N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2008-11-19

donc filmer

La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie.
(M.K.)
Le bonheur, c'est avoir une bonne santé et une mauvaise mémoire.
(I.B.)

se rencontre


(J.S.) :: 4'30''::
cf. extension de domaine de l'amour

tracy & tracy

À vingt ans, [Katharine Hepburn] pose nue pour un peintre. Le poète Phelps Putman dit d'elle : « Elle était l'anarchie vivante du cœur. Elle était aussi impolie que la vie et la mort. »
(...)
Au début des années 1940, Kate rencontre le grand amour de sa vie, Spencer Tracy. Elle dit dès leur première rencontre « oh, monsieur Tracy, mais je suis vraiment trop grande pour vous ! » Tracy répliqua « ce n’est pas grave, ma chère, j’aurai vite fait de vous rendre votre vraie dimension. » Elle a dit également de lui qu'il était « bon comme une pomme de terre au four ». Une profonde intimité les unira tout de suite...
(W.)

2008-11-18

testament d'un vivant


(J.M.)
Je ne voulais pas que ma vie soit réglée d’avance ou décidée par d’autres. Si, à six heures du matin, j’avais envie de faire l’amour, je voulais prendre le temps de le faire sans regarder ma montre. Je voulais vivre sans heure, considérant que la première contrainte de l’homme a vu le jour à l’instant où il s’est mis à calculer le temps. Toutes les phrases usuelles de la vie courante me résonnaient dans la tête : Pas le temps de... ! Arriver à temps... ! Gagner du temps... ! Perdre son temps... ! Moi, je voulais avoir "le temps de vivre" et la seule façon d’y arriver était de ne pas en être l’esclave. Je savais l’irrationalisme de ma théorie, qui était inapplicable pour fonder une société. Mais qu’était-elle, cette société, avec ses beaux principes et ses lois ?
(J.M.)

hum... ou terrorisme

... et là je me suis dit « bon, ce monde dans lequel je vis, il faut que je continue à vivre dedans, en essayant d'y croire un petit peu », et la seule chose que j'ai trouvée c'était l'humour, rire... avec mes contemporains... en écoutant les discours... voilà, d'un sarko sur l'afrique... qui était... si on n'a pas le sens de l'humour, je veux dire, on fait du terrorisme! pour moi... Donc la moindre des choses s'est de s'amuser, de rigoler, de se dire... Il nous reste au moins cette liberté de conscience, de pensée, qu'est le rire. Pour le reste...
(D.)

2008-11-17

artiste à son poste

Un artiste doute, en effet, de lui-même ; il est en même temps sûr de lui.
(...) Ils ne se donnaient pas la peine de voir l'unité de vues sous la diversité de moyens d'expression, principalement entre mes romans et mes essais politiques. (...) Et pourtant la cohérence de ma sensibilité et de ma volonté apparaît à qui me fait la justice de relire dans leur suite une bonne partie de mes ouvrages.
Je me suis trouvé comme tous les autres écrivains contemporains devant un fait écrasant : la décadence.
(...) Attendons la postérité ? Mais par qui est faite la postérité ?
(...) Un écrivain est obligé de croire dans le fond (...) qu'il passera à la postérité, sinon l'encre se tarirait dans ses veines. Et, sauf chez les médiocres, cela est touchant.
(...) Mais tout cela, ce sont des humeurs qui passent. Il reste deux choses : la joie de l'artisan qui fait son travail, qui se dit qu'il participe à cette aventure merveilleuse qu'est le travail de l'homme — et la joie d'être un homme, de rester un homme pur et simple, à côté de (...) l'écrivain. Un homme qui mange, qui boit, qui fume, qui fait l'amour, qui marche, qui nage, qui ne pense à rien et qui pense à tout, un homme qui ne fait rien et qui n'est rien, un homme qui rêve (...), qui se prépare à la terrible et splendide mort, un homme qui jouit [du cinéma] [et] de la musique autant que de la littérature, qui s'enivre de ce que font les autres bien plus que de ce qu'il fait, et un homme qui a d'autres passions encore...
(P.D.L.R.)

