Puisqu'on ne décide plus de rien, on ne répondra plus de rien.
(O.K.)
N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL
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L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
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2008-02-02
2008-01-28
d'une voi-x l'autr-e
Les femmes naissent et meurent dans un soprano qui paraît indestructible. Les hommes perdent leur voix d'enfant. À treize ans, ils s'enrouent, chevrotent, bêlent. Les hommes sont ces êtres dont la voix casse - des espèces de chants à deux voix. On peut les définir, à partir de la puberté : humains qu'une voix a quittés comme une mue. En eux l'enfance, le non-langage, le chant des émotions premières, c'est la robe d'un serpent.
Alors ou bien les hommes, comme ils tranchent les bourses testiculaires, tranchent la mue. C'est la voix à jamais infantile. Ce sont les castrats. Ou bien les hommes composent avec la voix perdue. On les appelle les compositeurs. Ils recomposent autant qu'ils le peuvent un territoire sonore qui ne mue pas, immuable. Ou encore ils suppléent à l'aide d'instruments les défaillances et l'abandon où l'aggravement de leur voix les a plongés. Ils regagnent de la sorte les registres aigus, à la fois puérils et maternels, de l'émotion naissante, de la patrie sonore. Ils s'en font virtuoses.
(P.Q.)
Alors ou bien les hommes, comme ils tranchent les bourses testiculaires, tranchent la mue. C'est la voix à jamais infantile. Ce sont les castrats. Ou bien les hommes composent avec la voix perdue. On les appelle les compositeurs. Ils recomposent autant qu'ils le peuvent un territoire sonore qui ne mue pas, immuable. Ou encore ils suppléent à l'aide d'instruments les défaillances et l'abandon où l'aggravement de leur voix les a plongés. Ils regagnent de la sorte les registres aigus, à la fois puérils et maternels, de l'émotion naissante, de la patrie sonore. Ils s'en font virtuoses.
(P.Q.)
2008-01-27
affinitéthique
En fait, nous trouvant amenés à prendre position sur à peu près tous les aspects de l'existence qui se propose à nous, nous tenons pour précieux l'accord avec quelques-uns sur l'ensemble de ces prises de position, comme sur certaines directions de recherche.
On a beau dire, assez rares sont les gens qui mettent leur vie, la petite partie de leur vie où quelques choix leur sont laissés, en accord avec leurs sentiments, et leurs jugements. Il est bon d'être fanatique, sur quelques points.
Loin de nous défendre de faire de ces hostilités des questions de personnes, nous déclarons au contraire que l'idée que nous avons des rapports humains nous oblige à en faire des questions de personnes, surdéterminées par des questions d'idées, mais définitives. Ceux qui se résignent se condamnent eux-mêmes : nous n'avons aucunement à sévir ; rien à excuser.
[G.-E. D. - G.J. W.]
On a beau dire, assez rares sont les gens qui mettent leur vie, la petite partie de leur vie où quelques choix leur sont laissés, en accord avec leurs sentiments, et leurs jugements. Il est bon d'être fanatique, sur quelques points.
Loin de nous défendre de faire de ces hostilités des questions de personnes, nous déclarons au contraire que l'idée que nous avons des rapports humains nous oblige à en faire des questions de personnes, surdéterminées par des questions d'idées, mais définitives. Ceux qui se résignent se condamnent eux-mêmes : nous n'avons aucunement à sévir ; rien à excuser.
[G.-E. D. - G.J. W.]
2008-01-24
futur présent de l'indicatif
En tant que micro-société provisoire, ils comptaient vivre le futur dans le présent — dans un futur présent où les outils de maîtrise déjà en place dans les sociétés les plus avancées rendraient tôt ou tard le travail superflu et les loisirs illimités.
(G.M.)
(G.M.)
2008-01-23
c'est comme l'oiseau
L’oiseau, presque tout sphérique, est certainement le sommet (...) de concentration vivante. On ne peut voir, ni imaginer même un plus haut degré d’unité. Excès de concentration qui fait la grande force personnelle de l’oiseau, mais qui implique son extrême individualité, son isolement, sa faiblesse sociale.
(J.M.)
(J.M.)
2008-01-13
roulez jeunesse
Donnez-vous des rendez-vous partout, / Dans les champs, dans les choux, / Faites-vous des baisers tout de suite, / Des serments sur le grand huit. / Le temps passe à toute vitesse, / Roulez jeunesse.
