N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2013-07-09

la science du philosophe

Un philosophe est une intelligence de type scientifique s'étant trouvée requis par la nécessité d'une appréhension du réel le plus entier et le plus immédiat, quotidien, terre-à-terre, et l'urgence d'y savoir vivre du mieux possible, tout autre affaire cessante. Intelligence scientifique qu'un penchant et une urgence existentielle, donc, dévoient et dévouent à l'étude pragmatique de l'existence humaine dans son ensemble – cosmo-logique. Bref, un philosophe tel que je le conçois est évidemment bien un chercheur scientifique, seulement appliqué tout entier au métier de vivre qui est le nôtre, « l'unique et âpre métier de vivre » – ensemble. (O.K.)


K — ... faute de trouver surtout comment exprimer cette idée qu'il y a aussi des scientifiques ou, du moins, des esprits scientifiques cachés derrière des gens qui ne le sont pas officiellement (par exemple D. ou moi, qui en av(i)ons les inclinations et les aptitudes et jusqu'aux résultats scolaires, bacs scientifiques, etc., mais il a fallu faire un choix, un de plus, et c'est alors la philosophie  – la science-mère ! et lièvre à la fois ! – qui a gagné, pris le dessus, ou dans un premier temps pour l'un) et qui n'en sont pas moins littéraires (ou sinon pas loin, pour l'un, haha). D'ailleurs, quand je pense aux grands scientifiques ou grandes consciences scientifiques de leur temps, ne sont-ils pas en général aussi d'honorables lettrés philosophes ? Du moins, ceux dont j'ai connaissance – forcément. Bref, tout ça pour dire quoi, réagir à quoi ? Ben, je sais pas ; ça m'échappe encore un peu, là..

J — C'était pour placer au passage que t'étais tout aussi philosophe que scientifique.

K — Hahah. Mais plus sérieusement : d'esprit, oui ! Et pour cause ! Puisque, pour moi, ça part du même esprit. La philosophie telle que je la conçois est une science. Je vois pas la différence, si ce n'est que celle-ci se refuse autant que possible à réduire son champ d'observation, de conclusions et d'application, dans l'espace comme dans le temps, happée qu'elle est par l'urgence de mieux vivre au plus tôt, elle veut rien lâcher du réel dans son ensemble pris comme tel, pour y exercer ses observations, ses intuitions afin de toujours mieux s'orienter dans la vie et au plus vite, sans attendre quoi que ce soit et donc en avance sur les éventuelles confirmations spécifiques qui viendront ensuite, ou pas, desdites sciences ou d'ailleurs. Elle est première et dernière, c'est la science-mère et généraliste, elle devance la science et même les sciences depuis toujours, c'est le lièvre, par urgence éthique et politique. Les philosophes comme je les entends, et même s'ils ne portent pas ce nom, sont des esprits scientifiques happés par l'urgence de mieux vivre ici et maintenant, individuellement et donc collectivement ou l'inverse, sans attendre après telle ou telle confirmation rationnelle et partielle : « la science est trop lente » ! Bref, pour moi, ce sont des scientifiques appliqués au métier de vivre. Tout simplement. Et « je connais le travail ; et la science est trop lente. Que la prière galope et que la lumière gronde... je le vois bien ». (O.K.)

C'est donc tout un profil. Pas de hasard pour nous qui, plus ou moins, ne voulons rien lâcher de l'ensemble, ne pas coller notre nez – alors que la vie passe et nous engage sans relâche – sur un point précis, à creuser, au détriment du reste, de l'ensemble, cet ensemble qui nous interpelle sans cesse et en tant que tel, nous sollicite de tout urgence, tout autre petite affaire cessante. Pour nous, c'est avant tout la grande. La grande affaire, avant tout. Et, merde, ça occupe toute une vie. Et plus qu'une vie, d'où le recours bienvenu aux contributions des prédécesseurs et confrères. (O.K.)




cf. la pensée humaine est de nature scientifique
cf. CHAPITRE : (auto)philosophe

2013-07-08

con(tre)science du philosophe



(J.-L.G.)(O.K.)


