N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL
> page d'accueil
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL
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2013-09-06
2013-09-02
travaïe
- à alexis -
Étymologie du mot travail : tripalium (latin populaire). Ce mot latin populaire tripalium désignait un instrument d’immobilisation (et éventuellement de torture) à trois pieux. On appelle encore travail un appareil servant à immobiliser les chevaux rétifs pour les ferrer ou les soigner. Le mot travail désignait autrefois l’état d’une personne qui souffre (ce sens est toujours utilisé en obstétrique). Il a été étendu ensuite aux occupations nécessitant des efforts pénibles, celles des « hommes de peine », puis à toutes les activités de production.
(APFA)
L'animal naturellement ne travaille pas. Tout animal, oiseau ou poisson, possède son domaine propre, un lopin d'air, un arpent de sol, où il chasse et pêche de plein droit. Pendant des millions d'années, l'homme n'a pas plus travaillé que le condor, la gazelle ou le rhinocéros. (...)
Le mot travail n'existe pas en grec. Il n'y a que le mot agir, faire : faire l'amour, faire la sieste.
Travailler est chose d'esclave. Platon ne travaille pas.
(...)
La civilisation du travail voilà l'ennemi !
« Travaillons à bien penser », dit Pascal. C'est tout le travail que je vous souhaite.
(J.D.)
Il ne manque cependant à l'oisiveté du sage qu'un meilleur nom, et que méditer, parler, lire et être tranquille s'appelât travailler.
(J.d.L.B.)
cf. pour une dénaturalisation du travail
cf. chapitre TRAVALIÉNANT
Étymologie du mot travail : tripalium (latin populaire). Ce mot latin populaire tripalium désignait un instrument d’immobilisation (et éventuellement de torture) à trois pieux. On appelle encore travail un appareil servant à immobiliser les chevaux rétifs pour les ferrer ou les soigner. Le mot travail désignait autrefois l’état d’une personne qui souffre (ce sens est toujours utilisé en obstétrique). Il a été étendu ensuite aux occupations nécessitant des efforts pénibles, celles des « hommes de peine », puis à toutes les activités de production.
(APFA)
L'animal naturellement ne travaille pas. Tout animal, oiseau ou poisson, possède son domaine propre, un lopin d'air, un arpent de sol, où il chasse et pêche de plein droit. Pendant des millions d'années, l'homme n'a pas plus travaillé que le condor, la gazelle ou le rhinocéros. (...)
Le mot travail n'existe pas en grec. Il n'y a que le mot agir, faire : faire l'amour, faire la sieste.
Travailler est chose d'esclave. Platon ne travaille pas.
(...)
La civilisation du travail voilà l'ennemi !
« Travaillons à bien penser », dit Pascal. C'est tout le travail que je vous souhaite.
(J.D.)
Il ne manque cependant à l'oisiveté du sage qu'un meilleur nom, et que méditer, parler, lire et être tranquille s'appelât travailler.
(J.d.L.B.)
cf. pour une dénaturalisation du travail
cf. chapitre TRAVALIÉNANT
2013-08-23
2013-08-20
libéra/tten/tion
Moi, personnellement, j'aime bien, au contraire, savoir que je ne suis pas libre. Que je suis enfermé, d'abord, dans tous mes jugements de valeurs, mes automatismes culturels... tout ce qui a peuplé mon cerveau depuis ma naissance. Et malgré que je le sache, c'est très difficile d'en sortir ; alors quand on le sait pas, voyez ce que ça donne !
(H.L.)
... cette conception de la liberté comme soumise aux lois de [l'intelligence*] et, plus généralement, au déterminisme universel présente un grand avantage. [Cela] me rend attentif à ce qui se passe hors de moi et en moi, aiguise mon sens de l'observation et me rend apte, de ce fait, à tirer parti des lois de [l'intelligence] pour augmenter ma puissance d'agir. Le point de vue déterministe est favorable, voire indispensable au développement de la liberté réelle. L'idée d'une liberté (...) qui serait un privilège de l'esprit humain et le placerait hors du déterminisme régissant la réalité extérieure, conduit au contraire à l'inattention, à une appréhension insuffisante des lois de [l'intelligence] et à des modes d'action inadéquats, donc à la non-liberté.
(J.-F.B.) [O.K.]
Pour aller sur la lune, on a besoin de connaître les lois de la gravitation. Quand on connaît ces lois de la gravitation, ça ne veut pas dire qu'on se libère de la gravitation ! Ça veut dire qu'on les utilise pour faire autre chose.
(H.L.)
* au sens ottokarlien s'entend.
cf. la liberté ta soeur
cf. du détermunisme, quoi de plus ?
cf. pour le sens de la forme
cf. CHAPITRE physio-logique
cf. CHAPITRE s'en sortir sans sortir
(H.L.)
... cette conception de la liberté comme soumise aux lois de [l'intelligence*] et, plus généralement, au déterminisme universel présente un grand avantage. [Cela] me rend attentif à ce qui se passe hors de moi et en moi, aiguise mon sens de l'observation et me rend apte, de ce fait, à tirer parti des lois de [l'intelligence] pour augmenter ma puissance d'agir. Le point de vue déterministe est favorable, voire indispensable au développement de la liberté réelle. L'idée d'une liberté (...) qui serait un privilège de l'esprit humain et le placerait hors du déterminisme régissant la réalité extérieure, conduit au contraire à l'inattention, à une appréhension insuffisante des lois de [l'intelligence] et à des modes d'action inadéquats, donc à la non-liberté.
(J.-F.B.) [O.K.]
Pour aller sur la lune, on a besoin de connaître les lois de la gravitation. Quand on connaît ces lois de la gravitation, ça ne veut pas dire qu'on se libère de la gravitation ! Ça veut dire qu'on les utilise pour faire autre chose.
(H.L.)
* au sens ottokarlien s'entend.
cf. la liberté ta soeur
cf. du détermunisme, quoi de plus ?
cf. pour le sens de la forme
cf. CHAPITRE physio-logique
cf. CHAPITRE s'en sortir sans sortir
2013-08-18
se (dé)jouer
(O.K.)
> las la la
> se remettre en jeu
> reître
> nos sociocerveaux
> CHAPITRE : hoptique
> CHAPITRE : s'en sortir sans sortir
2013-08-15
des roses et des orties
Vers quel monde, sous quel règne
Et à quels juges sommes-nous promis ?
À quel âge, à quelle page
Et dans quelle case sommes-nous inscrits ?
Les mêmes questions qu'on se pose
On part vers où et vers qui ?
