N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

> page d'accueil

2013-03-03

de rêves nous sommes faits de nous

à deele

(J.-L.G.)(O.K)
Vous ne savez jamais ce qui se passe subjectivement dans l'âme de l'animal. C'est pourquoi nous ne parlons pas de la « psychologie » animale. (K.L.)

2013-02-09

ce que je nomme « postréalisation »

... donc, pour [vous] répondre, la postréalisation (comme je l'entends aujourd'hui) est une post-réalisation littéralement parlant, c'est-à-dire une réalisation après coup, autrement dit à partir de matériaux dont on est pas exclusivement et même majoritairement pas l'auteur, qu'on récupère, recycle, détourne, qu'on réécrit, pour en faire une réalisation à part entière, mais dont le matériau est au moins partiellement de seconde main, d'emprunt, matériau déjà culturel et non brut.
http://nordexpress.blogspot.fr/2012/01/les-found-footeux.html
Mais, mieux encore que cet article, je renvoie tout simplement à la définition de base que je garde du postmoderne (eh oui, post-réalisation et post-moderne, comme par hasard), je cite : postmoderne ?

Si le modernisme se caractérise par la création de formes nouvelles, le postmodernisme réutilise des formes préexistantes. (...)
L'œuvre postmoderne se présente souvent comme un collage d'éléments hétéroclites (...) efface le temps et l'espace pour rendre toute la culture immédiatement présente, ainsi que la hiérarchie entre culture élitaire et culture populaire.
(...) là où le modernisme place l'auteur et la création au centre de son esthétique, le postmodernisme fait jouer ce rôle à l'interprétation. Le simple fait d'apporter un regard nouveau sur un texte ou une œuvre picturale amène à en faire une œuvre nouvelle. (...)
Ce regard ironique se pose aussi naturellement sur l'œuvre postmoderne elle-même, et aboutit à l'auto-commentaire.
(...) le modernisme cherche à construire une image fidèle du monde réel, en dépassant les limites de la perception humaine. Le postmodernisme s'interroge plutôt sur le statut du monde fictionnel créé par l'œuvre d'art et son rapport au monde réel...
(W.)


Ensuite, réserver de préférence le terme « postréalisation » à des oeuvres d'esprit (autrement dit d'esthétHique) assez nettement postmodernes. [Par exemple, pour ce petit film,] mélange de culture noble, pour la musique, et populaire, bas de gamme, pour la vidéo, et réinterprétation de l'une par l'autre, d'un matériau par l'autre, donc oui : postmoderne, et donc aussi postréalisation.

(O.K.)

cf. chapitre : COMPOS(T)ER


2013-02-07

au fond, jean-françois billeter, c'est moi

[Jean-François Billeter, (auto)philosophe.]

   Souvent mes idées sont plutôt des observations. J'observe ce qui se passe. Au lieu d'essayer de comprendre les problèmes dont discutent les philosophes, j'ai pris le parti de m'intéresser aux phénomènes que je puis observer moi-même, les plus familiers (...)
Je prends soin de ne pas me laisser imposer des idées toute faites par les mots que j'emploie. Aussi ne serai-je sans doute bien compris que de [ceux] qui sont aussi méfiants que moi à l'égard du langage (...)
    Mais arriverai-je à montrer ce que je vois ? J'en doute parfois. À force de tout reconsidérer, j'ai développé une vision des choses qui m'est propre et qui constitue désormais ma pensée. Cette pensée est-elle transmissible ? Est-elle susceptible d'être comprise par ceux qui n'ont pas [«] tout [»] réexaminé comme je l'ai fait, au fil des années ? Ou n'est-elle à la fin qu'une sorte de folie dans laquelle je me suis enfermé ?
    Je fais le pari que non, et je vais donc tenter d'en communiquer l'essentiel. C'est une tâche ardue. (J.-F.B.)[O.K.]

    Mais quel intérêt cette vision des choses peut-elle avoir pour d'autres que moi ? (...) À [certains] moments, j'ai eu le sentiment qu'elle résout des problèmes fondamentaux, de portée générale, et qu'elle est donc susceptible de retenir l'attention d'autres... (J.-F.B.)[O.K.]
 
    Je m'y attaque parce qu'il me semble que cette vision des choses résout un certain nombre de problèmes philosophiques sur lesquels d'autres ont buté et pourrait donc les intéresser.

    [Si seulement c'était possible, je prendrais] soin d'indiquer en quoi mes idées me paraissent répondre à des besoins qui me [sont] propres, afin que chacun fasse la part des choses et juge dans quelle mesure elles peuvent valoir pour lui. (J.-F.B.)[O.K.]


cf. la philosophie pour quoi faire ?

2013-02-05

et tout est gris

— Quand on dit blanc, tu dis noir, quand on dit noir, tu dis blanc.
— Essayez directement le gris, pour voir...
(O.K.)

2013-02-02

2013-01-29

inégalités (utiles)

... inégaux parce que les uns [se] réalisent (...), à un moment de leur vie, tandis que d'autres sont arrêtés en chemin par des difficultés qu'ils ne parviennent pas à surmonter. Ils se résignent à vivre à moitié. Si une crise salutaire ne vient pas les remettre en mouvement, ils dépérissent. Quand l'angoisse ou la souffrance qui les tient devient trop forte, il n'est pas rare qu'ils essaient d'y échapper en se détruisant ou en faisant du mal aux autres.
À l'inégalité des destins s'ajoutent les inégalités de circonstance, quand se rencontrent deux êtres humains diversement avancés chacun dans sa voie. Celui qui a fait le plus de chemin impressionne l'autre par sa plus forte présence, sa plus grande puissance d'agir, sa façon d'obéir à son propre mouvement.
Ces inégalités-là sont au coeur de notre sensibilité morale. Celui qui se sent inférieur éprouve souvent de la gêne, de la honte ou de la crainte, voire un désir de soumission, lequel peut susciter chez l'autre la tentation de dominer.
Mais le sentiment de son infériorité peut aussi éveiller en lui le désir d'accéder à une forme de vie plus élevée et plus libre. C'est en cela que « l'homme est utile à l'homme », selon Spinoza : ils seront « d'autant plus utiles les uns aux autres, écrit-il, que chacun recherchera le plus utile qui lui est propre ».
(J.-F.B.)

cf. antifuite
cf. de ceux qui rendent content
cf. reître


2013-01-27

K. lit : graphie (T.) (pour Toutes)



(O.K.)

À K.T., pour toutes,
J'ai recouvert ton dos / d'écriture et de mots / pour tenter de chasser / toutes les phrases infligées. / J'ai recouvert ton dos / de promesses de « baiser » / pour tenter d'effacer / toutes ces heures « athées ».


2012-03-29

détestament

Si je mourais prématurément, qu'importe mon oeuvre vertigineusement inachevée. Car ce serait que la vie ne vaudrait décidément pas cet honneur, ne vaudrait pas le coup, il n'y aurait rien à regretter, car plus rien, rien de plus à désirer lui offrir – à cette saleté sans nom, de mon temps définitive.
(O.K.)

cf. déjeuner sur de l'herbe sous le pied dans la tombe
cf. mon épitaphe

2012-03-07

pour le sens de la forme

À un certain égard, tout est dans la forme, la forme dit tout. Donc creuser un peu… Le « sens » (ou  disons l'intelligence) de la forme. (…) Si seulement les gens (le moyenhomme) considéraient attentivement, avec attention, pesaient effectivement le poids des formes... [Mais] je constate qu'on est loin loin, très loin d'y être, de vivre à travers la con-sidération fondamentale des formes qui nous entourent, nous constituent et nous déterminent comme on n'imagine pas. Tout est là. Le monde n'est que forme(s), dont nous sommes – émergés, immergés, déterminés. Et c'est donc pourtant par là qu'on pourrait tant changer. Par la prise en compte fondamentale de ce qui nous fonde, nous détermine, nous forme(s). (O.K.)

cf. chapitre ATTENTION
cf. chapitre : autoconditionnement 

2012-03-06

comprendre un peu / beaucoup / passionnément, sans comprendre

Il [Pierre Bergounioux] nous dit aussi la joie extrême qu'il a de relire Faulkner et d'essayer de le comprendre. (L.A.)

