nous sommes. (...)
Nous désirons parce que certaines choses nous apportent de la joie et ainsi augmentent notre puissance et notre capacité à nous réaliser nous-mêmes. En nous interrogeant sur notre désir, ne nous demandons pas ce que nous voulons avoir, mais plutôt ce que nous voulons être à travers ce que nous désirons. (B.T.)
Si vous êtes victime d'une avalanche (...), vous ne penserez certainement pas que la montagne vous [a] visé spécifiquement. Vous êtes juste passé au mauvais endroit au mauvais moment. (...)
Il semble difficile d'accepter que le même mécanisme conditionne l'amour des autres. En effet, si les autres nous aiment, ce n'est pas non plus parce qu'il ont délibérément choisi de le faire, et ce n'est pas non plus parce qu'ils nous ont choisis en particulier, mais parce qu'à un moment donné nous nous sommes trouvés disponibles pour jouer le rôle prévu par leur scénario affectif. (B.T.)
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| (H.M.) |
> cet secondaire objet du désirt
> l'amour inventé, à réinventer... : réinventé
> la roue méca nique de l'amour
> CHAPITRE : amouréinventé
> CHAPITRE : antiromantisme
2013-07-14
pour de l'amour poli
à C.
Je garde, et développe encore aujourd'hui, une tout autre conception des droits et des devoirs à l'intérieur d'une relation dite « amoureuse », que la (conception) normale – type « bourgeoise », si on veut, mais ancestrale aussi, primitive, animale, mammifère. Je suis partisan (et artisan autant que je peux) d'un bon progrès dans ce domaine, qui rattraperait les autres (progrès). Il serait temps ! (...) Pour moi, notre séparation n'avait pas lieu de sur-venir, à ce moment-là. Elle était tristement traditionnelle. Alors même qu'on avait amorcé ensemble quelque chose de beaucoup plus neuf et intelligent, justement. Bref... (O.K.)
Je compatissais pour ton inquiétude, mais, aussi difficile que ça puisse être, il fallait continuer de garder confiance, cette fois encore, au lieu de vouloir imposer un soudain étranglement (arbitraire) de ma « liberté ». Inimaginable pour moi. Les vraies rencontres dans la vie, intenses, sont tellement rares et si précieuses... Mais il n'est pas du tout dans ma philosophie qu'une vraie rencontre en chasse une autre. C'est ce que j'ai tenté de t'expliquer alors, très simplement, mais ton angoisse (...) a été plus forte. Elle s'est faite directive, autoritaire, et, comme tu sais peut-être, j'ai un petit problème instinctif avec l'autorité ; en même temps qu'avec les conceptions que, par notre nature et notre culture, les gens se font de la vie, de la normale, de la morale... pour leur propre malheur, et le nôtre. Car le leur malheur éclabousse, en impose, impose, c'est la norme. (O.K.)
Vivre simultanément plusieurs relations amoureuses ? J’adorerais que ça se passe comme ça mais je ne suis pas sûre que l’humanité y soit prête. (...) Non, [le sentiment amoureux n'est pas forcément exclusif, mais] la sexualité est plus exclusive que le sentiment. (...) Je pense que la jalousie est constitutive de la sexualité. Je ne suis pas philosophe, je n’ai pas fait d’enquête, je parle de mon expérience. Ce qui rend jaloux, c’est un besoin de possession sexuelle. (...) J'ai été [jalouse], je le suis moins. (...) Dans mon système à moi, c’est rentré en conflit d’une manière terrible. Il n’était pas question de remettre en cause cette permissivité et je ne pouvais pas ne pas éprouver ce sentiment de jalousie. J’étais un sujet clivé et ça c’est très douloureux (...). [L'enseignement que j'en ai tiré, c'est] que je suis contre la transparence. (...) L’autre peut être totalement libre, mais il ne doit rien dire. (...) Je n’ai jamais craint d’être quittée par l’homme que j’aimais et de me retrouver dans la solitude. Ce qui m’obsédait c’était le plaisir qu’il trouvait avec d’autres femmes, c’était purement sexuel. Toutes les représentations que je m’en faisais tournaient autour de scènes sexuelles, pas de scènes d’amour. À la limite ça ne m’intéressait pas. (C.M.)
Au fur et à mesure que croît sa passion pour Alain, son attachement devient de plus en plus exigeant et mon existence [en tant qu'épouse] lui est un obstacle : je suis de trop ! Je ne lui en veux pas ; ce rejet, je le trouve compréhensible, terriblement « normal ». Je suis pourtant on ne peut plus discrète... Que faire sinon en prendre mon parti !
(...)
Et pourtant il s'éloigne [d'elle] ; l'excès même de cette passion le fatigue : trop de jalousie, problèmes psychologiques insolubles. Sa « voracité » est grande, or Alain ne veut pas se consacrer à elle ; la disponibilité qu'elle réclame Alain n'est pas décidé à la lui offrir. Et là, mon propre effacement ne changerait sans doute pas grand-chose ; mon existence, bien sûr, n'arrange rien ; elle est extraordinairement exclusive.
(...)
Alain a besoin que l'air soit léger, qu'il circule, que rien ne pèse, n'encombre, et ne menace la colonne vertébrale de sa vie : l'exercice de l'écriture ; d'où son peu de talent, de goût pour l'amour fusionnel qui absorbe, asphyxie et affecte, en y empiétant, son domaine réservé, ses (biens connus) petits travaux qui demandent calme, sérénité et maîtrise de son « temps de cerveau disponible ».
(...)
Catherine monopolise Alain. Ses manières amoureuses s'accentuent. Elle le prend par la taille, le cou, lui caresse le visage, le tient par la main, lui parle constamment à l'oreille comme si je n'existais pas. D'ailleurs elle m'ignore : elle ne me voit pas et ne me répond pas lorsque je lui adresse la parole. Alain finit par lui dire qu'il trouve la situation pénible. (...) À vrai dire, tout cela ne me dérange pas vraiment, sauf peut-être vis-à-vis des tiers (mais quelle importance !). Je crois même que ça m'excite plutôt.
(...)