Et comme indice pas grand-chose
Des roses et des orties
Les mains peintes, les mains jointes
On se courbe et on remercie
On implore, on s'inquiète
Et c'est trop tard quand on a compris
Et malgré tout ce que l'on ose et qui parfois réussit
On ne laissera pas grand-chose
Que des roses et des orties
On est lourd, tremblant
Comme les flammes des bougies
On hésite à chaque carrefour
Dans les discours que l'on a appris
Mais puisqu'on est lourd
Lourd d'amour et de poésie
Voilà la sortie de secours
On se rapproche, on se reparle
On se pardonne et on reconstruit
Et de ce seul monde qui vaille la peine
Il y aura tout ce qui nous réunit
Et de tout ce qui nous oppose on en sortira grandi
Et si on laisse peu de choses, il y aura
Plus de roses que d'orties
On est lourd, tremblant
Comme les flammes des bougies
On hésite à chaque carrefour
Aux discours que l'on a appris
Mais puisqu'on est lourd
Lourd d'amour et de poésie
Voilà la sortie de secours
(F.C.)
Et à quels juges sommes-nous promis ?
À quel âge, à quelle page
Et dans quelle case sommes-nous inscrits ?
Les mêmes questions qu'on se pose
On part vers où et vers qui ?
Et comme indice pas grand-chose
Des roses et des orties
Les mains peintes, les mains jointes
On se courbe et on remercie
On implore, on s'inquiète
Et c'est trop tard quand on a compris
Et malgré tout ce que l'on ose et qui parfois réussit
On ne laissera pas grand-chose
Que des roses et des orties
On est lourd, tremblant
Comme les flammes des bougies
On hésite à chaque carrefour
Dans les discours que l'on a appris
Mais puisqu'on est lourd
Lourd d'amour et de poésie
Voilà la sortie de secours
On se rapproche, on se reparle
On se pardonne et on reconstruit
Et de ce seul monde qui vaille la peine
Il y aura tout ce qui nous réunit
Et de tout ce qui nous oppose on en sortira grandi
Et si on laisse peu de choses, il y aura
Plus de roses que d'orties
On est lourd, tremblant
Comme les flammes des bougies
On hésite à chaque carrefour
Aux discours que l'on a appris
Mais puisqu'on est lourd
Lourd d'amour et de poésie
Voilà la sortie de secours
(F.C.)
cf. CHAPITRE s'en sortir sans sortir
2013-08-13
2013-08-05
Vous chantiez ?
"Ni railler ni pleurer mais comprendre" et danser. (O.K.)
Trop de merde sur les ondes, on va pas faire danser le monde (O.)
> mineur de jeu
Trop de merde sur les ondes, on va pas faire danser le monde (O.)
> mineur de jeu
2013-07-29
la pensée humaine est de nature scientifique
... l'exigence d'organisation est un besoin commun à l'art et à la science (...). (C.L.-S.)
... l'homme s'est d'abord attaqué au plus difficile : la systématisation au niveau des données sensibles, auxquelles la science a longtemps tourné le dos. (C.L.-S.)
La chimie moderne ramène la variété des saveurs et des parfums à cinq éléments diversement combinés : carbone, hydrogène, oxygène, soufre et azote. En dressant des tables de présence et d'absence, en évaluant des dosages et des seuils, elle parvient à rendre compte de différences et de ressemblances entre des qualités qu'elle aurait jadis bannies hors de son domaine parce que « secondes ». Mais ces rapprochements et ces distinctions ne surprennent pas le sentiment esthétique : ils l'enrichissent et l'éclairent plutôt, en fondant des associations qu'il soupçonnait déjà, et dont on comprend mieux pourquoi, et à quelles conditions, un exercice assidu de la seule intuition aurait déjà permis de les découvrir ; (...). L'intuition seule inciterait à grouper l'oignon, l'ail, le chou, le navet, le radis et la moutarde, bien que la botanique sépare les liliacées des crucifères. Avérant le témoignage de la sensibilité, la chimie démontre que ces familles étrangères se rejoignent sur un autre plan : elles recèlent du soufre (K., W.). Ces groupements, un philosophe primitif ou un poète aurait pu les opérer en s'inspirant de considérations étrangères à la chimie, ou à toute autre forme de science (...). Or ce n'est pas là, seulement, l'effet d'une frénésie associative, promise parfois au succès par le simple jeu des chances. (C.L.-S.)
Dans l'histoire de la pensée scientifique, cet effet d'anticipation s'est d'ailleurs produit à plusieurs reprises. (C.L.-S.)
Ce souci d'observation exhaustive et d'inventaire systématique des rapports et des liaisons peut aboutir, parfois, à des résultats de bonne tenue scientifique (...). Pourtant, on ne peut isoler ces réussites de tant d'autres rapprochements du même genre, et que la science déclare illusoires. Mais n'est-ce pas que la pensée magique, cette « gigantesque variation sur le thème du principe de causalité », disaient Hubert et Mauss, se distingue moins de la science par l'ignorance ou le dédain du déterminisme, que par une exigence de déterminisme plus impérieuse et plus intransigeante, et que la science peut, tout au plus, juger déraisonnable et précipitée ?
(...)
Entre magie et science, la différence première serait donc, de ce point de vue, que l'une postule un déterminisme global et intégral, tandis que l'autre opère en distinguant des niveaux dont certains, seulement, admettent des formes de déterminisme tenues pour inapplicables à d'autres niveaux. Mais ne pourrait-on pas aller plus loin, et considérer la rigueur et la précision dont témoigne la pensée magique et les pratiques rituelles comme traduisant une appréhension inconsciente de la vérité du déterminisme en tant que mode d'existence des phénomènes scientifiques, de sorte que le déterminisme serait globalement soupçonné et joué, avant d'être connu et respecté ? (C.L.-S.)
La pensée magique n'est pas un début, un commencement, une ébauche, la partie d'un tout non encore réalisé ; elle forme un système bien articulé ; indépendant, sous ce rapport, de cet autre système que constituera la science, sauf l'analogie formelle qui les rapproche et qui fait du premier une sorte d'expression métaphorique du second. Au lieu, donc, d'opposer magie et science, il vaudrait mieux les mettre en parallèle, comme deux modes de connaissance, inégaux quant aux résultats théoriques et pratiques (...), mais non par le genre d'opérations mentales qu'elles supposent toutes deux, et qui diffèrent moins en nature qu'en fonction des types de phénomènes auxquelles elles s'appliquent.
(C.L.-S.)
cf. la science du philosophe
cf. otto / karl, entre science et poétHique : postphilosophes
... l'homme s'est d'abord attaqué au plus difficile : la systématisation au niveau des données sensibles, auxquelles la science a longtemps tourné le dos. (C.L.-S.)
