N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

> page d'accueil

2013-11-16

¿ d'aucune tance ? aucoune impor/tanz

[Un jour,] une dame sérieuse, cultivée, spécialiste de l'art moderne, dit à Picasso d'un air pincé : « Monsieur Picasso, je n'aime pas du tout vos derniers tableaux. » À quoi Picasso répond, sans chercher à améliorer son accent : « Madamm, ça n'a aucoune importanz ! »
(Ph.S.)

2013-11-14

en post(e) campagne

C’est dans la campagne sans lune, noir total, que j’ai vu pour la première fois le lapin fluo, vert intense dans son champ abandonné, menant sa vie, indifférent à l’idée de son étrangeté, dans un halo brûlant, comme on ferme les yeux sur le souvenir de quelqu’un, signal dans la nuit noire, petit point.

Sage comme une image.

Plus mangeable, ce lapin-là, le contraire du boeuf, ex-vache, viande sur pied dès sa naissance, placard de boucherie au ralenti dans les prés, le front bouclé trempé, les yeux noirs exorbités de peur quand on les fait grimper dans le camion.

Ajouter ici une histoire vraie à propos de gens qui aiment leur vache jusqu’à leur tisser des couvertures sur mesure.

C’est loin.

Un philosophe disait qu’il fallait faire exploser le passé dans le présent, il avait raison.

Construisons.

C’est flou.

Un coup de blanc mais pas trop, pas trop de peinture, attention, ou alors ne pas poncer ni enduire avant, pour garder visible le relief de ce qui s’est passé.

Il faudrait faire une étude.

Se documenter, comprendre, rattraper le temps perdu, consulter les bons traités techniques, trouver les bonnes sources, recouper, faire parler les témoins, bien recopier.

Le lapin fluo, c’est tout le contraire de vos vaches classiques.

Réalisé avec amour par un artiste de labo dans son atelier-hôpital, prototype vivant, oreilles clonées et douces, cible idéale dans campagne transparente, gibier 4D pour nouveau chasseur.

Boum.

Planqué dans les fossés aussi visible qu’un fugitif à l’infrarouge.

Chasseur écologique nouvelle génération.

Après chasseur, il fera artiste dans la post-campagne.

C’est dans très bientôt déjà.

Ajouter ici une traditionnelle vue de campagne avec immenses prairies ponctuées de très grands arbres au feuillage fin et dense.

Il faudrait faire une étude.

C’est compliqué, c’est parfait, on ne s’endort pas.

Imaginer les bons travaux pour une vie idéale, trouver le bon compromis entre le neuf et le vieux, il y a des solutions, il faudrait faire une étude, chauffage au charbon ? type de vêtements ? rester habillé toujours pareil dans toutes les circonstances, habillé en tous les jours, pas de panoplie spécialisée, c’est une première garantie de suspension du temps.

Ajoutez ici le début d’un livre qui attaque bille en tête : un baron dans la force de l’âge, appelons-le Édouard, etc. affinités électives, fraîcheur, belle histoire d’amour d’été, capacité à prendre quelqu’un dans les bras de manière éperdue, vita nova, rouler dans les champs, courir la nuit, sensation d’être ici et maintenant, brûlure, quelque chose de direct, un bon début, c’est simple, expéditif, franc du collier, c’est rare, est-ce que les gens à l’époque parlaient vraiment comme ça ?

C’est dans les livres qu’on parle vraiment.

Il suffit de lire un livre qui s’écarte des manières du moment.

C’est rare.

Je fais un effort énorme de compréhension, je devrais mieux me documenter, travailler sur des bases solides, c’est trop tard, j’aurais dû commencer avant.

Je perds un temps fantastique, je ne devrais pas, c’est une erreur, j’écoute trop...

... c’est pas comme ça que j’irais vendre un scénario, le bon pitch, eh oui comme au base-ball, absolument, le pitch, vous avez 5 minutes pour raconter l’histoire.

... alors qu’on est déjà un grand cinéaste encore jeune, un vrai film sur du vrai réel...