Non je ne tire pas de plaisir particulier à être traitée par le mépris. Mon besoin de voir (comme qui dirait ma pulsion scopique) trouve son compte, en revanche, à jouir, de visu, des scènes imaginées cet hiver, où Alain est l'objet du désir et des manières amoureuses d'une jolie femme, dont l'exhibition triomphante, au lieu de me déchirer le coeur, m'excite plutôt. Je me sens double : je suis l'épouse que l'attitude vexante, très (trop) appuyée, de la maîtresse n'atteint pas plus que ça (le sentiment de rivalité n'est pas de mon côté) ; je suis aussi la femme dont l'érotisme cérébral se repaît, à distance, d'un spectacle troublant qu'elle sait sans danger. Il n'en reste pas moins que, même si les tiers importent peu, je me trouve coincée dans un rôle inconfortable où les apparences jouent contre moi : quand l'épouse et la maîtresse sont manifestement en froid, les torts sont d'office attribués à l'épouse qui n'en peut mais. Situation paradoxale qu'Alain finit par trouver injuste, « déplaisante » ; elle renforce une prise de décision, esquissée depuis un petit moment (...)
Quand j'écris, plus haut, que je sais sans danger le spectacle public des amours de [Catherine] avec Alain, je veux dire : sans danger pour moi ; je ne me suis jamais sentie en danger d'être abandonnée.
La façon dont il mène son aventure me donne l'impression de la vivre avec lui dans ses détails, d'en suivre les fluctuations, avec ses brillances, ses demi-teintes, ses temps morts : palpitante, pour moi, comme un feuilleton.
Qu'on n'aille pas y déceler un fantasme saphique que j'aurais vécu par personne interposée à travers Alain ! Je n'ai jamais eu d'attirance pour qui n'en avais pas, au préalable, pour moi ; or [Catherine] n'en avait ni pour les femmes en général, ni pour moi en particulier.
J'étais la confidente et non l'épouse dont on se cache – c'est de tradition – par de minables petits mensonges. (Alain, soit dit en passant, n'était pas du tout menteur, ce qui lui a quelquefois joué des tours). Je n'étais pas non plus l'épouse esseulée qui attend le retour du mari pour boire ses paroles. J'avais mes propres ailleurs (...). J'étais la confidente privilégiée, et l'idée qu'Alain pourrait un jour me quitter ne m'a même pas effleurée.
Comment avoir la moindre incertitude quand je crois dur comme fer à la solidité d'Alain, quand je crois dur comme fer à l'impossibilité de notre séparation, persuadée que la « transparence » de la relation me met à l'abri de tout aléa ?
Lorsque s'établit cette transparence entre Alain et moi, c'est sans a priori, sans pacte initial, sans même y penser, selon la pente naturelle de nos idiosyncrasies ; Alain me demande expressément d'ouvrir son courrier pendant ses absences, quelle qu'en soit la provenance, ce que n'imagine pas d'emblée certaines de ses correspondantes. C'est notre façon, peu courante, de resserrer notre entente, en tenant à distance, bien qu'autorisées au départ, dès notre mariage, mes échappées sexuelles qui, racontées, deviennent des anecdotes parmi d'autres, dénuées d'importance.
Une transparence qui paraissait tellement enviable aux yeux de quelques-uns de nos amis qu'ils la prirent comme modèle, au risque de capoter sur le chemin malaisé pour les sensibilités fragiles et les caractères peu affirmés. Il capotèrent.
(C.R.-G.)
Entretenir une relation amoureuse avec plusieurs personnes de manière simultanée et sans tabou, c'est la liberté que revendiquent les personnes polyamoureuses. S'affranchissant des notions de conjugalité, d'exclusivité ou de fidélité propres aux règles de la monogamie, les polyamoureux cherchent à vivre leurs différentes histoires en toute sincérité avec leurs partenaires. G., polyamoureuse de 26 ans, expose sa vision des relations.
Pour résumer, le polyamour désigne le fait d’entretenir des relations amoureuses avec plusieurs personnes de manière simultanée, honnête et transparente. Mais il n’existe pas qu’une seule définition du polyamour. Toutes les personnes qui le pratiquent choisissent la forme qui leur convient, et celle-ci peut évoluer au fil des relations. Les relations polyamoureuses sont à distinguer des relations polypartenariales, qui n’impliquent que l’existence de relations sexuelles, et non sentimentales.
Les relations polyamoureuses peuvent se construire autour d’un couple qui décide de ne pas fermer la porte aux sentiments que chacun et chacune peut potentiellement ressentir pour des tiers. Elles peuvent aussi s’organiser sans noyau principal. Elles se veulent non hiérarchiques ; une différence de nature entre les relations peut néanmoins exister.
Le polyamour permet d’éviter les côtés négatifs de la monogamie, notamment la dépendance affective, les tabous et les drames causés par la jalousie et les soupçons. Il permet d’échapper à la norme monogame qui impose [la crise, et généralement] la rupture comme une obligation en cas de rencontre sentimentale et/ou sexuelle avec une autre personne. Le modèle traditionnel est contraignant en ce qu’il force à renoncer à vivre des histoires par peur de perdre une personne aimée. Il met toujours en danger les relations, il entretient un sentiment d’insécurité affective permanent. Par ailleurs, il suppose l’appropriation du corps de son ou sa partenaire et implique une forme de contrôle pour s’assurer de son exclusivité.
(...)
Il ne faut pas non plus croire que les relations poly[amoureuse]s sont toujours exemptes de jalousie. Il s’agit d’apprendre à la gérer, car on ne naît pas [dans une culture donc un conditionnement] polyamoureux. Cette pratique est le fruit de questionnements sur la pertinence du couple monogame envisagé comme seul modèle légitime de relations. Le polyamour implique une réflexion sur un certain nombre de comportements intériorisés et considérés comme inhérents à la liaison amoureuse (possessivité, jalousie etc.). Dans mon cas, c’est au fil de rencontres et d’échanges que j’ai construit ma vision des relations telles que je les pratique aujourd’hui, en sachant que ma manière de les envisager peut évoluer au cours du temps. Une autre difficulté majeure est d’établir des règles en faisant en sorte qu’elles conviennent à tous les partenaires.
