(F.B.)(O.K.)
ottorenvoi :
michel butor, visionnaire du présent (de la création littéraire)
ottorenvoi :
ottodéfense
etc.
Le risque de telles rebuffades s'accroît encore si l'on ose prétendre
que la littérature nouvelle, non seulement est désormais possible, mais
est en train déjà de voir le jour, et qu'elle va représenter – en
s'accomplissant – une révolution plus totale que celles d'où naquirent,
jadis, le romantisme et le naturalisme.
(…)
De toute façon, il ne faudrait pas se faire d'illusions sur les
difficultés d'un bouleversement de ce genre. Elles sont considérables.
Toute l'organisation littéraire en place (depuis l'éditeur jusqu'au plus
modeste lecteur, en passant par le libraire et le critique) ne peut que
lutter contre la forme inconnue qui tente de s'imposer. Les esprits les
mieux disposés envers l'idée d'une transformation nécessaire, ceux qui
sont les plus prêts à reconnaître la valeur d'une recherche, restent
malgré tout les héritiers d'une tradition. Or, inconsciemment jugée par
référence aux formes consacrées, une forme nouvelle paraîtra toujours
plus ou moins une absence de forme.
(…) Il y aura de la curiosité, des mouvements d'intérêt, des réserves
quant à l'avenir. Parmi les louanges sincères, la plupart s'adresseront
aux vestiges des temps révolus, à tous ces liens que l'oeuvre n'aura pas
encore rompus et qui la tirent désespérément en arrière.
(...)
Ainsi les spécialistes du roman (romanciers ou critiques, ou lecteurs
trop assidus) seront sans doute ceux qui éprouveront les plus grandes
peines à se dégager de l'ornière.
(A.R.-G.)