J'aimais cette incertitude et que l'histoire m'échappât de tout côté : cela me dépaysait. (…) J'aimais cette résistance coriace dont je ne venais jamais à bout ; mystifié, fourbu, je goûtais l'ambiguë volupté de comprendre sans comprendre : c'était l'épaisseur du monde. (J.-P.S.) 

... comment se fait-il qu'Ulysse me passionne alors que je suis à peu près sûr de n'y percevoir, au mieux, qu'un quart de ce que l'auteur y a mis ? Parce que les choses que je ne décrypte pas, je les sens malgré tout comme cryptogrammes. Cela crée une sorte d'épaisseur énigmatique du monde, qui fait que je lis ce livre, Ulysse, avec passion. (A.R.-G.)

Cette autre lecture, c’est une lecture en intensité : quelque chose passe ou ne passe pas. Il n’y a rien à expliquer, rien à comprendre, rien à interpréter. C’est du type branchement électrique. (G.D.)

... si on s'en remet à la voie poétique (...), c'est-à-dire renoncer [plus ou moins] à la compréhension conceptuelle, et être (...) plus ouvert à la compréhension poétique... (C.R.)(O.K.)

Il nous dit aussi la joie extrême qu'il a de relire Faulkner et d'essayer de le comprendre. (L.A.)

Je crois vraiment qu'il y a (...) des quantités de choses que l'auteur a mises, et que le lecteur ne peut pas identifier. (A.R.-G.)

C'est une forme d'élucidation poétique. (O.K.)

> ça ? dit tout.
> à quoi reconnaît-on les bons films ?
> du(r) dur volontarisme esthétique

> compris c'est compris
> livre à vous

2012-02-14

pour de l'alter-aimé

... à la notion d'alter-ego, celle d'alter-aimé. (O.K.)

Aimer l'autre, cela devrait vouloir dire que l'on admet qu'il puisse penser, sentir, agir de façon non conforme à nos désirs, à notre propre gratification, accepter qu'il vive conformément à son système de gratification personnel et non conformément au nôtre. Mais l'apprentissage culturel au cours des millénaires a tellement lié le sentiment amoureux à celui de possession, d'appropriation, de dépendance par rapport à l'image que nous nous faisons de l'autre, que celui qui se comporterait ainsi par rapport à l'autre serait en effet qualifié d'indifférent. (H.L.)

cf. (sa)voir-vivre
cf. l'amour inventé, à réinventer... : réinventé
cf. chapitre AMOURÉINVENTÉ


2012-02-01

micromanifeste

N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(O.K.)

2012-01-31

martyr / groùpé ?

    Je pense que le Nouveau Roman, par sa diversité d'une part et par sa complexité d'autre part, n'a pas encore été entièrement digéré. Il ne pourra naître quelque chose de fondamentalement nouveau que lorsque tout cela aura été davantage assimilé. Pourquoi, en outre, est-ce qu'on ne voit rien aujourd'hui ? Tout le monde en fait le constat, par opposition à la richesse des années cinquante. Je crois que cela tient pour une part au fait qu'il n'y a plus de groupes possibles. (...) Aujourd'hui [en 1988] la haine des idées de groupe s'est accrue encore, à cause de la chute de toutes les idéologies communautaires. L'horreur de l'idéologie qui rassemble l'a emporté sur la possibilité du combat commun. Or c'est un fait que les individualités ont plus de mal à se faire connaître que les groupes. Regardez la façon dont le groupe surréaliste, le groupe existentialiste ont joué un rôle promoteur pour leurs membres... Il y a un cas très intéressant à cet égard qui est celui de Samuel Beckett. Son théâtre a tout de suite été groupé avec le théâtre de l'absurde, et son théâtre est très connu. Ses romans n'ont pas été rangés dans le Nouveau Roman, parce qu'ils sont un peu antérieurs, et ils sont relativement peu connus. Molloy ou Malone sont tout à fait des Nouveaux Romans, et qui méritaient la carrière de Godot. Mais, sans étiquette, ils ont paru des objets aberrants. L'effet de groupe a profité au théâtre. Il n'a pas joué pour l'oeuvre romanesque. Sans groupes, aujourd'hui, le paysage paraît amorphe. 
    — Alors, qu'est-ce qui peut surgir maintenant ?
    — On ne sait pas ce qui peut surgir. Quelque chose surgira.
(A.R.-G.)

Peut-être aussi est-il apparu du nouveau sans qu'on le sache encore.
    Ce qui fait l'importance du Nouveau Roman, c'est qu'un certain nombre d'écrivains ont été réunis plus ou moins artificiellement (...). Or, ce qui remue les médias, ce qui fait bouger la conscience littéraire du temps, ce sont les groupes, ce sont eux qui donnent l'impression qu'il y a un tir « groupé » justement. Maintenant, on a l'impression qu'il s'agit de coups de feu isolés : ce n'est pas une révolution, mais simplement des pétards, dans la nuit. Mais il y a sûrement des choses importantes qui se font, mon optimisme veut y croire.
(A.R.-G.)

ottorenvoi : génération solo forcé
ottorenvoi : la bonnx voie postmoderne
chapitre : PIONNIER 

au fond, gangpol und mit, c'est moi

Gangpol und Mit est un duo sonore et visuel français composé de deux membres ayant chacun un rôle spécifique : Gangpol s'occupe de la partie musicale, Guillaumit de la partie graphique et vidéo...

Leur style se caractérise par une musique électronique contrastée et mélodique, confrontant de nombreuses références...

La spécificité de ce projet français, particulièrement efficace dans ses live audiovidéo... Avec les musiciens...

Les origines de leur univers sonore et visuel recoupent l'humour... se réappropriant souvent les humeurs de divers styles musicaux pour aboutir à d'improbables combinaisons.

(w.)

2012-01-27

( l'art ) de l'inframince



(O.K.)(T.D.)

    Écrire, c'est « donner notre réalité à la vérité, de qui nous la tenions, afin de redevenir dans son sein légers comme des rêves ».
    (...) « Je veux recueillir mon néant à l'ombre d'une réalité digne de la lumière et forger de mes mains un objet qui efface mes traces. »
    Un texte « serré et irréductible », si parfait qu'il ne semble pas « avoir été touché », un objet si parfait qu'il effacerait nos traces... Ne reconnaissons-nous pas ici la plus haute ambition de tout écrivain ?
(A.R.-G.)

... des écrivains, c'est-à-dire des créateurs de formes qui, au travers de ces formes, inventent un nouveau type de conscience du monde. Ils ne dissertent pas à son sujet, ils le mettent en oeuvre dans un texte. C'est, je crois, ce qui a déconcerté les lecteurs. La plupart d'entre eux lisaient la littérature moderne en oubliant son travail d'écriture. Avec le Nouveau Roman, il devient trop visible. L'impression de coupure vient de là. (A.R.-G.)
Dans la littérature non plus moderne, mais postmoderne, cette fois, le travail d'écriture redevient plus discret voire indiscernable, mais suggérant au lecteur d'en prendre conscience, et ainsi encore un autre « type de conscience du monde », considératrice de l'invisible, des nuances, de l'inframince et des manipulations de toute sorte. (O.K.)


cf. : au fond, pouchkine, c'est moi
cf. au fond, otto, c'est moi (autodémonstration)
cf. otto qui ? karl
cf. sur... de mes postréalisations
etc.