Mais les préjugés les plus tenaces viennent de l’extérieur : souvent, les relations polyamoureuses ne sont pas considérées comme de « vraies » relations, elles ne sont pas valables aux yeux de la société. Elles ne sont pourtant ni moins fortes, ni moins importantes ! Pour beaucoup, le polyamour ne serait qu’une « peur de l’engagement » due à une immaturité affective. Il est nécessaire de reconnaître la validité de tous les modes de relations, tant qu’ils font l’objet d’un accord entre les partenaires.
Au niveau de la famille, souvent attachée au modèle du couple traditionnel, il est difficile de faire son « coming out » de polyamoureuse/polyamoureux. Les problèmes peuvent aussi venir, lorsqu’on est « poly », d’un partenaire qui souhaite imposer l’exclusivité comme condition de la relation. Il y a souvent peu de négociation possible dans ce cas : la parole et les désirs de la personne « poly » seront a priori illégitimes car ils vont à l’encontre de la norme dominante en matière de relations.
cf. CHAPITRE : amouréinventé
et autres
Je garde, et développe encore aujourd'hui, une tout autre conception des droits et des devoirs à l'intérieur d'une relation dite « amoureuse », que la (conception) normale – type « bourgeoise », si on veut, mais ancestrale aussi, primitive, animale, mammifère. Je suis partisan (et artisan autant que je peux) d'un bon progrès dans ce domaine, qui rattraperait les autres (progrès). Il serait temps ! (...) Pour moi, notre séparation n'avait pas lieu de sur-venir, à ce moment-là. Elle était tristement traditionnelle. Alors même qu'on avait amorcé ensemble quelque chose de beaucoup plus neuf et intelligent, justement. Bref... (O.K.)
Je compatissais pour ton inquiétude, mais, aussi difficile que ça puisse être, il fallait continuer de garder confiance, cette fois encore, au lieu de vouloir imposer un soudain étranglement (arbitraire) de ma « liberté ». Inimaginable pour moi. Les vraies rencontres dans la vie, intenses, sont tellement rares et si précieuses... Mais il n'est pas du tout dans ma philosophie qu'une vraie rencontre en chasse une autre. C'est ce que j'ai tenté de t'expliquer alors, très simplement, mais ton angoisse (...) a été plus forte. Elle s'est faite directive, autoritaire, et, comme tu sais peut-être, j'ai un petit problème instinctif avec l'autorité ; en même temps qu'avec les conceptions que, par notre nature et notre culture, les gens se font de la vie, de la normale, de la morale... pour leur propre malheur, et le nôtre. Car le leur malheur éclabousse, en impose, impose, c'est la norme. (O.K.)
Vivre simultanément plusieurs relations amoureuses ? J’adorerais que ça se passe comme ça mais je ne suis pas sûre que l’humanité y soit prête. (...) Non, [le sentiment amoureux n'est pas forcément exclusif, mais] la sexualité est plus exclusive que le sentiment. (...) Je pense que la jalousie est constitutive de la sexualité. Je ne suis pas philosophe, je n’ai pas fait d’enquête, je parle de mon expérience. Ce qui rend jaloux, c’est un besoin de possession sexuelle. (...) J'ai été [jalouse], je le suis moins. (...) Dans mon système à moi, c’est rentré en conflit d’une manière terrible. Il n’était pas question de remettre en cause cette permissivité et je ne pouvais pas ne pas éprouver ce sentiment de jalousie. J’étais un sujet clivé et ça c’est très douloureux (...). [L'enseignement que j'en ai tiré, c'est] que je suis contre la transparence. (...) L’autre peut être totalement libre, mais il ne doit rien dire. (...) Je n’ai jamais craint d’être quittée par l’homme que j’aimais et de me retrouver dans la solitude. Ce qui m’obsédait c’était le plaisir qu’il trouvait avec d’autres femmes, c’était purement sexuel. Toutes les représentations que je m’en faisais tournaient autour de scènes sexuelles, pas de scènes d’amour. À la limite ça ne m’intéressait pas. (C.M.)
Au fur et à mesure que croît sa passion pour Alain, son attachement devient de plus en plus exigeant et mon existence [en tant qu'épouse] lui est un obstacle : je suis de trop ! Je ne lui en veux pas ; ce rejet, je le trouve compréhensible, terriblement « normal ». Je suis pourtant on ne peut plus discrète... Que faire sinon en prendre mon parti !
(...)
Et pourtant il s'éloigne [d'elle] ; l'excès même de cette passion le fatigue : trop de jalousie, problèmes psychologiques insolubles. Sa « voracité » est grande, or Alain ne veut pas se consacrer à elle ; la disponibilité qu'elle réclame Alain n'est pas décidé à la lui offrir. Et là, mon propre effacement ne changerait sans doute pas grand-chose ; mon existence, bien sûr, n'arrange rien ; elle est extraordinairement exclusive.
(...)
Alain a besoin que l'air soit léger, qu'il circule, que rien ne pèse, n'encombre, et ne menace la colonne vertébrale de sa vie : l'exercice de l'écriture ; d'où son peu de talent, de goût pour l'amour fusionnel qui absorbe, asphyxie et affecte, en y empiétant, son domaine réservé, ses (biens connus) petits travaux qui demandent calme, sérénité et maîtrise de son « temps de cerveau disponible ».
(...)
Catherine monopolise Alain. Ses manières amoureuses s'accentuent. Elle le prend par la taille, le cou, lui caresse le visage, le tient par la main, lui parle constamment à l'oreille comme si je n'existais pas. D'ailleurs elle m'ignore : elle ne me voit pas et ne me répond pas lorsque je lui adresse la parole. Alain finit par lui dire qu'il trouve la situation pénible. (...) À vrai dire, tout cela ne me dérange pas vraiment, sauf peut-être vis-à-vis des tiers (mais quelle importance !). Je crois même que ça m'excite plutôt.
(...)
