N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2016-03-24

la médiocratie

Le système encourage l'ascension des acteurs moyennement compétents au détriment des super compétents ou des parfaits incompétents. Ces derniers parce qu'ils ne font pas l'affaire et les premiers parce qu'ils risquent de remettre en cause le système et ses conventions. Le médiocre doit avoir une connaissance utile qui n'enseigne toutefois pas à remettre en cause ses fondements idéologiques. L'esprit critique est ainsi redouté car il s'exerce à tout moment envers toute chose, il est ouvert au doute, toujours soumis à sa propre exigence. Le médiocre doit « jouer le jeu ».
(...)
Jouer le jeu veut pourtant dire accepter des pratiques officieuses qui servent des intérêts à courte vue, se soumettre à des règles en détournant les yeux du non-dit, de l'impensé qui les sous-tendent. Jouer le jeu, c'est accepter de ne pas citer tel nom dans tel rapport, faire abstraction de ceci, ne pas mentionner cela, permettre à l'arbitraire de prendre le dessus. Au bout du compte, jouer le jeu consiste, à force de tricher, à générer des institutions corrompues.
La corruption arrive ainsi à son terme lorsque les acteurs ne savent même plus qu'ils sont corrompus. (...) [Par exemple,] Quand l'université forme des étudiants pour en faire non pas des esprits autonomes mais des experts prêts à être instrumentalisés.
(...)
L'expert est souvent médiocre, au sens où je l'ai défini. Il n'est pas incompétent, mais il formate sa pensée en fonction des intérêts de ceux qui l'emploient. Il fournit les données pratiques ou théoriques dont ont besoin ceux qui le rétribuent pour se légitimer. Pour le pouvoir, il est l'être moyen par lequel imposer son ordre.
L'expert s'enferme ainsi dans les paramètres souhaités par telle entreprise, telle industrie, tel intérêt privé.
(A.D.)
Edward Said en parle très bien : l’expert ne se préoccupe pas de ce que son savoir génère. On peut très bien être géologue, aller chercher du zinc ou du cuivre au Katanga, mais être totalement incompétent quand il s’agit de penser les incidences de cette pratique à l’échelle du Congo. L’industrie ne veut pas qu’ils soient compétents, car ce n’est pas dans son intérêt. À l’inverse, l’intellectuel agira en « amateur », c’est-à-dire en aimant son sujet et en se sentant concerné par toutes ses dimensions, ce qui appelle nécessairement à l’interdisciplinarité.
(A.D.)

Sans surprise, c'est le milieu, le centre, le moyen qui dominent la pensée politique. Les différences entre les discours des uns et des autres sont minimes, les symboles plus que les fondements divergent, dans une apparence de discorde. Les « mesures équilibrées », « juste milieu », ou « compromis » sont érigées en notions fétiches. C'est l'ordre politique de l'extrême centre dont la position correspond moins à un point sur l'axe gauche-droite qu'à la disparition de cet axe au profit d'une seule approche et d'une seule logique.
Dans ce contexte médiocre, règne la combine. (...) Aucune vision d'avenir, tout le jeu politique est à courte vue, dans le bricolage permanent.

Comment résister à la médiocratie ? Résister d'abord au buffet auquel on vous invite, aux petites tentations par lesquelles vous allez entrer dans le jeu. Dire non. Non, je n'occuperai pas cette fonction, non, je n'accepterai pas cette promotion, je renonce à cet avantage ou à cette reconnaissance, parce qu'elle est empoisonnée. Résister, en ce sens, est une ASCÈSE [cf. Otto Karl], ce n'est pas facile.
Revenir à la culture et aux références intellectuelles est également une nécessité. Si on se remet à lire, à penser, à affirmer la valeur de concepts aujourd'hui balayés comme s'ils étaient insignifiants, si on réinjecte du sens là où il n'y en a plus, quitte à être marginal, on avance politiquement. Ce n'est pas un hasard si le langage lui-même est aujourd'hui attaqué...
(A.D.)

- merci à M.S. -

2007-09-23

vilains petits anars

L'effort des adultes est de briser toutes les habitudes des enfants, parce qu'ils soupçonnent en celles-ci un noeud de résistance et d'anarchisme.
(C.P.)

2007-09-05

la raison des fourmis...

Pourtant c'est bien normal, y faut qu' les fourmis bouffent / Mais c'est plus fort que moi, y faut qu' je voie le mal partout /
Je suis in, inadaptée.
(B.F.)

2007-05-23

meilleur monde

Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu'on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation définitive ? Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d'éviter les utopies et de retourner à une société non utopique, moins « parfaite » et plus libre.
(N.B.)

2007-05-10

dernier tour(nant)

Pour ma part j'arrête de voter dès aujourd'hui. Les français sont des veaux et ne méritent qu'une bonne grosse dictature (...) Désormais je ne penserai plus qu'à sauver ma peau, les faibles n'ont qu'a aller se faire foutre, avec une droite à 67% et un vote à 85% dans le système veut bien dire que tout le monde ou presque est content de son sort. Comme je le disais ailleurs, je m'accommode de ce système matériellement parlant, tout le reste me dégoûtait, mais je vois que ceux qui vivent dans cette société de merde et en plus misérablement s'en accommodent visiblement très bien aussi, donc j'en n'ai plus rien à foutre. C'est sûrement ce qu'on appelle la fatalité...
Bon allez, faut que je vous laisse, j'ai ma passion qui m'attend, elle me coûte le prix d'un SMIC par mois, mais alors qu'est-ce que je m'éclate, quand je pense que ceux qui gagnent seulement ça votent, en masse, pour royal ou sarko ou bayrou, ils sont soit débiles soit heureux ; bah finalement on ne sauve pas les gens contre leur gré...
((St.13))

2007-05-07

de(ux) france !

L'unité de l'oppression fait l'unité de la contestation ; la cohérence des rencontres possibles.
((R.V.))

2007-05-04

RM(inimum)I

On ne dira jamais assez aux travailleurs exploités qu'il s'agit de leurs vies irremplaçables où tout pourrait être fait ; qu'il s'agit de leurs plus belles années qui passent, sans aucune joie valable, sans même avoir... (...)
Il ne faut pas demander que l'on assure ou que l'on élève le « minimum vital », mais que l'on renonce à maintenir les foules au minimum de la vie. Il ne faut pas demander seulement du pain, mais des jeux.
(I.L.)

2007-04-29

isoloir

Ils n'ont même plus de cul, les français!
Ils ont voté... et puis, après ?
(L.F.)

2007-04-27

élections affectives

... de ces millions d’hommes qui s’abstiennent, ou votent pour des programmes ou des partis, non par attachement pour ces programmes ou ces partis, mais parce que ces programmes ou ces partis leur semblent précisément assez médiocres pour ne pas leur faire courir des périls immédiats. Lorsqu’on prévoit que la route va finir brusquement au-dessus des parois à pic d’un précipice, on ne tient pas à monter dans une automobile dernier modèle, capable de taper le cent-cinquante.
(G.B.)