L'art est long, la vie est courte.
(L.N.)
N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL
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L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
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2008-10-01
2008-09-29
chef-d'oeuvreur insoupçonné
On ne pourrait jamais soupçonner, dans sa Correspondance de 1917, que Proust est en train d'écrire un des plus grands livres de l'humanité. Tout enveloppé d'apparences : ne vous en faites pas, je suis très malade, je perds mon temps dans des centaines de situations pour rien.
(P.S.)
associé à : modérer l'inter, net.
(P.S.)
associé à : modérer l'inter, net.
2008-09-28
2008-09-23
Œ
Le génie artistique agit à la façon de ces températures extrêmement élevées qui ont le pouvoir de dissocier les combinaisons d'atomes et de grouper ceux-ci selon un ordre absolument contraire, répondant à un autre type. (...)
De même, il arrive souvent qu'à partir d'un certain âge, l'oeil d'un grand chercheur trouve partout les éléments nécessaires à établir les rapports qui seuls l'intéressent. Comme ces ouvriers ou ces joueurs qui ne font pas d'embarras et se contentent de ce qui leur tombe sous la main, ils pourraient dire de n'importe quoi : cela fera l'affaire.
(M.P.)
cf.du culminant
De même, il arrive souvent qu'à partir d'un certain âge, l'oeil d'un grand chercheur trouve partout les éléments nécessaires à établir les rapports qui seuls l'intéressent. Comme ces ouvriers ou ces joueurs qui ne font pas d'embarras et se contentent de ce qui leur tombe sous la main, ils pourraient dire de n'importe quoi : cela fera l'affaire.
(M.P.)
cf.du culminant
2008-09-22
cynologie
Vous savez très bien que les hommes ne méritent pas qu'on recherche leur suffrage ; cependant, on a la faiblesse de le désirer, ce suffrage qui n'est que du vent. L'essentiel est d'être bien avec soi-même et de regarder le public comme des chiens qui tantôt nous mordent, et tantôt nous lèchent.
(V.)
(V.)
dés—ordre
Le désordre c'est l'ordre — moins le pouvoir.
(L.F.)
[Refus du pouvoir ?] Disons une sensibilité extrême à l'égard de son ubiquité — il est partout — et de son endurance — il est perpétuel.
. une sensibilité obstinée. Dans mon cas : un fonds inaltérable d'anarchisme, au sens le plus étymologique du mot.
(R.B. — GV286)
Mais c'est toujours « l'ordre l'ordre l'ordre »... Moi je voudrais (...) quelque chose qui serait le désordre juste. Arriver à (...) expliquer aux gens qu'il peut y avoir un désordre qui est juste. C'est pas « l'ordre » qui est intéressant dans [le slogan] « l'ordre juste », c'est (...) « juste ». Il faut que ce soit (...) la justice.
(M.-E.N.)
(L.F.)
[Refus du pouvoir ?] Disons une sensibilité extrême à l'égard de son ubiquité — il est partout — et de son endurance — il est perpétuel.
. une sensibilité obstinée. Dans mon cas : un fonds inaltérable d'anarchisme, au sens le plus étymologique du mot.
(R.B. — GV286)
Mais c'est toujours « l'ordre l'ordre l'ordre »... Moi je voudrais (...) quelque chose qui serait le désordre juste. Arriver à (...) expliquer aux gens qu'il peut y avoir un désordre qui est juste. C'est pas « l'ordre » qui est intéressant dans [le slogan] « l'ordre juste », c'est (...) « juste ». Il faut que ce soit (...) la justice.
(M.-E.N.)
2008-09-21
définition d'un film d'auteur
Définir ce qu'est un film d'auteur est toujours un peu con... En france, c'est en général un film à la première personne : un auteur donne de ses nouvelles à travers ses films, envoie des lettres régulières en racontant ce qui lui arrive dans la vie.
(C.H.)
(C.H.)
plutôt somnoler
Je pouvais dormir encore (...) ; je préférais « somnoler » qui impliquait le plaisir de dormir à moitié dans la bonne chaleur lénifiante du cocon.
(J.P.)
(J.P.)
2008-09-09
2008-09-07
2008-09-06
le monde aura gagné
La perche dans le chlore / Me semble hors de portée / Dans un instant je plonge / Le monde aura gagné.
(D.A.)
(D.A.)
2008-09-04
vertus
Dans un itinéraire politique tout se tient, en effet. Et je crois que les vertus privées et les vertus publiques doivent être les mêmes, et doivent être en cohérence.
(S.R.)
(S.R.)
2008-09-03
belle endormie
De temps en temps, j'allais voir dormir K. au visage détendu, enfantin, au souffle égal. Quel plaisir ! Ma fatigue reculait d'un cran.
(J.P.)
(J.P.)