(L.C. — merci à adèle de lepostier.fr)
(L.C. — merci à adèle de lepostier.fr)
2008-01-11
le devenir ligne
On est devenu soi-même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer, ni s'être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Mes territoires sont hors de prise, et pas parce qu'ils sont imaginaires, au contraire : parce que je suis en train de les tracer. Finies les grandes ou les petites guerres, toujours à la traîne de quelque chose. Je n'ai plus aucun secret, à force d'avoir perdu le visage, forme et matière. Je ne suis plus qu'une ligne. Je suis devenu capable d'aimer, non pas d'un amour universel abstrait, mais celui que je vais choisir, et qui va me choisir, en aveugle, mon double, qui n'a pas plus de moi que moi. On s'est sauvé par amour et pour l'amour, en abandonnant l'amour et le moi. On n'est plus qu'une ligne abstraite, comme une flèche qui traverse le vide. Déterritorialisation absolue. On est devenu comme tout le monde, mais à la manière dont personne ne peut devenir comme tout le monde. On a peint le monde sur soi, et pas soi sur le monde.
(G.D.-F.G.)
cf. écran total
(G.D.-F.G.)
cf. écran total
2008-01-10
trouver le lieu et la formule
En fonction de ce que vous cherchez, choisissez une contrée, une ville de peuplement plus ou moins dense, une rue plus ou moins animée. Construisez une maison. Meublez-la. Tirez le meilleur parti de sa décoration et de ses alentours. Choisissez la saison et l’heure. Réunissez les personnes les plus aptes, les disques et les alcools qui conviennent. L’éclairage et la conversation devront être évidemment de circonstance, comme le climat extérieur ou vos souvenirs.
S’il n’y a pas eu d’erreur dans vos calculs, la réponse doit vous satisfaire.
(G.-E.D.)
S’il n’y a pas eu d’erreur dans vos calculs, la réponse doit vous satisfaire.
(G.-E.D.)
2007-12-17
sillage
Le poème entraîne à sa suite un long sillage de silences bavards, qui creuse une trace indélébile ; un appel d'être où s'engouffrent l'esprit et son destin.
(R.G.)
(R.G.)
2007-12-14
pour « cette clandestinité de la vie privée »
. Comment font-ils pour avoir une vie dite normale, observable, fixe, découpée, avouée ? Pour dire « ma femme et moi », par exemple ? Pour ne déclarer qu'une seule adresse, un seul amour, un seul vice, une seule tombe ? Pour se mépriser à ce point ? Contrôle, contrôle.
. C'est l'histoire d'un médecin d'une cinquantaine d'années, à l'existence apparemment normale. Tout le monde (collègues, femmes, enfants, maîtresses, patients) le croit arriviste et cynique, il s'arrange pour qu'on ait cette image de lui, alors que sa seule vraie préoccupation est d'organiser ce qu'il appelle des moments de disparition. Il a loué un studio près de chez lui, où il va s'enfermer de temps en temps en prétextant des voyages professionnels. Il dort, il va se promener dans un quartier éloigné, dîne seul, rentre, écoute de la musique, ne fait rien. Si : il lit.
(...) le personnage ne recherche aucun contact ni sexuel, ni affectif, ni même amical. Tout semble le combler, moment par moment, chaleur, pluie, trottoirs, bousculades, silences, sommeils. On dirait qu'il flotte dans un bonheur permanent sans cause. Pas d'ambition, aucune obsession, pas le moindre souci.
. La vie clandestine (...) ouvre (...) sur un pays parallèle, fuyant par-dessous. Si les [les agents secrets] pouvaient écrire leur Mémoires, on verrait sans doute que toute une existence précise, minutieuse, libère, en retrait, des hémorragies de souvenirs gratuits, à côté desquels l'imagination de la plupart des écrivains paraîtrait étroite, mesquine.
. Il faut voler du temps, une heure par-ci, une heure par-là, et parfois un quart d'heure, trente secondes, cinq minutes. On peut méditer dans les toilettes, les escaliers, les cours. S'arrêter sans motif entre deux immeubles. Marcher très lentement au troisième sous-sol d'un parking. Regarder les toits, les fenêtres, les silhouettes. Sentir à quel point on est là pour rien. Boire trois verres d'eau après un rêve. Se lever très tôt, laisser aller. S'abstenir sexuellement, ou l'inverse. Se taire ou beaucoup parler. S'allonger ou courir. Descendre dans le premier hôtel venu, écouter les bruits, repartir. Conduire une voiture au hasard, le long d'une côte. Accepter des invitations absurdes, s'amuser d'être pris pour un autre. Disparaître pendant trois mois ou un an (comme François, en ce moment, en Chine). Dire qu'on est en voyage, et rester chez soi. Se plaindre quand tout va bien (ça leur fait tellement plaisir), ne surtout rien dire quand tout va mal (ça leur ferait trop plaisir). Dérouter les Léjean, qu'ils s'appellent Fojean ou Vréjean. (...) S'entraîner sans cesse en ayant l'air désoeuvré (...). Gagner, perdre, et de nouveau gagner, perdre, gagner. Mentir, en disant la vérité. Fixer sa montre jusqu'à l'hypnose. Nager, dormir. Être aux aguets sans but, bouger sans raison. Être très sérieux, très frivole. Se reposer à fond. Tout lâcher.
