On appelle esprit libre celui qui pense autrement qu'on ne s'y attend de sa part en raison de son origine, de son milieu, de son état et de sa fonction, ou en raison des opinions régnantes de son temps. Il est l'exception, les esprits asservis sont la règle.
(F.N.)
N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL
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L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
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2008-07-08
2008-07-07
âger n'est pas vieillir
Le dramatique de la vieillesse, ce n'est pas qu'on se fait vieux, c'est qu'on reste jeune.
(O.W.)
(O.W.)
2008-07-06
libération bémol
La libération n'est plus un but, un but concret, mais un mirage. Et plus elle se précise et plus elle fait mal. La liberté fait peur car le prisonnier sait qu'il découvrira à ce moment-là, en franchissant la porte, l'ampleur de l'amputation intime qu'il a subie au cours de ces années.
(J.-M.R.)
(J.-M.R.)
2008-07-05
persistance mythique
Mais il n'est pas tout à fait indifférent qu'il nous arrive au moins quelquefois de passer notre temps dans la familiarité de ce que nous avons cru inaccessible et que nous avons désiré. Dans le commerce des personnes que nous avons d'abord trouvées désagréables, persiste toujours même au milieu du plaisir factice qu'on peut finir par goûter auprès d'elles, le goût frelaté des défauts qu'elles ont réussi à dissimuler. Mais dans des relations comme celles que j'avais avec A. et ses amies, le plaisir vrai qui est à leur origine, laisse ce parfum qu'aucun artifice ne parvient pas à donner aux fruits forcés, aux raisins qui n'ont pas mûri au soleil. Les créatures surnaturelles qu'elles avaient été un instant pour moi mettaient encore, même à mon insu, quelque merveilleux dans les rapports les plus banals que j'avais avec elles, ou plutôt préservaient ces rapports d'avoir jamais rien de banal.
(M.P.)
(M.P.)
2008-07-02
2008-07-01
avant la lettre
... le bon écrivain est celui qui évite de trop bien écrire : qui sait à tout moment suivre, ou du moins rétablir le premier mouvement, le mouvement naturel.
(J.P.)
(J.P.)
2008-06-29
2008-06-27
feu !
Un jour il me sembla qu'en silence et à jamais, une porte s'était fermée entre moi et toutes les adresses et les catalogues d'éditeurs. Alors je me dis : maintenant je vais pouvoir écrire. Maintenant, je vais pouvoir ne faire qu'écrire.
(W.F.)
(W.F.)
ces ânes
Peu de créateurs ont été plus incompris, plus solitaires.
(M.-P.F)
Peu de génies ont été aussi mal compris que lui de son vivant ; et pourtant Cézanne était si heureux que l'on aime sa peinture…
(-)
(M.-P.F)
Peu de génies ont été aussi mal compris que lui de son vivant ; et pourtant Cézanne était si heureux que l'on aime sa peinture…
(-)
2008-06-24
citétranse
Parler avec les mots des autres. Ce doit être ça, la liberté.
(J.E.)
Les idées s’améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l’implique. Il serre de près la phrase d’un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l’idée juste.
(I.D.)
(...) Si le premier fascicule des Poésies fait entendre le refus de devenir un lecteur aliéné et soumis par une certaine rhétorique professorale, le deuxième a pour enjeu de nous proposer une autre lecture : un rapport insolent aux textes renversant la docte méthode des [professeurs], un rejet de la fidélité effacée du bon exégète au profit d’une appropriation active qui contraint le lecteur à l’engagement le plus compromettant. Deux brefs paragraphes soulignent en effet qu’il n’y a jamais de formulation définitivement acquise et qu’une vraie lecture est aussi une réécriture.
(...)
Redoutable transgression que le « plagiat » selon isidore ducasse, qui justifie les lectures fautives et encourage à retoucher les textes au nom du Progrès – manière bien perverse de jouer une valeur contre une autre. Et cette lecture irrévérencieuse constitue précisément l’un des principaux procédés d’écriture des Poésies. Après tout, si « la poésie doit être faite par tous », l’encre rouge aussi appartient à tous. Et c’est bien de cette encre rouge que semble écrit le texte des Poésies, constitué pour une large part d’une soixantaine de maximes empruntées à Pascal, La Rochefoucauld et Vauvenargues – empruntées, mais surtout corrigées. (...) Comprenons [par là] qu’il n’existe pas d’autorité dont un lecteur ne puisse contester le texte figé, que le vrai réside dans le devenir d’une correction permanente, et non dans une fossilisation sacralisée.
