Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.
Une bibliothèque est une chambre d'amis.
Étrange révélateur qu'une bibliothèque! certaines absences en disent long et toutes les présences ne sont pas significatives.
Les fonctionnaires sont comme les livres d'une bibliothèque: ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire: «usage externe», comme sur les fioles de pharmacie!
Il y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques ont un harem.
Paul Valéry avait lu tous les livres, et quand il mourut, il désigna du regard sa vaste bibliothèque et murmura: «Décidément, tout cela ne vaut pas un beau cul.»
Avec tout ce que je sais, on pourrait faire un livre... il est vrai qu'avec tout ce que je ne sais pas, on pourrait faire une bibliothèque.
Les bibliothèques sont particulièrement utiles pour les livres médiocres qui, sans elles, se perdraient.
Un intellectuel, c'est quelqu'un qui entre dans une bibliothèque même quand il ne pleut pas.
J'en suis réduite à écrire des notes interminables dans les marges de livres qui ne sont même pas à moi mais à la bibliothèque. Un jour ou l'autre ils s'apercevront que c'est moi qui ai fait le coup et me retireront ma carte.
([A.H.A.], T.B.J., P.B, G.C., A.D., V.H., M.G., S.G., S., A.R., H.H.)
N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL
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L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL
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2007-12-02
2007-11-27
ô gué, au guet, matelot !
Que faire quand on est au milieu du guet ? Regarder en arrière ? regarder en avant ? Être trop avancé pour revenir en arrière et retrouver la compassion de ceux qu'on a quittés. Pas assez loin pour savoir qu'en allant de l'avant on finira par s'en sortir. Nous en sommes là ; à mi-chemin de cette traversée du marais de la solitude.
(R.E.?)
>/ nechangerien
(R.E.?)
>/ nechangerien
2007-11-25
2007-11-20
2007-11-19
à la jean renoir
La force de leur plan est que, comme tous les bons plans, ils ne réglaient pas à l’avance tous les détails. Ils se sont bornés à esquisser des lignes directrices simples, et pour le reste, ils ont laissé une grande liberté d’improvisation...
([L.D.])
([L.D.])
2007-11-09
palpite
Enfant, pas de phrases !... (...) Le Jazz a renversé la valse, l’Impressionnisme a tué le « faux-jour », vous écrirez télégraphique ou vous écrirez plus du tout ! (...) Trouvez la palpite nom de foutre ! La fête est là ! Enfin ! Quelque chose ! Réveil ! Allez salut ! Robots la crotte ! Merde ! Transposez ou c’est la mort !
(L.-F.C.)
(L.-F.C.)
2007-11-05
la mesure et le vertige du travail
Jamais je n'irai conseiller à un enfant de ne rien faire. C'est extrêmement dangereux. On en vient à perdre la mesure du travail. On ne sait plus ce que c'est. Quand il vous arrive plus tard, bien plus tard, de vous mettre à travailler, on travaille comme un dératé. J'en ai vu de tristes exemples : un grand journaliste, un directeur de musée qui étaient restés dix à quinze ans sans rien faire du tout et puis s'étaient mis au travail. Ils se tuaient à la tâche. C'était un spectacle triste, à donner le vertige.
(J.P.)
(J.P.)
2007-11-04
pour une aristodémocratie
Quand j'ai appris à l'école que nous avions fait la Révolution en 1789, j'ai aussitôt pensé que ç'avait été pour donner à chaque homme tout ce dont les aristocrates avaient été seuls à profiter jusque-là (...) Pas du tout. J'ai appris très vite que les révolutionnaires s'étaient trompés sur la Révolution. Ce n'était pas faute de bons conseils. En particulier les gens de ma province avaient dit très précisément ce qu'ils en pensaient. Le cahier de doléances des habitants de Caillan, en 1789, demande que tous les Français soient anoblis (...) Mais la Révolution n'a pas du tout suivi Caillan. Elle s'est contentée de supprimer les titres : de désennoblir tous ceux qui étaient déjà nobles. [Or], est-ce qu'il revient au même de mettre en liberté tous les prisonniers d'un village, ou de mettre en prison tous les habitants ? Il me semble que c'est tout le contraire. Eh bien les Français de 91 ont plutôt été portés à mettre les gens en prison. Ils n'ont pas décidé (comme il eût été naturel) que tous les Français méritaient d'être nommés ducs. Ils ont décidé que les ducs ne valaient pas mieux que les autres Français. Ils avaient pourtant des mérites...