La chimie moderne ramène la variété des saveurs et des parfums à cinq éléments diversement combinés : carbone, hydrogène, oxygène, soufre et azote. En dressant des tables de présence et d'absence, en évaluant des dosages et des seuils, elle parvient à rendre compte de différences et de ressemblances entre des qualités qu'elle aurait jadis bannies hors de son domaine parce que « secondes ». Mais ces rapprochements et ces distinctions ne surprennent pas le sentiment esthétique : ils l'enrichissent et l'éclairent plutôt, en fondant des associations qu'il soupçonnait déjà, et dont on comprend mieux pourquoi, et à quelles conditions, un exercice assidu de la seule intuition aurait déjà permis de les découvrir ; (...). L'intuition seule inciterait à grouper l'oignon, l'ail, le chou, le navet, le radis et la moutarde, bien que la botanique sépare les liliacées des crucifères. Avérant le témoignage de la sensibilité, la chimie démontre que ces familles étrangères se rejoignent sur un autre plan : elles recèlent du soufre (K., W.). Ces groupements, un philosophe primitif ou un poète aurait pu les opérer en s'inspirant de considérations étrangères à la chimie, ou à toute autre forme de science (...). Or ce n'est pas là, seulement, l'effet d'une frénésie associative, promise parfois au succès par le simple jeu des chances. (C.L.-S.)
Dans l'histoire de la pensée scientifique, cet effet d'anticipation s'est d'ailleurs produit à plusieurs reprises. (C.L.-S.)
Ce souci d'observation exhaustive et d'inventaire systématique des rapports et des liaisons peut aboutir, parfois, à des résultats de bonne tenue scientifique (...). Pourtant, on ne peut isoler ces réussites de tant d'autres rapprochements du même genre, et que la science déclare illusoires. Mais n'est-ce pas que la pensée magique, cette « gigantesque variation sur le thème du principe de causalité », disaient Hubert et Mauss, se distingue moins de la science par l'ignorance ou le dédain du déterminisme, que par une exigence de déterminisme plus impérieuse et plus intransigeante, et que la science peut, tout au plus, juger déraisonnable et précipitée ?
(...)
Entre magie et science, la différence première serait donc, de ce point de vue, que l'une postule un déterminisme global et intégral, tandis que l'autre opère en distinguant des niveaux dont certains, seulement, admettent des formes de déterminisme tenues pour inapplicables à d'autres niveaux. Mais ne pourrait-on pas aller plus loin, et considérer la rigueur et la précision dont témoigne la pensée magique et les pratiques rituelles comme traduisant une appréhension inconsciente de la vérité du déterminisme en tant que mode d'existence des phénomènes scientifiques, de sorte que le déterminisme serait globalement soupçonné et joué, avant d'être connu et respecté ? (C.L.-S.)
La pensée magique n'est pas un début, un commencement, une ébauche, la partie d'un tout non encore réalisé ; elle forme un système bien articulé ; indépendant, sous ce rapport, de cet autre système que constituera la science, sauf l'analogie formelle qui les rapproche et qui fait du premier une sorte d'expression métaphorique du second. Au lieu, donc, d'opposer magie et science, il vaudrait mieux les mettre en parallèle, comme deux modes de connaissance, inégaux quant aux résultats théoriques et pratiques (...), mais non par le genre d'opérations mentales qu'elles supposent toutes deux, et qui diffèrent moins en nature qu'en fonction des types de phénomènes auxquelles elles s'appliquent.
(C.L.-S.)
cf. la science du philosophe
cf. otto / karl, entre science et poétHique : postphilosophes
2013-07-27
(otto) parler parlers autres
cf. à félix guattari (annonçant otto karl & ...)
cf. relevons
cf. CHAPITRE : compos(t)er
2013-07-26
un dessous de cette radica(r)lisation autodocumentaire
(N.M.)(K.)(O.K.)
cf. debord, je !
cf. l'autodocumentaire du moment qu'on est vivant
cf. maudit ? mais pas trop.
cf. autodocumentaire politique de vacances
cf. o. karl
...
2013-07-24
2013-07-23
2013-07-22
s'entend la rencontre
C'est tombé sur moi. Vite fait, plus ou moins bien fait, on n'en parle plus.
— Et vous ?
On se tutoie ou on se vouvoie ? Les deux, ce sera plus juste. Je lui raconte que j'ai décidé de ne rien faire, sauf peut-être écrire, et encore. Écrire ? Elle a l'air surprise, je ne dois pas avoir la tête à ça. Écrire quoi, d'abord ? Des romans ? « Les choses qui m'arrivent. — Parce qu'il vous arrivent des choses ? — On dirait. » Elle rit. Comment je vis ? Un peu n'importe comment, mes parents m'envoient de l'argent depuis leur province, sans savoir que je ne vais plus à la Sorbonne depuis longtemps. (...) « Tout se passe au jour le jour, dis-je. — À la nuit à la nuit ? — Voilà. » Elle ne semble pas choquée, la confiance est là, physique. (...)
(...) Tu, vous, la danse.
(...)
Pas de pourquoi simple dans ce genre de rencontre, tout se joue dans un poudroiement de détails. Dans la parole, surtout : écoute, respiration, réserve, silence. On s'entend, expression vraie. Quelque chose se veut, se dégage, ne s'use pas, ne s'arrête pas. On dirait que parfois les morts s'en mêlent, certains de leurs moments lumineux, en tout cas. Les liaisons ennuyeuses ou tragiques sont des erreurs de peau, de squelette, de parfum, de voix. On s'obstine, malgré l'ennui, on veut y croire, on n'ose pas s'avouer qu'on est constamment gêné par ceci ou cela, on appelle le tout passion, possession, on pense même qu'on a eu raison d'avoir tort, qu'il faut continuer à se forcer, mais on se trompe, c'est seulement la mort qui rôde, là, lourde, puritaine, fanatiquement impuissante, frigide. La vraie passion est gratuité et repos, facilité à s'arrêter, à se taire, dormir, disparaître. Du feutré.
(...)
D., depuis le début ne m'a rien demandé : ni d'où je venais, ni où j'allais, ni ce que je voulais. Elle s'en est tenue aux comportements, aux gestes. Réalisme (...). (...) Instinct transmis, sûreté d'appréciation dans les plis. (...)
Pourquoi redouter quoi que ce soit ? Tu arriverais avec quelqu'un d'autre au même coefficient d'immédiateté, d'inceste joué, de tendresse réelle, de cruauté filée de velours ? À la même vicieuse douceur ? Si c'est le cas, soit, dis-moi, on verra.
(P.S.)
> sympathie paradiGmatique !
> l'art de rencontrer d'aimer
> CHAPITRE : affinité
> CHAPITRE : pour l'art rencontre
— Et vous ?
On se tutoie ou on se vouvoie ? Les deux, ce sera plus juste. Je lui raconte que j'ai décidé de ne rien faire, sauf peut-être écrire, et encore. Écrire ? Elle a l'air surprise, je ne dois pas avoir la tête à ça. Écrire quoi, d'abord ? Des romans ? « Les choses qui m'arrivent. — Parce qu'il vous arrivent des choses ? — On dirait. » Elle rit. Comment je vis ? Un peu n'importe comment, mes parents m'envoient de l'argent depuis leur province, sans savoir que je ne vais plus à la Sorbonne depuis longtemps. (...) « Tout se passe au jour le jour, dis-je. — À la nuit à la nuit ? — Voilà. » Elle ne semble pas choquée, la confiance est là, physique. (...)