. Société, famille, c'est pareil. Il faut les habituer très tôt à vos décalages, désertions, absences.
(P.S.)
. C'est l'histoire d'un médecin d'une cinquantaine d'années, à l'existence apparemment normale. Tout le monde (collègues, femmes, enfants, maîtresses, patients) le croit arriviste et cynique, il s'arrange pour qu'on ait cette image de lui, alors que sa seule vraie préoccupation est d'organiser ce qu'il appelle des moments de disparition. Il a loué un studio près de chez lui, où il va s'enfermer de temps en temps en prétextant des voyages professionnels. Il dort, il va se promener dans un quartier éloigné, dîne seul, rentre, écoute de la musique, ne fait rien. Si : il lit.
(...) le personnage ne recherche aucun contact ni sexuel, ni affectif, ni même amical. Tout semble le combler, moment par moment, chaleur, pluie, trottoirs, bousculades, silences, sommeils. On dirait qu'il flotte dans un bonheur permanent sans cause. Pas d'ambition, aucune obsession, pas le moindre souci.
. La vie clandestine (...) ouvre (...) sur un pays parallèle, fuyant par-dessous. Si les [les agents secrets] pouvaient écrire leur Mémoires, on verrait sans doute que toute une existence précise, minutieuse, libère, en retrait, des hémorragies de souvenirs gratuits, à côté desquels l'imagination de la plupart des écrivains paraîtrait étroite, mesquine.
. Il faut voler du temps, une heure par-ci, une heure par-là, et parfois un quart d'heure, trente secondes, cinq minutes. On peut méditer dans les toilettes, les escaliers, les cours. S'arrêter sans motif entre deux immeubles. Marcher très lentement au troisième sous-sol d'un parking. Regarder les toits, les fenêtres, les silhouettes. Sentir à quel point on est là pour rien. Boire trois verres d'eau après un rêve. Se lever très tôt, laisser aller. S'abstenir sexuellement, ou l'inverse. Se taire ou beaucoup parler. S'allonger ou courir. Descendre dans le premier hôtel venu, écouter les bruits, repartir. Conduire une voiture au hasard, le long d'une côte. Accepter des invitations absurdes, s'amuser d'être pris pour un autre. Disparaître pendant trois mois ou un an (comme François, en ce moment, en Chine). Dire qu'on est en voyage, et rester chez soi. Se plaindre quand tout va bien (ça leur fait tellement plaisir), ne surtout rien dire quand tout va mal (ça leur ferait trop plaisir). Dérouter les Léjean, qu'ils s'appellent Fojean ou Vréjean. (...) S'entraîner sans cesse en ayant l'air désoeuvré (...). Gagner, perdre, et de nouveau gagner, perdre, gagner. Mentir, en disant la vérité. Fixer sa montre jusqu'à l'hypnose. Nager, dormir. Être aux aguets sans but, bouger sans raison. Être très sérieux, très frivole. Se reposer à fond. Tout lâcher.
. Société, famille, c'est pareil. Il faut les habituer très tôt à vos décalages, désertions, absences.
(P.S.)
2007-12-12
conpréhensiom
« Celui qui ne comprend rien, dit Maistre par provocation, comprend mieux que celui qui comprend mal. » Vérification facile, et raison pour laquelle, sans doute, ma jolie petite concierge catholique portugaise me comprend beaucoup mieux que mes connaissances, mes proches et la plupart de mes amis.
(P.S.)
cf. l'ascésure
(P.S.)
cf. l'ascésure
2007-12-07
2007-12-02
bibliothéquologie
Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.
Une bibliothèque est une chambre d'amis.
Étrange révélateur qu'une bibliothèque! certaines absences en disent long et toutes les présences ne sont pas significatives.
Les fonctionnaires sont comme les livres d'une bibliothèque: ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire: «usage externe», comme sur les fioles de pharmacie!
Il y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques ont un harem.
Paul Valéry avait lu tous les livres, et quand il mourut, il désigna du regard sa vaste bibliothèque et murmura: «Décidément, tout cela ne vaut pas un beau cul.»
Avec tout ce que je sais, on pourrait faire un livre... il est vrai qu'avec tout ce que je ne sais pas, on pourrait faire une bibliothèque.
Les bibliothèques sont particulièrement utiles pour les livres médiocres qui, sans elles, se perdraient.
Un intellectuel, c'est quelqu'un qui entre dans une bibliothèque même quand il ne pleut pas.
