N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2008-08-13

le mariage

Le mariage est la cause principale de divorce.
Le mariage c'est résoudre à deux les problèmes qu'on n'aurait pas eus tout seul.
Avec le mariage, quelque chose finit pour les hommes. Pour les femmes, c'est l'inverse : quelque chose commence.
Beaucoup de divorces sont nés d'un malentendu. Beaucoup de mariages aussi.
Le mariage est une expérience chimique dans laquelle deux corps inoffensifs peuvent, en se combinant, produire un poison.
Le mariage doit incessamment combattre un monstre qui dévore tout : l'habitude.
L'amour est un plat vite écoeurant, quand le mariage lui sert de sauce.
Ne sois pas déçu en surestimant le bonheur dans le mariage. Souviens-toi des rossignols qui chantent seulement dans les mois du printemps, mais sont généralement silencieux lorsqu'ils ont pondu.
Que d'époux ne sont séparés que par le mariage !
Le mariage n'est pas le plaisir, c'est le sacrifice du plaisir, c'est l'étude de deux âmes qui pour toujours désormais auront à se contenter l'une de l'autre.
Le plus grand malheur de l'homme, c'est un mariage heureux. Aucun espoir de divorce.
Le mariage est un état trop parfait pour l'imperfection de l'homme.
Les chaînes du mariage sont si lourdes qu'il faut être deux pour les porter. Quelquefois trois.
Le mariage est un dîner qui commence par le dessert.
Le mariage est comme la mort : peu de gens y arrivent préparés.
Le mariage est la mort morale de toute indépendance.
Le mariage, au contraire de la fièvre, commence par le chaud et finit par le froid.
La familiarité engendre le mépris, on le sait bien.
L'amour est aveugle, et le mariage, c'est le contraire.
La haine, comme l'amour, se nourrit des plus petites choses, tout lui va.
Le mariage révèle le masochiste qui sommeille en vous.
L'une des seules joies des gens mariés, c'est d'assister au mariage des autres... une joie bien perverse !
Le mariage semble inventé pour récompenser les pervers.
Faire la cour avant le mariage est un charmant prologue pour une pièce bien ennuyeuse.
Le mariage fait les êtres vieux et routiniers avant l'âge.
Le mariage met fin à beaucoup de brèves folies par une longue sottise.
Je suis pour l'indissolubilité du mariage. C'est le seul moyen de ne pas faire l'imbécile deux fois.
Le mariage vaut plus par ce qu'il nous épargne que par ce qu'il nous procure.
Tenter le mariage n'est pas grave en soi. Il y a de plus en plus de mariages à l'essai. Ce qui est plus grave, c'est qu'il n'existe pas encore de formule pour les « enfants à l'essai ».
Un bon mariage serait celui où l'on oublierait, le jour, qu'on est amants, la nuit, qu'on est époux.
[divers]

révolte individuelle de bien commun

Tu peux serrer une abeille dans ta main jusqu'à ce qu'elle étouffe, elle n'étouffera pas sans t'avoir piqué, c'est peu de chose, mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu'il n'y aurait plus d'abeilles.
(J.P.)

2008-08-04

si... la vie!

Je guérirai très souvent si je rencontre des amours, des amis comme vous ou des livres ; je guérirai tous les jours si je travaille tous les jours.
(J.P.)

le grand secret de la petite vie

- Pourquoi restez-vous curé ?
- Parce que j´ai commencé. C´est le secret de la vie de bien des gens.
(J.P.)
cf. la vie en creux

2008-08-02

la vie en creux

Moi, votre vie, je la comprends. Ça s´est passé tout doucement. Les chemins se sont fermés un à un et il ne vous en est plus resté qu´un seul. Vous y êtes et vous le trouvez bougrement étroit, tocard et pourtant vous continuez. Vous avez vaguement conscience que vous pourriez encore tout foutre en l´air, mais il y a les gosses, le creux du matelas, le boulot sûr, l´ignorance du monde.
(J.P.)

cf. le grand secret de la petite vie
cf. contre la misère misérable
cf. statistuquo
cf. la routine ça n'arrive qu'aux autres

2008-08-01

artiste conscient

Il y a des artistes inconscients et d´autres parfaitement conscients.
Les premiers ne sont ni inférieurs ni supérieurs aux seconds. Mais les seconds sont indispensables aux périodes de transition.
(J.R.)

La mission d´un artiste est de précéder le troupeau. Il doit réveler les sentiments cachés, ouvrir la fenêtre sur des paysages qui, bien sûr, existaient déjà, mais que nous discernions mal, cachés qu´ils étaient par le brouillard des fausses traditions.
(J.R.)

cf. créateur, de conscience
cf. le grand homme

2008-07-27

aternel

La mort n'existe pas pour ceux qui ont fait quelque chose.
(J.R.)
La vie de celui qui a fait cette oeuvre n'a pas fin, comme son champ de vision de n'avait pas de limite.
(M.P.)