2012-01-26

vocabul'aire du progrès

... le vocabulaire en philosophie (...) implique tantôt l'invocation de mots nouveaux, tantôt la valorisation insolite de mots ordinaires... (G.D.)
ou leur redéfinition légère. (O.K.)
Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. (I.D.)


cf. filtre (témoignage sur ma redéfinition de la notion d'intelligence)
cf. philosophie artiste
 

2012-01-25

postphilosophie, ou : pour une philosophie artiste

Est-ce à dire que de ma « pensée » vous sauriez à ce point dissocier le fond de la forme, vous ? Faire ainsi (si) peu de cas de sa dimension artistique ? Alors même que j’ai modeste revendication d’une philosophie artiste. (O.K.)

Un livre de philosophie, c’est à la fois un livre difficile mais c’est aussi un livre tout à fait accessible, une boîte à outils formidablement ouverte (...). [Il] offre des effets de connaissance... (G.D.)

Il y a des auteurs, il y a des penseurs... traitez-les comme des grands peintres. (...) en philosophie il y a autant de création qu’ailleurs, c’est comme la peinture, c’est comme la musique. (G.D.)

(...) les bonnes manières de lire aujourd’hui, c’est d’arriver à traiter un livre comme on écoute un disque, comme on regarde un film ou une émission télé, comme on reçoit une chanson (...). (G.D.)

Pop’philosophie. Il n’y a rien à comprendre, rien à interpréter. (...) Proust dit : « Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. Sous chaque mot chacun de nous met son sens ou du moins son image qui est souvent un contresens. Mais dans les beaux livres tous les contresens qu’on fait sont beaux. » C’est la bonne manière de lire : tous les contresens sont bons, à condition toutefois qu’ils ne consistent pas en interprétations, mais qu’ils concernent l’usage du livre, qu’ils en multiplient l’usage, qu’ils fassent encore une langue à l’intérieur de sa langue. (G.D.)

(...) le seul problème est « est-ce que ça fonctionne, et comment ça fonctionne ? » Comment ça fonctionne pour vous ? (...) Il n’y a rien à expliquer, rien à comprendre, rien à interpréter. C’est du type branchement électrique. (G.D.)

 Mais il y a aussi le fait que, si on veut qu'il devienne un instrument dont d'autres pourront se servir, il faut que le livre fasse plaisir à ceux qui le lisent. Ça me paraît être le devoir élémentaire de celui qui livre cette marchandise ou cet objet artisanal : il faut que ça puisse faire plaisir ! (...)
Que des trouvailles ou des astuces de style fassent plaisir à celui qui écrit, et à celui qui lit, je trouve ça très bien. Il n'y a aucune raison que je me refuse ce plaisir, de même qu'il n'y a pas de raison que j'impose de s'ennuyer à des gens dont je souhaite qu'ils lisent mon livre. Il s'agit de parvenir à quelque chose d'absolument transparent au niveau de ce qui est dit, avec tout de même une espèce de surface de chatoiement qui fasse qu'on ait plaisir à caresser le texte, à l'utiliser, à y repenser, à le reprendre.(M.F.)

  En outre, il est évident que les idées restent brèves, par rapport aux oeuvres, et que rien ne peut remplacer celles-ci. (...) nous savons que c'est surtout au niveau de l'écriture que cette recherche s'opère, et que tout n'est pas clair à l'instant de la décision. (...)  « Expliquez-nous donc pourquoi vous avez écrit ce livre, ce qu'il signifie, ce que vous vouliez faire, dans quelle intention vous avez employé ce mot, construit cette phrase de telle manière ? »
    Devant de pareilles questions, on dirait que son « intelligence » ne lui est plus d'aucun secours. Ce qu'il a voulu faire, c'est seulement ce livre lui-même. (A.R.-G.)

cf. philosophie artiste
cf. ça ? dit tout.
cf. devenir-bête-intellectuelle

2012-01-23

les found footeux

Depuis Claude Lévi-Strauss et sa réhabilitation du bricolage comme activité légitime de l'esprit, on sait combien il est essentiel parfois de recourir à des outils hétéroclites, et aussi de prendre des outils à rebours de leur usage normal. Il existe chez les cinéastes toute une famille – nomade et dispersée – de bricoleurs de l'esprit, qui font des films avec quelques bouts de ficelle mais aussi de puissants leviers, et prennent comme matière la plus noble ou la plus démunie. (...)
la technique du found footage, du « métrage trouvé », qui repose sur le refus de produire des images et le désir de n'utiliser que des images déjà faites. Cette pratique par elle-même a valeur évidente de manifeste théorique, car elle restreint de facto la responsabilité créatrice du cinéaste aux agencements, et non à l'enregistrement des images. La métaphore du bricolage est ici littérale, le cinéaste se mettant dans l'attitude d'un collectionneur de « bricoles », qui ensuite décide d'en faire quelque chose (une oeuvre, mais pas forcément).
     L'activité du bricoleur est socialement dévalorisée, considérée au mieux comme un passe-temps inoffensif et mineur. Du point de vue créatoriel, elle a représenté un idéal modeste et ambitieux à la fois, celui de l'appropriation totale, directe, quasi corporelle de son matériau par le cinéaste : en traitant de la pellicule trouvée, ou des images très simples et qu'il organise en structures élémentaires, le cinéaste bricoleur a le rapport le plus intime avec le matériau (ne serait-ce qu'en termes de production : c'est un cinéaste de la table de montage, proche des conditions de l'écrivain (...)). (...)
    Bricoler, c'est tout maîtriser, parce qu'on s'est proposé un matériau « pauvre », et qu'on a limité la gamme des gestes créatifs au minimum.
(J.A.)

cf. la bonnx voie postmoderne
cf. chapitre : COMPOS(T)ER

2012-01-22

détour(ne)ment du recyclage

Le problème pour transmettre notre raisonnement de façon écologique à ceux que nous souhaitons influencer dans ce qui nous semble être une direction écologiquement bonne est donc lui-même un problème écologique.
(G.B.)



2012-01-20

la bonnx voie postmoderne

… les objections de nombreux lecteurs apparemment de bonne foi, les réserves formulées par plusieurs amis sincères m'ont bien montré que c'était aller trop vite en besogne. Mis à part quelques esprits engagés eux-mêmes dans des recherches comparables – artistiques, littéraires ou philosophiques –, personne ne voulait admettre… (A.R.-G.)

La voie : Marcel Duchamp, Gil Joseph Wolman, The Residents, L'oeil du cyclone (Alain Burosse & co, Canal +), le Zapping (Patrick Menais & co., Canal +), The Avalanches, Postradio, Otto karl, DocMango, Giovanni Sample, Kutiman...
Sur la voie : Isidore Ducasse, Guy Debord, Jean-Jacques Schuhl, Philippe Sollers...
À suivre...

cf. les found footeux
cf. le mauvais postmoderne
cf. CHAPITRE : OTTOPOSTMODERNE

2012-01-19

james blake post

On l’a dit, James Blake, 22 ans, vient du « dubstep », un genre minimal et assez sombre dont les infrabasses constituent l’épine dorsale. Avec son premier album, qualifié de "post-dubstep", il fait un pas de côté et tend (intentionnellement ou pas ?) la main au mainstream. Son disque est en effet, et de loin, le plus accessible des disques expérimentaux qu’il nous ait été donné d’entendre depuis longtemps. Une démarche fraîchement accueillie par son public de base. Forcément.

James Blake, premier album, coup de maître. De fait, on chercherait en vain les infrabasses dans ce disque vaporeux, extrêmement délicat et mélancolique, dominé par la belle voix du jeune homme et par le piano, qu’il pratique depuis l’enfance. Un piano, une voix, où est l’innovation ? Dans le travail de déconstruction.

James Blake prend en effet un malin plaisir à découper et re-séquencer les sons et  à trafiquer sa voix à loisir pour un résultat déconcertant, futuriste et souvent envoûtant. Son travail d’orfèvre s’attache essentiellement aux textures. Et s’articule autour du silence, élément capital qu’il confie utiliser comme un véritable « outil ».

(...)

