N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

> page d'accueil

2009-02-15

apprendre à lire

Pour savoir écrire, il faut savoir lire, et pour savoir lire il faut savoir vivre. (P.S.) Aussi, apprendre à lire [quelque mode d'écriture que ce soit] est-ce, par là-même, au fond, apprendre à savoir vivre. (O.K.)

cf. parlà
cf. àvienture

2009-02-14

au fond, duchamp, c'est moi


(o.k.)

cf. le horschamp duchamp

le horschamp duchamp

Quand duchamp définit le readymade comme "une sorte de de rendez-vous", on mesure bien l'importance des événements de la vie quotidienne (aussi minimes ou dérisoires soient-ils) dans la conception de ses oeuvres. Les éléments biographiques en jeu ne dessinent pas ici simplement le hors-champ anecdotique et périphérique des oeuvres, ils en constituent, comme biographèmes, une des données essentielles.
(...) Duchamp s'est beaucoup exprimé sur sa vie. Au travers de ses remarques (...) se dessine une véritable philosophie, un authentique art de vivre. « Grâce à ma chance, j'ai pu passer à travers les gouttes. J'ai compris à un certain moment qu'il ne fallait pas embarrasser la vie de trop de poids, de trop de choses à faire, de ce qu'on appelle une femme, des enfants, une maison de campagne, une automobile. Et je l'ai compris, heureusement, assez tôt. » « Réduire ses besoins. Posséder le moins possible, afin de rester vraiment libre. Tels sont ses principes diogéniens. » Cette observation d'Henri-Pierre Roché souligne bien que l'ambition de l'artiste dépasse largement le seul domaine de l'art. « J'ai voulu me servir de la peinture, me servir de l'art comme pour établir un modus vivendi[mode de vie], une sorte de façon de comprendre la vie, c'est-à-dire probablement d'essayer de faire de ma vie elle-même une oeuvre d'art, au lieu de passer ma vie à faire des oeuvres d'art sous forme de tableaux, sous forme de sculptures. J'ai pensé, je le pense maintenant, je ne l'ai pas pensé au moment où je le faisais, qu'on pouvait très bien faire de sa vie, c'est-à-dire sa façon de respirer, sa façon d'agir, sa façon de réagir avec des individus, on peut traiter ça comme un tableau si vous voulez, comme un tableau vivant, un tableau, même un tableau de cinéma... » « Je suis mon propre readymade vivant », dira-t-il encore une autre fois.
(...)
L'art de vivre de marcel duchamp, en effet, aura bien été de se déprendre de toutes les vicissitudes sociales (de vivre « en locataire ») tout en ayant subrepticement ménagé pour son oeuvre une disponibilité pour le regard des autres.
(B.M.)

cf. prendre le taureau, pas les cornes
cf. au fond, duchamp, c'est moi

2009-02-12

ottobiographie


(M.B.)(A.V.)(O.K.) :: 1'58''::

petite annonce


(P.A.)(O.K.)

Le créateur se cherche des compagnons pour l'aider dans sa moisson, car les moissons chez lui sont mûres. Mais il lui manque cent faucilles, aussi arrache-t-il les épis à poignées, et il s'en irrite.
(FN - APZ 0§9)

2009-02-11

s/réparation

Jusqu’ici, j’ai toujours accepté d’assez bon cœur les séparations. La séparation d’avec une femme, fût-ce la plus aimée, comporte un agrément que je sais goûter mieux que personne. La première promenade solitaire dans les rues de la ville au sortir de la dernière étreinte, la vue du premier petit visage de couturière, tout indifférent et tout frais, après le départ de l’amante adorée au nez rougi par les pleurs, le son du premier rire de blanchisseuse ou de fruitière, après les adieux enroués par le désespoir, constituent une jouissance à laquelle je sacrifie bien volontiers les autres... Un seul être vous manque, et tout est repeuplé... Toutes les femmes sont créées à nouveau pour vous, toutes sont à vous, et cela dans la liberté, la dignité, la paix de votre conscience... Oui, tu as bien raison, l’amour comporte des moments vraiment exaltants, ce sont les ruptures...
(J.G.)

2009-02-07

au fond, gauguin, c'est moi


(O.K.) :: 4'37''::

Il faut différencier ce “primitivisme”, qui désigne une posture chez Gauguin, du “primitivisme” de certains artistes du début du XXe siècle (Picasso notamment), consistant à regarder des pièces d’ethnographie (...) n’en gardant que l’aspect formel et les “élevant” au rang de “l’art”. Gauguin, dans ses îles, n’est pas seulement venu chercher des formes exotiques mais aussi un mode de vie. (-)

Le métier [d'artiste] vient tout seul, malgré soi, avec l'exercice, et d'autant plus facilement qu'on pense à autre chose que le métier. (P.G.)

La ligne des corps et des figures, bien que sinueuse, est brute, fruste. Les motifs donnent l’impression d’avoir été traités de façon naturelle, spontanée donnant ainsi des formes sans détails, dépouillées. (...)
Mais au-delà du style, au-delà de la facture, il faut surtout, chez Gauguin, parler d’une attitude primitiviste. (...) ses préoccupations sont loin de la vente des tableaux, du regard des critiques, du public en Europe. (-)

cf. a spi r an t sauvage

2009-02-06

a spi r an t sauvage



Je pars pour être tranquille, pour être débarrassé de l’influence de la civilisation. Je ne veux faire que de l’art simple ; pour cela, j’ai besoin de me retremper dans la nature vierge, de ne voir que des sauvages, de vivre leur vie, sans autre préoccupation que de rendre, comme le ferait un enfant, les conceptions de mon cerveau avec l’aide seulement des moyens d’art primitifs, les seuls bons, les seuls vrais. (P.G.)

Il faut différencier ce “primitivisme”, qui désigne une posture chez Gauguin, du “primitivisme” de certains artistes du début du XXe siècle (Picasso notamment), consistant à regarder des pièces d’ethnographie (...) n’en gardant que l’aspect formel et les “élevant” au rang de “l’art”. Gauguin, dans ses îles, n’est pas seulement venu chercher des formes exotiques mais aussi un mode de vie. (-)

Le métier [d'artiste] vient tout seul, malgré soi, avec l'exercice, et d'autant plus facilement qu'on pense à autre chose que le métier. (P.G.)

La ligne des corps et des figures, bien que sinueuse, est brute, fruste. Les motifs donnent l’impression d’avoir été traités de façon naturelle, spontanée donnant ainsi des formes sans détails, dépouillées. (...)
Mais au-delà du style, au-delà de la facture, il faut surtout, chez Gauguin, parler d’une attitude primitiviste. (...) ses préoccupations sont loin de la vente des tableaux, du regard des critiques, du public en Europe. (-)

cf. au fond, gauguin, c'est moi
cf. le génie du primitivisme ou le génie

2009-02-04

la la la la la la la la (mauvaise herbe)

Les hommes sont faits, nous dit-on
Pour vivre en bande, comm' les moutons
Moi, j'vis seul, et c'est pas demain
Que je suivrai leur droit chemin

Je suis d'la mauvaise herbe
Braves gens, braves gens
C'est pas moi qu'on rumine
Et c'est pas moi qu'on met en gerbes
Je suis d'la mauvaise herbe
Braves gens, braves gens
Je pousse en liberté
Dans les jardins mal fréquentés
La la la la la la la la
La la la la la la la la la
Et je m'demande
Pourquoi, bon dieu
Ça vous dérange
Que j'vive un peu
Et je m'demande
Pourquoi, bon dieu
Ça vous dérange
Que j'vive un peu
(G.B.)

d'la mauvaise herbe, braves gens !