Moi, pas envie d'entendre ? Euh, (...) tu me confonds encore une fois avec toi-même, ou disons avec ton fonctionnement à toi. Moi que presque plus rien ne surprend plus, à force de « tout » regarder en face et d'en capter le « fond », des mécanismes... Ce qui nous a valu tant de déconvenues, toi et moi, souviens-toi, puisqu'indéfiniment tu tends de ton côté à refuser cette intelligence*-là. Enfin bref. (...) Moi, comme tu sais ou finirais par le savoir, je saisis... et peut-être comprends bien assez le « fond » de « l'histoire », du principe à tout ça, du ressort de tout ça, que... ha!...
(O.K.)

Quant à l'hypersensibilité par (trop de) clairvoyance, je te répondrais qu'il y a moyen d'atténuer la première en poussant encore plus loin la seconde, jusque dans ses derniers retranchements théoriques, pratiquement. C'est ce que je crois avoir fait, et poursuivre. Et, tiens, pour te mettre sur la voie – qui serait mienne – il y a une fille qui vient de commercialiser un livre de vulgarisation philosophique joliment intitulé Lâcher prise avec Schopenhauer. Si tu vois ce que je veux dire, où elle veut en venir... Mais peut-être mieux que Schopenhauer, plus près de nous en tout cas, il y a aussi otto karl ! (...) Au moins aussi clairvoyant, le gars, mais plus nuancé et plus guilleret, tu me connais !
(O.K.)

* au sens ottokarlien


cf. chapitre R. (comme réel et rosset)
cf. chapitre défausophie

2013-06-20

ce ci

On rapporte que celui dont on connaît la pertinence, Cézanne, appliqué à peindre in situ une des ses Montagne Sainte-Victoire, eût rétorqué à des badauds naïvement admiratifs : Je ne peins pas une montagne, je peins un tableau. (O.K.)

« Vos embarras cesseraient si vous vous teniez près du commencement  des phénomènes et si vous traitiez les choses en choses au lieu de vous laisser traiter en choses par les choses. » Prenez les choses pour ce qu'elles sont... (J.-F.B.)


                           (R.M.)
 
cf. pour le sens de la forme 

2013-06-15

alain robbe-grillet, introduction (au nouveau)




À Livre ouvert - 15/02/1973 - Alain Robbe-Grillet et la poésie
À Livre ouvert - 15/02/1973 - Alain Robbe-Grillet et le nouveau lecteur

> introduction au monde (de / par robbe-grillet)

2013-06-07

au fond, cascadeur, c'est moi



(C.)
(...) son visage est dissimulé sous un masque (...). Son pseudonyme [Cascadeur] lui a été inspiré par certains de ses amis qui lui montraient les risques vocaux et musicaux qu'il prenait dans ses compositions. (w.)

2013-06-06

se remettre en jeu

Un [véritable] artiste, un écrivain est nécessairement un expérimentateur – non seulement dans la mise au point de ses moyens, mais aussi (et tout d'abord) dans sa façon de sentir, de percevoir et de se représenter le monde. Ce caractère expérimentateur est plus ou moins marqué, plus ou moins conscient, plus ou moins avoué selon les cas. (...) Mais cette faculté de défaire et refaire le monde est universelle. Elle est présente en chacun de nous, et nous est indispensable. Il est vital que nous sachions faire retour à la confusion et au vide quand notre activité consciente est dans un cul-de-sac, qu'elle s'est laissée enfermer dans un système d'idées fausses ou dans des projets irréalisables. Notre salut dépend alors de notre capacité de faire marche arrière, d'aller « évoluer à proximité du début des phénomènes », de retrouver « le vide où s'assemble la Voie » [Tchouang-Tseu]. Il faut savoir faire le vide pour produire l'acte nécessaire. L'incapacité de faire le vide (...) engendre la répétition, la rigidité, la folie. (...)
    Cette faculté de défaire et refaire notre rapport à nous-mêmes, aux autres et aux choses n'est pas seulement vitale pour les personnes, elle l'est aussi pour les communautés, les sociétés. (...)
    (...) l'expérimentation, la dissolution et la redéfinition de notre rapport à nous-mêmes, aux autres et au monde, ce solve et coagula des alchimistes, ne peut se faire sans l'adoption – expérimentale, toujours – de paradigmes nouveaux. (...) nous permett[a]nt de mieux observer notre expérience, ou de l'observer autrement, et de surmonter certaines apories qui résultent de nos paradigmes habituels (...)
(J.-F.B.)

cf. se (dé)jouer

2013-06-02

topless et allez !