On pourrait n’y voir parfois qu’un caprice de bidouilleur, qu’un jeu facile et hasardeux sur l'équalisation. L’effet produit est en tout cas loin de ressembler à une mécanique sans âme, plutôt à une néo-soul sensible et tordue très XXIe siècle.
http://www.deezer.com/fr/music/james-blake/

2012-01-17

otto qui ? karl



(O.K.)


otto qui ? SOURCE



    Écrire, c'est « donner notre réalité à la vérité, de qui nous la tenions, afin de redevenir dans son sein légers comme des rêves ».
    (...) « Je veux recueillir mon néant à l'ombre d'une réalité digne de la lumière et forger de mes mains un objet qui efface mes traces. »
    Un texte « serré et irréductible », si parfait qu'il ne semble pas « avoir été touché », un objet si parfait qu'il effacerait nos traces... Ne reconnaissons-nous pas ici la plus haute ambition de tout écrivain ?
(A.R.-G.)

ottoréf. (écho) : au fond, pouchkine, c'est moi

2012-01-16

(en)vers le postlivre

à constance


(F.B.)(O.K.)

ottorenvoi : michel butor, visionnaire du présent (de la création littéraire)
ottorenvoi : ottodéfense
etc.

Le risque de telles rebuffades s'accroît encore si l'on ose prétendre que la littérature nouvelle, non seulement est désormais possible, mais est en train déjà de voir le jour, et qu'elle va représenter – en s'accomplissant – une révolution plus totale que celles d'où naquirent, jadis, le romantisme et le naturalisme.
(…)
De toute façon, il ne faudrait pas se faire d'illusions sur les difficultés d'un bouleversement de ce genre. Elles sont considérables. Toute l'organisation littéraire en place (depuis l'éditeur jusqu'au plus modeste lecteur, en passant par le libraire et le critique) ne peut que lutter contre la forme inconnue qui tente de s'imposer. Les esprits les mieux disposés envers l'idée d'une transformation nécessaire, ceux qui sont les plus prêts à reconnaître la valeur d'une recherche, restent malgré tout les héritiers d'une tradition. Or, inconsciemment jugée par référence aux formes consacrées, une forme nouvelle paraîtra toujours plus ou moins une absence de forme.
(…) Il y aura de la curiosité, des mouvements d'intérêt, des réserves quant à l'avenir. Parmi les louanges sincères, la plupart s'adresseront aux vestiges des temps révolus, à tous ces liens que l'oeuvre n'aura pas encore rompus et qui la tirent désespérément en arrière.
(...)
Ainsi les spécialistes du roman (romanciers ou critiques, ou lecteurs trop assidus) seront sans doute ceux qui éprouveront les plus grandes peines à se dégager de l'ornière.
(A.R.-G.) 

2012-01-14

otto pour karl

Être, non pas toutes les idées d'un homme – qu'il les garde – mais tous les hommes d'une idée.
(G.P.)

Donc j'écris pour un écrivain qui sera peut-être moi, mais je n'y tiens pas exagérément. Je lui donne des idées, des directives. Je lui soumets tout ce que je remarque d'intéressant, ramasse tout. À lui de faire tri un jour, si bon lui semble. Moi, si jamais je vais au-delà de cinq pages, sans rupture de rythme, sans distraction tranchant le fil, c'est que je me serai endormi sur le papier.
(G.P.)

cf. signé otto
cf. au fond, karl marx, c'est moi

2012-01-13

que les qu'on ne pressente...

Mon orgueil sans cesse s'irrite de mille infimes froissements. Je souffre ridiculement que déjà tous ne sachent pas ce que plus tard (...) je serai ; qu'à mon regard on ne pressente pas l'oeuvre à venir.
(A.G.)

Une définition de moi-même ? C'est comme demander une définition de l'infini ! (...) Quand je pense à moi-même, je pense à quelque chose d'infini. (...) Pour vous je suis une chose bien finie, mais pour moi je suis infini !
(P.-P.P.)

Il est sûr de lui et de son triomphe de fond, le disant ouvertement dans ses articles sur flaubert et sur baudelaire ; (...) la guerre est-elle gagnée pour autant ? Pas sûr, jamais sûr. « On dit que dans mes livres je parle de tout au hasard, que c’est une salade. Or ce n’est pas vrai. Il n’y a pas un détail qui n’en annonce un autre dans le même volume ou les volumes suivants. » (...) Non, aucun doute ne semble effleurer Proust : il écrit, il réécrit, il persiste, il précise, il amplifie, il réclame ce qui lui est dû (...) Le mot qui revient sans cesse, maintenant, sous la plume de Proust, celui qu’il martèle à tous ses correspondants est : classique. Le novateur imprévu, contesté, méconnu, mais inévitable, parce qu’il est novateur, est classique. (...) Comment, ce « petit Marcel » que nous avons connu et touché du doigt, avec ses manies, ses tics, ses complications, ses extravagances, c’était Racine ? Lui-même ? Ça alors !
(P.S.)


cf. CHAPITRE : autorevendication
cf. au fond, proust, c'est moi (1)
cf. je suis unfini
 

2012-01-11

fût-ce l'histoire d'une solitude

C'est une histoire compliquée que celle-ci et le lecteur croira peut-être que j'ai compilé là dieu sait quelles bonnes choses disparates, pourtant je garantis à chacun qu'il n'est ici question que d'une seule et même chose, ainsi qu'il en ressortira peut-être.
(M.F.)

2012-01-09

hétérotopie postmoderne

au fond, karl marx, c'est moi

     Parallèlement à cette activité [in]visible, Marx élabore une oeuvre théorique immense, toujours inachevée, publiée de façon très partielle de son vivant. Cet inachèvement est lié à la manière très singulière qu'a Marx de travailler (...). Il semble n'être jamais en mesure d'embrasser de manière unifiée l'énorme quantité de faits, d'archives, de données qu'il amasse au cours de ses lectures. Son travail se modifie à mesure qu'il avance, reportant l'achèvement de la théorie à un moment ultérieur.
    Du coup, la pensée de Marx telle qu'elle était perçue par ses contemporains ne correspond pas exactement à la réalité d'une oeuvre complexe qui demeure en suspens. En outre, pour nous, lecteurs de Marx aujourd'hui, il est nécessaire de tenir compte de l'évolution de sa pensée, des différentes optiques qu'il adopte successivement dans un chantier perpétuellement remanié.
(R.-P. D.)

cf. hétérotopie postmoderne

2012-01-06

A. b. C. D emande

Albert Camus écrivait en 1953 dans ses Carnets : « Je demande une seule chose, et je la demande humblement, bien que je sache qu’elle est exorbitante : être lu avec attention. »
(M.O.)

cf. artiste à son poste
cf. re-li-re

2012-01-04

le temps d'une oeuvre pour soi

R.M. — Quel conseil donneriez-vous donc à un jeune homme – ou à une jeune fille  – qui s'intéresserait à la littérature, et voudrait se développer, se tenir au courant ?

J.P. — Ça dépend. S'il veut simplement être capable de parler de littérature, qu'il s'abonne à l'un de ces cours de conversation mondaine, qui se trouvent un peu partout. Après dix leçons il saura très bien ce qu'on peut raisonnablement dire de Sartre ou de Maurois. Ou même de Simenon.

R.M. — Mais s'il s'intéresse véritablement à la littérature ?

J.P. — Ah !  s'il y croit véritablement, c'est tout différent ! Eh bien, je lui conseillerais de ne prendre qu'un auteur ! Un auteur qu'il se sente disposé à aimer bien entendu. Mais un seul auteur, qu'il épuisera, dont il lira l'oeuvre tout entière. Qu'il y passe un an s'il le faut ou deux ans. Mais qu'il le possède à fond ! Je ne sais rien de plus révélateur — ni qui montre mieux les tenants et les aboutissants, enfin les raisons d'être, de la littérature.

R.M. — Il sera conduit à lire pas mal de pauvretés.

J.P. — C'est donc que les pauvretés, les manques, les erreurs font partie de la littérature. (…)

R.M. — Mais ce ne sont pas des oeuvres si faciles à trouver.