(V.H.)
Transposez ou c'est la mort !
(L.F.-C.)
(J.E.)
Les idées s’améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l’implique. Il serre de près la phrase d’un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l’idée juste.
(I.D.)
(...) Si le premier fascicule des Poésies fait entendre le refus de devenir un lecteur aliéné et soumis par une certaine rhétorique professorale, le deuxième a pour enjeu de nous proposer une autre lecture : un rapport insolent aux textes renversant la docte méthode des [professeurs], un rejet de la fidélité effacée du bon exégète au profit d’une appropriation active qui contraint le lecteur à l’engagement le plus compromettant. Deux brefs paragraphes soulignent en effet qu’il n’y a jamais de formulation définitivement acquise et qu’une vraie lecture est aussi une réécriture.
(...)
Redoutable transgression que le « plagiat » selon isidore ducasse, qui justifie les lectures fautives et encourage à retoucher les textes au nom du Progrès – manière bien perverse de jouer une valeur contre une autre. Et cette lecture irrévérencieuse constitue précisément l’un des principaux procédés d’écriture des Poésies. Après tout, si « la poésie doit être faite par tous », l’encre rouge aussi appartient à tous. Et c’est bien de cette encre rouge que semble écrit le texte des Poésies, constitué pour une large part d’une soixantaine de maximes empruntées à Pascal, La Rochefoucauld et Vauvenargues – empruntées, mais surtout corrigées. (...) Comprenons [par là] qu’il n’existe pas d’autorité dont un lecteur ne puisse contester le texte figé, que le vrai réside dans le devenir d’une correction permanente, et non dans une fossilisation sacralisée.
(V.H.)
Transposez ou c'est la mort !
(L.F.-C.)
2008-06-20
àvienture
Quand je tâche de saisir d'un seul regard mes expériences d'enfant, il me semble que je les vois conduites par deux sentiments : l'un est que la vie est une aventure très longue et presque infinie. Qu'elle est, à vrai dire, l'aventure la plus longue que connaisse chacun de nous (ce qui est d'ailleurs évident mais paradoxal pourtant). Qu'il n'y a donc pas à se presser. Que nous arriverons, avec de la patience, à tout savoir. Qu'une seule année, un jour, une heure peuvent offrir une richesse d'événements presque inconcevable et qu'entre toutes les sottises que nous pouvons imaginer, il n'en est pas de plus sotte que celle qui consiste à penser (ou tout au moins à dire) que la vie est courte.
Il s'y joignait ce sentiment — absurde, il se peut — que si nous n'observons pas assez, ou assez bien, les événements qui passent, c'est par crainte de manquer de temps, de ne pouvoir pousser jusqu'au bout l'observation ni l'expérience. Donc que c'est par peur que nous nous contentons la plupart du temps de réflexions imparfaites ou d'observations controuvées. Mais c'est là une peur que dissipe (me disais-je) la plus légère réflexion.
Depuis j'ai vieilli, mais j'ai fermement gardé ce sentiment. Même je m'étonne quand je vois les savants tenter d'expliquer cette impression — qui serait, à les entendre, courante — que les jours et les heures semblent à l'enfant passer avec une grande lenteur, mais au vieillard très vite.
(J.P.)
Il s'y joignait ce sentiment — absurde, il se peut — que si nous n'observons pas assez, ou assez bien, les événements qui passent, c'est par crainte de manquer de temps, de ne pouvoir pousser jusqu'au bout l'observation ni l'expérience. Donc que c'est par peur que nous nous contentons la plupart du temps de réflexions imparfaites ou d'observations controuvées. Mais c'est là une peur que dissipe (me disais-je) la plus légère réflexion.
Depuis j'ai vieilli, mais j'ai fermement gardé ce sentiment. Même je m'étonne quand je vois les savants tenter d'expliquer cette impression — qui serait, à les entendre, courante — que les jours et les heures semblent à l'enfant passer avec une grande lenteur, mais au vieillard très vite.
(J.P.)
2008-06-19
l'or du temps colonisé
Si l’Homme est une marchandise, s’il est traité comme une chose, si les rapports généraux des hommes entre eux sont des rapports de chose à chose, c’est qu’il est possible de lui acheter son temps.