Il faudrait réinventer l'homme des cavernes.
(G.P.)

Depuis [son] enfance, François Couplan sait que la nature sauvage est un immense garde-manger, et non un mélange de mauvaises herbes et de plantes vénéneuses, comme on nous l'a toujours fait croire. Sa vision du monde en est imprégnée. (...) Devenu docteur ès-sciences et premier spécialiste mondial des plantes sauvages comestibles, François Couplan prouve que l'on peut vivre en s'en nourrissant (...) : un art de vivre " paléolithique ". II ne s'agit pas de retourner dans les cavernes, mais de saisir l'intérêt que nous aurions à aimer la nature spontanée. (...) Devenez à votre tour un sauvage postmoderne.
(F.C.)


(F.C.)(J.-Y.G.) :: 3'12''::
cf. bio... logique

2009-02-03

sauv(et)age de l'enfance

Les jeux, les désirs, le programme de l'enfance restent armés en partisans cachés dans les forêts inhabitables de l'empire adulte. La vie ne cesse d'attendre le moment de sa contre-offensive. (G.D.)

Je ressusciterai à chaque occasion la sauvagerie de ma sensation d'enfance, cette verticale, là, tout de suite. (Ph.S.)

> l'enfance offensée
> le programme

2009-02-01

cet art ignoré

Tout comme une oeuvre littéraire, mais de façon plus immédiate encore, des images filmées et agencées selon la logique d'une pensée originale peuvent traduire (...) cette pensée.

La mise en scène de cinéma : un regard qui s'incarne dans un film qui transforme le réel par la maîtrise des moyens techniques.
[Aussi bien dans le] tournage (direction d'acteurs, mouvement d'appareils, cadrage) que dans ce qui vient avant (préparation) ou après (montage).

Le style, ce sont des choix opérés au sein des formes [et des contenus]. Les formes, ce sont le travelling, le plan séquence, le panoramique, le raccord, le champ-contrechamp, le gros plan, le flash-back...
Chacun des choix de mise en scène mérite l'analyse et permet de découvrir le sens[, somme toute relatif à l'ensemble dont il relève].
[C'est l'ensemble de ces] éléments constitutifs d'une oeuvre cinématographique qu'il faut prendre en considération pour saisir les significations du film, et cerner la pensée du réalisateur, [autrement dit de l'auteur, dans la mesure où celui-ci rend] sensible une pensée (...) dans la matière même de la syntaxe cinématographique.
(...)
Le cinéma n'est jamais le réel, il s'en rapproche plus ou moins selon les options de mise en scène. (...) Il y a des mises en scènes plus près du réel (Roberto Rossellini, Maurice Pialat, ...), d'autres plus proches du film (Stanley Kubrick, ...), d'autres parfois autant de l'un que de l'autre (karl, ...).
(J.-P.D.)(R.P.)(O.K.)

cf. à quoi reconnaît-on les bons films
cf. ciné-pense
cf. de la penture
cf. pour une attention critique aux images
cf. le style
...

2009-01-31

à quoi reconnaît-on les bons films

par la capacité que ces films [nous] donnent de les penser philosophiquement (...) Mais aussi bien, (...) par la possibilité qu'ils permettent de véritables analyses de détail à des niveaux encore trop peu entrevus, en vue de ce que qu'on peut appeler leur inconscient moléculaire… En ce qui concerne le film, l'analyse qu'on peut en faire seule fait foi. L'analyse toujours en même temps finie et infinie.
[R.B.]

des films qui ont un supplément qui induit une sorte de décalage entre le film et son public, qui en fait une œuvre dont les "bons spectateurs" sont encore à venir.
[A.B.]

2009-01-30

ciné-pense

Dans La pensée-image/L'image-pensée, François Dosse soutient que l'intérêt philosophique de Deleuze tient au constat de l'automatisme de l'image cinématographique qui s'apparente au fonctionnement de la pensée. Le cinéma est alors un moyen expérimental pour répondre à la question qu'est-ce que penser ? Pour Epstein aussi le cinéma pouvait produire un nouveau mode de pensée, capable de changer notre rapport au monde par un accès direct au temps. Sa réflexion sur l'automatisme de la caméra sera prolongée par Bazin. François Dosse évoque Jean-Pierre Changeux, la structure du cerveau, le chapitre Penser par le corps...

(incon...) nu


(H.M.) :: 1'32''::
cf. à l'insu
cf. l'en jeu

2009-01-28

π k.so

Un esprit aussi constamment, aussi exclusivement inspiré, est capable de tout poétiser, de tout ennoblir.
(A.B.)

2009-01-26

saine de ménage

... certains de mes gestes ont appris, à mon amie, plus que bien des livres (...) par exemple, le sens profond des choses sérieuses, par lequel on les évite. (...) Elle-même a beau, quand ça lui prend, étaler devant moi de grands sentiments, c'est tout au plus si je trouve qu'elle parle bien. À me voir, le premier venu penserait que je ne comprends pas. C'est bien plutôt que (...) je me méfie (...) de ces choses sublimes.
[[P.L.]](O.K.)

J'avais en effet, en toute sincérité d'esprit, pris l'engagement de [la] rendre à son état primitif de fil[le] du soleil.
(A.R.)

lui me rendra forte, nous voyagerons, nous chasserons dans les déserts, nous dormirons sur les pavés des villes inconnues, sans soins, sans peines. Ou je me réveillerai, et les lois et les moeurs auront changé, — grâce à son pouvoir magique (...)
Il m'attaque, il passe des heures à me faire honte de tout ce qui m'a pu toucher au monde, et s'indigne si je pleure. (...)
S'il était moins sauvage, nous serions sauvés ! Mais sa douceur aussi est mortelle. Je lui suis soumise. - Ah ! je suis folle !
(A.R.)

cf. couple mégéré
cf. bélier versus poisson
cf. se déc(o)upler
cf. carrément, sur fond blanc

2009-01-25

king/kang

« Oui, mais quand on est doux, les femmes préfèrent les brutes » geignent les anciens favoris. C’est faux. Certaines femmes aiment la puissance, ne la craignent pas chez les autres. La puissance n’est pas une brutalité. Les deux notions sont bien distinctes. (…) Il y a une forme de force qui n’est ni masculine ni féminine, qui impressionne, affole, rassure. Une faculté de dire non, d’imposer ses vues, de ne pas se dérober.
(V.D.)

cf. O+
cf. coquillage & rocher
...

