N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons. L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large... Reprenons serré, de travers, à travers. Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir. (OTTO)KARL
[Ajout 2013 :] Je me rends compte, avec des sentiments mélangés, que la vie ne
m’intéresse pas assez pour que je puisse me passer d’écrire. Ça ne me
suffit pas.
(M.H.)
Pour avoir du talent, il faut être convaincu qu’on en possède. (G.F.) Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. (L.T.) Se donner du mal pour les petites choses, c’est parvenir aux grandes, avec le temps.(S.B.) Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage. (H.M.) Il faut avoir beaucoup de patience pour apprendre à être patient. (S.J.L.) J’ai toujours senti que l’état d’auteur n’était, ne pouvait être illustre et respectable qu’autant qu’il n’était pas un métier. Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès. (J.-J.R.) La joie est dans le risque à faire du neuf. (M.F.) Peu importe le succès, il s’agit d’être grand, non de le paraître. (R.R.) Qu’est-ce qu’une grande vie, sinon une pensée de la jeunesse exécutée par l’âge mûr ? (A.d.V.)
Bien que j'ai eu de l'aisance à partir vers l'inconnu Je n'aurais pourtant jamais cru y mettre autant d'excellence Mon amour-propre comme une lance pointe vers l'obscur, le tordu La besogne d'un mec obtus qui s'abîme de persistance
J'ai bien failli perdre le sens et beaucoup s'y sont perdus Combien d'amis elle a eus, celle qu'on nomme désespérance Pourtant je reste comme en transe, attaché comme un mordu A cette chose qui épuise, tue, me ferait déplacer l'immense
J'ai les pieds lourds, l'esprit rance, j'suis épuisé, y a plus d'jus Y a des jours où j'me situe, entre le néant et l'absence Pourtant encore si j'avance, c'est qu'elle me colle, me pollue Ma saleté d'espérance
J'aurais voulu me prélasser entre divan et télé Mais y a la sueur qui coule et les idées qui dérangent La sueur noie les idées et je reste un peu lassé Mais bientôt une vague me saoule, m'aspire, me noie, me démange
Le monde s'est laissé réglé, les foules sont apprivoisées L'économie est une bible, consommation est leur ange Et on prie l'esprit billet pour qu'il nous laisse épargner On croit qu'on décroche la lune avec nos ailes de mésange
Et quand je parle d'mes projets, introuvables chez l'VRP On trouve que je suis endiablé, on dit de moi que je m'enfonce Finit par dire qu'j'suis fâché, fauché j'deviendrais fâché Avec ma saleté d'espérance
Les maux de tête ont repris, et tous les mots qu'on s'est dit Nos vieux plans, nos stratégies, valables pour changer trois mondes On ne pense plus, on les oublie, on en rit et on sourit Pourtant dans la tête réside, une voie endormie qui songe
Elle sommeille dans un bon lit, à l'édredon bien rempli Elle s'enfonce dans tant de replis qu'son lit ressemble à une tombe Mais dans mon esprit meurtri cette vie n'est pas endormie Son lit doit être fait d'orties car elle gratte et ça me ronge
Elle m'impose tous ses ennemis, elle m'engrène vers les conflits Plonge ma tête dans nos vomis, quelles qu'en soient les conséquences J'ai des tâches d'antipathie, des boutons d'fièvre d'incompris C'est ma saleté d'espérance
Quand tu entendras ce morceau, ça sera parce que je perdure Ou bien parce qu'en coup dur, j'l'aurai chanté dans l'métro Mais s'il passe à la radio, où s'il crache dans ta voiture Sache qu'à son stade d'écriture, j'tais assis dans un bistro
Refusant de vivre des rimes, préférant vivre d'intérim Pour laisser libre court à l'art, sans patron, sans révérence Laissant loin de moi cette frime, qui rend bien médiocrissime Laissant mes mots devenir star, révolutionner cette science
Ma plume jouant de l'escrime, pour m'aiguiser dans l'estime Autant d'efforts m'assassinent, et pourtant je reste dans la danse C'est que dans mon malheur prime, mon ami le plus intime Ma saleté d'espérance. (R.)