(D.M.)
cf. temps, tant de vie possible
cf. pas n'importe qui, quoi
(D.M.)
cf. temps, tant de vie possible
cf. pas n'importe qui, quoi
2008-06-17
lettres mortes
Paris, 21 février 1870.
(...) Vous savez, j'ai renié mon passé. Je ne chante plus que l'espoir; mais, pour cela, il faut d'abord attaquer le doute de ce siècle (mélancolies, tristesses, douleurs, désespoirs, hennissements lugubres, méchancetés artificielles, orgueils puérils, malédictions cocasses etc., etc.). Dans un ouvrage que je porterai à Lacroix aux 1ers jours de Mars, je prends à part les plus belles poésies de Lamartine, de Victor Hugo, d'Alfred de Musset, de Byron et de Baudelaire, et je les corrige dans le sens de l'espoir; j'indique comment il aurait fallu faire.
Paris, 12 mars 1870.
Laissez-moi reprendre d'un peu haut. J'ai fait publier un ouvrage de poésies chez M. Lacroix (B. Montmartre, 15). Mais une fois qu'il fut imprimé, il a refusé de le faire paraître, parce que la vie y était peinte sous des couleurs trop amères, et qu'il craignait le procureur général. C'était quelque chose dans le genre de Manfred de Byron et du Konrad de Mickiewicz, mais, cependant, bien plus terrible. L'édition avait coûté 1200 f., dont j'avais déjà fourni 400 f. Mais, le tout est tombé dans l'eau. Cela me fit ouvrir les yeux. Je me disais que puisque la poésie du doute (des volumes d'aujourd'hui il ne restera pas 150 pages) en arrive ainsi à un tel point de désespoir morne, et de méchanceté théorique, par conséquent, c'est qu'elle est radicalement fausse; et par cette raison qu'on y discute les principes, et qu'il ne faut pas les discuter: c'est plus qu'injuste. Les gémissements poétiques de ce siècle ne sont que des sophismes hideux. Chanter l'ennui, les douleurs, les tristesses, les mélancolies, la mort, l'ombre, le sombre, etc., c'est ne vouloir, à toute force, regarder que le puéril revers des choses. Lamartine, Hugo, Musset se sont métamorphosés volontairement en femmelettes. Ce sont les Grandes-Têtes-Molles de notre époque. Toujours pleurnicher ! Voilà pourquoi j'ai complètement changé de méthode, pour ne chanter exclusivement que l'espoir, l'espérance, LE CALME, le bonheur, LE DEVOIR. Et c'est ainsi que je renoue avec les Corneille et les Racine la chaîne du bon sens et du sang-froid, brusquement interrompue depuis les poseurs Voltaire et Jean-Jacques Rousseau. Mon volume ne sera terminé que dans 4 ou 5 mois. Mais, en attendant, je voudrais envoyer à mon père la préface, qui contiendra 60 pages, chez Al. Lemerre. C'est ainsi qu'il verra que je travaille, et qu'il m'enverra la somme totale du volume à imprimer plus tard...
(I.D.)
cf. apprendre à nager
(...) Vous savez, j'ai renié mon passé. Je ne chante plus que l'espoir; mais, pour cela, il faut d'abord attaquer le doute de ce siècle (mélancolies, tristesses, douleurs, désespoirs, hennissements lugubres, méchancetés artificielles, orgueils puérils, malédictions cocasses etc., etc.). Dans un ouvrage que je porterai à Lacroix aux 1ers jours de Mars, je prends à part les plus belles poésies de Lamartine, de Victor Hugo, d'Alfred de Musset, de Byron et de Baudelaire, et je les corrige dans le sens de l'espoir; j'indique comment il aurait fallu faire.
Paris, 12 mars 1870.