2008-11-16

au courant ?

Il y a (...) dans la succession de la nuit et du jour, des signes pour ceux qui sont doués d'intelligence.
(Coran, sourate 3, verset 190)

2008-11-15

les forçats de la société

Le drame pour tous ceux-ci c'était de sentir en eux plus de force qu'il n'en restait dans la société. De là la nécessité de se dépayser pour dire leur rêve ou l'obligation de ne se vouer qu'à l'exécration convulsive.
(P.D.L.R.)

2008-11-14

pour un autoconditionnement

Le décor détermine les gestes.
(I.S.)

La transformation, l'amélioration de soi ne se commande pas autant qu'on le voudrait. Dans la mesure où nous sommes en très grande partie le produit de notre environnement, un des meilleurs moyens d'améliorer notre caractère (humeurs, perspectives, idées, comportements, valeurs...) est d'en passer par l'aménagement tactique des conditions extérieures de notre existence (géographiques, climatiques, alimentaires, affectives...), qui alors ne manquent pas de nous déterminer en retour, à leur façon, qui en revient donc à la nôtre, à peu près. Appelons ça l'autoconditionnement environnemental, ou conditionnement réfléchi, ou réflexif ? En tout cas, le principe est celui-ci : les influences extérieures étant inévitables, si ce n'est constitutives, il s'agit d'en jouer de manière à en tirer un parti optimal. Au lieu de la servitude normale.
(O.K.)

En tout cela, - choix de la nourriture, choix du lieu et du climat, choix de sa récréation - on suit les ordres donnés par un instinct de conservation dont la manifestation la plus nette est celle de l'instinct défensif. Fermer les yeux sur bien des choses, s'abstenir de les écouter, ne pas les laisser venir à soi, c'est le premier commandement de la sagesse, la première façon de prouver qu'on n'est pas un hasard mais une nécessité. Le mot qu'on emploie couramment pour désigner cet instinct de défense c'est celui de « goût ». Son impératif ne commande pas seulement de dire « non » quand le « oui » serait une marque de « désintéressement », mais encore de dire « non » le moins souvent possible. Eloignons-nous, séparons-nous de ce qui nous obligerait à répéter le « non » sans cesse. Rien de plus raisonnable : car, si petites qu'elles soient, les dépenses de force défensive, quand elles deviennent la règle habituelle, amènent une pauvreté extrême et parfaitement superflue. Nos grandes dépenses sont faites de la répétition des petites. La défensive, la faction constante constituent - qu'on ne s'y trompe pas - une vraie dilapidation, un vain gaspillage des forces. En prolongeant l'état précaire que représente la défensive on s'affaiblit facilement au point de ne plus pouvoir se défendre. Supposez qu'en sortant de chez moi, je trouve, au lieu du calme et aristocratique Turin, la petite ville allemande : mon instinct m'obligerait à me replier sur moi-même pour repousser l'envahissement de tout ce plat et lâche monde. Ou encore, je serais en face de la grande ville allemande, ce stupre en pierre de taille, ce sol où rien ne pousse, où tout s'importe, bien et mal. Comment ne pas s'y transformer en hérisson ? - Mais les piquants sont un gaspillage, un double luxe, alors qu'il est loisible non seulement de n'en point avoir mais de tenir les mains ouvertes...
Une autre mesure de sagesse et de tactique défensive consiste à réagir le plus rarement possible, à se soustraire aux situations, aux conditions qui vous condamneraient à suspendre en quelque sorte votre initiative et votre « liberté » pour devenir un simple réactif.
(F.N. — EH2§8)

cf. décorps
cf. CHAPITRE : physio-logique
cf. comment s'en sortir sans sortir


2008-11-11

à pied marin

Si l'on suivait les voies ferroviaires / Qui aurait le pied marin ?
((A.B.))

cf. marin

mourir par définition

Mourir d'un accident : d'un choc inhumain, par définition.
(O.K.)