Il faut se lancer, il y a une méthode : savoir exactement ce qu’on fait et uniquement ce qu’on est en train de faire avant de le faire, sans interface mentale, et ensuite le faire tout simplement.

J’ajoute que, dans une autre partie de ma vie, je me suis trompé complètement, j’avoue, je regrette, je croyais que collectionner des choses suffisait, comme on dispose des souvenirs corporels dans une vitrine...

Je regrette.

Je suis Robinson, c’est moi...

À une époque précédente, j’avais une vie très proche de la nature, par nécessité, installé dans une cabane faite main, après avoir réglé l’essentiel, j’aurais dû m’arrêter, j’ai continué comme un canard sans tête.

J’aurais dû prendre des vacances.

... beaucoup de travail pour pas grand-chose.

J’avais du temps à perdre.

Une série de projets à dormir debout.

Le sport, c’est mieux.

Elle m’a parlé.

Cheveux d’or.


Essayons de rassembler ces *** pour les enterrer, tout mettre en tas pour les annuler en vitesse, un résumé pour les détruire d’un coup, comme quand on revit en accéléré le film de sa vie juste avant de mourir.

Un millefeuille s’écrase dans mon cerveau.

On verra plus tard qu’il faudra faire l’équivalent avec les choses aimées, un monument qui grandira.

On s’en occupe à plein temps, on travaille, on ramène des tas de choses trouvées à l’extérieur, on les colle, il faudra acheter l’appartement du dessus et percer un trou dans le plafond pour continuer, ça augmente, musée sonore d’êtres aimés, catalogue de paroles dans l’air, c’est si loin qu’il faudrait un baobab.

Un monument au mort maison.

... je suis otage passé à l’ennemi, je suis conquis par les paroles des autres, ffft, je disparais, avalé, disparu, terminé, c’est problématique, tout devient affecté d’une puissance énorme, volonté de m’en sortir par de vraies lectures, crayon en main, d’auteurs importants, mon idéal de modification dans le bon sens de tout ce qui va se passer, mon algorithme de vie.

Je fais des études et ça ira mieux après, je suis un peu en perte de vitesse ces derniers temps, j’avoue, j’ai trop parlé ? vous trouvez que je me suis bizarrement comporté chez ces gens ? ils ont voulu me torturer, absolument, je peux le prouver, alors que je me suis mis en quatre toute ma vie.

Silence.

... il faut quand même qu’une reconnaissance soit possible...

Résumé.

Je suis enfermé dans un sale petit film concret, héros principal : le corps bouillant d’organes en décomposition.

... amis perdus, problèmes sous ciment, impossibilité retour immédiat, blocage en amour, difficulté recherche en général, frein et non-influence de bonnes choses et protection, manque elle.

Elle qui ?

Avec qui dois-je entrer en rapport ? qu’est-ce qui est bon pour moi ? qu’est-ce qui va se passer ? quel est le rapport de choses en moi qui va se mettre en rapport avec des choses elles-mêmes en rapports intenses et secrets ?

Je ne comprends pas tout, je devine, j’essaye.

Qui doit comprendre quoi ?

À la recherche de ?

Voilà ce que j’aurais pu faire si j’avais eu une formation, et un atelier assez grand pour construire mes essais taille réelle.

Je vais arranger tout ça, ça va bien se passer, les choses compliquées deviendront simples, je devrais construire un endroit approprié pour réfléchir à tout ça, je dois être aidé par le cadre, une table pratique, dépliante ? un toit, quelque chose de léger mais d’assez résistant quand même.

Au travail.

Finir par tout comprendre par analogie comme se révèle patiemment un ciel de puzzle.

Construire un meuble pour faire progresser ce travail, des heures penchées sur ces petits dessins noirs, un vrai bon petit Robinson qui fait au jour le jour le travail qu’il s’est fixé lui-même, une planche étroite bien poncée pour lire debout combinée à de petites étagères dessous, on y range des outils et les éléments essentiels pour bien accomplir la tâche fixée.

J’avance.

... il faudrait corriger à l’infini.

J’abandonne.

Bienvenue à la campagne.

Pommes dauphines surgelées.

Vue 360° sur la vallée.