(J.P.)
(J.P.)
2007-11-02
lentement sûrement devenir qui on est
Que l'on devienne ce que l'on est suppose que l'on ne soupçonne pas le moins du monde de ce qu'on est. De ce point de vue, les méprises mêmes de l'existence ont leur sens et leur valeur propres tout comme les chemins détournés et les écarts du chemin épisodiques, les hésitations, les « pudeurs », le sérieux dépensé à des tâches qui se trouvent au-delà de la tâche. (...) [Car] Entre-temps ne cesse de croître en profondeur l' « idée » organisatrice, appelée à la maîtrise, — elle commence à ordonner, lentement elle ramène hors des chemins détournés et écartés, elle prépare des qualités et des capacités séparées qui, un jour, se révéleront indispensables comme moyens du tout, — elle façonne tour à tour toutes les facultés servantes, avant même de laisser transpirer quoi que ce soit de la tâche dominante, du « but », de la « fin », du « sens ». — Envisagée sous cet aspect, ma vie est tout simplement une merveille.(F.N. — EH 2§9)
La culture trace des chemins droits, mais les chemins tortueux sans profit sont ceux-là même du génie.
(W.B.)
La culture trace des chemins droits, mais les chemins tortueux sans profit sont ceux-là même du génie.
(W.B.)
2007-11-01
forêtre
J'errais, dans une décevante forêt, sur d'impossibles chemins ; voici la route : elle était toute proche. Quelques buissons, quelques arbres, et le silence intact me la dissimulaient.
(R.G.)
(R.G.)
2007-10-26
nous autres chinoises
Baudelaire pense que la fin du monde a eu lieu mais que nous ne nous en sommes pas aperçu. C'est peut-être vrai. Qu'est-ce que c'est, exister ? Nous sommes des ombres et parfois des ombres chinoises.
(H.T.)
> ex-exister
(H.T.)
> ex-exister
2007-10-24
ô netteté !
Il est certain aussi que je suis plus honnête que la moyenne. Ce qui est parfois pris pour de la provocation.
(M.H.)
Ses apparitions se veulent souvent teintées d'une « transparence radicale et assumée », signe pour ses détracteurs d'un stade ultime de snobisme, voire d'arrogance.
(W.)
(M.H.)
Ses apparitions se veulent souvent teintées d'une « transparence radicale et assumée », signe pour ses détracteurs d'un stade ultime de snobisme, voire d'arrogance.
(W.)
2007-10-21
carmen
L'amour est un oiseau rebelle / que nul ne peut apprivoiser, / et c'est bien en vain qu'on l'appelle, / s'il lui convient de refuser! / Rien n'y fait, menace ou prière, / l'un parle bien, l'autre se tait; / et c'est l'autre que je préfère, / il n'a rien dit, mais il me plaît. / L'amour! l'amour! l'amour! l'amour! / L'amour est enfant de Bohême, / il n'a jamais, jamais connu de loi, / si tu ne m'aimes pas, je t'aime, / si je t'aime, prends garde à toi!
L'oiseau que tu croyais surprendre / battit de l'aile et s'envola; / l'amour est loin, tu peux l'attendre, / tu ne l'attends plus, il est là. / Tout autour de toi, vite, vite, / il vient, s'en va, puis il revient; / tu crois le tenir, il t'évite, / tu crois l'éviter, il te tient!
(H.M. L.H.)
L'oiseau que tu croyais surprendre / battit de l'aile et s'envola; / l'amour est loin, tu peux l'attendre, / tu ne l'attends plus, il est là. / Tout autour de toi, vite, vite, / il vient, s'en va, puis il revient; / tu crois le tenir, il t'évite, / tu crois l'éviter, il te tient!
(H.M. L.H.)
2007-10-13
in media vita
Non, la vie ne m’a pas déçu ! d’année en année je l'ai trouvée au contraire plus vraie, plus désirable et plus mystérieuse — depuis le jour où m’est venue la grande libératrice, la pensée qu'il nous était permis de voir dans la vie une expérimentation de la connaissance — et non pas un devoir, non pas une fatalité, non pas une duperie ! — Et quant à la connaissance elle-même : pour autrui elle aura beau être quelque chose d'autre, quelque chose d'autre comme un lit de repos, ou bien le chemin qui mène au lit de repos, ou un divertissement ou une flânerie — pour moi elle est un monde de dangers et de victoires, où les sentiments héroïques eux aussi ont leur place de danses et de jeux. La vie comme moyen de connaissance — avec ce principe au cœur, on peut non seulement vivre avec bravoure, mais encore vivre gaiement, et rire joyeusement !
