N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2012-01-16

(en)vers le postlivre

à constance


(F.B.)(O.K.)

ottorenvoi : michel butor, visionnaire du présent (de la création littéraire)
ottorenvoi : ottodéfense
etc.

Le risque de telles rebuffades s'accroît encore si l'on ose prétendre que la littérature nouvelle, non seulement est désormais possible, mais est en train déjà de voir le jour, et qu'elle va représenter – en s'accomplissant – une révolution plus totale que celles d'où naquirent, jadis, le romantisme et le naturalisme.
(…)
De toute façon, il ne faudrait pas se faire d'illusions sur les difficultés d'un bouleversement de ce genre. Elles sont considérables. Toute l'organisation littéraire en place (depuis l'éditeur jusqu'au plus modeste lecteur, en passant par le libraire et le critique) ne peut que lutter contre la forme inconnue qui tente de s'imposer. Les esprits les mieux disposés envers l'idée d'une transformation nécessaire, ceux qui sont les plus prêts à reconnaître la valeur d'une recherche, restent malgré tout les héritiers d'une tradition. Or, inconsciemment jugée par référence aux formes consacrées, une forme nouvelle paraîtra toujours plus ou moins une absence de forme.
(…) Il y aura de la curiosité, des mouvements d'intérêt, des réserves quant à l'avenir. Parmi les louanges sincères, la plupart s'adresseront aux vestiges des temps révolus, à tous ces liens que l'oeuvre n'aura pas encore rompus et qui la tirent désespérément en arrière.
(...)
Ainsi les spécialistes du roman (romanciers ou critiques, ou lecteurs trop assidus) seront sans doute ceux qui éprouveront les plus grandes peines à se dégager de l'ornière.
(A.R.-G.) 

2012-01-14

otto pour karl

Être, non pas toutes les idées d'un homme – qu'il les garde – mais tous les hommes d'une idée.
(G.P.)

Donc j'écris pour un écrivain qui sera peut-être moi, mais je n'y tiens pas exagérément. Je lui donne des idées, des directives. Je lui soumets tout ce que je remarque d'intéressant, ramasse tout. À lui de faire tri un jour, si bon lui semble. Moi, si jamais je vais au-delà de cinq pages, sans rupture de rythme, sans distraction tranchant le fil, c'est que je me serai endormi sur le papier.
(G.P.)

cf. signé otto
cf. au fond, karl marx, c'est moi

2012-01-13

que les qu'on ne pressente...

Mon orgueil sans cesse s'irrite de mille infimes froissements. Je souffre ridiculement que déjà tous ne sachent pas ce que plus tard (...) je serai ; qu'à mon regard on ne pressente pas l'oeuvre à venir.
(A.G.)

Une définition de moi-même ? C'est comme demander une définition de l'infini ! (...) Quand je pense à moi-même, je pense à quelque chose d'infini. (...) Pour vous je suis une chose bien finie, mais pour moi je suis infini !
(P.-P.P.)

Il est sûr de lui et de son triomphe de fond, le disant ouvertement dans ses articles sur flaubert et sur baudelaire ; (...) la guerre est-elle gagnée pour autant ? Pas sûr, jamais sûr. « On dit que dans mes livres je parle de tout au hasard, que c’est une salade. Or ce n’est pas vrai. Il n’y a pas un détail qui n’en annonce un autre dans le même volume ou les volumes suivants. » (...) Non, aucun doute ne semble effleurer Proust : il écrit, il réécrit, il persiste, il précise, il amplifie, il réclame ce qui lui est dû (...) Le mot qui revient sans cesse, maintenant, sous la plume de Proust, celui qu’il martèle à tous ses correspondants est : classique. Le novateur imprévu, contesté, méconnu, mais inévitable, parce qu’il est novateur, est classique. (...) Comment, ce « petit Marcel » que nous avons connu et touché du doigt, avec ses manies, ses tics, ses complications, ses extravagances, c’était Racine ? Lui-même ? Ça alors !
(P.S.)


cf. CHAPITRE : autorevendication
cf. au fond, proust, c'est moi (1)
cf. je suis unfini
 

2012-01-11

fût-ce l'histoire d'une solitude

C'est une histoire compliquée que celle-ci et le lecteur croira peut-être que j'ai compilé là dieu sait quelles bonnes choses disparates, pourtant je garantis à chacun qu'il n'est ici question que d'une seule et même chose, ainsi qu'il en ressortira peut-être.
(M.F.)