2008-09-02
unité d'action
... elle s'est tournée vers moi (...) et je ne me suis pas dit : « Il faut que je la regarde avec le désir qu'elle attend. » J'ai réellement éprouvé ce désir et je l'ai regardée naturellement comme une femme qu'on désire. Je ne me forçais en rien, j'étais un homme simple, je l'ai prise dans mes bras, serrée très fort, émerveillé de la serrer aussi fort sans me dire : « Je la serre dans mes bras, elle va être contente. » Je ne me dédoublais pas, je me sentais agir dans mon unité.
(J.P.)
(cf. pour une sexualité performative)
(J.P.)
(cf. pour une sexualité performative)
2008-08-31
l'envergure des corps
C'est d'ordinaire avec notre être réduit au minimum que nous vivons, la plupart de nos facultés restent endormies, parce qu'elles se reposent sur l'habitude qui sait ce qu'il y a à faire et n'a pas besoin d'elles.
(M.P.)
Il s'agit d'occuper sa vraie dimension. C'est la recherche de sa vraie dimension. Je crois que nous vivons tous un peu au-dessous de nos moyens (...) alors notre véritable envergure où se trouve-t-elle ?
(M.M.)
Je n'avais qu'un seul but du matin jusqu'au soir : me tailler une existence à mes propres mesures.
(F.N.)
(M.P.)
Il s'agit d'occuper sa vraie dimension. C'est la recherche de sa vraie dimension. Je crois que nous vivons tous un peu au-dessous de nos moyens (...) alors notre véritable envergure où se trouve-t-elle ?
(M.M.)
Je n'avais qu'un seul but du matin jusqu'au soir : me tailler une existence à mes propres mesures.
(F.N.)
2008-08-27
2008-08-26
notre valise en carton
Qui soutient la littérature ? Vous, moi. C’est-à-dire des gens sans revenus. La littérature est soutenue par une clientèle de déclassés. Nous sommes des exilés sociaux et nous emportons la littérature dans nos maigres bagages.
(R.B.)
(R.B.)
2008-08-21
déjeuner sur de l'herbe sous le pied dans la tombe
– Oui, à cette œuvre, cette idée du temps, que je venais de former, disait qu’il était temps de me mettre. Il était grand temps, cela justifiait l’anxiété qui s’était emparée de moi (...) ; mais était-il temps encore ? L’esprit a ses paysages dont la contemplation ne lui est laissée qu’un temps. J’avais vécu comme un peintre montant un chemin qui surplombe un lac dont un rideau de rochers et d’arbres lui cache la vue. Par une brèche il l’aperçoit, il l’a tout entier devant lui, il prend ses pinceaux. Mais déjà vient la nuit, où l’on ne peut plus peindre, et sur laquelle le jour ne se relèvera plus ! (...)
car mon heure pouvait sonner dans quelques minutes. (...)
Je n’avais plus mon indifférence (...), je me sentais accru de cette œuvre que je portais en moi (comme de quelque chose de précieux et de fragile qui m’eût été confié et que j’aurais voulu remettre intact aux mains auxquelles il était destiné et qui n’étaient pas les miennes).
Et dire que tout à l’heure, quand je rentrerais chez moi, il suffirait d’un choc accidentel pour que mon corps fût détruit, et que mon esprit, d’où la vie se retirerait, fût obligé de lâcher à jamais les idées qu’en ce moment il enserrait, protégeait anxieusement de sa pulpe frémissante et qu’il n’avait pas eu le temps de mettre en sûreté dans un livre [ou autre]. Maintenant, me sentir porteur d’une œuvre rendait pour moi un accident où j’aurais trouvé la mort plus redoutable, même (dans la mesure où cette œuvre me semblait nécessaire et durable) absurde, en contradiction avec mon désir, avec l’élan de ma pensée, mais pas moins possible pour cela puisque les accidents, étant produits par des causes matérielles, peuvent parfaitement avoir lieu au moment où des volontés fort différentes, qu’ils détruisent sans les connaître, les rendent détestables, comme il arrive chaque jour dans les incidents les plus simples de la vie où, pendant qu’on désire de tout son cœur ne pas faire de bruit à un ami qui dort, une carafe placée trop au bord de la table tombe et le réveille.
Je savais très bien que mon cerveau était un riche bassin minier, où il y avait une étendue immense et fort diverse de gisements précieux. Mais aurais-je le temps de les exploiter ? J’étais la seule personne capable de le faire. Pour deux raisons : avec ma mort eût disparu non seulement le seul ouvrier mineur capable d’extraire les minerais, mais encore le gisement lui-même ; or, tout à l’heure, quand je rentrerais chez moi, il suffirait de la rencontre de l’auto que je prendrais avec une autre pour que mon corps fût détruit et que mon esprit fût forcé d’abandonner à tout jamais mes idées nouvelles. Or, par une bizarre coïncidence, cette crainte raisonnée du danger naissait en moi à un moment où, depuis peu, l’idée de la mort m’était devenue indifférente.(...)
