N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2013-11-08

la nuit des cris censément familiers

    ... dans l’obscurité. Elle semble écouter le bruit, qui monte de toutes parts, des milliers de criquets peuplant le bas-fond. Mais c’est un bruit continu, sans variations, étourdissant, où il n’y a rien à entendre. (...)
    ... il y a seulement le bruit des criquets et le noir sans étoiles de la nuit. (...)
    Le bruit des criquets a cessé. On n’entend, çà et là, que le cri menu de quelque carnassier nocturne, le vrombissement subit d’un scarabée (...)
    Le même cri aigu et bref, qui s’est rapproché (...)
    Comme un écho, un cri identique lui succède, arrivant de la direction opposée. D’autres leur répondent, plus haut vers la route ; puis d’autres encore, dans le bas-fond.
    Parfois la note est un peu plus grave, ou plus prolongée. Il y a probablement différentes sortes de bêtes. Cependant tous ces cris se ressemblent ; non qu’ils aient un caractère commun facile à préciser, il s’agirait plutôt d’un commun manque de caractère : ils n’ont pas l’air des cris effarouchés, ou de douleur, ou menaçants, ou bien d’amour. Ce sont des cris machinaux, poussés sans raison décelable, n’exprimant rien, ne signalant que l’existence, la position et les déplacements respectifs de chaque animal, dont ils jalonnent le trajet dans la nuit.
(A.R.-G.)

2013-11-07

l'in... oui




Nous attendons quelqu’un, un événement, un signe. Nous ne savons pas exactement. Un dépaysement. Un nouvel amour. Quelqu’un qui, du jour au lendemain, va nous changer la vie, en faire une fête. Le problème est qu’attendre est non seulement très perceptible mais aussi légèrement répulsif. Attendre éloigne, tue l’excitation. Qui veut être attendu ? Qui désire combler une attente ? C’est tout le contraire. L’autre doit surgir au hasard, bouleverser le scénario. Il est l’inouï. (...) au moment où on s'y attend le moins.
(C.T.)

> existentiel espoir de di.vɛʁ.sjɔ̃
> de l'amourde
> pour l'art rencontre - un art de vivre
> dévotion à la désacralisation des femmes
> contre l'amorosité passive

2013-11-05

aller philosophiquement plus loin en poésie

Qu'on se donne seulement la peine de pratiquer la poésie.
(A.B.)

On a eu tort de trop critiquer Breton (...). D’accord, les poèmes ratés, l’obsession spiritualiste, la mauvaise peinture, le merveilleux de bazar, les hystériques pseudo-voyantes… Mais l’intransigeance morale a sa grandeur, et puis la poésie, la liberté, l’amour, le sens divinatoire des situations, les dérives dans Paris, l’inspiration sans raison, les rencontres… On devrait faire du nouveau dans ce sens, aller plus loin, philosophiquement plus loin…
(P.S.)

La poésie doit avoir pour but la vérité pratique.
(I.D.)

> otto / karl, entre science et poétHique : postphilosophes

2013-11-04

de la vie tout(e) droit(e), ou ("fête") d'intervalles


(O.K.)(A.J.)

« Tout se passe au jour le jour, dis-je. — À la nuit à la nuit ? — Voilà. » Elle ne semble pas choquée, la confiance est là, physique. (...)
    (...) Tu, vous, la danse. (...)
    Pas de pourquoi simple dans ce genre de rencontre, tout se joue dans un poudroiement de détails. Dans la parole, surtout : écoute, respiration, réserve, silence. On s'entend, expression vraie. Quelque chose se veut, se dégage, ne s'use pas, ne s'arrête pas. (...) gratuité et repos, facilité à s'arrêter, à se taire, dormir, disparaître. Du feutré. (...)
    D., depuis le début ne m'a rien demandé : ni d'où je venais, ni où j'allais, ni ce que je voulais. Elle s'en est tenue aux comportements, aux gestes. Réalisme (...). (...) Instinct transmis, sûreté d'appréciation dans les plis. (...)
(P.S.)



