N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2015-02-23

le dess(e)in ranimé

Du bon usage de la clandestinité (…). L'enfance, par définition, est clandestine, il suffit de s'apercevoir assez tôt que la surveillance et le dressage n'en finiront pas. Il y a une contre-vie enfantine qu'il s'agit de protéger, d'amplifier, de prolonger et de ranimer.
(Ph.S.)

> sauv(et)age de l'enfance
> l'enfance offensée
> jeu d'adulpte

> intervalles : le coup d'être vécu
> pour cette « clandestinité de la vie privée »
 

2015-02-15

du hérisson

Par une froide journée d’hiver, un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’éloigner les uns des autres. Quand le besoin de se chauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de façon qu’ils étaient ballottés de çà et de là entre les deux souffrances, jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendit la situation supportable. Ainsi, le besoin de société (...) pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses qualités repoussantes et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les belles manières.
(A.S.)(O.K.)

En tout cela, (...) on suit les ordres donnés par un instinct de conservation dont la manifestation la plus nette est celle de l'instinct défensif. Fermer les yeux sur bien des choses, s'abstenir de les écouter, ne pas les laisser venir à soi, c'est le premier commandement de la sagesse, la première façon de prouver qu'on n'est pas un hasard mais une nécessité. Le mot qu'on emploie couramment pour désigner cet instinct de défense c'est celui de « goût ». Son impératif ne commande pas seulement de dire « non » quand le « oui » serait une marque de « désintéressement », mais encore de dire « non » le moins souvent possible. Éloignons-nous, séparons-nous de ce qui nous obligerait à répéter le « non » sans cesse. Rien de plus raisonnable : car, si petites qu'elles soient, les dépenses de force défensive, quand elles deviennent la règle habituelle, amènent une pauvreté extrême et parfaitement superflue. Nos grandes dépenses sont faites de la répétition des petites. La défensive, la faction constante constituent - qu'on ne s'y trompe pas - une vraie dilapidation, un vain gaspillage des forces. En prolongeant l'état précaire que représente la défensive on s'affaiblit facilement au point de ne plus pouvoir se défendre. (...) mon instinct m'oblige[ant] à me replier sur moi-même pour repousser l'envahissement (...). Comment ne pas s'y transformer en hérisson ? – Mais les piquants sont un gaspillage, un double luxe, alors qu'il est loisible non seulement de n'en point avoir mais de tenir les mains ouvertes...
Une autre mesure de sagesse et de tactique défensive consiste à réagir le plus rarement possible, à se soustraire aux situations, aux conditions qui vous condamneraient à suspendre en quelque sorte votre initiative et votre « liberté » pour devenir un simple réactif.
(F.N. — EH2§8)(O.K.)

2015-01-30

la sirène et la fée

Pourquoi du champagne ? Parce que son ivresse ne ressemble à nulle autre. Chaque alcool possède une force de frappe particulière ; le champagne (...) élève l'âme vers ce que dut être la condition de gentilhomme à l'époque où ce beau mot avait du sens. Il rend gracieux, à la fois léger et profond, désintéressé...
(…)
j'ai compris que le breuvage provoquait des visions qui lui étaient apparentées : l'or de sa robe (…), les bulles (…)[,] le glacé de la gorgée.
(...)
l'esprit du champagne approuvait ma conduite : je l'avais accueilli en moi comme un hôte de marque, je l'avais reçu avec une déférence extrême, en échange de quoi il me prodiguait ses bienfaits à foison ; il n'était pas jusqu'à ce naufrage qui ne soit une grâce. Si Ulysse avait eu la noble imprudence de ne pas s'attacher au mât, il m'aurait suivi là où m'entraînait l'ultime pouvoir du breuvage, il aurait coulé avec moi au fond de la mer, bercé par le chant blond des sirènes.
(A.N.)

Il y a un instant, entre la 15e et la 16e gorgée de champagne où tout homme est un aristocrate.
(A.N.)

Le champagne est le vin de la civilisation.
(T.)

C'est une toute nouvelle lubie, ça. (...) Pourquoi pas plus de champagne dans ma vie quotidienne, juste comme ça. En économisant sur le reste. Mais puisque c'est le « tip-top » du top... Avec l'absinthe, pour moi. (...) Absinthe et champagne, c'est la grâce, les deux « forces de frappe » éthyliques que je préfère, aujourd'hui. Ma fée, ma sirène... « Que dis-tu d'un ménage à trois » ?
(O.K.)

2015-01-29

postradio : § 12, extrait



Note : En mémoire et anniversaire du 29 janvier 2005, il y a donc 10 ans, pile, jour du concert unique du groupe Baise et Bute, événement qui nous vaut surtout, pour moi, l'enregistrement des 4 titres (sur 5) de ce groupe-événement.

> chapitre : POSTRADIO

2015-01-28

affin(...)age

Je revendique hautement les situations favorables avec des femmes, elles ont illuminé ma vie, elle l'illumine toujours. On sait que c'est la guerre, on en joue, on ne dort jamais que d'un oeil, mais on sait aussi s'amuser, se taire, travailler ensemble. La contradiction est un bien, l'objection aussi, on affine le propos, l'instant, l'expérience. L'autre est une question, il est aussi une réponse. On fait des progrès, on analyse des malentendus, le corps devient plus sensible, on a recours à la moquerie, on rit.
(Ph.S.)

2015-01-22

l'enfance offensée

Malgré toutes leurs dénégations et leurs grands airs, les adultes sont des enfants ratés qui veulent, à tout prix, transmettre à leurs descendants ce ratage, y compris sous forme d'ascension sociale. L'enfance ? Un paradis contrarié. Eh bien, non, je vais la garder. Il n'y a aucune raison de renier ou de déserter son enfance pour l'adapter à celle des autres, le plus souvent humiliée, malheureuse ou bornée.
(Ph.S.)

Au besoin, débusquer l'enfance embusquée sous l'enfance offensée.
(O.K.)

> sauv(et)age de l'enfance
> jeu d'adulpte

2015-01-19

pas la poutre

Mais au début de mon adolescence, (...) je me suis rendu compte que ce que je ressentais n'était pas conforme à ce que j'avais appris (...). En particulier, je me suis rendu compte que ce qu'on voyait, les apparences, n'avait pas grand-chose à voir avec la réalité. Dès l'âge de 10 ans, j'ai été violée par mon grand-père, un membre important de l'Église, respecté de tous. Il me disait que c'était de ma faute et que j'avais le diable en moi. La preuve : il ne touchait pas mes autres cousines, le problème venait donc de moi ! Mais je ne pense pas avoir été traumatisée plus que ça, ni que cela ait influencé ma sexualité. Évidemment, les psychologues diront que si je suis attirée par le sadomasochisme, c'est à cause de cela, mais je ne le pense pas.
("V.C." – merci à P.S.)

> postradio : § 13, extrait
> le sans vs le sans qui bat trop fort