Venez.

Bilan provisoire, il fait partout pareil, gris avec des gens dedans, post-campagne † in memoriam, ciel sale, réverbération maximum, comme si on avait installé une batterie de spots derrière une vitre opalescente de porte de clinique.

il faut faire exploser le passé dans le présent, oui, mais comment ? comment on sort ?

J’aurais dû être artiste.

Pause.

Il cherche un[e] assistant[e].





Il me faut un[e] spécialiste, on ne peut pas avoir toujours raison tout seul.


Comment s’en sortir ? sortir vers où et pourquoi ? quels sont les risques ? que faire ? pourquoi ? pour qui ? vers où ? avec quelle partie de qui relier les parties extérieures de moi ? rester seul ? combien de temps ? pourquoi ? quel intérêt ?

Et si j’arrêtais de parler tout seul, ça ne sert à rien, vous devriez vous laisser aller, pour changer, si j’arrêtais d’entendre des phrases…

Comment penser sans voix ?

Je progresse, sport de silence total, épouser ce qui se dit, technique camouflage, sage comme une image, pas un mot, on verra plus tard l’avantage de cette méthode.

Opération Perroquet Mort.

Une vie sans paroles avec juste des gestes, cure de signes, je me coule dans le mouvement des choses, je compose, je suis habile à présenter mon corps sous des rapports qui se composent directement avec les rapports qu’entretiennent les machines entre elles.

Vous devriez vous laisser aller, ils m’ont tous dit ça, pourquoi s’énerver comme ça ? vous êtes compliqué, vous n’êtes pas vivant, au sens nature, détendu, vous en faites trop, levant les yeux au ciel, alors que c’est le contraire, je ne suis pas assez compliqué pour être vivant, je suis un mécanisme pas assez artificiel pour ressembler à un vrai vivant.

Je ne le dis pas, c’est fini, maintenant Silence.
 






J’y suis, je suis déjà tout en haut, dans le vent, la terre est ronde, je suis un point saillant sur une surface courbe, me voilà sur l’extrême branche, ça va vite.


Bulles.




Je nage.
 

(O.C.)(O.K.)



> petite annonce
« sylvie aymard, c'est moi » 
« je voudrais... »
etc. etc.

>> EN POST(E) CAMPAGNE II, LE RETOUR (version audiovisuelle)

2013-11-10

la vraie vie est... veilleur

   Je ne vis pas le jour, je vis la nuit. J’aime tout dans la nuit : le silence, les lumières tamisées, les gens qui s’abandonnent. La nuit me réconcilie avec moi-même. C’est ma façon de fuir le quotidien[?]
 La journée, je vis un peu au ralenti. Je me réveille tard. (...) je suis en vrac.  (...) je cours partout, je suis toujours en retard. On dirait que la journée n’est pas faite pour moi. J’ai besoin de plus. De remplir ma vie à ras bord.  (...)
   Ma vraie vie commence vers 19 h.
(L.C.)[O.K.]

2013-11-08

la nuit des cris censément familiers

    ... dans l’obscurité. Elle semble écouter le bruit, qui monte de toutes parts, des milliers de criquets peuplant le bas-fond. Mais c’est un bruit continu, sans variations, étourdissant, où il n’y a rien à entendre. (...)
    ... il y a seulement le bruit des criquets et le noir sans étoiles de la nuit. (...)
    Le bruit des criquets a cessé. On n’entend, çà et là, que le cri menu de quelque carnassier nocturne, le vrombissement subit d’un scarabée (...)
    Le même cri aigu et bref, qui s’est rapproché (...)
    Comme un écho, un cri identique lui succède, arrivant de la direction opposée. D’autres leur répondent, plus haut vers la route ; puis d’autres encore, dans le bas-fond.
    Parfois la note est un peu plus grave, ou plus prolongée. Il y a probablement différentes sortes de bêtes. Cependant tous ces cris se ressemblent ; non qu’ils aient un caractère commun facile à préciser, il s’agirait plutôt d’un commun manque de caractère : ils n’ont pas l’air des cris effarouchés, ou de douleur, ou menaçants, ou bien d’amour. Ce sont des cris machinaux, poussés sans raison décelable, n’exprimant rien, ne signalant que l’existence, la position et les déplacements respectifs de chaque animal, dont ils jalonnent le trajet dans la nuit.
(A.R.-G.)