JP — Eh bien, que votre amateur les cherche ! Qu'il aille les recopier dans les bibliothèques ! Qu'il s'associe avec huit ou dix camarades pour les acheter ! Ou bien qu'il lise au hasard (…). Qu'il se lance en pleine aventure ! Qu'il ouvre les livres dont personne ne veut. Ce sont les meilleur marché. Il arrive même qu'ils ne coûtent rien. (…)

R.M. — Il tombera sur de la mauvaise littérature.

J.P. — Mais peu importe. Les mauvais livres aussi sont nécessaires. Ce sont les plus excitants : ils donnent envie de les recommencer. Ils vous invitent à intervenir. Ils vous jettent en pleine littérature. Au lieu qu'un très bon livre est souvent un peu froid. Décourageant, en tout cas.

cf. re-li-re
cf. partenaires particuliers

2012-01-03

re-li-re

Vous savez, pour vous dire la vérité, je considère que pour moi un écrivain n'existe que si on le relit. Quand je dis que j'aime quelqu'un ou que je l'ai lu, ça veut dire que je l'ai relu. Plusieurs fois. Avoir lu un livre une seule fois ne signifie rien. (…) Lire une seule fois c'est faire connaissance de quelque chose, c'est tout. Tous les écrivains qui ont compté dans ma vie, je les ai relus.
(C.)

Livres préférés ?
Ceux que je relis... qui me relient... zzz...
(O.K.)

cf. mévoir ou mémoire
cf. même longueur d'ondes entre les lignes

2012-01-01

résolution pour tous

Une vie à parler de ce qui est mal / et de ce qui est bien / alors qu'on a soi-même / jamais fait le point. (A.M.)*

Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne se plaint de son jugement. (F.d.l.R.)

Qu’il s’agisse de politique, de morale ou de philosophie, je suspecte les jugements de ceux qui ignorent tout de ce qu’ils sont. (J.R.)

Jamais les hommes ne sauront assez la contingence de leur personne, et à combien peu ils doivent de n'être pas ce qu'ils méprisent. (J.R.)**


*cf. une vie : programme
**cf. la liberté ta soeur

cf. CHAPITRE : moralisme

2011-12-25

au fond, le Christ, c'est moi

A.R.-G. — On retrouve cette névrose chez Kierkegaard, dans son opposition entre reprise et répétition que j'utilise dans mon prochain roman : la seconde est un mouvement tournée vers l'arrière, tandis que la première est résolument dirigée vers l'avant. « Mais, précise le philosophe, il n'y a de véritable reprise que si je deviens le Christ. » C'est surprenant !
              — Vous avez si peu parlé du Christ…

A.R.-G. — Mais parce que le Christ, c'est moi !
              — Pourtant le Christ n'est pas le Créateur. Il ne crée rien, Jésus. C'est mieux d'être Dieu, non ?

A.R.-G. — Sauf que [le] Dieu [que vous concevez] n'existe pas. Le Christ, si. Et il s'est fondé comme le Dieu vivant.

2011-12-22

créateur, de conscience

Il y a des artistes inconscients et d´autres parfaitement conscients.
Les premiers ne sont ni inférieurs ni supérieurs aux seconds. Mais les seconds sont indispensables aux périodes de transition.
(J.R.)

Cependant, il est une chose entre toutes que les critiques supportent mal, c'est que les artistes s'expliquent. (…)
    Ici encore, on constate que les mythes du XIXe siècle conservent toute leur puissance : (...) le « génie » est une sorte de monstre inconscient, irresponsable et fatal, voire légèrement imbécile, de qui partent des « messages » que seul le lecteur doit déchiffrer. Tout ce qui risque d'obscurcir le jugement de l'écrivain est plus ou moins admis comme favorisant l'éclosion de son oeuvre. L'alcoolisme, le malheur, la drogue, la passion mystique, la folie, ont tellement encombré les biographies plus ou moins romancées des artistes qu'il semble désormais tout naturel de voir là des nécessités essentielles de leur triste condition, de voir en tout cas une antinomie entre création et conscience.
    Loin d'être le résultat d'une étude honnête, cette attitude trahit une métaphysique. Ces pages auxquelles l'écrivain a donné le jour comme à son insu, ces merveilles non concertées, ces mots perdus, révèlent l'existence de quelque force supérieure qui les a dictés. [Celui-ci], plus qu'un créateur au sens propre, ne serait alors qu'un simple médiateur entre le commun des mortels et une puissance obscure (…) …
    Il suffit en réalité de lire le journal de Kafka , par exemple, ou la correspondance de Flaubert, pour se rendre compte aussitôt de la part primordiale prise, déjà dans les grandes oeuvres du passé, par la conscience créatrice, par la volonté, par la rigueur. Le travail patient, la construction méthodique, l'architecture longuement méditée de chaque phrase comme de l'ensemble du livre, cela a de tout temps joué son rôle.
(A.R-.G.)

cf. artiste conscient
cf. au fond, proust, c'est moi
cf. chapitre : autorevendication

2011-12-21

… entre autres le Projet.

… entre autres le Projet. Si vous voulez, pour reprendre la célèbre opposition de Saussure, je ne travaille pas sur la langue (ce français du XXe siècle que j'utilise tel que je l'ai reçu) mais sur la parole d'une société (ce discours que me tient le monde où je vis). Seulement, la parole en question, je me refuse à la parler à mon tour, je m'en sers comme d'un matériau, ce qui revient à la faire rétrograder en position de langue, afin de développer à partir d'elle mon propre discours.
(…) un travail de déconstruction sur des éléments découpés dans le code, désignés comme mythologiques, datés, situés, non-naturels, tirés au grand jour au lieu de baigner obscurément dans le plasma d'origine : l'ordre établi, qui a justement pour fonction de les faire passer inaperçus, comme allant de soi, vivant depuis toujours et à jamais, ce qui définit précisément une Nature.
        En outre, je ne suis pas de ceux qui croient que la sécrétion du mythe par les sociétés vient uniquement de l'aliénation de l'homme… (…) « Tant qu'il y aura de la mort, il y aura du mythe. » Aussi ne s'agit-il pas pour moi d'essayer de me débarrasser une fois pour toutes des éléments mythologiques qui m'entourent, mais au contraire de les parler, c'est-à-dire d'exercer sur eux le pouvoir de ma liberté au lieu de les subir comme des pièges, au fonctionnement fixé à l'avance et fatal.
(A.R-.G.)

cf. pour le détournement
cf. relevons
cf. chapitre : ottopostmoderne

au fond, otto, c'est moi (ottodémonstration)

2011-12-20

ottodéfense

— Constance —
otto karl, votre philosophie, plutôt n’est-ce pas celle de P.B-C.R-I.C-G.B-A.S-L.F-M.T-S-I.D-P.M-A.B-W.G-M.P-F.N-P.N-M.D-C.T-C.P.E entre autres, sans oublier naturellement P.S ?
(...)
    Si je le peux, j’énonce le fait qu’une femme continue a être une palette multicouleurs même si elle est devenue mère. Et je ne vous permets pas de me dire si je suis ou non une salope (ni où je dois le dire), vous ne me connaissez pas.

— O. KArl —
Mais moi je me permets. Qu’y puis-je si aujourd’hui encore vous prenez ce mot pour une offense ? Onfrayienne ? « Encore un effort… ». En attendant, car tout espoir est permis, laissez peut-être P.B-C.R-I.C-G.B-A.S-L.F-M.T-S-I.D-P.M-A.B-W.G-M.P-F.N-P.N-M.D-C.T-C.P.E et P.S de côté. Sous votre plume, donc votre pensée, ça ne donne rien qui vaille, qu’une suite de lettres. Même pas une phrase, voyez ? Même pas un mot. Du balbutiement, du bredouillement, de la récitation. Je ne vous connais pas, certes, mais je vous reconnais bien là, il n’empêche. (C.Q.F.D.)