> pour cette « clandestinité de la vie privée »
> chapitres ci-dessous :

2013-11-03

courtes habitudes

J’aime les courtes habitudes et je les tiens pour l’inestimable moyen de connaître nombre de choses et de situations, jusqu’au fond de leur suavité et de leur amertume ; ma nature est entièrement faite pour de courtes habitudes, même quant aux besoins de sa santé corporelle et de façon absolue, pour autant que je puisse voir : du plus bas jusqu’au plus haut. Je crois toujours que ceci a de quoi me contenter de durable façon — la courte habitude elle aussi a la foi de la passion, la foi en l’éternité — et je m’imagine être enviable pour l’avoir trouvé et reconnu : — et dès lors cette croyance a la vertu de me nourrir matin et soir et de répandre une profonde frugalité autour de soi et en moi-même, si bien que je n’ai rien à désirer, sans avoir besoin de comparer, de mépriser ou de haïr. Le jour vient où la bonne chose a fait son temps : elle se sépare de moi, non comme devenue un objet de dégoût — mais paisiblement, rassasiée de moi comme je le suis d’elle, et comme si nous nous devions une reconnaissance mutuelle, donc prêts à nous serrer les mains au moment de prendre congé ! Et déjà la chose nouvelle m’attend à la porte, de même que la croyance — l’imperturbable folle, l’imperturbable sage ! — la croyance que cette chose nouvelle sera la chose juste, définitivement juste. Pour moi, il en est ainsi des repas, des pensées, des hommes, des villes, des poèmes, de la musique, des doctrines, des programmes du jour, des manières de vivre. — En revanche, je hais les habitudes durables, et je sens comme l’approche d’un tyran et comme un empoisonnement de mon atmosphère, dès que les circonstances prennent une tournure qu’elles doivent nécessairement engendrer des habitudes durables : par exemple à la faveur d’une fonction, d’une vie dans la constante compagnie des mêmes personnes, d’une résidence stable, d’un unique genre de santé. Oui, au plus profond de mon âme, je sais gré à ma santé lamentable, comme à tout ce qui est imparfait en moi, de m’offrir des centaines d’issues dérobées par où je puisse échapper aux habitudes durables. — Le plus insupportable sans doute, et ce qu’il y aurait de proprement terrible pour moi serait une vie totalement dépourvue d’habitudes, une vie qui demanderait une improvisation incessante — ce serait mon exil et ma Sibérie.
(F.N. - GS§295)

2013-11-02

véri/thérapie de couple

En dehors de ses phases reproductrices, la raison d'être du couple traditionnel est d'assurer un partenariat sexuel – en même temps qu'existentiel. Partenariat parfumé d'eau de rose, généralement, qui enivre d'abord, à faire tourner la tête, puis s'évapore plus ou moins, à faire re-tourner la tête.
(O.K.)

En allant si directement au nerf, tête baissée au noeud du couple traditionnel, avec ce relatif succès au moins provisoire, la démarche de cette suçothérapeute improvisée fait émerger un fond de vérité sur le couple traditionnel, ce qui le (fi)scelle, et sinon le fissure. Ceci étant, elle indique en même temps une voie de sortie de cette autoroute, en déroute... Autoroute du coucouple axé sur l'imaginaire du coït intégral, qui conduit... à laisser peu à peu, comme on sait, la voiture au garage. Pourquoi, voilà, ne pas introduire... plutôt ces fantaisies, ces déclinaisons érotiques, sensuelles ou affectives, ces jeux de rôles, ces périodes... de courtes habitudes si besoin, si désir... et ça, entre partenaires sexuels qui s'assumeraient en tant que tels, sinon mieux ? L'amour est à réinventer, on le sait. Non ?
(O.K.)

> dé(s) raisons d'être du couple
> amitié rentière
> l'infini hors de portée des caniches 
> convainculecoeur
> courtes habitudes

> chapitre AMOURÉINVENTÉ

2013-11-01

pour solotude

Devrions être ensemble philosophe(s). (O.K.)
Conscients et capables d'associer nos solitudes en tant que telles, d'entretenir une constellation de solitudes respectives et respectueuses – respectivement respectueuses, respectueuse du respectif.
(O.K.)


(A.J.)(J.-P.B.)(O.K.)