à prendre ou à laisser

Est-ce que vous en avez ? / Des doutes, des idées / Des rêves de douceur éveillée / Le goût du danger / Des routes à prendre ou à laisser / Est-ce que vous en avez ? / Du réseau, des rougeurs, des nerfs d'acier ? / Est-ce que vous en avez ?
((A.B.))

2008-11-09

filer sa piste

Et j'ai lu ça, (...) j'ai lu ce bouquin, et je me suis dit « mais! finalement... », pour la première fois de ma vie je me suis dit « c'est pas difficile d'écrire... Il suffit de prendre... c'est comme une piste à prendre... on prend un truc, on fonce tout droit et on y va » et là j'ai commencé la rédaction (...) très peu de temps après.
(P.M.)

Non, c'est venu d'un jet. Parce que... Tu sais, c'est pareil quand on compose une chanson, peut-être : Quand tu trouves une phrase musicale que tu sens bien, le reste vient ; tout est sur le même ton.
(P.D.)

... et l'instinct, l'intuition du départ, il faut pas l'oublier.
(M.D.)
cf. l'émouvement

2008-11-08

ça va

[Ils sont morts sur l'autoroute ? Sans que ça perturbe la circulation ? Et c'est terrible ?] Oui, oh! c'est la vie, quoi ! Flux constant. C'est exactement pareil dans la savane. La vie n'est pas sentimentale. Il n'y a que nous! qui le sommes. Et c'est précisément notre problème. Le seul remède c'est de s'en guérir un peu, justement ; un peu, seulement. C'est-à-dire en tout cas ne surtout pas s'y complaire, comme c'est la mode (depuis le romantisme peut-être) — du ramollissement. Mais relever la tête. Sur la savane.
(O.K.)

du culminant

Il existe un certain point culminant de la vie : (...) maintenant que nous pouvons cons­tater que toutes, toutes choses qui nous frappent, tournent toujours à notre avantage. (...) que ce soit n'importe quoi, le beau comme le mauvais temps, la perte d'un ami, une maladie, une calomnie, la non-arrivée d'une lettre, un pied foulé, un regard jeté dans un magasin, un argument qu'on vous oppose, le fait d'ouvrir un livre, un rêve, une fraude : tout cela nous apparaît, immédiatement, ou peu de temps après, comme quelque chose qui « ne pouvait pas ne pas se produire », - quelque chose qui est plein de sens et d'une profonde utilité, précisément pour nous. (...) Eh bien! — je veux dire : malgré tout cela, — laissons en repos les dieux et aussi les génies serviables, pour nous contenter d'admettre que maintenant notre habileté, pratique et théorique, à interpréter et à arranger les événements atteint son apogée. Ne pensons pas non plus trop de bien de cette dextérité de notre sagesse, si nous sommes parfois surpris de la merveilleuse harmonie que produit le jeu de notre instrument : une harmonie trop belle pour que nous osions nous l'attribuer à nous-mêmes. En effet, de-ci de-là, quelqu'un joue avec nous — le cher hasard...
(F.N.)
voir aussi : chancellerie, Œ, le bon génie de l'audace, confchance dans le réel..

chancellerie

La chance fait partie du talent.
(F.T.)
On faisait, devant napoléon, l'apologie de tel ou tel nouveau général. Et lui : « oui, bon, d'accord, très bien, mais est-ce qu'il a de la chance ? » L'entourage de l'empereur pensait alors qu'il voulait plaisanter. Erreur. Pas de question plus sérieuse que celle de la chance.
(P.S.)

demeurer cochon ?

Il est absurde à la fois d’aimer la vie et de vouloir, par tous les moyens de l’art, l’attirer dans son camp, la gagner aux mélancoliques raffinements, à toute cette aristocratique morbidité de la littérature. On voit ici-bas le règne de l’art étendre son terrain tandis que se réduit celui de la saine innocence. Il faudrait s’attacher avec le plus grand soin à conserver ce qu’il en reste encore et l’on devrait s’abstenir de convertir à la poésie des gens qui préfèrent tellement lire des livres sur l’équitation avec des clichés instantanés !
(T.M.)

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