2009-01-24

2009-01-16

cinémavie

Pourquoi parler d'autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout.
(J.-L.G.)
L’art du cinéma consiste à s’approcher de la vérité des hommes, et non pas à raconter des histoires de plus en plus surprenantes.
(J.R.)

2009-01-15

montant

Après qu'eut été tourné un dernier raccord pour le film, il a ressenti un malaise. « Je sais que je suis foutu mais ce n'est pas grave, j'ai eu une très belle vie » a-t-il déclaré à l'un des ambulanciers.
(W.) (à propos de Y.M.)

demeure

Ce que tu aimes bien demeure
le reste est déchet
Ce que tu aimes bien ne te sera pas arraché
Ce que tu aimes bien est ton véritable héritage
A qui est le monde, à moi, à eux
ou bien n'est-il à personne ?
D'abord vint le visible, et puis le palpable
Elysée, bien qu'il ait été dans le vestibule de l'enfer,
Ce que tu aimes bien est ton véritable héritage
Ce que tu aimes bien ne te sera pas arraché.
(E.P.)
(+(D.R.))

ottoportrait en devenir


(O.K.) :: 0'40''::

> à la trois

2009-01-14

à une passante — cathodique


(O.K.) :: 1'22''::

cf. qu'elle soit

comment prosscéder


Je m'appelle... et je sens mauvais je suis une brute et je désire vous posséder. Je t'aime.

cf. apprendre à savoir danser
cf. je bande : allonge-toi
cf. O+
cf. coquillage & rocher

qu'elle soit

On sait pas où elle est, on sait pas avec qui elle est, mais tant qu'il y a pas de preuve, pour nous elle est encore là ; et justement c'est ça qui doit nous motiver tous les jours à continuer. Je pense que, elle, où qu'elle soit, dans un coin de sa tête elle doit garder espoir aussi et... elle sait peut-être pas toute la mobilisation qu'il y a ici. Mais rien que parce que, elle, je suis persuadé qu'elle garde espoir là où elle est, on doit continuer à se battre, quoi qu'il arrive.

2009-01-12

partant ? yes, man !

Je connais des tas de gens qui fuient la vie. (...) Parfois, dire non revient à dire oui à quelque chose de mieux. Mais, parfois, cela revient à un simple rejet, qui vous éloigne des autres. À vous de choisir ce qui vous convient le mieux, mais dites-vous bien qu'on regrette rarement les choses auxquelles on a dit oui. Alors qu'on regrette le plus souvent celles qu'on aura laissées passer.
(J.C.)

2009-01-11

je suis entremêlés tous les noms de l'histoire

De nature bohème, Franz Schubert n'aura pendant toute sa courte vie que peu d'argent, mais il ne s'en souciera guère (...) Influencé par Haydn et Mozart, son art est cependant très différent. Il ne fut pas reconnu de son vivant, de nombreuses œuvres n'ayant été jouées pour la première fois que bien après sa mort. Pourtant, son sort eut pu être différent.
(W.)
On peut raisonnablement lier la composition des Impromptus au cadre des vacances que Schubert a passées avec son ami Jenger, en septembre 1827, à Graz. Ils y sont accueillis par Karl et Marie Pachler, un grand mélomane et une excellente pianiste.
(W.)
Beethoven, quelques semaines avant sa mort, aurait reçu la visite de Franz Schubert, qu’il ne connaissait pas et qu’il regrettait d’avoir découvert si tardivement. (...)
Schubert, en 1827, à propos de Beethoven (enterré le 29 mars) : « Il sait tout, mais nous ne pouvons pas tout comprendre encore, et il coulera beaucoup d’eau dans le Danube avant que tout ce que cet homme a créé soit généralement compris. »
(W.)
cf. lui aussi je suis tous les noms de l'histoire
cf. ces ânes
cf. forêtre
cf. God.Arl

2009-01-09

se prédominer

Nous sommes en relation avec toutes les parties de l'univers, ainsi qu'avec l'avenir et le passé. Il dépend de la direction et de la durée de notre attention que nous établissions le rapport prédominant qui nous paraît particulièrement déterminant et efficace.
(N.)

2009-01-07

chercheur de temps, mineur

J'ai traqué les toujours, désossé les déesses / Goûté aux alentours, souvent changé d'adresse / Ce qui nous entoure, l'extension de nos corps / Quand nous sommes à l'écart, mineurs, chercheurs d'or.
[A.B.]

Je cherche l'or du temps.
(A.B.)

cf. au charbon !
cf. à l'écar

2009-01-06

décorps

L’urbanisme prétendu moderne (...) nous le tenons pour passager et rétrograde.
(I.L.)
Nous avons toujours avoué qu’une certaine pratique de l’architecture (...) ne représentait pour nous qu'[un moyen] d’approche d’une forme de vie à construire.
(I.L.)
Ce que l’on veut faire d’une architecture est une ordonnance assez proche de ce que l’on voudrait faire de sa vie.
(I.L.)
L’architecture est le dernier point de réalisation de toute tentative artistique parce que créer une architecture signifie construire une ambiance et fixer un mode de vie.
(I.L.)
Le décor détermine les gestes : nous construirons des maisons passionnantes.
(I.L.)
Les chances de nouveaux comportements sont en jeu.
(I.L.)
Les dernières variations artistiques ne nous intéressent que pour la puissance influentielle que l’on peut y mettre ou y découvrir. La poésie pour nous ne signifie rien d’autre que l’élaboration de conduites [passablement] neuves, et les moyens de s’y passionner.
(I.L.)
Les belles aventures, comme on dit, ne peuvent avoir pour cadre, et origines, que les beaux quartiers. La notion de beaux quartiers changera.
Actuellement déjà on peut goûter l’ambiance de quelques zones désolées, aussi propres à la dérive que scandaleusement impropres à l’habitat, où le régime enferme cependant des masses laborieuses.
(I.L.)
Notre époque est parvenue à un niveau de connaissances et de moyens techniques qui rend possible une construction intégrale des styles de vie. Seules les contradictions de l’économie régnante en retardent l’utilisation.
(I.L.)
L'économie politique, l'amour et l'urbanisme sont des moyens qu'il nous faut commander pour la résolution d'un problème qui est avant tout d'ordre éthique.
Rien ne peut dispenser la vie d'être absolument passionnante. Nous savons comment faire.
(I.L.)

cf. chapitre : autoconditionnement
cf. sur l'urbanisation moderniste

2009-01-04

au charbon !