« Pour lui, le temps n’a pas d’importance, dans la vie comme dans les films. Plus que prendre son temps, il lui donne toute sa valeur. Avec cette méthode, si c’en est une, vous n’avez pas le temps de faire votre cinéma, avec vos petits tics d’acteur, puisque vous ne savez ce qui va se passer. En plus, Jacques finissait toujours les magasins de pellicule et, à la fin de chaque prise, n’entendant pas « coupez », on devait meubler les silences, gérer la gêne du moment. Rozier se sert de tout ça. Ce n’est pas la ligne qui l’intéresse, c’est ce qu’il y a entre les lignes, les creux. Tout ce qui nous échappe, qu’on ne contrôle pas. Faire ressentir à quelqu’un quelque chose qu’il n’a pas l’habitude de ressentir, le voir s’en étonner ou ne pas s’en apercevoir. Il aime les points de suspension. C’est peut-être pour ça qu’il tourne avec des amateurs, parce qu’il a peur que les acteurs confirmés lui donnent la musique qu’ils savent jouer. Les acteurs, il les prend pour ce qu’ils savent faire, mais surtout pour en donner une relecture. » Ce n’est donc pas surprenant si le cinéma de Rozier ne ressemble à rien de connu. Jacques Mandelbaum en donne une belle définition : « Le goût du voyage et de la vacance, la récurrence de l'eau et des îles, le sens aigu de la durée, l'inclination pour les genres et les acteurs populaires, l'hybridation du documentaire et de la fiction, l'improvisation et les changements de cap élevés au rang des beaux-arts marquent de façon indélébile ce cinéma, qui procure comme aucun autre la sensation, simultanément joyeuse et mélancolique, de la grâce de l'existence et de la fragilité de l'instant. » Pour Pascal Thomas, « Rozier est un singulier dans le siècle. On croit qu'il s'empêche lui-même, mais c'est faux. Il vit dans l'instant, et cette manière de vivre ne coïncide plus du tout avec les exigences de ce métier, où la dictature du scénario, qui détermine seule le financement du film, est devenue terriblement néfaste. » (W.)
Prenez un peu de repos, afin de finir plus vite.
(G.H.)
Mais comment faites-vous pour faire autant de choses ?
— Je dors beaucoup.
(R.T.)
cf. « délasse ta tête »
cf. sommeilleur
La vie comme moyen de connaissance — avec ce principe au cœur, on peut non seulement vivre avec bravoure, mais encore vivre gaiement, et rire joyeusement ! (F.N. — GS§324)
La vraie culture ne peut s'apprendre que dans l'espace... (A.A.) Nous, qui avons tellement d'espace et si peu de temps, nous nous ferons nomades. (A.L.)
Son but n’était pas de faire de la littérature, mais de transformer ce qu’il vivait en matière littéraire. (...) Et il accumule matériaux publics et privés pour son livret de littérature-épargne. En effet, de 1893 à 1956, il enfante les 7 000 pages de son Journal littéraire (1954-1966).
Moi qui ai si peu de chance avec les femmes à cause de ma timidité et de mon horreur du sentiment (...) Donner tant d'importance à cette chose si simple et nullement romanesque : faire l'amour ! Nous y avons perdu, elles et moi, sans doute, et je n'ai pas acquis pour cela la patience de faire ce qu'on appelle la cour aux femmes. (P.L.)
Il faut vivre dans les intervalles. (...) je pars du constat que tout est invivable... sauf les intervalles que je décris. (...) les [sympathies] aussi sont des intervalles... qui ne demandent qu'à éclore.
(P.S.)[O.K.]
L'irrésolution est le pire des maux.
(R.D.)
Pour décider il y a pas besoin de savoir quoi faire.
(O.P.)
Règle d'optique : tout semble plus grand de loin.
(S.J.L.)