2012-01-09

hétérotopie postmoderne

au fond, karl marx, c'est moi

     Parallèlement à cette activité [in]visible, Marx élabore une oeuvre théorique immense, toujours inachevée, publiée de façon très partielle de son vivant. Cet inachèvement est lié à la manière très singulière qu'a Marx de travailler (...). Il semble n'être jamais en mesure d'embrasser de manière unifiée l'énorme quantité de faits, d'archives, de données qu'il amasse au cours de ses lectures. Son travail se modifie à mesure qu'il avance, reportant l'achèvement de la théorie à un moment ultérieur.
    Du coup, la pensée de Marx telle qu'elle était perçue par ses contemporains ne correspond pas exactement à la réalité d'une oeuvre complexe qui demeure en suspens. En outre, pour nous, lecteurs de Marx aujourd'hui, il est nécessaire de tenir compte de l'évolution de sa pensée, des différentes optiques qu'il adopte successivement dans un chantier perpétuellement remanié.
(R.-P. D.)

cf. hétérotopie postmoderne

2012-01-06

A. b. C. D emande

Albert Camus écrivait en 1953 dans ses Carnets : « Je demande une seule chose, et je la demande humblement, bien que je sache qu’elle est exorbitante : être lu avec attention. »
(M.O.)

cf. artiste à son poste
cf. re-li-re

2012-01-04

le temps d'une oeuvre pour soi

R.M. — Quel conseil donneriez-vous donc à un jeune homme – ou à une jeune fille  – qui s'intéresserait à la littérature, et voudrait se développer, se tenir au courant ?

J.P. — Ça dépend. S'il veut simplement être capable de parler de littérature, qu'il s'abonne à l'un de ces cours de conversation mondaine, qui se trouvent un peu partout. Après dix leçons il saura très bien ce qu'on peut raisonnablement dire de Sartre ou de Maurois. Ou même de Simenon.

R.M. — Mais s'il s'intéresse véritablement à la littérature ?

J.P. — Ah !  s'il y croit véritablement, c'est tout différent ! Eh bien, je lui conseillerais de ne prendre qu'un auteur ! Un auteur qu'il se sente disposé à aimer bien entendu. Mais un seul auteur, qu'il épuisera, dont il lira l'oeuvre tout entière. Qu'il y passe un an s'il le faut ou deux ans. Mais qu'il le possède à fond ! Je ne sais rien de plus révélateur — ni qui montre mieux les tenants et les aboutissants, enfin les raisons d'être, de la littérature.

R.M. — Il sera conduit à lire pas mal de pauvretés.

J.P. — C'est donc que les pauvretés, les manques, les erreurs font partie de la littérature. (…)

R.M. — Mais ce ne sont pas des oeuvres si faciles à trouver.

JP — Eh bien, que votre amateur les cherche ! Qu'il aille les recopier dans les bibliothèques ! Qu'il s'associe avec huit ou dix camarades pour les acheter ! Ou bien qu'il lise au hasard (…). Qu'il se lance en pleine aventure ! Qu'il ouvre les livres dont personne ne veut. Ce sont les meilleur marché. Il arrive même qu'ils ne coûtent rien. (…)

R.M. — Il tombera sur de la mauvaise littérature.

J.P. — Mais peu importe. Les mauvais livres aussi sont nécessaires. Ce sont les plus excitants : ils donnent envie de les recommencer. Ils vous invitent à intervenir. Ils vous jettent en pleine littérature. Au lieu qu'un très bon livre est souvent un peu froid. Décourageant, en tout cas.

cf. re-li-re
cf. partenaires particuliers

2012-01-03

re-li-re

Vous savez, pour vous dire la vérité, je considère que pour moi un écrivain n'existe que si on le relit. Quand je dis que j'aime quelqu'un ou que je l'ai lu, ça veut dire que je l'ai relu. Plusieurs fois. Avoir lu un livre une seule fois ne signifie rien. (…) Lire une seule fois c'est faire connaissance de quelque chose, c'est tout. Tous les écrivains qui ont compté dans ma vie, je les ai relus.
(C.)

Livres préférés ?
Ceux que je relis... qui me relient... zzz...
(O.K.)

cf. mévoir ou mémoire
cf. même longueur d'ondes entre les lignes

2012-01-01

résolution pour tous

Une vie à parler de ce qui est mal / et de ce qui est bien / alors qu'on a soi-même / jamais fait le point. (A.M.)*

Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne se plaint de son jugement. (F.d.l.R.)

Qu’il s’agisse de politique, de morale ou de philosophie, je suspecte les jugements de ceux qui ignorent tout de ce qu’ils sont. (J.R.)

Jamais les hommes ne sauront assez la contingence de leur personne, et à combien peu ils doivent de n'être pas ce qu'ils méprisent. (J.R.)**


*cf. une vie : programme
**cf. la liberté ta soeur

cf. CHAPITRE : moralisme