Oui, à cette œuvre, cette idée du temps, que je venais de former, disait qu’il était temps de me mettre. Il était grand temps, cela justifiait l’anxiété qui s’était emparée de moi (...)
Je savais très bien que mon cerveau était un riche bassin minier, où il y avait une étendue immense et fort diverse de gisements précieux. Mais aurais-je le temps de les exploiter ? J’étais la seule personne capable de le faire. Pour deux raisons : avec ma mort eût disparu non seulement le seul ouvrier mineur capable d’extraire les minerais, mais encore le gisement lui-même ; or, tout à l’heure, quand je rentrerais chez moi, il suffirait de la rencontre de l’auto que je prendrais avec une autre pour que mon corps fût détruit et que mon esprit fût forcé d’abandonner à tout jamais mes idées nouvelles. Or, par une bizarre coïncidence, cette crainte raisonnée du danger naissait en moi à un moment où, depuis peu, l’idée de la mort m’était devenue indifférente.(...)
Ces morts successives, si redoutées du moi qu’elles devaient anéantir, si indifférentes, si douces une fois accomplies, et quand celui qui les craignait n’était plus là pour les sentir, m’avaient fait, depuis quelque temps, comprendre combien il serait peu sage de m’effrayer de la mort.
Or c’était maintenant qu’elle m’était devenue depuis peu indifférente que je recommençais de nouveau à la craindre, sous une autre forme il est vrai, non pas pour moi, mais pour mon livre, à l’éclosion duquel était, au moins pendant quelque temps, indispensable cette vie que tant de dangers menaçaient. Victor Hugo dit : « Il faut que l’herbe pousse et que les enfants meurent. » Moi je dis que la loi cruelle de l’art est que les êtres meurent et que nous-mêmes mourions en épuisant toutes les souffrances pour que pousse l’herbe non de l’oubli mais de la vie éternelle, l’herbe drue des œuvres fécondes, sur laquelle les générations viendront faire gaiement, sans souci de ceux qui dorment en dessous, leur « déjeuner sur l’herbe ».
(M.P.)

cf. grand temps
cf. déjeuner sur de l'herbe sous le pied dans la tombe

otto karl, tem(ps)perdu...

Nous ne sommes qu'au commencement de l'art d'écrire... Chaque vie a un thème, un titre, un éditeur, une préface, une introduction, un texte, des notes, etc. — ou peut les avoir.
(N.)

cf. o. karl
cf. une vie, une phrase
cf. God.Arl

poker existentiel

De la même façon, et à l'inverse, dans la vie, si j'avais « gagné vite » où que ce soit, j'aurais immédiatement su que c'était, du fait même, un dangereux signal d'alarme.
(...)
Il est facile de ne perdre que peu, si l'on garde toujours dominante la pensée que l'unité n'est jamais le coup, mais la partie.
(...)
Le mauvais joueur voit partout du bluff, et en tient compte. Le bon joueur le considère comme négligeable et suit d'abord la connaissance qu'il a de ses moyens dans chaque instant.
(G.D.)
cf. grand temps

2009-01-03

pochoir

Les poètes chinois mettaient une vie entière pour faire coïncider leur pochardise et leur art, et les faire chanter à l'unisson avec le moins de fausses notes possibles. Ou avec des fausses notes plus spirituelles que les vraies, ce qui signe le génie.
(G.P.)

2008-12-31

uni vers de l'imbécile

De génération en génération, les imbéciles se sont habitués à comprendre de travers, ou à ne pas comprendre du tout. Les premiers s'étaient peut-être contentés de faire les imbéciles. Les premiers imbéciles faisaient peut-être semblant de croire tout ce que leur disaient les Puissants, les Probes, les Purs, puis les autres ont fini par le croire en effet.
Je parle des imbéciles (...) L'univers du crétin, de l'idiot ou du fou est une création hagarde, où la vérité peut se trouver par hasard. Elle ne se trouve jamais dans l'univers de l'imbécile qui, par contre, le premier principe posé, se déduit comme un théorème. L'univers de l'imbécile est logique, l'imbécile toujours logicien, le raisonnement de l'imbécile est l'un des plus coriaces qui soient. Personne n'est plus désarmé devant l'imbécile que le sage de ce monde ; la sagesse de ce monde (...) a été inventée pour exploiter l'imbécile, elle est tout à fait impuissante à le convaincre (...)
Pour comprendre la situation de l'imbécile dans la société qui l'exploite et le protège à la fois, lui assure plus que la sécurité elle-même, cette fidélité inflexible aux apparences, (...) il faut penser à celle du bigot parmi les chrétiens. (...) Le bigot, comme l'imbécile, préfère l'abêtissement au scandale. (...) Ces malheureux préfèrent tout accepter en bloc, ce qui est une manière de tout refuser. (...) ce sont des gens qui ne veulent plus rien savoir.
(G.B.)

2008-12-30

ami parcours

Mais nous sommes tous des voyageurs dans ce que J.B. nomme le désert de ce monde (...) et ce que nous trouvons de meilleur en route c'est un loyal ami. Bienheureux le voyageur qui en trouve plusieurs! Nous courons le monde, en fait, pour les rencontrer. Ils sont le but et le récompense de la vie. Ils nous gardent dignes de nous-mêmes[.]
(R.-L.S.)

2008-12-29

r/éception

Ce que j'aime ne m'a jamais déçu, mais je ne puis supporter que d'autres soient déçus par ce que j'aime. Je souffre amèrement de la déception des imbéciles, j'en souffre à ma manière...
(G.B.)

2008-12-19

impasse de la vi( )e

Je m’ennuyais affreusement. Je me disais : « Ah paris, que je te porte de haine ! Que fais-tu dans cette ville ? Ah ! c’est du propre ! Sans doute penses-tu y réussir ? Mais il faut vingt ans pour le faire, mon pauvre, et si tu atteins à la gloire tu seras alors laid comme un homme. (...) Malgré tout, j’aspire au succès, car je sens que je saurais drôlement m’en servir, et je trouverais amusant d’être célèbre ; mais comment ferais-je pour me prendre au sérieux ? Dire que, tant que nous sommes, nous ne rions pas sans discontinuer. Mais, nouvel embarras, je désire aussi la vie merveilleuse du raté. Et comme la tristesse en moi se mêle toujours à la plaisanterie, c’était des « Oh, la la ! » suivis aussitôt de « : « Tra, la, la ! » Je pensais encore : Je mange mon capital, ça va être gai ! et je puis deviner, ce que sera ma peine, quand, vers la quarantaine, à tous les points de vue, je me verrai ruiné. (…)
Je suis ici, sur ce lit, comme un fainéant ; non point qu’il me déplaise d’être un terrible paresseux ; mais je hais de rester longtemps que ça, quand notre époque est la plus favorable aux trafiquants et aux filous ; moi, à qui il suffit d’un air de violon pour me donner la rage de vivre ; moi qui pourrais me tuer de plaisir ; mourir d’amour pour toutes les femmes ; qui pleure toutes les villes, je suis ici, parce que la vie n’a pas de solution.
(A.C.)

noproblemo

S’il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème.
(J.R.)

2008-12-15

t'as du feu, s'te plaît ?