2013.06.01

... une des conséquences probables de cette mode, cette trouvaille des Femen, ce filon filou de jouer sur la fibre sexuelle  – la plus puissante de toutes si ce n'est la seule au fond de tout – pour faire parler de ci et de ça, serait peut-être bien d'introduire insidieusement au postsexuel : par l'usure, la banalisation de ce sexuel-là. Parce que, loi de l'entropie, ça marchera naturellement de moins en moins, le coup des seins nus. Et à cet égard c'est tant mieux. Et les filles pourront peut-être bientôt et enfin se balader torse nu, sans (se) mettre aussi mal à l'aise qu'à notre époque. Et qui dit torse nu dit aussi forcément contact, et donc banalisé lui aussi, désamorcé du sexuel quand il le faut, etc. Je m'en réjouirais pour deux, depuis la belle lurette que je l'appelle de mes voeux, mais ce sera probablement un peu trop tard pour moi, j'aurais vécu dans le fin fond d'une autre époque.
Et puis, que les filles puissent pisser à l'air libre un peu n'importe où, comme nous – de moins en moins, mais encore – j'adorerais ! Je le réclame aussi depuis toujours. J'ai même jamais compris. Certaines ont eu beau m'expliquer... Jamais compris. Et allez savoir pourquoi dans presque tous mes films de vacances on voit une fille qui pisse, comme ça, sauvagement. (...) Sinon plus... Et si je pouvais encore aller plus loin, allez...
(O.K.)


2013.06.02

New York, les femmes autorisées à se balader seins nus.

Tout comme les hommes torse nu en été, les femmes pourront aussi faire du topless, égalité oblige.

C'est une loi qui date de 1992 et qui dispose que les femmes ont le droit d'être torse nu partout où les hommes ont ce même droit. En pratique, les policiers du NYPD ne la respectaient pas et avaient plutôt tendance à arrêter les femmes torse nu. Mais ils ont récemment reçu une note dans laquelle il leur est rappelé que, s'ils tombent nez à nez avec une femme "topless", ils ne doivent en aucun cas l'arrêter, comme l'explique le New York Times.

"Même si se montrer seins nus attire beaucoup l'attention, les agents devront dans ce cas disperser la foule et adopter des mesures coercitives", détaille le journal.

L'idée est d'être à armes égales face à la chaleur, mais pour les féministes, c'est une façon de défendre et de revendiquer l'égalité des droits entre hommes et femmes.

En France, il est interdit de se dénuder de manière trop importante dans la rue, sous peine d'être arrêté pour "attentat à la pudeur". Considéré comme une agression sexuelle, ce délit relève du Code pénal et est passible d'une peine de 3 à 5 ans de prison.
(A.P., Le Point)

cf. jouer avant tout, au-dessus de tout

2013-05-26

adopte(z) une philosophie, de quoi réactiver un philosophe








... plutôt m'associer à (même si l'expression est cucul, là) des « réinventeurs de l'amour » comme moi. C'est-à-dire qui vont encore plus loin que ça. Bref, des pré-(disposés) postsexuels, je crois, car je crois que c'est la clé. Enfin, autant dire des « un-peu-philosophes ». Je me rends compte que je suis arrivé tellement loin, il me semble, dans la connaissance et la com-préhension des mécanismes de tout ça... tellement couillons... Haha, je vous assure, ça fait drôle d'avoir une vision quasi « divine » sur ce bordel, tous ces mécanismes programmés, d'égoïsme animal... comme je m'amuse (presque) de voir la plupart des gens englués dans ce malheureux jeu (heureux en amour ?), en train d'interpréter tout de travers, à la gnangnan (la sauce qu'on leur et qui les dessert), et d'en être malheureux et heureux, et malheureux... comme ça, indéfiniment, sans jamais percer le fond du mécanisme, du leurre... Bref, ce serait avec des gens assez avertis et avancés et volontaires sur tout ça que je m'associerais désormais. Ou alors, bien sûr, qui en seraient pas loin, ou d'une intuition, ou d'un désir de fond, et qu'un brin d'otto karl, qui sait, révélerait... (O.K.)