2008-07-26

pourquoi nul n'est prophète

Les hommes ne croient jamais les autres capables de ce qu'ils ne sont pas capables de faire eux-mêmes.
(C.d.R.)

2008-07-24

conditionnel impératif

Nous passions notre temps à nous oublier pour rafraîchir nos regards et raviver notre passion.
(J.P.)

2008-07-23

affinitude

Je ne suis jamais certain non pas seulement d'avoir fini [un livre], mais d'avoir bien fait de commencer. Il y a peut-être un indice — il est très ténu — : je serais peut-être un petit peu plus libre, ou un petit peu moins asservi... un peu plus libre que je n'étais quand j'ai commencé. Des choses que je ne comprenais pas, qui m'échappaient, qui étaient donc une source de déplaisir, de souffrance, m'apparaissent peut-être avec une plus grande netteté : je sais où elles finissent, donc je sais où je commence. Ce que j'appelle, moi, cette chose à laquelle mon destin se trouve lié, me paraît m'appartenir un petit peu plus que devant, puisque j'ai peut-être réussi à briser ou à réduire la tutelle qu'exerçait sur cette chose toutes les autres choses : Il me sera un petit peu moins difficile de mourir, parce que j'ai fini ce livre.
(P.B.)

cf. le bénéfice d'avoir écrit

2008-07-20

le facile d'être triste

J'ai laissé là-bas dans les remous d'une hélice le dégoût et la haine / Et j'ai laissé là-bas le facile d'être triste en pensant à toi (...) / Il me suffisait de plonger dans mon coeur / Une main avide de magnifiques douleurs / Pour fournir ma boucherie d'une viande si tendre / Qu'au souvenir de ton icône j'en faisais l'offrande / (...)
Et j'ai laissé là-bas les couteaux dans leur plaie / (...) Et j'ai laissé là-bas ma peine à jamais.
(M.S.)

Souffrir est une faiblesse, lorsqu’on peut s’en empêcher et faire quelque chose de mieux. Exhaler les souffrances d’une splendeur non équilibrée, c’est prouver, ô moribonds des maremmes perverses ! moins de résistance et de courage, encore.
(I.D.)

2008-07-18

touche-à-tout

Nous ne pouvions rien attendre de ce que nous n'aurions pas modifié nous-même[s].
(G.D.)

2008-07-17

gagner l'aéroport

Chacun veut que se relance l'hélice / Chacun aime rêver de ça / Chacun veut que tous les mécanos réagissent / À la moindre alerte bleue / Pour un feu / Des brindilles / Un lapsus / Une ortie / Loin de son quartier nord / Chacun veut gagner l'aéroport
(...)
Chacun veut du réacteur d'émoi / La mise à feu / Pour un oui pour un non / Une voix / Chacun veut / Veut quitter le point mort / Et cacher au fond / Oh mes amis / Gagner l'aéroport

Chacun tapant sur sa cloche d'airain / Murmure les temps ont changé / Mais leur système nerveux interpose des chiens / Mieux vaudrait ne pas broncher / Se déchaînent molécules / Des ailes que nous sommes / Par les branches du ciel / On gagne l'aéroport
(J.M.B.)

2008-07-14

dépeuplé

Le peuple est le détour que prend le nature pour produire six ou sept grands hommes — et ensuite pour s'en dispenser.
(F.N.— PDBM§126)

jeu d'enfant

Maturité de l'homme : cela signifie avoir retrouvé le sérieux que l'on mettait dans ses jeux, enfant.
(F.N. — PDBM§94)

2008-07-13

le goût du bonheur

J'ai décidé d'être heureux, parce que c'est meilleur pour la santé.
(V.)

Désormais ce ne sont plus nos arguments, c'est notre goût qui décide contre le christianisme.
(F.N.)

Le goût est la qualité fondamentale qui résume toutes les autres qualités. C’est le nec plus ultra de l’intelligence. Ce n’est que par lui seul que le génie est la santé suprême et l’équilibre de toutes les facultés.
(I.D.)

2008-07-12

appropriateur

tandis que je lisais (...) ce qu’il y avait d’abord en moi, de plus intime, la poignée sans cesse en mouvement qui gouvernait le reste, c’était ma croyance en la richesse philosophique, en la beauté du livre que je lisais, et mon désir de me les approprier, quel que fût ce livre.
(M.P.)

2008-07-10

2008-07-09

le grand proust par le jeune proust

Les maximes les plus profondes sont celles où la pensée semble la plus indépendante des mots et de leur aménagement.
(M.P.)

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