La jeunesse, c'est quand on ne sait pas ce qui va arriver.
(H.M.)
Une petite flamme de folie, si on savait comme la vie s’en éclaire !
(H.d.M.)
Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit.
(F.d.L.R - § 209)

cf. à l'insu
cf. l'il d'un je

2008-12-14

pourquoi écrire quand même


(L.N.) ::1'43''::

[Ajout 2013 :] Je me rends compte, avec des sentiments mélangés, que la vie ne m’intéresse pas assez pour que je puisse me passer d’écrire. Ça ne me suffit pas.
(M.H.)

grand temps

Pour avoir du talent, il faut être convaincu qu’on en possède. (G.F.)
Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. (L.T.)
Se donner du mal pour les petites choses, c’est parvenir aux grandes, avec le temps.(S.B.)
Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage. (H.M.)
Il faut avoir beaucoup de patience pour apprendre à être patient. (S.J.L.)
J’ai toujours senti que l’état d’auteur n’était, ne pouvait être illustre et respectable qu’autant qu’il n’était pas un métier. Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès. (J.-J.R.)
La joie est dans le risque à faire du neuf. (M.F.)
Peu importe le succès, il s’agit d’être grand, non de le paraître. (R.R.)
Qu’est-ce qu’une grande vie, sinon une pensée de la jeunesse exécutée par l’âge mûr ? (A.d.V.)

créateur malgré le vit


(R.T.)(...)

> en modèle postsexuel

2008-12-13

maudite espérance


Bien que j'ai eu de l'aisance à partir vers l'inconnu
Je n'aurais pourtant jamais cru y mettre autant d'excellence
Mon amour-propre comme une lance pointe vers l'obscur, le tordu
La besogne d'un mec obtus qui s'abîme de persistance

J'ai bien failli perdre le sens et beaucoup s'y sont perdus
Combien d'amis elle a eus, celle qu'on nomme désespérance
Pourtant je reste comme en transe, attaché comme un mordu
A cette chose qui épuise, tue, me ferait déplacer l'immense

J'ai les pieds lourds, l'esprit rance, j'suis épuisé, y a plus d'jus
Y a des jours où j'me situe, entre le néant et l'absence
Pourtant encore si j'avance, c'est qu'elle me colle, me pollue
Ma saleté d'espérance

J'aurais voulu me prélasser entre divan et télé
Mais y a la sueur qui coule et les idées qui dérangent
La sueur noie les idées et je reste un peu lassé
Mais bientôt une vague me saoule, m'aspire, me noie, me démange

Le monde s'est laissé réglé, les foules sont apprivoisées
L'économie est une bible, consommation est leur ange
Et on prie l'esprit billet pour qu'il nous laisse épargner
On croit qu'on décroche la lune avec nos ailes de mésange

Et quand je parle d'mes projets, introuvables chez l'VRP
On trouve que je suis endiablé, on dit de moi que je m'enfonce
Finit par dire qu'j'suis fâché, fauché j'deviendrais fâché
Avec ma saleté d'espérance

Les maux de tête ont repris, et tous les mots qu'on s'est dit
Nos vieux plans, nos stratégies, valables pour changer trois mondes
On ne pense plus, on les oublie, on en rit et on sourit
Pourtant dans la tête réside, une voie endormie qui songe

Elle sommeille dans un bon lit, à l'édredon bien rempli
Elle s'enfonce dans tant de replis qu'son lit ressemble à une tombe
Mais dans mon esprit meurtri cette vie n'est pas endormie
Son lit doit être fait d'orties car elle gratte et ça me ronge

Elle m'impose tous ses ennemis, elle m'engrène vers les conflits
Plonge ma tête dans nos vomis, quelles qu'en soient les conséquences
J'ai des tâches d'antipathie, des boutons d'fièvre d'incompris
C'est ma saleté d'espérance

Quand tu entendras ce morceau, ça sera parce que je perdure
Ou bien parce qu'en coup dur, j'l'aurai chanté dans l'métro
Mais s'il passe à la radio, où s'il crache dans ta voiture
Sache qu'à son stade d'écriture, j'tais assis dans un bistro

Refusant de vivre des rimes, préférant vivre d'intérim
Pour laisser libre court à l'art, sans patron, sans révérence
Laissant loin de moi cette frime, qui rend bien médiocrissime
Laissant mes mots devenir star, révolutionner cette science

Ma plume jouant de l'escrime, pour m'aiguiser dans l'estime
Autant d'efforts m'assassinent, et pourtant je reste dans la danse
C'est que dans mon malheur prime, mon ami le plus intime
Ma saleté d'espérance.
(R.)

huître et demi

La vie du plus sublime des hommes n'est pas à la nature d'une plus grande importance que celle d'une huître.
(D.A.F.S.)
cf. tout à l'éscargaux

dix secrets

Quand la main droite ignore ce que fait la main gauche, elles ne sont pas tentées d'applaudir servilement à tout propos.
(D.A.F.S.)(R.T.)(H.X.)?

2008-12-11

ventard

Je peux d'autant plus me permettre d'être « vantard » que je crois infiniment peu à la notion de mérite.
(O.K.)

cf. la liberté ta soeur

2008-12-10

le vacancierozier

« Pour lui, le temps n’a pas d’importance, dans la vie comme dans les films. Plus que prendre son temps, il lui donne toute sa valeur. Avec cette méthode, si c’en est une, vous n’avez pas le temps de faire votre cinéma, avec vos petits tics d’acteur, puisque vous ne savez ce qui va se passer. En plus, Jacques finissait toujours les magasins de pellicule et, à la fin de chaque prise, n’entendant pas « coupez », on devait meubler les silences, gérer la gêne du moment. Rozier se sert de tout ça. Ce n’est pas la ligne qui l’intéresse, c’est ce qu’il y a entre les lignes, les creux. Tout ce qui nous échappe, qu’on ne contrôle pas. Faire ressentir à quelqu’un quelque chose qu’il n’a pas l’habitude de ressentir, le voir s’en étonner ou ne pas s’en apercevoir. Il aime les points de suspension. C’est peut-être pour ça qu’il tourne avec des amateurs, parce qu’il a peur que les acteurs confirmés lui donnent la musique qu’ils savent jouer. Les acteurs, il les prend pour ce qu’ils savent faire, mais surtout pour en donner une relecture. »
Ce n’est donc pas surprenant si le cinéma de Rozier ne ressemble à rien de connu. Jacques Mandelbaum en donne une belle définition : « Le goût du voyage et de la vacance, la récurrence de l'eau et des îles, le sens aigu de la durée, l'inclination pour les genres et les acteurs populaires, l'hybridation du documentaire et de la fiction, l'improvisation et les changements de cap élevés au rang des beaux-arts marquent de façon indélébile ce cinéma, qui procure comme aucun autre la sensation, simultanément joyeuse et mélancolique, de la grâce de l'existence et de la fragilité de l'instant. »
Pour Pascal Thomas, « Rozier est un singulier dans le siècle. On croit qu'il s'empêche lui-même, mais c'est faux. Il vit dans l'instant, et cette manière de vivre ne coïncide plus du tout avec les exigences de ce métier, où la dictature du scénario, qui détermine seule le financement du film, est devenue terriblement néfaste. »
(W.)

vers ce temps pris à le perdre, perdu à le prendre

Cette fois-ci, pourtant, je viens en tant que Dionysos victorieux, qui va mettre le monde en vacances... Mais je n’ai pas beaucoup de temps.
(F.N.)

cf. la vie de révélations que je vais mener...