2013-11-07

l'in... oui




Nous attendons quelqu’un, un événement, un signe. Nous ne savons pas exactement. Un dépaysement. Un nouvel amour. Quelqu’un qui, du jour au lendemain, va nous changer la vie, en faire une fête. Le problème est qu’attendre est non seulement très perceptible mais aussi légèrement répulsif. Attendre éloigne, tue l’excitation. Qui veut être attendu ? Qui désire combler une attente ? C’est tout le contraire. L’autre doit surgir au hasard, bouleverser le scénario. Il est l’inouï. (...) au moment où on s'y attend le moins.
(C.T.)

> existentiel espoir de di.vɛʁ.sjɔ̃
> de l'amourde
> pour l'art rencontre - un art de vivre
> dévotion à la désacralisation des femmes
> contre l'amorosité passive

2013-11-05

aller philosophiquement plus loin en poésie

Qu'on se donne seulement la peine de pratiquer la poésie.
(A.B.)

On a eu tort de trop critiquer Breton (...). D’accord, les poèmes ratés, l’obsession spiritualiste, la mauvaise peinture, le merveilleux de bazar, les hystériques pseudo-voyantes… Mais l’intransigeance morale a sa grandeur, et puis la poésie, la liberté, l’amour, le sens divinatoire des situations, les dérives dans Paris, l’inspiration sans raison, les rencontres… On devrait faire du nouveau dans ce sens, aller plus loin, philosophiquement plus loin…
(P.S.)

La poésie doit avoir pour but la vérité pratique.
(I.D.)

> otto / karl, entre science et poétHique : postphilosophes

2013-11-04

de la vie tout(e) droit(e), ou ("fête") d'intervalles


(O.K.)(A.J.)

« Tout se passe au jour le jour, dis-je. — À la nuit à la nuit ? — Voilà. » Elle ne semble pas choquée, la confiance est là, physique. (...)
    (...) Tu, vous, la danse. (...)
    Pas de pourquoi simple dans ce genre de rencontre, tout se joue dans un poudroiement de détails. Dans la parole, surtout : écoute, respiration, réserve, silence. On s'entend, expression vraie. Quelque chose se veut, se dégage, ne s'use pas, ne s'arrête pas. (...) gratuité et repos, facilité à s'arrêter, à se taire, dormir, disparaître. Du feutré. (...)
    D., depuis le début ne m'a rien demandé : ni d'où je venais, ni où j'allais, ni ce que je voulais. Elle s'en est tenue aux comportements, aux gestes. Réalisme (...). (...) Instinct transmis, sûreté d'appréciation dans les plis. (...)
(P.S.)



> pour cette « clandestinité de la vie privée »
> chapitres ci-dessous :