> adopte(z) une philosophie, de quoi réactiver un philosophe
> de l'amourde
> le couple en astieries
> CHAPITRE amouréinventé 

2013-10-30

« Progrès en amour assez lents »

Vite / Tout va vite / (...) / Et pourtant / On se sent /  Sans élan / Lent / Tout cet amour qui nous invite / Je voudrais qu'on s'y précipite / Vite / (...) / Tout va vite / Et tout court / Mais toujours / Pris de court / À la bourre / Lourd / Devant cet amour on hésite / Je voudrais qu'on s'y précipite / Vite / Tout va vite / Le vent / Les avalanches / Tous les jours / Même dimanche / Tout va vite / Nous dépasse / Mais hélas / Je suis las(se) / Du sur place / Face / À cet amour je me délite / Je voudrais qu'on s'y précipite / Vite tout va vite / Tout jusqu'au sprint final / Tout file / Même les étoiles / Tout va vite / À perdre haleine / Mais déveine / On se traîne / À la peine / Oh que vienne / Cet amour avant qu'il nous quitte / Je voudrais qu'on s'y précipite...
(A.B.)

Un jour tu verras / On s’aimera / Mais avant / On crèvera tous / Comme des raaaats...
(S.)

> l'amour est à réinventer, on le sait
> àh mes petits lapins 

> chapitre AMOURÉINVENTÉ
> le partenariat propriétaire, c'est le vol
> extension du domaine de l'amour
...


2013-10-28

bougeoir

Moi, votre vie, je la comprends. Ça s´est passé tout doucement. Les chemins se sont fermés un à un et il ne vous en est plus resté qu´un seul. Vous y êtes et vous le trouvez bougrement étroit, tocard et pourtant vous continuez. Vous avez vaguement conscience que vous pourriez encore tout foutre en l´air, mais il y a les gosses, le creux du matelas, le boulot sûr, l´ignorance du monde. (J.P.)
    « Au milieu des meubles qui te venaient du déménagement d'un homme tu compris, par un après-midi étouffant, dans une pièce exiguë, le soleil frappant de taille les casseroles, alors que tes enfants tout petits transpiraient dans le sommeil de la mi-journée, que telle était devenue ta vie, ça et rien d'autre, ta famille sans appel, et un homme nerveux couvert de brillantine et de livres était le tien, ton mari, pour toujours ». (...)
    Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné quelque chose s'arrête ? Que l'on sent que l'on ne peut plus bouger, que tout est joué ? Quel est ce processus de glaciation, insidieux, constitué de mille tentations, de mouvements larvés, d'arrière-pensées inavouées, de souhaits de mort à peine voilés ? Et puis une fois, un jour, on le sait : on ne bougera plus. On restera dans ce pays, dans cette ville. Avec cette épouse, cet époux, ces enfants, les époux et épouses de ces enfants, leurs enfants... On fera jusqu'à la retraite le même trajet entre sa maison et son lieu de travail, et lorsqu'on aura ouvert la porte, le soir, c'est toujours la même voix qui vous accueillera (...). On pose son manteau, son sac. On va se laver les mains. (...) Et c'est à la première cuillerée de potage que, dans le brouhaha des rires de enfants [ou même pas], sonne en nous, tel un glas, le rappel de notre défaite. Certes, on s'était juré de ne pas retourner à la maison, où se répètent jour après jour le massacre de nos désirs, l'annulation de nos élans, la trahison de notre jeunesse... et voilà.
    À moins qu'on ressente une bizarre satisfaction à la pensée de cette invisible défaite, qu'on y revienne compulsivement en soi-même, comme passe et repasse la langue sur la dent qui fait mal. Certes, on s'était promis de rompre mais on n'y arrive pas, et on éprouve un dégoût de soi et de sa vie, un goût pourri, un peu sucré, qui n'est pas entièrement désagréable. Et dans le baiser que l'on dépose sur la joue de sa femme, il y a une tendresse et la reconnaissance que, sans être dupe, elle ait toujours à coeur de préparer ce délicieux [ou même pas] repas et de faire comme si rien n'avait changé.
Ou bien – et sur le même fond de défaite, d'impossible aveu – c'est peut-être l'insatisfaction qui l'emporte. Et l'on ne se prive pas pour la faire sentir, être odieux, avec le lâche espoir que ce geste si difficile de rompre, c'est l'autre qui va s'en charger. Que c'est elle, la désaimée, qui dira qu'elle n'en peut plus, qu'elle veut rompre. Parfois ça marche... Le plus souvent, non.
(...)
    Mais une fois, un jour, contre toute attente, quand on s'est depuis longtemps résigné à des choix qui ne nous ressemblent pas, à des amours tristes, à un travail débile, au colmatage de l'angoisse par un tissage serré d'obligations, une fois, un jour, par un après-midi étouffant, par une nuit de décembre, dans un brouillard épais, en pleine tempête de sable, on fout le camp.
(C.T.)[O.K.]