(...) Tu, vous, la danse.
(...)
Pas de pourquoi simple dans ce genre de rencontre, tout se joue dans un poudroiement de détails. Dans la parole, surtout : écoute, respiration, réserve, silence. On s'entend, expression vraie. Quelque chose se veut, se dégage, ne s'use pas, ne s'arrête pas. On dirait que parfois les morts s'en mêlent, certains de leurs moments lumineux, en tout cas. Les liaisons ennuyeuses ou tragiques sont des erreurs de peau, de squelette, de parfum, de voix. On s'obstine, malgré l'ennui, on veut y croire, on n'ose pas s'avouer qu'on est constamment gêné par ceci ou cela, on appelle le tout passion, possession, on pense même qu'on a eu raison d'avoir tort, qu'il faut continuer à se forcer, mais on se trompe, c'est seulement la mort qui rôde, là, lourde, puritaine, fanatiquement impuissante, frigide. La vraie passion est gratuité et repos, facilité à s'arrêter, à se taire, dormir, disparaître. Du feutré.
(...)
D., depuis le début ne m'a rien demandé : ni d'où je venais, ni où j'allais, ni ce que je voulais. Elle s'en est tenue aux comportements, aux gestes. Réalisme (...). (...) Instinct transmis, sûreté d'appréciation dans les plis. (...)
Pourquoi redouter quoi que ce soit ? Tu arriverais avec quelqu'un d'autre au même coefficient d'immédiateté, d'inceste joué, de tendresse réelle, de cruauté filée de velours ? À la même vicieuse douceur ? Si c'est le cas, soit, dis-moi, on verra.
(P.S.)
> sympathie paradiGmatique !
> l'art de rencontrer d'aimer
> CHAPITRE : affinité
> CHAPITRE : pour l'art rencontre
2013-07-21
2013-07-20
contre l'amorosité passive
Nous sommes [en général] amoureux sans savoir pourquoi. C'est
un état joyeux qui nous paraît miraculeux, et d'autant plus envoûtant
que nous ne le comprenons pas. Mais nous sommes ainsi en proie au doute
et à l'insécurité affective. Ne comprenant pas notre amour, nous
devenons suspicieux, jaloux et possessifs. Notre amour pour un rien
pourra se transformer en son contraire, notre joie risque de se
renverser subitement en tristesse. En comprendre les causes transforme
la passion amoureuse en amour actif. En sachant pourquoi on aime
quelqu'un, nous serons plus sûr de notre amour, moins en proie aux
montagnes russes passionnelles que sont le doute, la jalousie, (...) la
frustration... (B.T.)
... comment le dire en deux mots ?... en « amour » le désir est premier, l'objet est second. On a d'abord le désir, en l'occurrence de tomber amoureux – c'est-à-dire au fond de renaître à soi-même par une cause extérieure, se payer une décharge immédiate de vie nouvelle, une relance du sens de sa vie, une intensification facile de son existence – et l'objet quant à lui est plus hasardeux, contingent, illusoire, on prend un peu ce (fla-) qu'on trouve, du moment qu'on ait l'ivresse, ça fera l'affaire, d'y croire assez, de trouver à s'épanouir au moins quelque peu, au moins quelque temps. Il y a une formule qui dit « faute de trouver ce qu'on désire, on désire ce qu'on trouve » ; alors je la conteste dans la mesure de son idéalisme – impliquant qu'un objet de désir précède le désir, alors que je prétends le contraire –, mais ça pourrait résumer grossièrement. (...)
(...) ce que je pointe aussi dans cette méca nique de l'amour, c'est ce jeu de rôles: bon, c'est pas de toi que je rêvais au fond, mais comme tu es là, « parce que tu étais là » (comme dit la chanson de dominique a) et que c'est un peu le désert autour et que fondamentalement je désire, sans pouvoir m'en empêcher, je désire par essence, alors on va faire avec, avec toi, comme ça, comme si.
Et c'est presque toujours comme ça. Ha. Même quand on y croit à fond, naïvement. L'objet est moins fondamental que le désir. Le désir ne fait que se chercher des objets, des prétextes... des canaux, comme de l'eau (de rose ;) engagée sur un pente, car on est engagé dans le désir, vitalement. (O.K.)
Que répondre à tout ça [cette passion manifeste] ? Laisser décanter, je crois. Voilà ce que je choisis. Meilleur moyen que tu retrouves véritablement tes « esprits », et non pas seulement en intention et déclarations. Et que tu accèdes désormais par toi-même, et ce travail philosophique hélas après-coup, via la rumination de mes chapitres et de spinoza, à la com-préhension de ce que je t'explique et te répète depuis le début sur tout ça, la passion hallucinée qui au fond dépasse largement son objet illusoire, et qui par cette méconnaissance (passive) des causes, de ses motivations égoïstes réelles ne peut rendre que triste, malheureux, car balloté, etc. Voilà la première réponse que je ferais (...). Et si déjà ça peut t'aider... t'encourager à continuer le travail dans ce sens... d'assagissement... de clairvoyance... d'intelligence... (O.K.)
« Aimer », c'est ressentir une joie qu'on croit ne pas venir de l'intérieur, qu'on croit ne pas savoir produire soi-même, mais qui serait provoquée par un être extérieur, une personne, une chose ou une idée. De cette manière, les joies ressenties ne nous apparaissent plus aléatoires et fluctuantes, mais comme des états que nous pouvons, grâce à l'existence de cette cause repérable et identifiable, revivre de manière régulière et prévisible. Encore faut-il parvenir à se l'attacher et à s'y unir solidement. Cependant, aimer, (...) c'est aussi – et, malheureusement, presque toujours – se tromper sur les causes de l'amour, se tromper sur l'origine de sa joie, et s'attacher à ce qui nous attriste bien plus qu'il ne nous réjouit. Aimer, c'est croire que quelque chose nous réjouit, même si l'effet réel est contraire. (B.T.)
(...)
Reprenons la définition de l'amour [selon spinoza] :
« L'amour est une joie accompagnée de l'idée d'une cause extérieure. »
Cette définition nous dit bien que la seule chose qui est réelle dans l'amour, c'est notre sentiment ; c'est-à-dire la joie éprouvée. L'objet sur lequel porte ce sentiment, en revanche, n'est qu'une idée que nous attachons, avec plus ou moins de circonspection, à cette joie. Dans beaucoup de cas, c'est seulement dans notre imaginaire que cet objet est une cause de joie. Il nous incombe aussi de renverser notre conception et notre appréhension de l'amour. (B.T.)