2008-12-09

somme...

Prenez un peu de repos, afin de finir plus vite.
(G.H.)
Mais comment faites-vous pour faire autant de choses ?
— Je dors beaucoup.
(R.T.)
cf. « délasse ta tête »
cf. sommeilleur

2008-12-08

la vie en une leçon

La vie comme moyen de connaissance — avec ce principe au cœur, on peut non seulement vivre avec bravoure, mais encore vivre gaiement, et rire joyeusement !
(F.N. — GS§324)

cf. in media vita

no made's land

La vraie culture ne peut s'apprendre que dans l'espace...
(A.A.)
Nous, qui avons tellement d'espace et si peu de temps, nous nous ferons nomades.
(A.L.)

cf.
la vie en une leçon

2008-12-06

aux aurores

Combien d'aurores n'ont pas encore lui.
(R.-V.)(F.N.)

les Otto

Son but n’était pas de faire de la littérature, mais de transformer ce qu’il vivait en matière littéraire. (...) Et il accumule matériaux publics et privés pour son livret de littérature-épargne. En effet, de 1893 à 1956, il enfante les 7 000 pages de son Journal littéraire (1954-1966).

2008-12-04

m'ême pas dans la cour...

Moi qui ai si peu de chance avec les femmes à cause de ma timidité et de mon horreur du sentiment (...) Donner tant d'importance à cette chose si simple et nullement romanesque : faire l'amour ! Nous y avons perdu, elles et moi, sans doute, et je n'ai pas acquis pour cela la patience de faire ce qu'on appelle la cour aux femmes.
(P.L.)

2008-12-03

perle harbor

Celui-là a eu du courage, qui a été le premier à manger une huître.
(J.S.)

2008-12-01

intervalles : le coup d'être vécu

Il faut vivre dans les intervalles. (...) je pars du constat que tout est invivable... sauf les intervalles que je décris. (...) les [sympathies] aussi sont des intervalles... qui ne demandent qu'à éclore.
(P.S.)[O.K.]

2008-11-30

règle hoptique

L'irrésolution est le pire des maux.
(R.D.)
Pour décider il y a pas besoin de savoir quoi faire.
(O.P.)
Règle d'optique : tout semble plus grand de loin.
(S.J.L.)

associé à :
envolée
that isn't the question
c'est en le faisant qu'on le fait
des coincés
le bon génie de l'audace
(du culminant)
se (dé)jouer
...

2008-11-27

nechangerien

Ne change rien pour que tout change.
(R.B.)


(G.B.) :: 0'35''::

> perd ou... sévère
> envivre aujourd'hui

le change

Il faut que tout change pour que rien ne change.
(G.T.d.A)

t.emps t.

Il ne faut pas dire que le temps passe, mais qu'il surgit.(...)
Ce qui « a été » ne passe pas. (...)
Mozart n'est pas un musicien du passé. (...) Il faut bien comprendre cela sans quoi on est dans l'historiographie et pas dans le coeur des choses.
(P.S.)

2008-11-25

57 pieds sous, et sur terre

1. Quelle heure est-il ?
Quatrième temps : « qui englobe présent, passé et avenir. C'est de ce temps-là que les humanoïdes ne veulent pas. Et la poésie se veut dans ce temps-là de façon plus ou moins fulgurante. »
2. Prénom ?
Ça dépend. Karl, en partie.
3. Ton anniversaire ?
Le 29 mars 1976, il paraît. Civilement. (Calendrier chrétien.)
4. Age ?
Quatrième temps.
6. Tatouages ?
Ma peau.
7. As-tu déjà été amoureux (se) ?
Bien bête, alors.
8. As-tu déjà aimé jusqu'au point de pleurer ?
Je doute que ce fût la vraie cause.
9. Taille ?
Géant.
10. Café ou thé ?
Ça dépendra.
11. Tasse ou mug ?
Fontaine.
12. Numéro(s) préféré(s)
Aucun sens l'un sans les autres.
13. Couleur des cheveux ?
Naturelle.
14. Couleur des yeux ?
Organique, donc infiniment complexe.
15. As-tu déjà eu une fracture ?
Oui.
16. As-tu déjà eu un accident de voiture ?
Oui.
17. Type de musique préférée ?
Tout « ce qui me chante. »
18. Fleur ?
Les mauvaises herbes.
19. Sujet de conversation détesté ?
Ça dépend avec qui.
21. Fast food préféré ?
Chez moi.
22. Problème ?
La médiocrité de la masse-humanité.
23. Couleur préférée ?
Ça dépend — des autres couleurs associées, notamment. Ou alors disons : jaune blonde, comme des cheveux...
24. Comment vois-tu l'avenir ?
Je le vis, un peu.
25. Des animaux à la maison ?
Oui, moi. (Et des ami(e)s de passage.)
26. Lequel de tes amis vit le plus loin ?
Les amis morts (auteurs), ou inconnus.
27. Qui sera le plus rapide à répondre à ton mail ?
...
28. Qui sera le plus long ?
...
29. Amis spéciaux ?
Ceux que je ne connais pas personnellement.
30. Que changerais-tu dans ta vie ?
Ne pas exister.
31. As-tu un ordi?
La preuve, je réponds de chez moi.
32. CD préférés ?
Les CD vierges, gravés par moi, pour partager ce qu'il faut.
33. La première chose à laquelle tu penses quand tu te réveilles ?
Une infinité de choses, différentes à chaque fois.
34. Comment vois-tu l'Amour ?
Sans majuscule, déjà.
Et je le vois pas, je le fais. À ma manière.
35. Quelque chose que tu as toujours avec toi et que tu n'as jamais quitté ?
Mon corps.
36. Qu'y a t'il sur ton mur ?
(« Qu'y a-t-il », déjà, bande d'ânes alphabêtes !)
36bis. Qu'y a-t-il sur ton mur ?
Une fenêtre.
37. Qu'y a t'il sous ton lit ?
Ses pieds.
38. Ecris quelque chose à la personne qui t'a envoyé ce mail.
Je suis en train...
39. Nomme la personne qui ne te répondra sûrement pas.
Jamais sûr de rien. Et quand je peux éviter la délation...
40. Celle dont tu es sûr qu'elle te répondra.
Jamais sûr de rien.
41. Qui aimerais-tu voir répondre ?
Ma webcam n'est pas allumée.
42. Que dirais-tu à quelqu'un en particulier mais que tu n'oses pas ?
Je dis à peu près ce que j'ai à dire. (Dans le presque vide, certes.)
43. Sport favori ?
L'activité quotidienne, censément sensément physique.
44. Timide ou extraverti ?
Les deux, mon capitaine.
45.Ton surnom ?
Plusieurs.
46. Langues parlées ?
Le français, l'allemand, l'anglais, l'espagnol, l'italien, le russe, l'arabe...
47. Un mot, une expression, que tu aimes ?
Salope.
48. Un coucou à quelqu'un en particulier ?
À nord-express, ce génie encore inconnu.
49. Aimerais-tu qu'on t'offre des fleurs à ton anniversaire ?
Quelle blague !
50. Qu'est-ce que tu voudrais pour ton anniversaire ?
Lequel ?
52. Sucré ou salé ?
Les deux, bien sûr.
53. Lieu favori ?
Dans mes pompes, juste au centre.
54. Citation favorite ?
Des milliers. Lire nord-express, déjà, pour résumer.
55. Bière ou vin ?
Selon l'envie.
57. Un piercing ?
Anciennement aux os de la cheville droite.