Non je ne tire pas de plaisir particulier à être traitée par le mépris. Mon besoin de voir (comme qui dirait ma pulsion scopique) trouve son compte, en revanche, à jouir, de visu, des scènes imaginées cet hiver, où Alain est l'objet du désir et des manières amoureuses d'une jolie femme, dont l'exhibition triomphante, au lieu de me déchirer le coeur, m'excite plutôt. Je me sens double : je suis l'épouse que l'attitude vexante, très (trop) appuyée, de la maîtresse n'atteint pas plus que ça (le sentiment de rivalité n'est pas de mon côté) ; je suis aussi la femme dont l'érotisme cérébral se repaît, à distance, d'un spectacle troublant qu'elle sait sans danger. Il n'en reste pas moins que, même si les tiers importent peu, je me trouve coincée dans un rôle inconfortable où les apparences jouent contre moi : quand l'épouse et la maîtresse sont manifestement en froid, les torts sont d'office attribués à l'épouse qui n'en peut mais. Situation paradoxale qu'Alain finit par trouver injuste, « déplaisante » ; elle renforce une prise de décision, esquissée depuis un petit moment (...)
Quand j'écris, plus haut, que je sais sans danger le spectacle public des amours de [Catherine] avec Alain, je veux dire : sans danger pour moi ; je ne me suis jamais sentie en danger d'être abandonnée.
La façon dont il mène son aventure me donne l'impression de la vivre avec lui dans ses détails, d'en suivre les fluctuations, avec ses brillances, ses demi-teintes, ses temps morts : palpitante, pour moi, comme un feuilleton.
Qu'on n'aille pas y déceler un fantasme saphique que j'aurais vécu par personne interposée à travers Alain ! Je n'ai jamais eu d'attirance pour qui n'en avais pas, au préalable, pour moi ; or [Catherine] n'en avait ni pour les femmes en général, ni pour moi en particulier.
J'étais la confidente et non l'épouse dont on se cache – c'est de tradition – par de minables petits mensonges. (Alain, soit dit en passant, n'était pas du tout menteur, ce qui lui a quelquefois joué des tours). Je n'étais pas non plus l'épouse esseulée qui attend le retour du mari pour boire ses paroles. J'avais mes propres ailleurs (...). J'étais la confidente privilégiée, et l'idée qu'Alain pourrait un jour me quitter ne m'a même pas effleurée.
Comment avoir la moindre incertitude quand je crois dur comme fer à la solidité d'Alain, quand je crois dur comme fer à l'impossibilité de notre séparation, persuadée que la « transparence » de la relation me met à l'abri de tout aléa ?
Lorsque s'établit cette transparence entre Alain et moi, c'est sans a priori, sans pacte initial, sans même y penser, selon la pente naturelle de nos idiosyncrasies ; Alain me demande expressément d'ouvrir son courrier pendant ses absences, quelle qu'en soit la provenance, ce que n'imagine pas d'emblée certaines de ses correspondantes. C'est notre façon, peu courante, de resserrer notre entente, en tenant à distance, bien qu'autorisées au départ, dès notre mariage, mes échappées sexuelles qui, racontées, deviennent des anecdotes parmi d'autres, dénuées d'importance.
Une transparence qui paraissait tellement enviable aux yeux de quelques-uns de nos amis qu'ils la prirent comme modèle, au risque de capoter sur le chemin malaisé pour les sensibilités fragiles et les caractères peu affirmés. Il capotèrent.
(C.R.-G.)
Entretenir une relation amoureuse avec plusieurs personnes de manière simultanée et sans tabou, c'est la liberté que revendiquent les personnes polyamoureuses. S'affranchissant des notions de conjugalité, d'exclusivité ou de fidélité propres aux règles de la monogamie, les polyamoureux cherchent à vivre leurs différentes histoires en toute sincérité avec leurs partenaires. G., polyamoureuse de 26 ans, expose sa vision des relations.
Pour résumer, le polyamour désigne le fait d’entretenir des relations amoureuses avec plusieurs personnes de manière simultanée, honnête et transparente. Mais il n’existe pas qu’une seule définition du polyamour. Toutes les personnes qui le pratiquent choisissent la forme qui leur convient, et celle-ci peut évoluer au fil des relations. Les relations polyamoureuses sont à distinguer des relations polypartenariales, qui n’impliquent que l’existence de relations sexuelles, et non sentimentales.
Les relations polyamoureuses peuvent se construire autour d’un couple qui décide de ne pas fermer la porte aux sentiments que chacun et chacune peut potentiellement ressentir pour des tiers. Elles peuvent aussi s’organiser sans noyau principal. Elles se veulent non hiérarchiques ; une différence de nature entre les relations peut néanmoins exister.
Le polyamour permet d’éviter les côtés négatifs de la monogamie, notamment la dépendance affective, les tabous et les drames causés par la jalousie et les soupçons. Il permet d’échapper à la norme monogame qui impose [la crise, et généralement] la rupture comme une obligation en cas de rencontre sentimentale et/ou sexuelle avec une autre personne. Le modèle traditionnel est contraignant en ce qu’il force à renoncer à vivre des histoires par peur de perdre une personne aimée. Il met toujours en danger les relations, il entretient un sentiment d’insécurité affective permanent. Par ailleurs, il suppose l’appropriation du corps de son ou sa partenaire et implique une forme de contrôle pour s’assurer de son exclusivité.
(...)
Il ne faut pas non plus croire que les relations poly[amoureuse]s sont toujours exemptes de jalousie. Il s’agit d’apprendre à la gérer, car on ne naît pas [dans une culture donc un conditionnement] polyamoureux. Cette pratique est le fruit de questionnements sur la pertinence du couple monogame envisagé comme seul modèle légitime de relations. Le polyamour implique une réflexion sur un certain nombre de comportements intériorisés et considérés comme inhérents à la liaison amoureuse (possessivité, jalousie etc.). Dans mon cas, c’est au fil de rencontres et d’échanges que j’ai construit ma vision des relations telles que je les pratique aujourd’hui, en sachant que ma manière de les envisager peut évoluer au cours du temps. Une autre difficulté majeure est d’établir des règles en faisant en sorte qu’elles conviennent à tous les partenaires.