— J —
    Constance, (...)
    Concernant l’obscure série d’initiales qui tombe des étoiles, je me pose des questions.
    Des articles de monsieur O. sont certes constitués de phrases qui proviennent d’ailleurs, mais… vos (nos) messages sont constitués de mots qui proviennent du dictionnaire et je n’ai pas l’impression que les idées que vous exprimez (nous exprimons) soient celles du dictionnaire pour autant, si ?
    Les livres de monsieur Onfray sont, eux aussi, constitués de mots, de phrases, d’idées, qui proviennent d’ailleurs que de lui-même, peut-être de façon moins flagrante, peut-être aussi de façon plus importante ; lui en avez-vous fait la critique de la même façon ?

    Si nous pouvons exprimer une pensée propre à l’aide de mots que nous n’avons pas créés, nous pouvons également exprimer une pensée propre à l’aide de phrases que nous n’avons pas construites mais que nous assemblons dans une syntagmatique qui nous est propre.

— Edgar —
   Oui, je voulais y revenir aussi, à ça. (...) À l’attaque des initiales. Mais J. l’a fait pour moi, et avec brio. Ouf. Ça fait ça de moins à faire. Et ça fait plaisir de le lire. J’ajouterai, Constance, que vous n’êtes pas sans suivre les séminaires de michel onfray à l’université populaire de caen, et vous ne trouvez pas que la pensée de tous ces auteurs relus et reliés, cités et présentés par onfray n’est pas sans parenté sinon ressemblance confondante avec la pensée dite onfrayienne ? Bref, j’en aurais à dire, là-dessus. Mais otto karl s’en explique lui-même en partie, sur son blog. Donc pourquoi insister ? En tout cas, je vous laisse peut-être réfléchir encore un coup, après coup, sur la transparence, la gratitude, la modestie et somme toute la fraîcheur de la démarche ottokarlienne. Démarche écologique, en plus. Et littéralement (on ne peut plus) subversive. Mais ça, ce serait trop long d’expliquer tout ça… à ceux n’en sont pas là.


— Constance —
     La bataille d’ego qui fait rage ici n’a rien avoir avec la philo-sophie.
    « Remarquez votre attachement à vos points de vue, à vos opinions. Percevez-bien l’énergie mentale et émotionnelle derrière votre besoin d’avoir raison et de donner tort à l’autre. C’est l’énergie de l’ego » E. Tollé
    Tous les auteurs se trouvant sur votre blog, otto karl, vous permettent de mettre en lumière votre philosophie, qui puis-je si vous prenez cela pour une offense ?
    On ne convainc pas en disant simplement à l’autre qu’il a tort (argument de la mauvaise foi qui ferme inévitablement tout débat) et qu’il y aurait manque (d’intelligence) à ne pas voir la vérité (la vôtre) comme une évidence.


— O. KArl —
    Tout en vous demandant (de vous demander) ce qu’on ferait sans ego, dans la vie, je me demande d’où vous viennent toutes ces valeurs morales réflexes, sans me le demander vraiment. Militante du dépassement de « l’ancien corps », vous ? « Encore un effort… »
    Votre leçon très entendue sur l’art de convaincre me convaincrait peut-être elle-même si, comme vous, manifestement, j’en étais encore tout à fait là. Or…
    http://nordexpress.blogspot.com/2011/03/ts.html
    Chapitre :
    http://nordexpress.blogspot.com/search/label/injustifier

    Et pourtant, je vais faire un pas.
    Mais d’abord, une chose – sur la mauvaise foi : vous voudriez faire gober cette opération à qui ?
    « Tous les auteurs se trouvant sur votre blog, otto karl, vous permettent de mettre en lumière votre philosophie… »  =  « otto karl, votre philosophie, plutôt n’est-ce pas celle de P.B-C.R-I.C-G.B-A.S-L.F-M.T-S-I.D-P.M-A.B-W.G-M.P-F.N-P.N-M.D-C.T-C.P.E entre autres, sans oublier naturellement P.S ? »
    Ensuite, pour être gentil avec vous, et avec moi – qui m’en resservirai peut-être par ailleurs –, je vous concéderai cette fois cette réponse : oui, ma philosophie c’est ça : P.B-C.R-I.C-G.B-A.S-L.F-M.T-S-I.D-P.M-A.B-W.G-M.P-F.N-P.N-M.D-C.T-C.P.E, etc-etc. Autrement dit, sans même évoquer pour preuve la vie que je mène, une pensée capable d’opérer une synthèse singulière inédite, par la voie éco-logique du recyclage, subversive du détournement flagrant (délit) ou inframince, etc., en un mot, par une voie postmoderne… à venir. Ou plus simplement, et pour faire suite aux vaillantes interventions de J. et d’Edgar que je salue :
    http://nordexpress.blogspot.com/2011/09/centons.html
    Alors, une lumière ? Voire convaincue ?
    Chapitre :
    http://nordexpress.blogspot.com/search/label/ottopostmoderne


— Constance —
     C’est cela que j’aime le moins (à voir, le plus ?) chez vous : vous semblez inaccessible.

    Quelle défense mise en place par J et edgar, pour une petite chose insignifiante, moi, qui ne sais même pas faire une phrase !

    Evidemment, votre philosophie est une synthèse. Comme celle de Michel Onfray. Mais je n’en suis qu’à novembre 2009, vous verrez, je rajouterai peut-être encore quelques initiales :) . Vous dites être en quête de reconnaissance, il faudra pour cela coucher sur papier vos idées, permettre à vos lecteurs d’avoir un support, lire, prêter, emporter, y revenir, crayonner. Je ferai quelque chose pour vous dans mon banquet.

    Oui, soyez gentil avec moi. Je suis irraisonnée, jeune et irraisonnée.


— Constance —
[C’est cela que j’aime le moins (à voir, le plus ?) chez vous : vous semblez inaccessible. ]

— O. KArl —
Inaccessible ? Ou à moitié. C’est fait pour. Optimiser les chances d’échapper aux emprises extérieures. De toute sorte. Alors philosophe presque fantôme, certes, mais pour philosophie bien réelle, et d’autant plus réelle que philosophe presque fantôme. Pour vivre heureux, vivons caché. (Au-) tant qu’on peut. Alors on essaie, à moitié. Jusqu’à nouvel ordre.
http://nordexpress.blogspot.com/2009/04/quest-ce-quun-philosophe.html
http://nordexpress.blogspot.com/2011/02/quelques-trompettes-sur-la-renommee.html
http://nordexpress.blogspot.com/2010/02/ecran-total.html

D’autant plus réelle, cette philosophie, je disais, que plurielle, qui l’inscrit dans le devenir, notamment, et me protégeant de cette emprise, « intérieure » cette fois, de la tentation de système, unitaire, identitaire… En tout cas, jusqu’à nouvel ordre.
http://nordexpress.blogspot.com/2010/11/fragmentisme.html

Et puis, « la poésie personnelle a fait son temps », la philosophie aussi, ou devrait.
http://nordexpress.blogspot.com/2009/03/au-fond-isidore-ducasse-cest-moi.html

Après tout, la vie elle-même « n’est pas quelque chose de personnel ».
http://nordexpress.blogspot.com/2010/05/redevenir-evenement.html
Mais au lieu d’un tel radicalisme, je fais le mix des deux (otto / karl), et d’ailleurs de tout ; contradictions y compris – là où il y a contradictions il y a de la vie, même sans espoir. C’est la voie (ottodite) postmoderne. Comment s’en sortir sans sortir ? S’en sortir postmoderne. (Point d’interrogation ?)
http://nordexpress.blogspot.com/2009/10/sen-sortir-postmoderne.html
http://nordexpress.blogspot.com/2009/04/postmoderne.html


— Constance —
[Evidemment, votre philosophie est une synthèse. Comme celle de Michel Onfray.]