Laissez-moi reprendre d'un peu haut. J'ai fait publier un ouvrage de poésies chez M. Lacroix (B. Montmartre, 15). Mais une fois qu'il fut imprimé, il a refusé de le faire paraître, parce que la vie y était peinte sous des couleurs trop amères, et qu'il craignait le procureur général. C'était quelque chose dans le genre de Manfred de Byron et du Konrad de Mickiewicz, mais, cependant, bien plus terrible. L'édition avait coûté 1200 f., dont j'avais déjà fourni 400 f. Mais, le tout est tombé dans l'eau. Cela me fit ouvrir les yeux. Je me disais que puisque la poésie du doute (des volumes d'aujourd'hui il ne restera pas 150 pages) en arrive ainsi à un tel point de désespoir morne, et de méchanceté théorique, par conséquent, c'est qu'elle est radicalement fausse; et par cette raison qu'on y discute les principes, et qu'il ne faut pas les discuter: c'est plus qu'injuste. Les gémissements poétiques de ce siècle ne sont que des sophismes hideux. Chanter l'ennui, les douleurs, les tristesses, les mélancolies, la mort, l'ombre, le sombre, etc., c'est ne vouloir, à toute force, regarder que le puéril revers des choses. Lamartine, Hugo, Musset se sont métamorphosés volontairement en femmelettes. Ce sont les Grandes-Têtes-Molles de notre époque. Toujours pleurnicher ! Voilà pourquoi j'ai complètement changé de méthode, pour ne chanter exclusivement que l'espoir, l'espérance, LE CALME, le bonheur, LE DEVOIR. Et c'est ainsi que je renoue avec les Corneille et les Racine la chaîne du bon sens et du sang-froid, brusquement interrompue depuis les poseurs Voltaire et Jean-Jacques Rousseau. Mon volume ne sera terminé que dans 4 ou 5 mois. Mais, en attendant, je voudrais envoyer à mon père la préface, qui contiendra 60 pages, chez Al. Lemerre. C'est ainsi qu'il verra que je travaille, et qu'il m'enverra la somme totale du volume à imprimer plus tard...
(I.D.)
cf. apprendre à nager
2008-06-15
le programme
« (...) Les jeux, les désirs, le programme de l'enfance restent armés en partisans cachés dans les forêts inhabitables de l'empire adulte. La vie ne cesse d'attendre le moment de sa contre-offensive. »
Depuis un mois, quoique me trouvant assez heureusement occupé par ailleurs, j'ai subordonné beaucoup des charmes de la vie quotidienne et de l'errance à l'achèvement de la critique du spectacle.
(G.D.)
Depuis un mois, quoique me trouvant assez heureusement occupé par ailleurs, j'ai subordonné beaucoup des charmes de la vie quotidienne et de l'errance à l'achèvement de la critique du spectacle.
(G.D.)
veste
Certes l’admiration que voue le jeune Marcel pour la duchesse de Guermantes et pour tous ces gens du monde dont il ne cesse de chercher la reconnaissance et la compagnie finira par se transformer plus tard en critique acerbe et même cruelle, son désir du monde cédant enfin sur celui de la solitude.
(J.-P.L.)
cf. k.abbale
(J.-P.L.)
cf. k.abbale
2008-06-13
le paludisme
La différence entre littérature et journalisme, c'est que le journalisme est illisible et que la littérature n'est pas lue.
(O.W.)
(O.W.)
2008-06-12
à la H.
En tonnes, vous m'entendez, en tonnes je vous arracherai
Ce que vous m'avez refusé en grammes!
(...) Les dents du loup ne lâchent pas le loup,
C'est la chair du mouton qui lâche.
(H.M.)
H.T. était certain de construire quelque chose d’important et avait une grande confiance en l’avenir. (...) Il note d’ailleurs, âgé de 23 ans : Un jour ce que j’aurai connu de solitude deviendra ma force.
(L.A.)
cf. henri, tome A
Ce que vous m'avez refusé en grammes!
(...) Les dents du loup ne lâchent pas le loup,
C'est la chair du mouton qui lâche.
(H.M.)
H.T. était certain de construire quelque chose d’important et avait une grande confiance en l’avenir. (...) Il note d’ailleurs, âgé de 23 ans : Un jour ce que j’aurai connu de solitude deviendra ma force.
(L.A.)
cf. henri, tome A
...tique
Il y a un moment où la vie cesse d'être plastique. Je crois que c'est à l'instant où l'on cesse soi-même de l'être. Quand tu suis l'événement, tout va bien. Quand tu veux déranger le cours des choses, te dresser contre, imposer ta volonté, redresser, recommencer, retrouver, tout va mal.
(J.P.)
(J.P.)
2008-06-11
devenir jeune
On a besoin de beaucoup de temps, pour devenir jeune.
(P.P.)
Jadis tu fus jeune, maintenant — tu es mieux que jeune !
(F.N. — PDBM postlude)
(P.P.)
Jadis tu fus jeune, maintenant — tu es mieux que jeune !
(F.N. — PDBM postlude)
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