(F.N. — GS§324)
(F.N. — GS§324)
2007-10-03
la malédiction d'edgar
Edgar aimait le pouvoir mais il en détestait les aléas. Il aurait trouvé humiliant de devoir le remettre en jeu à intervalles réguliers devant des électeurs qui n'avaient pas le millième de sa capacité à raisonner. Et il n'admettait pas non plus que les hommes élus par ce troupeau sans éducation ni classe puissent menacer sa position qui devait être stable dans l'intérêt même du pays. Il était devenu à sa façon consul à vie. Il avait su créer le lien direct avec le Président qui le rendait incontournable. Aucun ministre de la Justice ne pourrait désormais se comporter à son endroit en supérieur hiérarchique direct. Il devenait l'unique mesure de la pertinence morale et politique.
(M.D.)
Je n'aurais pas dû m'accorder le droit de dire publiquement ce que je pensais. Ça me rend fou que les hommes aient le droit de me juger, alors qu'ils n'ont pas la moindre qualité d'amour, de compréhension et d'intelligence pour le faire. Je m'occuperai donc de ça moi-même. Et je me passerai de leur pardon et du mien.
(L.-F.C.)
(M.D.)
Je n'aurais pas dû m'accorder le droit de dire publiquement ce que je pensais. Ça me rend fou que les hommes aient le droit de me juger, alors qu'ils n'ont pas la moindre qualité d'amour, de compréhension et d'intelligence pour le faire. Je m'occuperai donc de ça moi-même. Et je me passerai de leur pardon et du mien.
(L.-F.C.)
2007-10-01
le progrès l'implique, et le plaisir aussi !
Les mots, les couleurs, la lumière, les sons, la pierre, le bois, le bronze appartiennent à l'artiste vivant. Ils appartiennent à qui veut les utiliser. Pillez le Louvre ! À bas l'originalité, le moi servile et stérile qui emprisonne autant qu'il crée. Vive le vol, pur, éhonté, total. Nous ne sommes pas responsables. Volez tout ce qui se présente.
(W.B.-B.G. / J.-L. H.)
(J.-L.H.) :: 0'27''::
cf. pour le détournement
(W.B.-B.G. / J.-L. H.)
(J.-L.H.) :: 0'27''::
cf. pour le détournement
2007-09-26
contre la misère misérable
Sans révolte, le miséreux reste misérable.
Absent.
Et peureux.
Vivant d'expédients existentiels.
De morale cultivée par des maîtres à penser.
À rêver.
À patienter en rond.
Et en marche — au pas.
Vers le repos de la fosse commune.
(J.-M.R.)
>/ les autres suivaient sans y penser...
>/ statistuquo
Absent.
Et peureux.
Vivant d'expédients existentiels.
De morale cultivée par des maîtres à penser.
À rêver.
À patienter en rond.
Et en marche — au pas.
Vers le repos de la fosse commune.
(J.-M.R.)
>/ les autres suivaient sans y penser...
>/ statistuquo
2007-09-24
l'impossible : un possible
Tout ce qui est fort extraordinaire ne paraît possible, à ceux qui ne sont capables que de l’ordinaire, qu’après qu’il est arrivé.
(C.d.R.)
Ils ne savaient pas que ce qu'ils désiraient faire était impossible... alors ils l'ont fait !
(M.T.)
>/ à l'insu
(C.d.R.)
Ils ne savaient pas que ce qu'ils désiraient faire était impossible... alors ils l'ont fait !
(M.T.)
>/ à l'insu
2007-09-23
vilains petits anars
L'effort des adultes est de briser toutes les habitudes des enfants, parce qu'ils soupçonnent en celles-ci un noeud de résistance et d'anarchisme.
(C.P.)
(C.P.)
2007-09-22
coquillage & rocher
C'est souvent une phrase naïve et presque sotte, dite par la femme, qui donne à l'homme l'invincible envie de baiser cette bouche enfantine, tandis que pour la femme souvent c'est au moment où l'homme est le plus grave et le plus durement logique qu'elle l'aime, elle, le plus fort.
(?)

les femmes préfèrent les monstres.
>/ king/kang
(?)

les femmes préfèrent les monstres.
>/ king/kang
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