— O. KArl —
Je n’ai jamais dit ça, ni de moi ni (edgar) de michel onfray. Veuillez noter la nuance : « Une pensée capable d’opérer une synthèse singulière inédite ». Sous-entendu : la pensée est avant tout intuitive. Le reste n’est que littérature.
http://nordexpress.blogspot.com/2010/11/les-moyens-de-ses-intuitions.html


— Constance —
[Mais je n’en suis qu’à novembre 2009, vous verrez, je rajouterai peut-être encore quelques initiales :) . ]


— O. KArl —
Ou finirez-vous peut-être par reconnaître à quel point ces « initiales » – pour continuer de filer notre métonymie – sont accessoires.
http://nordexpress.blogspot.com/2011/09/centons.html
http://nordexpress.blogspot.com/2011/03/signe-otto.html 
http://nordexpress.blogspot.com/2009/11/mes-postrealisations.html


— Constance —
[Constance — Vous dites être en quête de reconnaissance, il faudra pour cela coucher sur papier vos idées, permettre à vos lecteurs d’avoir un support, lire, prêter, emporter, y revenir, crayonner.]

— O. KArl —
(Le lien qui précède vous répondra déjà un peu sur ce point.) Il y faudrait plutôt la reconnaissance du support, du médium qui est le mien. Et le nôtre, de plus en plus. Vous entretenez vous-même un blog avec sérieux, constance, et à la fois pourtant cette idée ? Ne vous manquerait-il un peu d’ego, pour le coup ? Cette idée courante, rampante et jusque dans l’air, bref une idée-baygon, me ferait dire le marketing, selon laquelle un livre – lui-même objet commercial, je le rappelle – est un support plus noble et respectable, seul à même d’entériner un auteur en tant que tel. Ce n’est pas ce que vous avez dit, mais vous conviendrez peut-être de ce que ça implique, implicite et entretient… dans l’air… Au lieu de faire l’effort de mieux (encourager à) adopter ces nouveaux supports, qui permettent et inspirent déjà de nouvelles formes d’écriture, bien fraîches, autant dire aussi de vie…
http://nordexpress.blogspot.com/2010/02/ottopresentation.html

À l’heure, à l’ère où le livre se fait numérique, vous n’anticipez pas qu’il devienne très bientôt audiovidéo ? Et l’écriture avec, non ? Directement hypertextuelle, non seulement, mais je dis bien : audiovidéo. Seulement, malheur à moi qui suis en avance sur le support, en effet – et les mentalités qui suivront le pas, après l’avoir tant marqué. En attendant, votre bienveillant conseil voudrait que je me convertisse à l’ancienneté, ancien support et même ancien art, convenu, convenable et notable, celui de la formulation par alignement de mots noirs qui seraient « les miens » ? Alors question : vous conseilleriez à un breakdancer, par exemple, de se mettre à la danse classique pour espérer intégrer l’Opéra de Paris c’est-à-dire le monde ? Et continuer là, encore, de danser classique ? Drôle de figure imposée, n’est-ce pas ? Amusons-nous encore. Vous demanderiez à un cinéaste à histoires de raconter ses histoires dans un bouquin, pour espérer être enfin reconnu comme cinéaste ?… Et j’en passe. Le rap a mis de longues années pour sortir de l’underground. Aurait-il fallu que les protorappeurs se mettent à la chansonnette, en attendant ? pour se faire connaître ?
http://nordexpress.blogspot.com/2007/09/bizot-de-sous-la-terre.html

Est-ce à dire, donc, que de ma « pensée » vous sauriez à ce point dissocier le fond de la forme, vous ? Faire ainsi (si) peu de cas de sa dimension artistique… Eh oui, car j’ai modeste revendication d’une philosophie artiste, tout de même, que voulez-vous – d’autre ?
http://nordexpress.blogspot.com/2011/12/ca-dit-tout.html
http://nordexpress.blogspot.com/2011/03/livre-vous.html

Tout ça une fois dit, figurez-vous que j’y songe, en effet. Au livre à faire. Le monde est si mal fait, par des mentalités si lentes, que je suis forcé, acculé d’y songer, oui.
http://nordexpress.blogspot.com/2007/06/sur-le-champ.html

Mais alors un livre d’entretiens avec vous ? Comme vous avez le chic… Ou, pour commencer – ou pour finir, ou continuer –, rassembler notre discussion-hypertextuelle-ci en vue d’une autopublication hypertextuelle (donc audiovidéo par le fait) ? Allez, ce sera fait au moins sur Nordexpress, si vous le permettez. Et sur votre Banquet, un jour, qui sait, quand vous y serez, je pourrais peut-être m’amuser à évoquer, en bonus d’appoint, d’à-propos, mon rapport à michel onfray, tenez ! Depuis mille-neuf-cent-quatre-vingt-seize ou dix-sept. « Hommage (critique) d’un philosophe nouvelle génération/formule » ? (Smiley)
Bonne continuation de découverte (de mon blog), en tous les cas – où vous vous en sentiriez la constance. Enfin, sachez que vraisemblablement d’ici fin janvier, sans parler d’ensuite, j’y aurai, à cette discussion genre autoplaidoyer, donner bonne suite – à ma manière, mon ôttre manière… « Inaccessible » ?

cf. créateur, de conscience

2011-12-17

moi, même, sûr, de mon oeuvre

Mais vous avez dit intellectuel heureux. C'est vrai qu'une des choses qui me sont reprochées, c'est mon optimisme. D'une part je crois à ma propre oeuvre d'une façon tout à fait démesurée. C'est le cas de quantité de créateurs ; simplement, comme j'ai un peu plus d'humour, je le dis, et je le dis en riant, ce qui choque deux fois. C'est comme si je donnais l'impression aux gens de me croire infiniment plus malin qu'eux. Ce qui est, d'ailleurs, souvent vrai, en un sens. Heureux. Façon de parler. Je suis un optimiste inquiet, à chaque instant plein de souci pour des tas de choses, grandes et petites. Mais je garde un optimisme fondamental, un optimisme de résistance.
(...)
Je ne me déteste pas, et je suis tout à fait étonné quand je vois à quel point des gens que j'ai un peu connus, comme Sartre, ou beaucoup connus, comme Barthes, se détestaient profondément, et en chaque occasion. C'est très répandu, et très bien porté chez les intellectuels de se détester. Tant pis pour moi.
(A.R-.G.)


cf. chapitre : autorevendication

2011-12-16

le K., d'un enfant surdoué mésestimé


 
Vous m’engueulez, moi, le roi des génies temporels, et après cela, vous osez me demander à moi, [K.] le Grand, à l’aide d’une phrase simpliste comme : « Dis-nous bonsoir », de pardonner votre manque de respect incontrôlé envers ma précieuse personne, le Génie du siècle, l’étoile et l’exemple des décennies à venir.
Et moi, le surdoué, je devrais vous grâcier, ayant comme excuse de n’être pas maître de votre cerveau à 100% comme moi, le tout puissant après Dieu et Jésus.
Et bien laissez moi vous dire que moi, l’incomparable [K.], je suis d’une bonté égale à ma supériorité intellectuelle c’est à dire sans limite.
Et cette fois encore, moi, l’extraordinaire génie temporel, je vous grâcie vous, oui vous, misérables normaux.
Mais, attention, calmez vous, vous et votre joie, car je ne supporterai guère plus d’une dizaine de manques de respect envers moi comme celui-ci de votre part, dans ma trop courte vie d’une centaine d’années, ma vie à moi, l’éternel meilleur.
(K., 11 ans, discours aux parents)

cf. complexe intelligence type

2011-12-15

complexe intelligence type

En préambule à : surdoués adultes, com me, com(m)e to(o) me




(O.K.) (Merci à PhD.)

    Aux (...) esprits (...) que ce genre d’énonciations chiffrées continue de révolter au delà de la période officielle de l’adolescence, ai-je noté moi-même plus tôt qu’à mon tour, un conseil : relire cet article, autant de fois qu’il faudra pour si possible comprendre de quoi il en retourne véritablement, si ce n’est avant tout d’handicap, plus ou moins lourd… dans un monde massif d’abrutis moyens, voyant et créant ainsi de la compétition partout (...). Bref, c’est par ce genre de bien-pensance-réflexe de travers qu’on n’avance guère, et que certains crèvent… comme d’autres, par d’autres différences tout aussi incomprises.
(E.)