Nous ne sommes pas davantage lucides sur le monde extérieur que sur nous-mêmes. Car nous nous confrontons encore au même problème : ce ne sont toujours pas les choses extérieures que nous percevons, mais l'effet qu'elles nous font, la réaction qu'elles provoquent et leur empreinte en nous. En goûtant un aliment, ce n'est pas la composition de l'aliment lui-même que nous percevons, mais la réaction de nos papilles (...). En tombant amoureux d'une personne, ce n'est pas la personne elle-même que nous percevons, mais les désirs et les craintes qu'elles suscitent, les souvenirs qu'elle évoque, la sensibilité qu'elle stimule.
(...) En réalité, nous ne connaissons que nos réactions, nos sensations, notre épiderme existentiel et affectif. Nous ignorons complètement les causes de ces réactions, qu'elles soient internes (...) ou externes (...). (B.T.)
Pour commencer, ce qui détermine notre amour, ce qui guide notre choix, c'est uniquement notre sentiment, et en aucune façon la qualité réelle de l'objet de notre affection, ou pire, des « valeurs » transcendantes auxquelles il est censé correspondre. Ce n'est pas l'excellence ou la bonté ou la beauté d'une chose, d'une idée ou d'une personne qui nous le rend aimable, mais uniquement le fait que nous associons une augmentation de notre énergie vitale [notre puissance], c'est-à-dire une joie, à sa présence. (...) Ce n'est donc pas l'autre la véritable raison de notre amour, mais simplement le sentiment qui accompagne sa présence.
... la source de l'amour ne se situe pas dans les qualités réelles de l'objet aimé, son excellence ou sa bonté, mais simplement dans les variations d'humeur ou d'énergie vitale que nous ressentons en sa présence. (B.T.)
... nos relations sont la plupart du temps aliénées, c'est-à-dire attachées à des objets imaginaires. Pour sortir de cette aliénation affective, nous devons comprendre les mécanismes à l'oeuvre dans nos choix affectifs. (B.T.)
Nos errances passionnelles sont ainsi non pas des fautes, au sens moralisateur du terme, mais des erreurs, des défauts de notre connaissance et de notre jugement – et non pas de notre moralité. (B.T.)
... il nous manque la connaissance adéquate de ce que nous sommes et de ce qui nous entoure. Bien que nous soyons conscients de nous-mêmes et de ce qui nous arrive, cette conscience n'est qu'une connaissance mutilée, tronquée, partielle et souvent imaginaire. Notre vie affective devient violente et passionnelle essentiellement parce que nous nous trompons sur nous-mêmes et sur les événements qui nous arrivent. (B.T.)
Il y a un fil rouge qui traverse toutes nos errances affectives : l'homme a besoin de croire en quelque chose, même s'il s'agit d'une erreur. L'homme a aussi besoin de désirer quelque chose, quoi que ce soit, même si ce désir est une illusion. Il s'ensuit que l'homme a besoin d'aimer quelque chose, de s'attacher à quelque chose, même si, en réalité, cette chose le détruit plus qu'elle ne le construit, l'attriste plus qu'elle ne le réjouit. (B.T.)
Que l'objet soit erroné ou imaginaire, nous avons toujours besoin de projeter nos sentiments sur quelque chose.
Nous ne pouvons faire autrement, car il y va de notre énergie vitale, de l'équilibre de nos forces intérieures. Pour nous maintenir face aux obstacles et aux dangers de la vie, pour nous donner la force de les dépasser, nous imaginons ce que nous croyons capables de nous renforcer. Et, à l'inverse, nous nous efforçons de nier l'existence de ce que nous croyons nous menacer, voilà pourquoi certains ont besoin de haïr à tout prix, de s'opposer à des dangers pourtant inexistants, de militer pour des causes imaginaires...
Si nous ne pouvons faire autrement que de nous attacher à des objets d'amour ou de haine artificiels, nous pouvons néanmoins tenter de comprendre par quels mécanismes s'enchaînent ces attachements. Quels sont les trompe-l'oeil qui aliènent notre désir (...) (B.T.)
« Le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu'on la conçoit comme déterminée, par la suite d'une quelconque affection d'elle-même, à faire quelque chose. » [spinoza]
Parce que fondamentalement nous sommes des êtres de désir. (...) Cela signifie que nous sommes désir, rien que désir. (B.T.)
Si être, c'est désirer, désirer, pareillement, c'est pas autre chose qu'être. (B.T.)
Ce que nous désirons, c'est être nous-mêmes, pleinement, et sans concession. (B.T.)
(...) ce n'est pas l'objet du désir qui provoque notre désir. Nous ne désirons pas une chose ou quelqu'un parce qu'ils nous paraissent merveilleux, hors du commun, indispensables : nous ne les désirons que parce qu'ils nous permettent d'être ce que nous sommes. (...)
Nous désirons parce que certaines choses nous apportent de la joie et ainsi augmentent notre puissance et notre capacité à nous réaliser nous-mêmes. En nous interrogeant sur notre désir, ne nous demandons pas ce que nous voulons avoir, mais plutôt ce que nous voulons être à travers ce que nous désirons. (B.T.)
Si vous êtes victime d'une avalanche (...), vous ne penserez certainement pas que la montagne vous [a] visé spécifiquement. Vous êtes juste passé au mauvais endroit au mauvais moment. (...)
Il semble difficile d'accepter que le même mécanisme conditionne l'amour des autres. En effet, si les autres nous aiment, ce n'est pas non plus parce qu'il ont délibérément choisi de le faire, et ce n'est pas non plus parce qu'ils nous ont choisis en particulier, mais parce qu'à un moment donné nous nous sommes trouvés disponibles pour jouer le rôle prévu par leur scénario affectif. (B.T.)
> cet secondaire objet du désirt
> l'amour inventé, à réinventer... : réinventé
> la roue méca nique de l'amour
> CHAPITRE : amouréinventé
> CHAPITRE : antiromantisme
... comment le dire en deux mots ?... en « amour » le désir est premier, l'objet est second. On a d'abord le désir, en l'occurrence de tomber amoureux – c'est-à-dire au fond de renaître à soi-même par une cause extérieure, se payer une décharge immédiate de vie nouvelle, une relance du sens de sa vie, une intensification facile de son existence – et l'objet quant à lui est plus hasardeux, contingent, illusoire, on prend un peu ce (fla-) qu'on trouve, du moment qu'on ait l'ivresse, ça fera l'affaire, d'y croire assez, de trouver à s'épanouir au moins quelque peu, au moins quelque temps. Il y a une formule qui dit « faute de trouver ce qu'on désire, on désire ce qu'on trouve » ; alors je la conteste dans la mesure de son idéalisme – impliquant qu'un objet de désir précède le désir, alors que je prétends le contraire –, mais ça pourrait résumer grossièrement. (...)
(...) ce que je pointe aussi dans cette méca nique de l'amour, c'est ce jeu de rôles: bon, c'est pas de toi que je rêvais au fond, mais comme tu es là, « parce que tu étais là » (comme dit la chanson de dominique a) et que c'est un peu le désert autour et que fondamentalement je désire, sans pouvoir m'en empêcher, je désire par essence, alors on va faire avec, avec toi, comme ça, comme si.