Mais les préjugés les plus tenaces viennent de l’extérieur : souvent, les relations polyamoureuses ne sont pas considérées comme de « vraies » relations, elles ne sont pas valables aux yeux de la société. Elles ne sont pourtant ni moins fortes, ni moins importantes ! Pour beaucoup, le polyamour ne serait qu’une « peur de l’engagement » due à une immaturité affective. Il est nécessaire de reconnaître la validité de tous les modes de relations, tant qu’ils font l’objet d’un accord entre les partenaires.
Au niveau de la famille, souvent attachée au modèle du couple traditionnel, il est difficile de faire son « coming out » de polyamoureuse/polyamoureux. Les problèmes peuvent aussi venir, lorsqu’on est « poly », d’un partenaire qui souhaite imposer l’exclusivité comme condition de la relation. Il y a souvent peu de négociation possible dans ce cas : la parole et les désirs de la personne « poly » seront a priori illégitimes car ils vont à l’encontre de la norme dominante en matière de relations.
cf. CHAPITRE : amouréinventé
et autres
2013-05-26
adopte(z) une philosophie, de quoi réactiver un philosophe
... plutôt m'associer à (même si l'expression est cucul, là) des « réinventeurs de l'amour » comme moi. C'est-à-dire qui vont encore plus loin que ça. Bref, des pré-(disposés) postsexuels, je crois, car je crois que c'est la clé. Enfin, autant dire des « un-peu-philosophes ». Je me rends compte que je suis arrivé tellement loin, il me semble, dans la connaissance et la com-préhension des mécanismes de tout ça... tellement couillons... Haha, je vous assure, ça fait drôle d'avoir une vision quasi « divine » sur ce bordel, tous ces mécanismes programmés, d'égoïsme animal... comme je m'amuse (presque) de voir la plupart des gens englués dans ce malheureux jeu (heureux en amour ?), en train d'interpréter tout de travers, à la gnangnan (la sauce qu'on leur et qui les dessert), et d'en être malheureux et heureux, et malheureux... comme ça, indéfiniment, sans jamais percer le fond du mécanisme, du leurre... Bref, ce serait avec des gens assez avertis et avancés et volontaires sur tout ça que je m'associerais désormais. Ou alors, bien sûr, qui en seraient pas loin, ou d'une intuition, ou d'un désir de fond, et qu'un brin d'otto karl, qui sait, révélerait... (O.K.)
Com(m)e to(o) me.
> roi + reine en avance sur l'àmouréinventer, rencontre
> ottoportrait en devenir
2013-04-24
affectivital
Notre existence ne se sent justifiée, sinon pratiquement rachetée, jusque physiquement, par les seuls échanges d'affection ; dont on s'avère en quête toute sa vie, par tous les moyens, de toutes les manières, sous toutes les formes. (O.K.)
2013-02-03
2013-01-30
2011-12-22
créateur, de conscience
Il y a des artistes inconscients et d´autres parfaitement conscients.
Les premiers ne sont ni inférieurs ni supérieurs aux seconds. Mais les seconds sont indispensables aux périodes de transition.
(J.R.)
Cependant, il est une chose entre toutes que les critiques supportent mal, c'est que les artistes s'expliquent. (…)
Ici encore, on constate que les mythes du XIXe siècle conservent toute leur puissance : (...) le « génie » est une sorte de monstre inconscient, irresponsable et fatal, voire légèrement imbécile, de qui partent des « messages » que seul le lecteur doit déchiffrer. Tout ce qui risque d'obscurcir le jugement de l'écrivain est plus ou moins admis comme favorisant l'éclosion de son oeuvre. L'alcoolisme, le malheur, la drogue, la passion mystique, la folie, ont tellement encombré les biographies plus ou moins romancées des artistes qu'il semble désormais tout naturel de voir là des nécessités essentielles de leur triste condition, de voir en tout cas une antinomie entre création et conscience.
Loin d'être le résultat d'une étude honnête, cette attitude trahit une métaphysique. Ces pages auxquelles l'écrivain a donné le jour comme à son insu, ces merveilles non concertées, ces mots perdus, révèlent l'existence de quelque force supérieure qui les a dictés. [Celui-ci], plus qu'un créateur au sens propre, ne serait alors qu'un simple médiateur entre le commun des mortels et une puissance obscure (…) …
Il suffit en réalité de lire le journal de Kafka , par exemple, ou la correspondance de Flaubert, pour se rendre compte aussitôt de la part primordiale prise, déjà dans les grandes oeuvres du passé, par la conscience créatrice, par la volonté, par la rigueur. Le travail patient, la construction méthodique, l'architecture longuement méditée de chaque phrase comme de l'ensemble du livre, cela a de tout temps joué son rôle.
(A.R-.G.)
cf. artiste conscient
cf. au fond, proust, c'est moi
cf. chapitre : autorevendication
Les premiers ne sont ni inférieurs ni supérieurs aux seconds. Mais les seconds sont indispensables aux périodes de transition.
(J.R.)
Cependant, il est une chose entre toutes que les critiques supportent mal, c'est que les artistes s'expliquent. (…)
Ici encore, on constate que les mythes du XIXe siècle conservent toute leur puissance : (...) le « génie » est une sorte de monstre inconscient, irresponsable et fatal, voire légèrement imbécile, de qui partent des « messages » que seul le lecteur doit déchiffrer. Tout ce qui risque d'obscurcir le jugement de l'écrivain est plus ou moins admis comme favorisant l'éclosion de son oeuvre. L'alcoolisme, le malheur, la drogue, la passion mystique, la folie, ont tellement encombré les biographies plus ou moins romancées des artistes qu'il semble désormais tout naturel de voir là des nécessités essentielles de leur triste condition, de voir en tout cas une antinomie entre création et conscience.