La moyenne statistique de l’intelligence mesurée par le quotient intellectuel (QI) est de 100. Un surdoué possède par définition un QI d’au moins 130. On estime que c’est le cas de 2,2 % de la population, mais les spécialistes préfèrent désormais parler d’un indice qui oriente le diagnostic. La détermination du QI est donc une étape incontournable mais insuffisante. Même si les échelles permettant de déterminer le QI des enfants évoluent régulièrement et explorent désormais différentes composantes de l’intelligence. Certains modèles détaillent jusqu’à sept types d’intelligence (langagière, logico-mathématique, spatiale, musicale, somato-kinesthésique, inter-individuelle, introspective) et chaque enfant présente à la fois des zones de compétence et des zones de fragilité. Impossible de réduire l’enfant à un chiffre. Même celui du QI.

... l’originalité de la pensée des enfants surdoués. « Ce sont des enfants dont l’intelligence n’est pas seulement différente en termes de QI, mais aussi en termes d’organisation et d’émotions », explique Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne et auteur de L’Enfant surdoué. L’aider à grandir, l’aider à réussir (...).

[Ils] sont comme dotés d’office d’un ordinateur de dernière génération et du haut débit, là où les autres disposent de connexions plus classiques et d’un matériel plus modeste. « Ils ont une architecture cérébrale différente, mais c’est surtout le fonctionnement qui est original, en raison de l’hyperconnectivité des réseaux neuronaux, ajoute la psychologue. La pensée est plus créatrice, plus complexe, plus intriquée avec l’affectif, mais elle est aussi plus difficile à organiser, à structurer » (J.S.-F).

Les parents ne s’en rendent pas toujours compte tout de suite et le diagnostic peut même tomber lorsqu’un enfant (surdoué méconnu) est en échec scolaire, ce qui arrive tout de même à un surdoué sur trois. « Le cliché auquel on se heurte le plus souvent, tant dans l’Éducation nationale que du côté des professionnels de santé, c’est de penser qu’un enfant à haut potentiel est forcément en réussite scolaire», insiste le Dr Sylvie Tordjman, pédopsychiatre (...). Oui, des enfants surdoués peuvent être en difficulté scolaire. Non, tous les enfants en difficulté ne sont pas des surdoués.

L’enjeu, pour mieux aider et guider les enfants dans leurs potentialités, est de comprendre leur façon particulière de fonctionner. «Par exemple, ces enfants comprennent vite et vont donc avoir rapidement un avis, une pertinence de raisonnement, un sens critique très développé… Mais cela peut gêner, voire agacer l’entourage », explique le Pr Laurence Vaivre-Douret, neuropsychologue clinicienne (...).

(...) « La singularité de leur fonctionnement intellectuel et cognitif permet de comprendre pourquoi ils peuvent rencontrer des difficultés, notamment à l’école ». (J.S.-F.)

Car, à côté de leurs aptitudes intellectuelles supérieures à la moyenne, il est une autre particularité de ces enfants souvent ignorée : leur hypersensibilité et leur réactivité émotionnelle. « Ceci était bien connu des spécialistes, mais c’est désormais validé par les neurosciences », s’enthousiasme Laurence Vaivre-Douret. « Ce sont des enfants chez qui une broutille peut déclencher un cataclysme émotionnel. Ils captent la moindre variation du monde qui les entoure et ont une empathie qui peut même être envahissante » (J.S.-F.). D’autant qu’ils sont aussi très sensibles à l’injustice, d’une curiosité insatiable, aiment faire plusieurs choses à la fois, ont une mémoire exceptionnelle, débordent d’énergie et, souvent, n’ont pas besoin de beaucoup de sommeil. De quoi agacer, en effet. « Ces enfants questionnent toutes les règles », remarque aussi le Dr Tordjman. Autant par soif de comprendre que pour le plaisir intellectuel de l’échange.
(...)
Mais le fait d’avoir des connexions plus rapides et plus diversifiées a aussi un revers : « Avoir un moteur de Ferrari et devoir rouler en ville à la vitesse des autres peut parfois être frustrant », conclut le Pr Vaivre-Douret.
(D.M.)(E.) (Merci à Edgar)

cf. tonus
cf. désertic
cf. chapitre : INTELLIGENCE

2011-12-14

despressions

Ton mal tu l'as pris en patience
Hélas à l'évidence
Rien jusque-là
Ne faisait tourner la roue

Tant bien que mal
T'as continué le combat
Le salaud n'allait pas
Mettre au garde-à-vous
Ta volonté d'aller de l'avant
De rebondir et d'en venir à bout.
(N.B.)

2011-12-13

des (gens) simples aux (gens) doubles

Les petites mains ça turbine / Pour construire les berlines / Que tu t'achètes en double.
(N.B.)

cf. à partir de là

2011-12-11

d'une génération frustrée



(trad. O.K.)

Je sens venir (...) l’âge proche d’une clandestinité moitié volontaire et moitié contrainte, qui sera le plus jeune désir, y compris politique.
(G.D.)

> génération solo forcé
> qu'il vient autre chose

2011-12-10

ça ? dit tout.

[Au coiffeur] — I love your hair ! What's going up there ? (J'adore votre coiffure ! Que signifie-t-elle ?)
[Le coiffeur]— Everything. (Tout.)
(S.C.)

Dans le grenier de Roche où Rimbaud écrivait (criait) Une saison en enfer, sa mère l'avait questionné sur la « signification » de ces « troublants poèmes » ; il lui répondit (...) : « J'ai voulu dire ce que ça dit, littéralement et dans tous les sens »…
(A.B.)

    En outre, il est évident que les idées restent brèves, par rapport aux oeuvres, et que rien ne peut remplacer celles-ci. (...) nous savons que c'est surtout au niveau de l'écriture que cette recherche s'opère, et que tout n'est pas clair à l'instant de la décision. (...)  « Expliquez-nous donc pourquoi vous avez écrit ce livre, ce qu'il signifie, ce que vous vouliez faire, dans quelle intention vous avez employé ce mot, construit cette phrase de telle manière ? »
    Devant de pareilles questions, on dirait que son « intelligence » ne lui est plus d'aucun secours. Ce qu'il a voulu faire, c'est seulement ce livre lui-même. (...)
    Toute la conscience critique du romancier ne peut lui être utile qu'au niveau des choix, non à celui de leur justification. Il sent la nécessité d'employer telle forme (...). Mais de cette nécessité il ne peut produire aucune preuve (sinon, parfois, après coup). Il supplie qu'on le croie, qu'on lui fasse confiance.
(A.R.-G.)

> mys-tère
> pour le sens de la forme
> comprendre un peu / beaucoup / passionnément, sans comprendre
> la langue-clé des détails

2011-12-09

tout dit, toudi...


J'ai tout dit / J'ai terminé ma phrase / J'ai tout dit / C'est gravé dans le marbre
Et si ma soeur / Tu veux que l'on se parle / Oh ma soeur Hildegarde / Je suis le bruit / Des oiseaux dans les arbres
J'ai tout dit / J'ai fui à la hussarde / J'ai tout dit / Et les rats m'ont suivie
Et si ma soeur / Tu as peur pour ma vie / Oh ma soeur Hildegarde / Je suis le bruit / De la pluie dans les arbres
J'ai tout dit / J'ai rompu le charme / J'ai... tout... dit... / Maintenant je vous regarde
Et si ma soeur / Tu veux sécher mes larmes / Oh ma soeur Hildegarde / Je suis le bruit
Du vent dans les arbres
Et si ma soeur / Tu donnes un jour ton coeur / Oh ma soeur prend garde / Ne dis pas tout /
Ou tu mourras d'ennui
(C.)