(merci à karl)

cf. tu charles, karl !

que tout p(o)ète

Le poète est toujours en danger. La poésie, c'est la guerre. C'est la guerre physique.
(P.S.)
Oui, car la question est très physique. Vous savez, aujourd'hui il y a beaucoup de poésie, beaucoup de poèmes... Tout le problème est de savoir s'il y a stratégie de guerre ou pas. Les poètes se contentent de ce qu'on leur donne... C'est la servitude volontaire, il n'y a pas d'autres mots. Sans parler du masochisme, ce qui revient au même. (...) Les poètes ne se battent pas. Il faut se battre. Les poètes aujourd'hui sont paresseux. Avec pas grand-chose. Ils manquent d'ambition. Je répète : je parle de servitude volontaire. Le bon esclave d'aujourd'hui milite, d'une certaine façon, pour sa marginalisation. Le système est fortement organisé, il sait très bien ce dont l'esclave volontaire va se contenter... Alors on appelle ça des poètes. Moi j'appelle ça des esclaves de la marchandise...
(P.S.)

2008-11-24

RESignation de PERSonne


(J.-L.G.) :: 0'37''::
La dépréciation du monde des hommes augmente en raison directe de la mise en valeur du monde des choses.
(K.M.)

cf. objection du vivant
cf. zombies

modérer l'inter, net.

... tous les altruismes féconds de la nature se développent selon un mode égoïste, l'altruisme humain qui n'est pas égoïste est stérile, c'est celui de l'écrivain qui s'interrompt de travailler pour recevoir un ami malheureux, pour accepter une fonction publique, pour écrire des articles de propagande...
(M.P.)
associé à : chef-d'oeuvreur insoupçonné

√consolitude

Et pourtant, alors même que je m'exaltais dans ma solitude, je pris conscience d'un manque singulier. Je souhaitais une compagne qui s'allongerait près de moi au clair des étoiles, silencieuse et immobile (...) Car il existe une camaraderie plus reposante même que la solitude et qui, bien comprise, est la solitude portée à son point de perfection. Et vivre à la belle étoile avec la femme que l'on aime est de toutes les vies la plus totale et la plus libre.
(R.L.S.)

> assortiment camarade

bio... logique


(merci à djkl de lepostier.fr)

cf. du douillet le rêve
cf. éthologie

2008-11-23

vers là rév0lution



J'écoute les publicités sur mon transistor. Grâce à E... SS... O. je pars tranquille sur la route du rêve, et j'oublie le reste. J'oublie...
(...) J'ai tout oublié... Sauf que : puisqu'on me ramène à zéro, c'est de là qu'il faudra repartir.
(J.-L.G.)

2008-11-21

assortiment camarade

« J'ai besoin d'une femme qui irait n'importe où et ferait n'importe quoi! »


(A.H.) :: 2'57''::

Car il existe une camaraderie plus reposante même que la solitude et qui, bien comprise, est la solitude portée à son point de perfection.
(R.L.S.)

cf. √consolitude
cf. (li)la femme sauvage

naturelle...



H1 — But a man expects his wife...
F1 — ...to behave herself, naturally !
H2 — To behave herself naturally.

2008-11-20

vin nouveau

Nous qui, par hasard ou sur le choix d’un(e) d’entre nous, vous écrivons,
NOUS AVONS :
- l’ambition de ne pas passer notre vie à trahir l’idée qu’on s’en fait.
- à coeur (joie) d’y parvenir.
- pris notre parti du désaccord essentiel qui nous oppose à la marche des choses.
- la fâcheuse aptitude à vivre comme on l’entend et à s’y entendre un peu mieux chaque jour — que dieu ne fait pas.
- pris en grippe tout ce qui nous sépare d’une vie plus directe, « plus » immédiate avant qu’il ne soit trop tard.
- encore de quoi faire.
- cependant la tête dure, autant que la peau, et fixée nulle part ailleurs que sur les épaules.
- les deux pieds hors de la tombe, indociles à cette marche funèbre, cette vaste blague de moins en moins drôle.
- le goût du jeu et des affinités de fond.
- de qui tenir.
- peut-être de quoi nous entendre immédiatement, avant qu’il ne soit trop tard.
- des initiatives, la preuve.

NOUS RECHERCHONS :
- un renfort de complices, de moyens et de procédés, qui nous rallongerait le bras et l’espérance de vie.
- des lieux de passage, individuels ou collectifs, personnels ou impersonnels, comme autant de nouveaux points de fuites, d’échanges, de repères, de confluences, qui étayeraient sans relâche notre terrain d’ententes, et nous mèneraient la vie belle.
- en somme, de quoi faire de notre désaccord essentiel et passionné l’essentiel d’une vie plus passionnante, ensemble pour chacun(e),
- en un mot (comme en seize), une plus efficace coordination des vivants dispersés, à fin d’autonomie maximale, pour une vie maximale.

le vingt novembre 2005
s290654(at)yahoo.ca

cf. chapitre : s'en sortir sans sortir

cf. que dédale
cf. pas de lieu, sans formule

2008-11-19

donc filmer

La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie.
(M.K.)
Le bonheur, c'est avoir une bonne santé et une mauvaise mémoire.
(I.B.)

se rencontre


(J.S.) :: 4'30''::
cf. extension de domaine de l'amour

tracy & tracy

À vingt ans, [Katharine Hepburn] pose nue pour un peintre. Le poète Phelps Putman dit d'elle : « Elle était l'anarchie vivante du cœur. Elle était aussi impolie que la vie et la mort. »
(...)
Au début des années 1940, Kate rencontre le grand amour de sa vie, Spencer Tracy. Elle dit dès leur première rencontre « oh, monsieur Tracy, mais je suis vraiment trop grande pour vous ! » Tracy répliqua « ce n’est pas grave, ma chère, j’aurai vite fait de vous rendre votre vraie dimension. » Elle a dit également de lui qu'il était « bon comme une pomme de terre au four ». Une profonde intimité les unira tout de suite...
(W.)