Et c'est presque toujours comme ça. Ha. Même quand on y croit à fond, naïvement. L'objet est moins fondamental que le désir. Le désir ne fait que se chercher des objets, des prétextes... des canaux, comme de l'eau (de rose ;) engagée sur un pente, car on est engagé dans le désir, vitalement. (O.K.)
Que répondre à tout ça [cette passion manifeste] ? Laisser décanter, je crois. Voilà ce que je choisis. Meilleur moyen que tu retrouves véritablement tes « esprits », et non pas seulement en intention et déclarations. Et que tu accèdes désormais par toi-même, et ce travail philosophique hélas après-coup, via la rumination de mes chapitres et de spinoza, à la com-préhension de ce que je t'explique et te répète depuis le début sur tout ça, la passion hallucinée qui au fond dépasse largement son objet illusoire, et qui par cette méconnaissance (passive) des causes, de ses motivations égoïstes réelles ne peut rendre que triste, malheureux, car balloté, etc. Voilà la première réponse que je ferais (...). Et si déjà ça peut t'aider... t'encourager à continuer le travail dans ce sens... d'assagissement... de clairvoyance... d'intelligence... (O.K.)
« Aimer », c'est ressentir une joie qu'on croit ne pas venir de l'intérieur, qu'on croit ne pas savoir produire soi-même, mais qui serait provoquée par un être extérieur, une personne, une chose ou une idée. De cette manière, les joies ressenties ne nous apparaissent plus aléatoires et fluctuantes, mais comme des états que nous pouvons, grâce à l'existence de cette cause repérable et identifiable, revivre de manière régulière et prévisible. Encore faut-il parvenir à se l'attacher et à s'y unir solidement. Cependant, aimer, (...) c'est aussi – et, malheureusement, presque toujours – se tromper sur les causes de l'amour, se tromper sur l'origine de sa joie, et s'attacher à ce qui nous attriste bien plus qu'il ne nous réjouit. Aimer, c'est croire que quelque chose nous réjouit, même si l'effet réel est contraire. (B.T.)
(...)
Reprenons la définition de l'amour [selon spinoza] :
« L'amour est une joie accompagnée de l'idée d'une cause extérieure. »
Cette définition nous dit bien que la seule chose qui est réelle dans l'amour, c'est notre sentiment ; c'est-à-dire la joie éprouvée. L'objet sur lequel porte ce sentiment, en revanche, n'est qu'une idée que nous attachons, avec plus ou moins de circonspection, à cette joie. Dans beaucoup de cas, c'est seulement dans notre imaginaire que cet objet est une cause de joie. Il nous incombe aussi de renverser notre conception et notre appréhension de l'amour. (B.T.)
Nous ne sommes pas davantage lucides sur le monde extérieur que sur nous-mêmes. Car nous nous confrontons encore au même problème : ce ne sont toujours pas les choses extérieures que nous percevons, mais l'effet qu'elles nous font, la réaction qu'elles provoquent et leur empreinte en nous. En goûtant un aliment, ce n'est pas la composition de l'aliment lui-même que nous percevons, mais la réaction de nos papilles (...). En tombant amoureux d'une personne, ce n'est pas la personne elle-même que nous percevons, mais les désirs et les craintes qu'elles suscitent, les souvenirs qu'elle évoque, la sensibilité qu'elle stimule.
(...) En réalité, nous ne connaissons que nos réactions, nos sensations, notre épiderme existentiel et affectif. Nous ignorons complètement les causes de ces réactions, qu'elles soient internes (...) ou externes (...). (B.T.)
Pour commencer, ce qui détermine notre amour, ce qui guide notre choix, c'est uniquement notre sentiment, et en aucune façon la qualité réelle de l'objet de notre affection, ou pire, des « valeurs » transcendantes auxquelles il est censé correspondre. Ce n'est pas l'excellence ou la bonté ou la beauté d'une chose, d'une idée ou d'une personne qui nous le rend aimable, mais uniquement le fait que nous associons une augmentation de notre énergie vitale [notre puissance], c'est-à-dire une joie, à sa présence. (...) Ce n'est donc pas l'autre la véritable raison de notre amour, mais simplement le sentiment qui accompagne sa présence.
... la source de l'amour ne se situe pas dans les qualités réelles de l'objet aimé, son excellence ou sa bonté, mais simplement dans les variations d'humeur ou d'énergie vitale que nous ressentons en sa présence. (B.T.)
... nos relations sont la plupart du temps aliénées, c'est-à-dire attachées à des objets imaginaires. Pour sortir de cette aliénation affective, nous devons comprendre les mécanismes à l'oeuvre dans nos choix affectifs. (B.T.)
Nos errances passionnelles sont ainsi non pas des fautes, au sens moralisateur du terme, mais des erreurs, des défauts de notre connaissance et de notre jugement – et non pas de notre moralité. (B.T.)
... il nous manque la connaissance adéquate de ce que nous sommes et de ce qui nous entoure. Bien que nous soyons conscients de nous-mêmes et de ce qui nous arrive, cette conscience n'est qu'une connaissance mutilée, tronquée, partielle et souvent imaginaire. Notre vie affective devient violente et passionnelle essentiellement parce que nous nous trompons sur nous-mêmes et sur les événements qui nous arrivent. (B.T.)
Il y a un fil rouge qui traverse toutes nos errances affectives : l'homme a besoin de croire en quelque chose, même s'il s'agit d'une erreur. L'homme a aussi besoin de désirer quelque chose, quoi que ce soit, même si ce désir est une illusion. Il s'ensuit que l'homme a besoin d'aimer quelque chose, de s'attacher à quelque chose, même si, en réalité, cette chose le détruit plus qu'elle ne le construit, l'attriste plus qu'elle ne le réjouit. (B.T.)
Que l'objet soit erroné ou imaginaire, nous avons toujours besoin de projeter nos sentiments sur quelque chose.
Nous ne pouvons faire autrement, car il y va de notre énergie vitale, de l'équilibre de nos forces intérieures. Pour nous maintenir face aux obstacles et aux dangers de la vie, pour nous donner la force de les dépasser, nous imaginons ce que nous croyons capables de nous renforcer. Et, à l'inverse, nous nous efforçons de nier l'existence de ce que nous croyons nous menacer, voilà pourquoi certains ont besoin de haïr à tout prix, de s'opposer à des dangers pourtant inexistants, de militer pour des causes imaginaires...
Si nous ne pouvons faire autrement que de nous attacher à des objets d'amour ou de haine artificiels, nous pouvons néanmoins tenter de comprendre par quels mécanismes s'enchaînent ces attachements. Quels sont les trompe-l'oeil qui aliènent notre désir (...) (B.T.)