Loin d'être le résultat d'une étude honnête, cette attitude trahit une métaphysique. Ces pages auxquelles l'écrivain a donné le jour comme à son insu, ces merveilles non concertées, ces mots perdus, révèlent l'existence de quelque force supérieure qui les a dictés. [Celui-ci], plus qu'un créateur au sens propre, ne serait alors qu'un simple médiateur entre le commun des mortels et une puissance obscure (…) …
Il suffit en réalité de lire le journal de Kafka , par exemple, ou la correspondance de Flaubert, pour se rendre compte aussitôt de la part primordiale prise, déjà dans les grandes oeuvres du passé, par la conscience créatrice, par la volonté, par la rigueur. Le travail patient, la construction méthodique, l'architecture longuement méditée de chaque phrase comme de l'ensemble du livre, cela a de tout temps joué son rôle.
(A.R-.G.)
cf. artiste conscient
cf. au fond, proust, c'est moi
cf. chapitre : autorevendication
2011-11-11
À RÉINVENTER L'AMOUR
(O.K.) :: 21'13 ::
Note : Remontage unitaire et prolongement, pour résumé, renvois, synthèse et réouverture, de quelques-uns de mes articles et réalisations précédentes sur le sujet, de l'amour à réinventer.
2011-03-06
se faciliter l'attache
(M.L.)(O.K.)
N’avez-vous jamais vécu cela ? Vous éprouvez soudain pour quelqu’un ce qu’on peut appeler un sentiment amoureux et il faudrait, pour que cette petite exaltation se transforme en une relation, que vous y mettiez un peu du vôtre ; or, au moment où il convient que vous soyez le plus présent à la situation, quelque chose vous en distrait : une pensée, un souvenir, quelqu’un qui passe dans votre champ de vision, ou tout simplement ce combat que mènent, à l’intérieur de vous-même, Timidité et Hardiesse, Désir et Inquiétude, Envie et Paresse, Fougue et Désinvolture. Mais d’où nous vient cette propension à l’esquive ?
(C.M.)
Dans l'ordre des renvois :
cf. l'infini hors de portée des caniches
cf. extension du domaine de l'amour
cf. l'art de rencontrer d'aimer
cf. affranchir amour-amitié
cf. pour du postsexuel
cf. l'amour est à réinventer, on le sait
cf. l'amour inventé, à réinventer... : réinventé
2010-10-02
progression d'une relation amoureuse qui marche
(merci à edgar, de lepostier.fr)
Les lecteurs attentifs du philosophe otto karl n'apprendront pas grand chose ci-dessous, et seront même ramenés un peu en arrière, mais disons que...
La relation amoureuse est un processus en mouvement qui passe par différents stades. De la fusion à la relation durable, analyse d’un parcours d’obstacles qui demande ouverture d’esprit et adaptabilité…
« Etre amoureux n’est pas un état mais un devenir », écrivait le psychosociologue italien Francesco Alberoni dans Le Choc amoureux (Pocket, 1993). Depuis cet ouvrage de référence, on ne compte plus les études des thérapeutes de couple qui ont insisté sur le mode évolutif de l’état amoureux. Qu’elles mettent à jour trois, quatre ou six étapes, ces recherches s’accordent toutes pour dire que, du coup de foudre au rapprochement en passant par la différenciation, l’amour suit une chronologie.
Il ne s’agit pas de dire que toutes nos histoires de cœur se déroulent suivant un seul et même scénario ; chacun arrive dans le couple avec ses expériences, ses fragilités, ses forces, et c’est de la rencontre entre ces deux histoires que dépendront la nature et l’évolution de l’amour. Puis, selon le temps qu’ils prennent avant de cohabiter ou d’avoir des enfants, selon l’attention qu’ils portent à leur relation, selon leur âge aussi, les partenaires s’attardent plus ou moins longtemps sur l’une ou l’autre des étapes de la relation amoureuse. De même, le passage d’une phase à l’autre n’est pas définitif : il y a des temps de régression, d’accélération, de stagnation…
Il n’empêche : toutes les amours au long cours passent par des stades identiques. En nous appuyant sur les différentes études existantes, nous en avons défini trois. En quoi ces étapes sont-elles la clé d’une relation heureuse et durable ? Comment passer de l’une à l’autre ? Avec quelles conséquences ? Analyse de l’histoire d’amour vu comme un parcours.
La « fusion »
Les signes : « Tu es celle que j’attendais » ; l'illusoire « Nous sommes d’accord sur tout » ; l'idiot « Toi et moi ne faisons qu’un »… Aujourd’hui, toute relation, ou presque, commence par une attraction passionnelle. C’est l’amour intense, la « symbiose », d’après les psychologues Ellyn Bader et Peter T. Pearson. Pour les amoureux, chaque éloignement est un déchirement et chaque expérience partagée l’occasion de se découvrir de nouveaux points communs : il semble évident que l’on était faits pour se rencontrer.
Les avantages : cette étape est essentielle à la formation du couple puisqu’elle crée la complicité. La conseillère conjugale Françoise Sand ajoute qu’elle est « l’un des rares moments dans l’existence où l’on peut mûrir sans douleur » : elle permet de sortir de soi, découvrir des aspects de la vie que l’on n’avait pas envisagés seul ou dont on avait peur. L’amour passion donne des ailes.
Les pièges : cet amour passion repose en grande partie sur des leurres. En effet, chacun s’imagine que si cette relation est aussi intense, c’est parce que l’autre correspond parfaitement à l’image du partenaire idéal qu’il porte en lui. Autrement dit, plutôt que de le voir dans ce qu’il est réellement et globalement, il devient le support de nos projections. L’attente à son égard est si forte que nous l’idéalisons : ses défauts sont niés au bénéfice de ses seules qualités.
Les clés : profiter absolument de cette lune de miel, car elle est aussi agréable qu’éphémère. Elle durerait entre deux et trois ans, en moyenne. Après ? Le retour à la réalité s’impose de lui-même et cette fusion si rassurante devient peu à peu étouffante, aliénante. Le besoin d’air se fait sentir.
La différenciation
Les signes : « Tu n’es pas celui que je croyais » ; « Je ne comprends pas que tu puisses aimer cela » ; « Tu ne sais pas ce que je pense vraiment »… Avec la cohabitation, le partage du quotidien et les responsabilités à assumer, le couple descend de son nuage pour se confronter à la réalité. Alors qu’ils ne voyaient que ce qui les unissait, les partenaires découvrent peu à peu leurs différences. L’autre révèle toutes les facettes de sa personnalité. Déception ? Inéluctablement, puisqu’il s’agit de dire adieu à l’image idéalisée que chacun avait de l’autre, mais aussi de soi : la vie à deux nous fait découvrir des aspects de notre propre caractère, que nous n’avions jamais eu l’occasion de cerner et que l’autre nous aide à percevoir.