2013-11-03

courtes habitudes

J’aime les courtes habitudes et je les tiens pour l’inestimable moyen de connaître nombre de choses et de situations, jusqu’au fond de leur suavité et de leur amertume ; ma nature est entièrement faite pour de courtes habitudes, même quant aux besoins de sa santé corporelle et de façon absolue, pour autant que je puisse voir : du plus bas jusqu’au plus haut. Je crois toujours que ceci a de quoi me contenter de durable façon — la courte habitude elle aussi a la foi de la passion, la foi en l’éternité — et je m’imagine être enviable pour l’avoir trouvé et reconnu : — et dès lors cette croyance a la vertu de me nourrir matin et soir et de répandre une profonde frugalité autour de soi et en moi-même, si bien que je n’ai rien à désirer, sans avoir besoin de comparer, de mépriser ou de haïr. Le jour vient où la bonne chose a fait son temps : elle se sépare de moi, non comme devenue un objet de dégoût — mais paisiblement, rassasiée de moi comme je le suis d’elle, et comme si nous nous devions une reconnaissance mutuelle, donc prêts à nous serrer les mains au moment de prendre congé ! Et déjà la chose nouvelle m’attend à la porte, de même que la croyance — l’imperturbable folle, l’imperturbable sage ! — la croyance que cette chose nouvelle sera la chose juste, définitivement juste. Pour moi, il en est ainsi des repas, des pensées, des hommes, des villes, des poèmes, de la musique, des doctrines, des programmes du jour, des manières de vivre. — En revanche, je hais les habitudes durables, et je sens comme l’approche d’un tyran et comme un empoisonnement de mon atmosphère, dès que les circonstances prennent une tournure qu’elles doivent nécessairement engendrer des habitudes durables : par exemple à la faveur d’une fonction, d’une vie dans la constante compagnie des mêmes personnes, d’une résidence stable, d’un unique genre de santé. Oui, au plus profond de mon âme, je sais gré à ma santé lamentable, comme à tout ce qui est imparfait en moi, de m’offrir des centaines d’issues dérobées par où je puisse échapper aux habitudes durables. — Le plus insupportable sans doute, et ce qu’il y aurait de proprement terrible pour moi serait une vie totalement dépourvue d’habitudes, une vie qui demanderait une improvisation incessante — ce serait mon exil et ma Sibérie.
(F.N. - GS§295)

2013-11-02

véri/thérapie de couple

En dehors de ses phases reproductrices, la raison d'être du couple traditionnel est d'assurer un partenariat sexuel – en même temps qu'existentiel. Partenariat parfumé d'eau de rose, généralement, qui enivre d'abord, à faire tourner la tête, puis s'évapore plus ou moins, à faire re-tourner la tête.
(O.K.)

En allant si directement au nerf, tête baissée au noeud du couple traditionnel, avec ce relatif succès au moins provisoire, la démarche de cette suçothérapeute improvisée fait émerger un fond de vérité sur le couple traditionnel, ce qui le (fi)scelle, et sinon le fissure. Ceci étant, elle indique en même temps une voie de sortie de cette autoroute, en déroute... Autoroute du coucouple axé sur l'imaginaire du coït intégral, qui conduit... à laisser peu à peu, comme on sait, la voiture au garage. Pourquoi, voilà, ne pas introduire... plutôt ces fantaisies, ces déclinaisons érotiques, sensuelles ou affectives, ces jeux de rôles, ces périodes... de courtes habitudes si besoin, si désir... et ça, entre partenaires sexuels qui s'assumeraient en tant que tels, sinon mieux ? L'amour est à réinventer, on le sait. Non ?
(O.K.)

> dé(s) raisons d'être du couple
> amitié rentière
> l'infini hors de portée des caniches 
> convainculecoeur
> courtes habitudes

> chapitre AMOURÉINVENTÉ

2013-11-01

pour solotude

Devrions être ensemble philosophe(s). (O.K.)
Conscients et capables d'associer nos solitudes en tant que telles, d'entretenir une constellation de solitudes respectives et respectueuses – respectivement respectueuses, respectueuse du respectif.
(O.K.)


(A.J.)(J.-P.B.)(O.K.)

> adopte(z) une philosophie, de quoi réactiver un philosophe
> de l'amourde
> le couple en astieries
> CHAPITRE amouréinventé 

2013-10-30

« Progrès en amour assez lents »

Vite / Tout va vite / (...) / Et pourtant / On se sent /  Sans élan / Lent / Tout cet amour qui nous invite / Je voudrais qu'on s'y précipite / Vite / (...) / Tout va vite / Et tout court / Mais toujours / Pris de court / À la bourre / Lourd / Devant cet amour on hésite / Je voudrais qu'on s'y précipite / Vite / Tout va vite / Le vent / Les avalanches / Tous les jours / Même dimanche / Tout va vite / Nous dépasse / Mais hélas / Je suis las(se) / Du sur place / Face / À cet amour je me délite / Je voudrais qu'on s'y précipite / Vite tout va vite / Tout jusqu'au sprint final / Tout file / Même les étoiles / Tout va vite / À perdre haleine / Mais déveine / On se traîne / À la peine / Oh que vienne / Cet amour avant qu'il nous quitte / Je voudrais qu'on s'y précipite...
(A.B.)