« Le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu'on la conçoit comme déterminée, par la suite d'une quelconque affection d'elle-même, à faire quelque chose. » [spinoza]
Parce que fondamentalement nous sommes des êtres de désir. (...) Cela signifie que nous sommes désir, rien que désir. (B.T.)
Si être, c'est désirer, désirer, pareillement, c'est pas autre chose qu'être. (B.T.)
Ce que nous désirons, c'est être nous-mêmes, pleinement, et sans concession. (B.T.)
(...) ce n'est pas l'objet du désir qui provoque notre désir. Nous ne désirons pas une chose ou quelqu'un parce qu'ils nous paraissent merveilleux, hors du commun, indispensables : nous ne les désirons que parce qu'ils nous permettent d'être ce que nous sommes. (...)
Nous désirons parce que certaines choses nous apportent de la joie et ainsi augmentent notre puissance et notre capacité à nous réaliser nous-mêmes. En nous interrogeant sur notre désir, ne nous demandons pas ce que nous voulons avoir, mais plutôt ce que nous voulons être à travers ce que nous désirons. (B.T.)
Si vous êtes victime d'une avalanche (...), vous ne penserez certainement pas que la montagne vous [a] visé spécifiquement. Vous êtes juste passé au mauvais endroit au mauvais moment. (...)
Il semble difficile d'accepter que le même mécanisme conditionne l'amour des autres. En effet, si les autres nous aiment, ce n'est pas non plus parce qu'il ont délibérément choisi de le faire, et ce n'est pas non plus parce qu'ils nous ont choisis en particulier, mais parce qu'à un moment donné nous nous sommes trouvés disponibles pour jouer le rôle prévu par leur scénario affectif. (B.T.)
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| (H.M.) |
> cet secondaire objet du désirt
> l'amour inventé, à réinventer... : réinventé
> la roue méca nique de l'amour
> CHAPITRE : amouréinventé
> CHAPITRE : antiromantisme
2013-07-18
du détermunisme, quoi de plus ?
On est, chacun, à la fois fruit de ses aïeux et produit de son environnement. Quoi de plus ? (O.K.)
(J.R.)(O.K.) - à audrey -
cf. la liberté ta soeur
cf. CHAPITRE : physio-logique
cf. idiosintelligence(s)
cf. CHAPITRE : intelligence
confchance dans le réel
- à gilles -
Confiance dans le réel !
(o.K.)
Les grands artistes ont du hasard dans leur talent et du talent dans leur hasard.
(V.H. – merci à G.F.)
« Saisir sa chance demande un esprit poétique ». (...) Je n’ai rien contre la rationalité, mais j’aimerais donner à penser contre son excès, contre la mathématisation à outrance du monde qui me semble dominer aujourd’hui. (...) pour provoquer la chance, je crois qu’il est d’abord nécessaire de desserrer les mâchoires contraignantes de ce cartésianisme qui nous berce depuis notre enfance et qui fait de nous des psychorigides. Nous nous sommes habitués à ne voir le monde qu’à travers la loi de la cause et de l’effet, alors qu’il y a quantité d’autres manières de l’appréhender, et bien d’autres choses que la logique par lesquelles se laisser porter. À commencer par cette intuition, ce sens commun qui nous traverse parfois (...) et nous permet d’être en relation avec le monde tel qu’il est… peut-être ! En tout cas, tel qu’il reste mystérieux.
— D’où viennent, selon vous, ces étranges coïncidences que nous pouvons expérimenter ?
— Pour moi, ces fulgurances témoignent d’un ordre étranger à cette logique à laquelle nous sommes attachés. Et elles sont autant d’occasions qui nous sont données de rentrer en contact avec cet instinct perdu. Elles nous invitent à observer, à ressentir le monde plus librement…
— Plus poétiquement ?
— Oui, je crois en effet que la capacité à provoquer la chance est celle de l’esprit poétique, de l’attitude poétique. (...) Les chances et les hasards sont (...) davantage offerts à ceux qui savent contempler.
—Au fond, vous invitez à mettre en repos la volonté…
— … telle que nous avons tendance à la concevoir en Occident : la volonté « volontariste ». Celle qui nous fait nous crisper au moment où il faudrait nous assouplir et tenter de nous adapter. À cette volonté, je préfère celle qui passe par le désir et le plaisir. (...)
— Et c’est là, pensez-vous, que la chance sourit ?
— Oui (...). C’est le fameux lâcher-prise. Dans le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc, le maître enseigne à l’apprenti que, pour mettre la flèche dans la cible, il ne doit pas viser. (...) Tout l’enseignement des maîtres zen consiste à se déconditionner, de manière à retrouver en soi ce sens de l’immédiat – donc, des opportunités, telles que la chance.
— (...) vous relatez plusieurs anecdotes qui montrent que les jolis hasards vous sourient souvent. N’est-ce pas parce que vous avez envie de voir du sens partout ?
— Est-ce parce que j’en ai envie ou parce que ce sens existe ? Sans doute est-ce un mélange des deux impossible à démêler, comme le dit Jung… (...)
— Votre grand-père était lui-même un grand chanceux...
— Mon père disait de lui qu’il n’avait jamais rencontré quelqu’un d’aussi débrouillard. Étrange, non ? Comme s’il composait à la fois avec la réalité que l’on connaît et avec cette autre, plus mystérieuse… (...)
— Et la malchance [secondaire], (...) à quoi tient-elle ?
— À la peur [?] J’ai constaté que, quand mon désir m’incite à aller dans telle direction et que je choisis pourtant de ne pas y aller et de me ranger du côté de la doxa, c’est souvent par peur. Elle frappe également quand on n’est pas dans un état d’attention et d’ouverture à notre environnement ; parce que, trop pris dans la logique cartésienne et rigide, l’on est incapable de s’abandonner aux choses telles qu’elles arrivent, de s’écouter, de s’accepter. Ou que l’on est pris dans la culpabilité… (...) Quand on est trop dans la culpabilité, on ne peut pas saisir sa chance car on a l’impression de ne pas la mériter. On n’a pas assez « souffert » ! C’est le poids de notre culture judéo-chrétienne, où seul ce qui s’obtient avec l’effort est valable…
— Que conseillez-vous pour apprendre à saisir sa chance ?
— L’observation des animaux. Le chat, par exemple : regardez-le dormir. À la moindre souris qui passe ou feuille qui virevolte, il bondit de manière foudroyante alors qu’on le croyait en pleine léthargie. Le chat ne se pose pas de questions : il ne rate pas une occasion de jouer. Je préconise aussi l’art du jardin – à l’anglaise, surtout pas à la française ! – pour reprendre contact avec la nature, notre nature sauvage. Puis cultiver le goût des temps morts. (...) C’est dans l’attente que l’on se rencontre un peu soi-même, mais aussi que quantité de choses peuvent nous arriver. Avez-vous remarqué que l’on peut passer quinze jours dans un hôtel sans parler avec personne et, au moment de partir, faire une rencontre passionnante ? Parce que, à ce moment-là, on ne court plus après rien, on se détend, on lâche prise…
— Selon vous, pouvons-nous vivre dans cet état d’émerveillement permanent au quotidien ?