Les avantages : cette étape est fondamentale puisqu’elle permet de se retrouver soi-même, de reprendre contact avec ses propres intérêts et objectifs de vie. Sans cette étape, la fusion finit par être vécue comme un carcan dans lequel les personnalités de chacun sont niées… jusqu’à la crise. Sur une infidélité ou un départ soudain, plus d’une histoire d’amour se termine avant d’avoir dépassé cette phase.
Les pièges : il n’est pas simple de rompre avec sa vision fantasmée de l’amour et d’accepter de vivre une relation qui ne soit pas tous les jours synonyme de plaisir. Signe de notre attachement à une tradition romantique ou de l’influence d’une société qui fait de l’hédonisme une finalité : nous avons tendance à penser que la fougue des premiers temps est « la » définition de l’amour. L’autre difficulté tient au fait que cette étape du retour à la réalité n’intervient pas simultanément chez les partenaires : celui qui vit encore dans l’idéalisation peut se croire abandonné, moins aimé, tandis que l’autre ne se sentira pas reconnu dans une relation devenue étouffante.
Les clés : de l’air et de la communication. Prendre l’air, c’est savoir sortir du couple pour vivre ses loisirs, servir ses perspectives professionnelles… C’est redevenir « un », définir son territoire qui n’est pas le même que celui de son partenaire. Pour faire admettre cette prise de distance, la communication est indispensable : les partenaires doivent oser expliquer leurs envies, leurs besoins, afin d’éviter que cette différenciation soit interprétée comme une fuite ou un déclin de l’amour.
Le rapprochement
L’étape précédente a permis à chacun de se redéfinir, à ses yeux et à ceux de l’autre. Cette phase consiste maintenant à mesurer la compatibilité de ses attentes respectives et à réfléchir aux moyens que chacun est prêt à fournir pour travailler à la fondation de son couple. Ce n’est plus l’amour entendu comme : « un + un = un » (la fusion), ni « un + un = deux » (la distanciation), mais « un + un = trois » : toi, moi et notre couple. Ce troisième élément « couple » va naître de l’élaboration de projets communs sans cesse réactualisés, qui, à l’avenir, donneront à la relation sa dynamique et garantiront sa durabilité. Que veut-on vraiment pour soi et pour la relation ? Qu’attendons-nous de notre vie ensemble ?...
Les avantages : dans ce temps du rapprochement, l’amour exprime véritablement son désir d’avenir. Une certaine sérénité amoureuse devient possible. Arrivé à cette étape, le sentiment amoureux sait admettre les divergences et donne l’envie de trouver des réglages pour les dépasser.
Les pièges : consolidé par le temps et les épreuves partagées, cet amour tend à virer à l’amitié.
Le risque : sombrer dans une cohabitation heureuse, mais où le désir, les élans passionnés n’auraient plus leur place, et lasser l’un ou l’autre des partenaires en mal d’un état amoureux plus pétillant.
Les clés : pour pérenniser cet amour solide, le défi consiste à sortir de temps en temps du confort qu’il offre. D’abord, en sachant remettre régulièrement en question les projets établis et en élaborant ensemble de nouveaux objectifs. Ensuite, en bousculant parfois la tranquillité de son amour pour y intégrer de la passion : réactualiser ces petites folie qui sublimaient les premiers mois de la relation... même le temps d’un week-end, mais plus, si possible. C’est dans ce subtil mélange entre raison et passion que le couple se donnera les chances d’inventer un amour, un vrai...
> L'amour inventé, à réinventer... : réinventé, par otto karl.
Les lecteurs attentifs du philosophe otto karl n'apprendront pas grand chose ci-dessous, et seront même ramenés un peu en arrière, mais disons que...
La relation amoureuse est un processus en mouvement qui passe par différents stades. De la fusion à la relation durable, analyse d’un parcours d’obstacles qui demande ouverture d’esprit et adaptabilité…
« Etre amoureux n’est pas un état mais un devenir », écrivait le psychosociologue italien Francesco Alberoni dans Le Choc amoureux (Pocket, 1993). Depuis cet ouvrage de référence, on ne compte plus les études des thérapeutes de couple qui ont insisté sur le mode évolutif de l’état amoureux. Qu’elles mettent à jour trois, quatre ou six étapes, ces recherches s’accordent toutes pour dire que, du coup de foudre au rapprochement en passant par la différenciation, l’amour suit une chronologie.
Il ne s’agit pas de dire que toutes nos histoires de cœur se déroulent suivant un seul et même scénario ; chacun arrive dans le couple avec ses expériences, ses fragilités, ses forces, et c’est de la rencontre entre ces deux histoires que dépendront la nature et l’évolution de l’amour. Puis, selon le temps qu’ils prennent avant de cohabiter ou d’avoir des enfants, selon l’attention qu’ils portent à leur relation, selon leur âge aussi, les partenaires s’attardent plus ou moins longtemps sur l’une ou l’autre des étapes de la relation amoureuse. De même, le passage d’une phase à l’autre n’est pas définitif : il y a des temps de régression, d’accélération, de stagnation…
Il n’empêche : toutes les amours au long cours passent par des stades identiques. En nous appuyant sur les différentes études existantes, nous en avons défini trois. En quoi ces étapes sont-elles la clé d’une relation heureuse et durable ? Comment passer de l’une à l’autre ? Avec quelles conséquences ? Analyse de l’histoire d’amour vu comme un parcours.
La « fusion »
Les signes : « Tu es celle que j’attendais » ; l'illusoire « Nous sommes d’accord sur tout » ; l'idiot « Toi et moi ne faisons qu’un »… Aujourd’hui, toute relation, ou presque, commence par une attraction passionnelle. C’est l’amour intense, la « symbiose », d’après les psychologues Ellyn Bader et Peter T. Pearson. Pour les amoureux, chaque éloignement est un déchirement et chaque expérience partagée l’occasion de se découvrir de nouveaux points communs : il semble évident que l’on était faits pour se rencontrer.