> la vie en creux
> existence mégéré (à reprendre)
> Conjug de malheur. Peut mieux faire.

> chapitre AMOURÉINVENTÉ

2013-10-26

n'est-ce pas docteur, autophilosophe

J’en ai beaucoup vu qui philosophaient bien plus doctement que moi, mais leur philosophie leur était pour ainsi dire étrangère. (...) non pas pour s’éclairer en dedans. Plusieurs d’entre eux ne voulaient que faire un livre, n’importait quel, pourvu qu’il fut accueilli. (...) mais du reste sans rien en tirer pour leur propre usage (...).
(J.-J.R.)

> même longueur d'ondes entre les lignes
> CHAPITRE  (auto)philosophe

2013-10-24

k. kong pris

     Ce K[.] Kong n’a ni bite, ni couilles, ni seins. Aucune scène ne permet de lui attribuer un genre. Il n’est ni mâle ni femelle. Il est juste poilu et noir. Herbivore et contemplatif, cette créature a le sens de l’humour, et de la démonstration de puissance. Entre Kong et la blonde, il n’y a aucune scène de séduction érotique. La belle et la bête s’apprivoisent et se protègent, sont sensuellement tendres l’une vers l’autre. Mais de façon non sexuée.
    (…)
    K[.] Kong, ici, fonctionne comme la métaphore d’une sexualité d’avant le distinction des genres (…). K[.] Kong est au-delà de la femelle et au-delà du mâle. Il est à la charnière, entre l’homme et l’animal, l’adulte et l’enfant, le bon et le méchant, le primitif et le civilisé, le blanc et le noir. Hybride, avant l’obligation du binaire. L’île de ce film est la possibilité d’une forme de sexualité polymorphe et hyperpuissante. (…)
    Quand l’homme vient la chercher, la femme hésite à le suivre. Il veut la sauver, la ramener dans la ville, dans l’hétérosexualité hypernormée. La belle sait qu’elle est en sécurité auprès de K[.] Kong. (…) Ce avec quoi elle avait des affinités. Son choix de l’hétérosexualité et de la vie en ville, c’est le choix de sacrifier ce qui en elle est hirsute, puissant, ce qui en elle rit en se frappant la poitrine. Ce qui règne sur l’île. (…)
    Dans la ville, K[.] Kong écrase tout sur son passage. (…) La bête cherche sa blonde. Pour une scène qui n’est pas érotique, mais relève plutôt de l’enfance : je te tiendrai dans ma main et nous patinerons ensemble (…). (…) Il n’y a pas ici de séduction érotique. Mais un rapport sensuel évident, ludique, où la force ne fixe pas de domination. K[.] Kong, ou le chaos d’avant les genres.
    Puis les hommes en uniforme, le politique, l’État interviennent pour tuer la bête. (…) C’est leur nombre qui permet d’abattre la bête. Et de laisser la blonde seule, prête à épouser le héros.
(…)
    Ensuite, alors, la belle a suivi son beau. (…) Elle se met sous la protection du plus désirant, du plus fort, du plus adapté. Elle est coupée de sa puissance fondamentale. C’est notre monde moderne.
(V.D.)

> Devenez postmoderne
> la loi de l'o... ffre
> le partenariat propriétaire, c'est le vol
...
> chapitre POSTSEXUEL

2013-10-20

relais 4... 100 mètres

... mais... trop tard, leur vie a basculé, (...) voilà désormais qu'ils se consacrent à leur progéniture... comme on passe un relais après 100 mètres de course exaltante alors qu'on se sentait finalement les jambes et le coeur de continuer, dans la foulée, se défouler encore, éprouver son énergie, et l'exalter encore... déployer de sa puissance sur au moins 300 mètres de plus, eh ben non, stop, on a passé le relais, à la relève prématurée, on est soudain relégué, remercié, à moitié spectateur, et bientôt largué... Il nous en restait pourtant sous le pied, et combien, oui... mais la vie est passée, et un peu notre tour.
(O.K.)

> enfintillage
> CHAPITRE :
enfantillage