J'en suis réduite à écrire des notes interminables dans les marges de livres qui ne sont même pas à moi mais à la bibliothèque. Un jour ou l'autre ils s'apercevront que c'est moi qui ai fait le coup et me retireront ma carte.
([A.H.A.], T.B.J., P.B, G.C., A.D., V.H., M.G., S.G., S., A.R., H.H.)
Une bibliothèque est une chambre d'amis.
Étrange révélateur qu'une bibliothèque! certaines absences en disent long et toutes les présences ne sont pas significatives.
Les fonctionnaires sont comme les livres d'une bibliothèque: ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire: «usage externe», comme sur les fioles de pharmacie!
Il y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques ont un harem.
Paul Valéry avait lu tous les livres, et quand il mourut, il désigna du regard sa vaste bibliothèque et murmura: «Décidément, tout cela ne vaut pas un beau cul.»
Avec tout ce que je sais, on pourrait faire un livre... il est vrai qu'avec tout ce que je ne sais pas, on pourrait faire une bibliothèque.
Les bibliothèques sont particulièrement utiles pour les livres médiocres qui, sans elles, se perdraient.
Un intellectuel, c'est quelqu'un qui entre dans une bibliothèque même quand il ne pleut pas.
J'en suis réduite à écrire des notes interminables dans les marges de livres qui ne sont même pas à moi mais à la bibliothèque. Un jour ou l'autre ils s'apercevront que c'est moi qui ai fait le coup et me retireront ma carte.
([A.H.A.], T.B.J., P.B, G.C., A.D., V.H., M.G., S.G., S., A.R., H.H.)
2007-11-27
ô gué, au guet, matelot !
Que faire quand on est au milieu du guet ? Regarder en arrière ? regarder en avant ? Être trop avancé pour revenir en arrière et retrouver la compassion de ceux qu'on a quittés. Pas assez loin pour savoir qu'en allant de l'avant on finira par s'en sortir. Nous en sommes là ; à mi-chemin de cette traversée du marais de la solitude.
(R.E.?)
>/ nechangerien
(R.E.?)
>/ nechangerien
2007-11-25
2007-11-20
2007-11-19
à la jean renoir
La force de leur plan est que, comme tous les bons plans, ils ne réglaient pas à l’avance tous les détails. Ils se sont bornés à esquisser des lignes directrices simples, et pour le reste, ils ont laissé une grande liberté d’improvisation...
([L.D.])
([L.D.])
2007-11-09
palpite
Enfant, pas de phrases !... (...) Le Jazz a renversé la valse, l’Impressionnisme a tué le « faux-jour », vous écrirez télégraphique ou vous écrirez plus du tout ! (...) Trouvez la palpite nom de foutre ! La fête est là ! Enfin ! Quelque chose ! Réveil ! Allez salut ! Robots la crotte ! Merde ! Transposez ou c’est la mort !
(L.-F.C.)
(L.-F.C.)
2007-11-05
la mesure et le vertige du travail
Jamais je n'irai conseiller à un enfant de ne rien faire. C'est extrêmement dangereux. On en vient à perdre la mesure du travail. On ne sait plus ce que c'est. Quand il vous arrive plus tard, bien plus tard, de vous mettre à travailler, on travaille comme un dératé. J'en ai vu de tristes exemples : un grand journaliste, un directeur de musée qui étaient restés dix à quinze ans sans rien faire du tout et puis s'étaient mis au travail. Ils se tuaient à la tâche. C'était un spectacle triste, à donner le vertige.
(J.P.)
(J.P.)
2007-11-04
pour une aristodémocratie
Quand j'ai appris à l'école que nous avions fait la Révolution en 1789, j'ai aussitôt pensé que ç'avait été pour donner à chaque homme tout ce dont les aristocrates avaient été seuls à profiter jusque-là (...) Pas du tout. J'ai appris très vite que les révolutionnaires s'étaient trompés sur la Révolution. Ce n'était pas faute de bons conseils. En particulier les gens de ma province avaient dit très précisément ce qu'ils en pensaient. Le cahier de doléances des habitants de Caillan, en 1789, demande que tous les Français soient anoblis (...) Mais la Révolution n'a pas du tout suivi Caillan. Elle s'est contentée de supprimer les titres : de désennoblir tous ceux qui étaient déjà nobles. [Or], est-ce qu'il revient au même de mettre en liberté tous les prisonniers d'un village, ou de mettre en prison tous les habitants ? Il me semble que c'est tout le contraire. Eh bien les Français de 91 ont plutôt été portés à mettre les gens en prison. Ils n'ont pas décidé (comme il eût été naturel) que tous les Français méritaient d'être nommés ducs. Ils ont décidé que les ducs ne valaient pas mieux que les autres Français. Ils avaient pourtant des mérites...
(J.P.)
(J.P.)
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