Les avantages : cette étape est essentielle à la formation du couple puisqu’elle crée la complicité. La conseillère conjugale Françoise Sand ajoute qu’elle est « l’un des rares moments dans l’existence où l’on peut mûrir sans douleur » : elle permet de sortir de soi, découvrir des aspects de la vie que l’on n’avait pas envisagés seul ou dont on avait peur. L’amour passion donne des ailes.
Les pièges : cet amour passion repose en grande partie sur des leurres. En effet, chacun s’imagine que si cette relation est aussi intense, c’est parce que l’autre correspond parfaitement à l’image du partenaire idéal qu’il porte en lui. Autrement dit, plutôt que de le voir dans ce qu’il est réellement et globalement, il devient le support de nos projections. L’attente à son égard est si forte que nous l’idéalisons : ses défauts sont niés au bénéfice de ses seules qualités.
Les clés : profiter absolument de cette lune de miel, car elle est aussi agréable qu’éphémère. Elle durerait entre deux et trois ans, en moyenne. Après ? Le retour à la réalité s’impose de lui-même et cette fusion si rassurante devient peu à peu étouffante, aliénante. Le besoin d’air se fait sentir.
La différenciation
Les signes : « Tu n’es pas celui que je croyais » ; « Je ne comprends pas que tu puisses aimer cela » ; « Tu ne sais pas ce que je pense vraiment »… Avec la cohabitation, le partage du quotidien et les responsabilités à assumer, le couple descend de son nuage pour se confronter à la réalité. Alors qu’ils ne voyaient que ce qui les unissait, les partenaires découvrent peu à peu leurs différences. L’autre révèle toutes les facettes de sa personnalité. Déception ? Inéluctablement, puisqu’il s’agit de dire adieu à l’image idéalisée que chacun avait de l’autre, mais aussi de soi : la vie à deux nous fait découvrir des aspects de notre propre caractère, que nous n’avions jamais eu l’occasion de cerner et que l’autre nous aide à percevoir.
Les avantages : cette étape est fondamentale puisqu’elle permet de se retrouver soi-même, de reprendre contact avec ses propres intérêts et objectifs de vie. Sans cette étape, la fusion finit par être vécue comme un carcan dans lequel les personnalités de chacun sont niées… jusqu’à la crise. Sur une infidélité ou un départ soudain, plus d’une histoire d’amour se termine avant d’avoir dépassé cette phase.
Les pièges : il n’est pas simple de rompre avec sa vision fantasmée de l’amour et d’accepter de vivre une relation qui ne soit pas tous les jours synonyme de plaisir. Signe de notre attachement à une tradition romantique ou de l’influence d’une société qui fait de l’hédonisme une finalité : nous avons tendance à penser que la fougue des premiers temps est « la » définition de l’amour. L’autre difficulté tient au fait que cette étape du retour à la réalité n’intervient pas simultanément chez les partenaires : celui qui vit encore dans l’idéalisation peut se croire abandonné, moins aimé, tandis que l’autre ne se sentira pas reconnu dans une relation devenue étouffante.
Les clés : de l’air et de la communication. Prendre l’air, c’est savoir sortir du couple pour vivre ses loisirs, servir ses perspectives professionnelles… C’est redevenir « un », définir son territoire qui n’est pas le même que celui de son partenaire. Pour faire admettre cette prise de distance, la communication est indispensable : les partenaires doivent oser expliquer leurs envies, leurs besoins, afin d’éviter que cette différenciation soit interprétée comme une fuite ou un déclin de l’amour.
Le rapprochement
L’étape précédente a permis à chacun de se redéfinir, à ses yeux et à ceux de l’autre. Cette phase consiste maintenant à mesurer la compatibilité de ses attentes respectives et à réfléchir aux moyens que chacun est prêt à fournir pour travailler à la fondation de son couple. Ce n’est plus l’amour entendu comme : « un + un = un » (la fusion), ni « un + un = deux » (la distanciation), mais « un + un = trois » : toi, moi et notre couple. Ce troisième élément « couple » va naître de l’élaboration de projets communs sans cesse réactualisés, qui, à l’avenir, donneront à la relation sa dynamique et garantiront sa durabilité. Que veut-on vraiment pour soi et pour la relation ? Qu’attendons-nous de notre vie ensemble ?...
Les avantages : dans ce temps du rapprochement, l’amour exprime véritablement son désir d’avenir. Une certaine sérénité amoureuse devient possible. Arrivé à cette étape, le sentiment amoureux sait admettre les divergences et donne l’envie de trouver des réglages pour les dépasser.
Les pièges : consolidé par le temps et les épreuves partagées, cet amour tend à virer à l’amitié.
Le risque : sombrer dans une cohabitation heureuse, mais où le désir, les élans passionnés n’auraient plus leur place, et lasser l’un ou l’autre des partenaires en mal d’un état amoureux plus pétillant.
Les clés : pour pérenniser cet amour solide, le défi consiste à sortir de temps en temps du confort qu’il offre. D’abord, en sachant remettre régulièrement en question les projets établis et en élaborant ensemble de nouveaux objectifs. Ensuite, en bousculant parfois la tranquillité de son amour pour y intégrer de la passion : réactualiser ces petites folie qui sublimaient les premiers mois de la relation... même le temps d’un week-end, mais plus, si possible. C’est dans ce subtil mélange entre raison et passion que le couple se donnera les chances d’inventer un amour, un vrai...
> L'amour inventé, à réinventer... : réinventé, par otto karl.
2010-04-18
2010-04-16
huit à 8
Semblable à la pierre de bologne, qui irradie la nuit ce qu’elle a emmagasiné pendant la journée, et par cette lueur indirecte illumine le jour nouveau qui vient.
(R.B.)
La nuit éclaire le jour qui suit.
(J.M.)
(R.B.)
La nuit éclaire le jour qui suit.
(J.M.)
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