à force de se renouveler cette crainte s’était naturellement changée en un calme confiant. (...)
Ces morts successives, si redoutées du moi qu’elles devaient anéantir, si indifférentes, si douces une fois accomplies, et quand celui qui les craignait n’était plus là pour les sentir, m’avaient fait, depuis quelque temps, comprendre combien il serait peu sage de m’effrayer de la mort.
Or c’était maintenant qu’elle m’était devenue depuis peu indifférente que je recommençais de nouveau à la craindre, sous une autre forme il est vrai, non pas pour moi, mais pour mon livre, à l’éclosion duquel était, au moins pendant quelque temps, indispensable cette vie que tant de dangers menaçaient. Victor Hugo dit : « Il faut que l’herbe pousse et que les enfants meurent. » Moi je dis que la loi cruelle de l’art est que les êtres meurent et que nous-mêmes mourions en épuisant toutes les souffrances pour que pousse l’herbe non de l’oubli mais de la vie éternelle, l’herbe drue des œuvres fécondes, sur laquelle les générations viendront faire gaiement, sans souci de ceux qui dorment en dessous, leur « déjeuner sur l’herbe ».
(M.P.)
car mon heure pouvait sonner dans quelques minutes. (...)
Je n’avais plus mon indifférence (...), je me sentais accru de cette œuvre que je portais en moi (comme de quelque chose de précieux et de fragile qui m’eût été confié et que j’aurais voulu remettre intact aux mains auxquelles il était destiné et qui n’étaient pas les miennes).
Et dire que tout à l’heure, quand je rentrerais chez moi, il suffirait d’un choc accidentel pour que mon corps fût détruit, et que mon esprit, d’où la vie se retirerait, fût obligé de lâcher à jamais les idées qu’en ce moment il enserrait, protégeait anxieusement de sa pulpe frémissante et qu’il n’avait pas eu le temps de mettre en sûreté dans un livre [ou autre]. Maintenant, me sentir porteur d’une œuvre rendait pour moi un accident où j’aurais trouvé la mort plus redoutable, même (dans la mesure où cette œuvre me semblait nécessaire et durable) absurde, en contradiction avec mon désir, avec l’élan de ma pensée, mais pas moins possible pour cela puisque les accidents, étant produits par des causes matérielles, peuvent parfaitement avoir lieu au moment où des volontés fort différentes, qu’ils détruisent sans les connaître, les rendent détestables, comme il arrive chaque jour dans les incidents les plus simples de la vie où, pendant qu’on désire de tout son cœur ne pas faire de bruit à un ami qui dort, une carafe placée trop au bord de la table tombe et le réveille.
Je savais très bien que mon cerveau était un riche bassin minier, où il y avait une étendue immense et fort diverse de gisements précieux. Mais aurais-je le temps de les exploiter ? J’étais la seule personne capable de le faire. Pour deux raisons : avec ma mort eût disparu non seulement le seul ouvrier mineur capable d’extraire les minerais, mais encore le gisement lui-même ; or, tout à l’heure, quand je rentrerais chez moi, il suffirait de la rencontre de l’auto que je prendrais avec une autre pour que mon corps fût détruit et que mon esprit fût forcé d’abandonner à tout jamais mes idées nouvelles. Or, par une bizarre coïncidence, cette crainte raisonnée du danger naissait en moi à un moment où, depuis peu, l’idée de la mort m’était devenue indifférente.(...)
à force de se renouveler cette crainte s’était naturellement changée en un calme confiant. (...)
Ces morts successives, si redoutées du moi qu’elles devaient anéantir, si indifférentes, si douces une fois accomplies, et quand celui qui les craignait n’était plus là pour les sentir, m’avaient fait, depuis quelque temps, comprendre combien il serait peu sage de m’effrayer de la mort.
Or c’était maintenant qu’elle m’était devenue depuis peu indifférente que je recommençais de nouveau à la craindre, sous une autre forme il est vrai, non pas pour moi, mais pour mon livre, à l’éclosion duquel était, au moins pendant quelque temps, indispensable cette vie que tant de dangers menaçaient. Victor Hugo dit : « Il faut que l’herbe pousse et que les enfants meurent. » Moi je dis que la loi cruelle de l’art est que les êtres meurent et que nous-mêmes mourions en épuisant toutes les souffrances pour que pousse l’herbe non de l’oubli mais de la vie éternelle, l’herbe drue des œuvres fécondes, sur laquelle les générations viendront faire gaiement, sans souci de ceux qui dorment en dessous, leur « déjeuner sur l’herbe ».
(M.P.)
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