Com(m)e to(o) me.



> roi + reine en avance sur l'àmouréinventer, rencontre
> ottoportrait en devenir

2013-04-25

pour un quommunisme



(merci à damien)

(...) Mais pour le coup, le slogan est vraiment pas mal, je crois. Combiné au « Partager »... À nous faire croire que cette jolie fille (enfin... et à suivre dans la vie, donc) vivrait déjà le communisme au quotidien. Comme on est d'ailleurs un certain nombre à le proposer depuis longtemps. Et à essayer de le vivre. Relativement en échec ou en bride. Car difficile... de l'intérieur du « vieux monde » hostile tellement coincé, bête et méchant : tellement moyenhomme...
À l'instant, je tombe sur ce passage d'un poème gratuit (autopublié sur le site internet) de Michel Butor : « (...) Il réfléchit au développement d'une société nouvelle / dans la vieille / Il compte sur ce profond changement pour le bonheur... » (O.K.)

Mon dernier séminaire à l'université portait sur les lettristes-situationnistes, avec comme (sous-)titre : « Pour une révolution de la vie quotidienne. » Après quoi, j'ai décidé d'arrêter [l'enseignement]. J'estimais être arrivé au bout de ce que j'avais à dire. Et je continue de croire qu'il n'y a pas de sujet plus important, urgent, et salvateur que celui-là. C'est d'ailleurs ce à quoi je me consacre depuis, même depuis toujours. Je crois que c'est ce qu'on appelle la philosophie. Sauf que... (O.K.)

Agir donc « au développement d'une société nouvelle dans la vieille », oui. (Pour une « multiplication du progrès », par contagion interne.) Ne serait-ce pas dit et redit que c'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure confiture ? (Mais pour des cochons ?) Encore une fois, donc, « je suis pour » : « pour une révolution de la vie quotidienne », laquelle a cette vertu inestimable de bénéficier au moins à ceux qui l'entreprennent, mais dont on parie que l'épanouissement contamine peu à peu. Bref, pour  « un devenir-révolutionnaire » plutôt que La révolution, cet inéluctable coup de sang ravageur à la sauce moyenhomme, dont la veille, le jour et le lendemain ne font toujours que déchanter, car fondés sur le ressentiment plutôt que sur l'affirmation, la joie. Or la joie d'une révolution de la vie quotidienne !... qui peu à peu transforme tout... (O.K.)

cf. vin nouveau
cf. CHAPITRE : s'en sortir sans sortir


2013-04-24

affectivital

Notre existence ne se sent justifiée, sinon pratiquement rachetée, jusque physiquement, par les seuls échanges d'affection ; dont on s'avère en quête toute sa vie, par tous les moyens, de toutes les manières, sous toutes les formes. (O.K.)

2013-04-23

des vacances à l'oeuvre

... pour moi et dans ma campagne, en plus, fête du travail ou pas ça change pas grand chose ; ni chaud ni froid, puisqu'en vacances tout le temps j'o(e)uvrage tout le temps, alors... (O.K.)

... le loisir j'en aurais plus que la plupart et plus que de droit (moral), puisque voilà 12 ans que je suis pour ainsi dire en vacances, et volontaires. Eh oui, en philosophe on s'emploie à se libérer au maximum, sur tous les plans. C'est un peu notre emploi, disons ; et emploi du temps. Le métier de vivre du mieux qu'on peut. Et « très vite et très tôt » j'ai estimé que ça commençait un peu par là. (O.K.)

Tendance postmoderne, moi. Toujours et jamais en vacances. Mais vraiment toujours ni vraiment jamais vraiment. Quelle tristesse, n'est-ce pas ? Mais quelle joie ! Comment s'en sortir sans sortir ? Par là – peut-être bien. (O.K.)