2008-11-18

testament d'un vivant


(J.M.)
Je ne voulais pas que ma vie soit réglée d’avance ou décidée par d’autres. Si, à six heures du matin, j’avais envie de faire l’amour, je voulais prendre le temps de le faire sans regarder ma montre. Je voulais vivre sans heure, considérant que la première contrainte de l’homme a vu le jour à l’instant où il s’est mis à calculer le temps. Toutes les phrases usuelles de la vie courante me résonnaient dans la tête : Pas le temps de... ! Arriver à temps... ! Gagner du temps... ! Perdre son temps... ! Moi, je voulais avoir "le temps de vivre" et la seule façon d’y arriver était de ne pas en être l’esclave. Je savais l’irrationalisme de ma théorie, qui était inapplicable pour fonder une société. Mais qu’était-elle, cette société, avec ses beaux principes et ses lois ?
(J.M.)

hum... ou terrorisme

... et là je me suis dit « bon, ce monde dans lequel je vis, il faut que je continue à vivre dedans, en essayant d'y croire un petit peu », et la seule chose que j'ai trouvée c'était l'humour, rire... avec mes contemporains... en écoutant les discours... voilà, d'un sarko sur l'afrique... qui était... si on n'a pas le sens de l'humour, je veux dire, on fait du terrorisme! pour moi... Donc la moindre des choses s'est de s'amuser, de rigoler, de se dire... Il nous reste au moins cette liberté de conscience, de pensée, qu'est le rire. Pour le reste...
(D.)

2008-11-17

artiste à son poste

Un artiste doute, en effet, de lui-même ; il est en même temps sûr de lui.
(...) Ils ne se donnaient pas la peine de voir l'unité de vues sous la diversité de moyens d'expression, principalement entre mes romans et mes essais politiques. (...) Et pourtant la cohérence de ma sensibilité et de ma volonté apparaît à qui me fait la justice de relire dans leur suite une bonne partie de mes ouvrages.
Je me suis trouvé comme tous les autres écrivains contemporains devant un fait écrasant : la décadence.
(...) Attendons la postérité ? Mais par qui est faite la postérité ?
(...) Un écrivain est obligé de croire dans le fond (...) qu'il passera à la postérité, sinon l'encre se tarirait dans ses veines. Et, sauf chez les médiocres, cela est touchant.
(...) Mais tout cela, ce sont des humeurs qui passent. Il reste deux choses : la joie de l'artisan qui fait son travail, qui se dit qu'il participe à cette aventure merveilleuse qu'est le travail de l'homme — et la joie d'être un homme, de rester un homme pur et simple, à côté de (...) l'écrivain. Un homme qui mange, qui boit, qui fume, qui fait l'amour, qui marche, qui nage, qui ne pense à rien et qui pense à tout, un homme qui ne fait rien et qui n'est rien, un homme qui rêve (...), qui se prépare à la terrible et splendide mort, un homme qui jouit [du cinéma] [et] de la musique autant que de la littérature, qui s'enivre de ce que font les autres bien plus que de ce qu'il fait, et un homme qui a d'autres passions encore...
(P.D.L.R.)

2008-11-16

au courant ?

Il y a (...) dans la succession de la nuit et du jour, des signes pour ceux qui sont doués d'intelligence.
(Coran, sourate 3, verset 190)

2008-11-15

les forçats de la société

Le drame pour tous ceux-ci c'était de sentir en eux plus de force qu'il n'en restait dans la société. De là la nécessité de se dépayser pour dire leur rêve ou l'obligation de ne se vouer qu'à l'exécration convulsive.
(P.D.L.R.)

2008-11-14

pour un autoconditionnement

Le décor détermine les gestes.
(I.S.)

La transformation, l'amélioration de soi ne se commande pas autant qu'on le voudrait. Dans la mesure où nous sommes en très grande partie le produit de notre environnement, un des meilleurs moyens d'améliorer notre caractère (humeurs, perspectives, idées, comportements, valeurs...) est d'en passer par l'aménagement tactique des conditions extérieures de notre existence (géographiques, climatiques, alimentaires, affectives...), qui alors ne manquent pas de nous déterminer en retour, à leur façon, qui en revient donc à la nôtre, à peu près. Appelons ça l'autoconditionnement environnemental, ou conditionnement réfléchi, ou réflexif ? En tout cas, le principe est celui-ci : les influences extérieures étant inévitables, si ce n'est constitutives, il s'agit d'en jouer de manière à en tirer un parti optimal. Au lieu de la servitude normale.
(O.K.)

En tout cela, - choix de la nourriture, choix du lieu et du climat, choix de sa récréation - on suit les ordres donnés par un instinct de conservation dont la manifestation la plus nette est celle de l'instinct défensif. Fermer les yeux sur bien des choses, s'abstenir de les écouter, ne pas les laisser venir à soi, c'est le premier commandement de la sagesse, la première façon de prouver qu'on n'est pas un hasard mais une nécessité. Le mot qu'on emploie couramment pour désigner cet instinct de défense c'est celui de « goût ». Son impératif ne commande pas seulement de dire « non » quand le « oui » serait une marque de « désintéressement », mais encore de dire « non » le moins souvent possible. Eloignons-nous, séparons-nous de ce qui nous obligerait à répéter le « non » sans cesse. Rien de plus raisonnable : car, si petites qu'elles soient, les dépenses de force défensive, quand elles deviennent la règle habituelle, amènent une pauvreté extrême et parfaitement superflue. Nos grandes dépenses sont faites de la répétition des petites. La défensive, la faction constante constituent - qu'on ne s'y trompe pas - une vraie dilapidation, un vain gaspillage des forces. En prolongeant l'état précaire que représente la défensive on s'affaiblit facilement au point de ne plus pouvoir se défendre. Supposez qu'en sortant de chez moi, je trouve, au lieu du calme et aristocratique Turin, la petite ville allemande : mon instinct m'obligerait à me replier sur moi-même pour repousser l'envahissement de tout ce plat et lâche monde. Ou encore, je serais en face de la grande ville allemande, ce stupre en pierre de taille, ce sol où rien ne pousse, où tout s'importe, bien et mal. Comment ne pas s'y transformer en hérisson ? - Mais les piquants sont un gaspillage, un double luxe, alors qu'il est loisible non seulement de n'en point avoir mais de tenir les mains ouvertes...
Une autre mesure de sagesse et de tactique défensive consiste à réagir le plus rarement possible, à se soustraire aux situations, aux conditions qui vous condamneraient à suspendre en quelque sorte votre initiative et votre « liberté » pour devenir un simple réactif.
(F.N. — EH2§8)

cf. décorps
cf. CHAPITRE : physio-logique
cf. comment s'en sortir sans sortir


2008-11-11

à pied marin

Si l'on suivait les voies ferroviaires / Qui aurait le pied marin ?
((A.B.))

cf. marin

mourir par définition

Mourir d'un accident : d'un choc inhumain, par définition.
(O.K.)

à prendre ou à laisser

Est-ce que vous en avez ? / Des doutes, des idées / Des rêves de douceur éveillée / Le goût du danger / Des routes à prendre ou à laisser / Est-ce que vous en avez ? / Du réseau, des rougeurs, des nerfs d'acier ? / Est-ce que vous en avez ?
((A.B.))