Un jour tu verras / On s’aimera / Mais avant / On crèvera tous / Comme des raaaats...
(S.)

> l'amour est à réinventer, on le sait
> àh mes petits lapins 

> chapitre AMOURÉINVENTÉ
> le partenariat propriétaire, c'est le vol
> extension du domaine de l'amour
...


2013-10-28

bougeoir

Moi, votre vie, je la comprends. Ça s´est passé tout doucement. Les chemins se sont fermés un à un et il ne vous en est plus resté qu´un seul. Vous y êtes et vous le trouvez bougrement étroit, tocard et pourtant vous continuez. Vous avez vaguement conscience que vous pourriez encore tout foutre en l´air, mais il y a les gosses, le creux du matelas, le boulot sûr, l´ignorance du monde. (J.P.)
    « Au milieu des meubles qui te venaient du déménagement d'un homme tu compris, par un après-midi étouffant, dans une pièce exiguë, le soleil frappant de taille les casseroles, alors que tes enfants tout petits transpiraient dans le sommeil de la mi-journée, que telle était devenue ta vie, ça et rien d'autre, ta famille sans appel, et un homme nerveux couvert de brillantine et de livres était le tien, ton mari, pour toujours ». (...)
    Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné quelque chose s'arrête ? Que l'on sent que l'on ne peut plus bouger, que tout est joué ? Quel est ce processus de glaciation, insidieux, constitué de mille tentations, de mouvements larvés, d'arrière-pensées inavouées, de souhaits de mort à peine voilés ? Et puis une fois, un jour, on le sait : on ne bougera plus. On restera dans ce pays, dans cette ville. Avec cette épouse, cet époux, ces enfants, les époux et épouses de ces enfants, leurs enfants... On fera jusqu'à la retraite le même trajet entre sa maison et son lieu de travail, et lorsqu'on aura ouvert la porte, le soir, c'est toujours la même voix qui vous accueillera (...). On pose son manteau, son sac. On va se laver les mains. (...) Et c'est à la première cuillerée de potage que, dans le brouhaha des rires de enfants [ou même pas], sonne en nous, tel un glas, le rappel de notre défaite. Certes, on s'était juré de ne pas retourner à la maison, où se répètent jour après jour le massacre de nos désirs, l'annulation de nos élans, la trahison de notre jeunesse... et voilà.
    À moins qu'on ressente une bizarre satisfaction à la pensée de cette invisible défaite, qu'on y revienne compulsivement en soi-même, comme passe et repasse la langue sur la dent qui fait mal. Certes, on s'était promis de rompre mais on n'y arrive pas, et on éprouve un dégoût de soi et de sa vie, un goût pourri, un peu sucré, qui n'est pas entièrement désagréable. Et dans le baiser que l'on dépose sur la joue de sa femme, il y a une tendresse et la reconnaissance que, sans être dupe, elle ait toujours à coeur de préparer ce délicieux [ou même pas] repas et de faire comme si rien n'avait changé.
Ou bien – et sur le même fond de défaite, d'impossible aveu – c'est peut-être l'insatisfaction qui l'emporte. Et l'on ne se prive pas pour la faire sentir, être odieux, avec le lâche espoir que ce geste si difficile de rompre, c'est l'autre qui va s'en charger. Que c'est elle, la désaimée, qui dira qu'elle n'en peut plus, qu'elle veut rompre. Parfois ça marche... Le plus souvent, non.
(...)
    Mais une fois, un jour, contre toute attente, quand on s'est depuis longtemps résigné à des choix qui ne nous ressemblent pas, à des amours tristes, à un travail débile, au colmatage de l'angoisse par un tissage serré d'obligations, une fois, un jour, par un après-midi étouffant, par une nuit de décembre, dans un brouillard épais, en pleine tempête de sable, on fout le camp.
(C.T.)[O.K.]

> la vie en creux
> existence mégéré (à reprendre)
> Conjug de malheur. Peut mieux faire.

> chapitre AMOURÉINVENTÉ