2013-04-21

les grands crus et les grands

Peu [ou moindre] importe le succès, il s’agit d’être grand, non de le paraître. (R.R.)[O.K.]

Ne pas mélanger notoriété actuelle, conjoncturelle, et grandeur effective, elle, intempestive. (O.K.)

Dans leur écrasante majorité les « grands » de ce monde mondain actuel ne sont pas ceux qu'on nous ferait croire, pour un peu, si peu ; qu'on nous vend. (O.K.)

2013-04-20

déception en attente

Il n'y a aucune déception qui ne soit pas la conséquence (proportionnelle) d'une d'attente ; et d'une attente de trop, donc, si l'on souhaite s'épargner de souffrir abusivement. (O.K.)

Il n'empêche qu'on peut s'amuser d'espérer, par jeu, par joie, s'en émoustiller, autant qu'on sait à quoi s'en tenir, paré à la déconvenue ; espérer, en conscience du délire que c'est, donc en toute légèreté, espérer pour ainsi dire sans attendre. Mais espérer naïvement c'est-à-dire gravement, ça, mieux vaut s'en épargner autant que possible. (O.K.)

> a-ttente

2013-04-16

2013-04-13

de la pensée à la vivre

À Anne-Lise, voisine d'ascèse.

    Car la vérité, pour les philosophes grecs ou romains, n'est pas seulement à connaître, elle est aussi à vivre. Voilà leur dénominateur commun.
    En grec ancien, il n'existe qu'un seul mot, sophos, pour désigner à la fois « le sage » et « le savant ». Entre celui qui possède des connaissances et celui qui transforme son existence à partir d'elles, la distinction n'est pas possible, même du strict point de vue linguistique.
    Ainsi le « savant fou », image habituelle pour nous de la science-fiction, est une impossibilité dans l'horizon de la pensée antique. Celui qui détient des connaissances doit en être moralement transformé. Le savoir n'est pas moralement neutre. Il n'est jamais tout à fait détacher d'un horizon existentiel.
    Tout savoir est aussi un savoir-vivre. Toute forme d'existence transformée par une intention philosophique implique la présence d'un savoir et la mise en oeuvre d'une pratique. C'est ce qu'il faut d'abord comprendre.

(...)

    La première chose à garder en tête en parlant des écoles philosophiques de l'Antiquité est donc qu'elles ne se limitent pas à une activité théorique, conceptuelle et intellectuelle. Elles conservent continûment une visée pratique, une volonté de transformer le caractère autant que la réflexion. Quelles que soient leurs différences, leur but commun consiste à vouloir assurer le bonheur par une transformation conjointe de la pensée et de la manière de vivre. Il ne s'agit jamais de pure spéculation mais toujours d'une patiente, lente et régulière métamorphose vers la sagesse.

    Certes, ce travail repose toujours sur une analyse intellectuelle, sur la vision claire de points de doctrine aperçus par la raison. Pour entrer dans la pratique, la compréhension doit ensuite s'accompagner d'un véritable entraînement quotidien. Il se désigne en grec par le mot « aïskèsis ». Ce terme a donné en français « ascèse », mais il ne signifie pas forcément, dans l'Antiquité, une pratique austère. Dans notre vocabulaire, l'ascèse évoque le fait de se dépouiller de nombre d'agréments, que l'on délaisse par souci de se mortifier. Il vaut mieux entendre, dans le « aïskèsis », l'idée d'exercice. Exercice spirituel ou exercice tout court, entraînement. L'aïskèsis est un entraînement quotidien pour se modifier, transformer son existence, ne plus être soumis à des variations d'émotion, ne plus être entraîné par des désirs débridés.
    Le but est de « calmer la tempête de l'âme ». Les diverses écoles philosophiques sont toutes habitées par une même volonté d'aller vers plus de sérénité, vers l'absence de trouble, vers la permanence de l'équilibre interne. Mais il existe, évidemment, des distinctions majeures dans les voies préconisées.
(R.-P.D.)

cf. l'éthique philosophique
cf. anti(quitter la) philosophie moderne
cf. attitude philosophique universelle

cf. karl, 37eme philosophe
cf. k.abbale