—Attention, il ne s’agit pas non plus de chercher à s’émerveiller sans cesse. (...) Pour moi, c’est cela, l’état poétique. C’est se rendre disponible à vivre le merveilleux, la chance, mais sans pour autant sombrer dans l’idéalisme. Car, alors, on risque de perdre le contentement simple que l’on a à exister dans un moment heureux. (D.G. – merci à D.S.)
Il n'est rien de plus urgent que d'apprendre la patience, le plaisir de se perdre, la ruse et le détour, la danse et le jeu, pour se retrouver capable de façonner sa vie comme une ironique oeuvre d'art.
(J.A. – merci à L.C.)
La chance fait partie du talent.
(F.T.)
cf. à propos, vivre
cf. l'en jeu
cf. reître
cf. du culminant
cf. pas à pas
cf. CHAPITRE : aventure
cf. CHAPITRE : éco-logique
Confiance dans le réel !
(o.K.)
Les grands artistes ont du hasard dans leur talent et du talent dans leur hasard.
(V.H. – merci à G.F.)
« Saisir sa chance demande un esprit poétique ». (...) Je n’ai rien contre la rationalité, mais j’aimerais donner à penser contre son excès, contre la mathématisation à outrance du monde qui me semble dominer aujourd’hui. (...) pour provoquer la chance, je crois qu’il est d’abord nécessaire de desserrer les mâchoires contraignantes de ce cartésianisme qui nous berce depuis notre enfance et qui fait de nous des psychorigides. Nous nous sommes habitués à ne voir le monde qu’à travers la loi de la cause et de l’effet, alors qu’il y a quantité d’autres manières de l’appréhender, et bien d’autres choses que la logique par lesquelles se laisser porter. À commencer par cette intuition, ce sens commun qui nous traverse parfois (...) et nous permet d’être en relation avec le monde tel qu’il est… peut-être ! En tout cas, tel qu’il reste mystérieux.
— D’où viennent, selon vous, ces étranges coïncidences que nous pouvons expérimenter ?
— Pour moi, ces fulgurances témoignent d’un ordre étranger à cette logique à laquelle nous sommes attachés. Et elles sont autant d’occasions qui nous sont données de rentrer en contact avec cet instinct perdu. Elles nous invitent à observer, à ressentir le monde plus librement…
— Plus poétiquement ?
— Oui, je crois en effet que la capacité à provoquer la chance est celle de l’esprit poétique, de l’attitude poétique. (...) Les chances et les hasards sont (...) davantage offerts à ceux qui savent contempler.
—Au fond, vous invitez à mettre en repos la volonté…
— … telle que nous avons tendance à la concevoir en Occident : la volonté « volontariste ». Celle qui nous fait nous crisper au moment où il faudrait nous assouplir et tenter de nous adapter. À cette volonté, je préfère celle qui passe par le désir et le plaisir. (...)
— Et c’est là, pensez-vous, que la chance sourit ?
— Oui (...). C’est le fameux lâcher-prise. Dans le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc, le maître enseigne à l’apprenti que, pour mettre la flèche dans la cible, il ne doit pas viser. (...) Tout l’enseignement des maîtres zen consiste à se déconditionner, de manière à retrouver en soi ce sens de l’immédiat – donc, des opportunités, telles que la chance.
— (...) vous relatez plusieurs anecdotes qui montrent que les jolis hasards vous sourient souvent. N’est-ce pas parce que vous avez envie de voir du sens partout ?
— Est-ce parce que j’en ai envie ou parce que ce sens existe ? Sans doute est-ce un mélange des deux impossible à démêler, comme le dit Jung… (...)
— Votre grand-père était lui-même un grand chanceux...
— Mon père disait de lui qu’il n’avait jamais rencontré quelqu’un d’aussi débrouillard. Étrange, non ? Comme s’il composait à la fois avec la réalité que l’on connaît et avec cette autre, plus mystérieuse… (...)
— Et la malchance [secondaire], (...) à quoi tient-elle ?
— À la peur [?] J’ai constaté que, quand mon désir m’incite à aller dans telle direction et que je choisis pourtant de ne pas y aller et de me ranger du côté de la doxa, c’est souvent par peur. Elle frappe également quand on n’est pas dans un état d’attention et d’ouverture à notre environnement ; parce que, trop pris dans la logique cartésienne et rigide, l’on est incapable de s’abandonner aux choses telles qu’elles arrivent, de s’écouter, de s’accepter. Ou que l’on est pris dans la culpabilité… (...) Quand on est trop dans la culpabilité, on ne peut pas saisir sa chance car on a l’impression de ne pas la mériter. On n’a pas assez « souffert » ! C’est le poids de notre culture judéo-chrétienne, où seul ce qui s’obtient avec l’effort est valable…
— Que conseillez-vous pour apprendre à saisir sa chance ?
— L’observation des animaux. Le chat, par exemple : regardez-le dormir. À la moindre souris qui passe ou feuille qui virevolte, il bondit de manière foudroyante alors qu’on le croyait en pleine léthargie. Le chat ne se pose pas de questions : il ne rate pas une occasion de jouer. Je préconise aussi l’art du jardin – à l’anglaise, surtout pas à la française ! – pour reprendre contact avec la nature, notre nature sauvage. Puis cultiver le goût des temps morts. (...) C’est dans l’attente que l’on se rencontre un peu soi-même, mais aussi que quantité de choses peuvent nous arriver. Avez-vous remarqué que l’on peut passer quinze jours dans un hôtel sans parler avec personne et, au moment de partir, faire une rencontre passionnante ? Parce que, à ce moment-là, on ne court plus après rien, on se détend, on lâche prise…
— Selon vous, pouvons-nous vivre dans cet état d’émerveillement permanent au quotidien ?
—Attention, il ne s’agit pas non plus de chercher à s’émerveiller sans cesse. (...) Pour moi, c’est cela, l’état poétique. C’est se rendre disponible à vivre le merveilleux, la chance, mais sans pour autant sombrer dans l’idéalisme. Car, alors, on risque de perdre le contentement simple que l’on a à exister dans un moment heureux. (D.G. – merci à D.S.)
Il n'est rien de plus urgent que d'apprendre la patience, le plaisir de se perdre, la ruse et le détour, la danse et le jeu, pour se retrouver capable de façonner sa vie comme une ironique oeuvre d'art.
(J.A. – merci à L.C.)
La chance fait partie du talent.
(F.T.)
cf. à propos, vivre
cf. l'en jeu
cf. reître
cf. du culminant
cf. pas à pas
cf. CHAPITRE : aventure
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