N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2015-03-13

demande de par(ental)ité

D'une manière générale, on accorde désormais moins d'importance au père, qui semble devenu aléatoire et un brin maltraité. Aujourd'hui, un homme ne peut plus échapper à sa paternité, mais on peut, par ailleurs, la lui voler, en lui expliquant qu'il n'est pas le père, ou en lui laissant ignorer qu'il l'est.

R. F.: Il y a un seul domaine dans lequel on demande obligatoirement l'accord du père potentiel: c'est l'implantation d'embryon, dans le cadre de la PMA. Pour sortir du laboratoire un embryon congelé, il faut l'avis de l'homme autant que celui de sa femme.

M. I.: Pour le rapport sexuel, c'est pareil! Mais l'homme ne peut pas refuser ni exiger un avortement. Il ne peut pas accoucher sous X ni empêcher sa femme de le faire. Il y a une vraie dissymétrie.

R. F.: Moi, j'ai le sentiment que les hommes comme les femmes ont gagné en possibilités. L'homme, aujourd'hui, vit intensément la naissance de son enfant.

M. I.: C'est un double discours: d'une part, on exalte la paternité et, d'autre part, on la précarise. C'est facile de reconnaître un enfant pour un homme qui n'est pas le géniteur, mais c'est aussi facile de le déloger de sa position. Il y a, en France, des centaines d'actions en contestation de paternité par an!
 (...)
M. I.: En précarisant le lien paternel, on renforce encore et toujours la première place de la femme dans la procréation, au détriment des autres domaines dans lesquels elle pourrait s'investir. C'est une victoire à la Pyrrhus: on abandonne aux femmes l'empire de leur ventre. Mais cette puissance est le tombeau de leur liberté. Il faudrait désacraliser la grossesse pour vraiment égaliser les rôles paternels et maternels, modifier les textes pour faire en sorte que la venue au monde d'un enfant soit choisie de la même façon par l'homme et par la femme, en finir avec ces rôles distincts père-mère.

> pa(te)r(n)ité ? matern(inégal)ité

2015-03-11

8 fois raison de ne pas avoir d'enfant

"Tu ne sais pas ce que tu perds."
"Tu passes à côté de la vie."
"Tu ne te seras jamais accomplie."
"Tu le regretteras plus tard."
"Tu finiras par changer d'avis."
"Tu ne seras jamais une Femme avec un grand F."
"Tu ne comprendras jamais vraiment ce qu'est l'amour."

On m'a dit toutes ces choses parce que j'ai choisi de ne pas avoir d'enfants.
J'ai plein de raisons de ne pas en vouloir (et elles ne regardent que moi) mais on me demande sans arrêt de me justifier.
> femme sans enfant sans façon

Alors voici [encore] quelques aspects qu'il est utile d'envisager:

1. Financier
Les enfants, ça coûte cher, surtout aux Etats-Unis. En août 2013, une famille américaine de la classe moyenne dépensait 304.480 dollars (235.318 euros) pour élever un enfant jusqu'à ses dix-huit ans. Prix de l'accouchement: de 3296 dollars (2547 euros) à 37.227 dollars (28.771 euros). Prix des études supérieures, très chères outre-Atlantique: de 8893 dollars (6871 euros) à 22.203 dollars (17.156 euros) par an et par enfant. Je reviens, je vais me verser un whisky. Ces chiffres me font défaillir.
> Une (mauvaise) foi(s) pour toutes

2. Logistique
Malgré les avancées sociétales et culturelles, les femmes continuent à s'occuper davantage de leurs enfants, surtout les premières années. Elever un enfant jusqu'à son entrée en primaire est plus qu'un boulot à plein temps, c'est 24h/24, dimanche compris, et sans remise de peine pour bonne conduite.
> Pa(te)r(n)ité ? Matern(inégal)ité 
 Je ne suis pas capable d'être sociable avec des adultes quand je suis crevée, alors imaginez quand il s'agit d'un enfant qui a BESOIN. DE. MOI. EN. PERMANENCE.

3. Ecologique
Il y a environ 153 millions d'orphelins sur Terre. Je ne vois pas l'intérêt d'imposer une bouche de plus à nourrir à notre planète surpeuplée, au nom d'un instinct égocentré que je ne ressens même pas. Si je devais vraiment choisir, j'adopterais.

4. Physique
Mon corps a déjà bien souffert en trente-cinq années d'existence. (...)

5. Emotionnel
(...) Je travaille de chez moi et je choisis mes horaires, une situation idéale. Que se passerait-il si... (...)
> enFINtillage

6. Social
Je ne pense pas me tromper en affirmant que le monde va mal. (...) Je crois que je vais aller me servir un autre verre, parce que c'est horrible rien que d'y penser.

7. Culturel
(...) Et je devrais choisir de faire porter ce fardeau [ontologico-]culturel à un innocent?

8. Envie
Vivre toutes les choses horribles liées à la maternité et aux enfants ne m'intéresse absolument pas. Les déchirures du périnée, les hémorroïdes, la constipation, les contractions, les conjonctivites, les sécrétions, les vomissements, les diarrhées, les gamins à torcher, ceux qui se roulent par terre en public, qui veulent regarder [leur émission débile] en boucle, la phase critique des deux ans, la crise de l'adolescence, l'abandon de mon identité propre? NON. MERCI.

(...)

C'est pourtant simple. J'aime dormir. J'aime m'organiser comme je le souhaite. J'aime avoir du temps pour moi, pour écrire, pour rêvasser. J'aime manger quasiment 100% bio. J'aime me faire tatouer. J'aime avoir un week-end entier à faire ce que bon me semble, entre deux projets. J'aime ma liberté. Entre un travail créatif, un boulot que j'aime et un [compagnon] que j'adore et qui est d'accord avec tout ce qui précède, je me sens heureuse, en pleine forme et plus épanouie que jamais.
Tout ça disparaîtrait avec un enfant, tout simplement parce que c'est dans la nature des choses. Un petit être vient au monde, totalement dépendant de vous, et de personne d'autre. Votre univers se rétrécit jusqu'à son échelle, et il ne se développe qu'à son rythme.
Je préfère avoir accès à tout ce qui m'entoure quand j'en ai envie, et pas uniquement parce que mon enfant fait enfin sa sieste, ou dans les rares instants où je peux m'autoriser une douche, ou un petit casse-dalle. J'ai filé un coup de main à des amies qui avaient des enfants. Je sais comment ça marche.


Pourquoi suis-je régulièrement obligée de me justifier? Et pourquoi mon [compagnon] – qui a fait les mêmes choix – échappe-t-il aux critiques?

Voilà pourquoi [cette voix isolée à l'intérieur du] féminisme est indispensable : malgré toutes les avancées technologiques, sociétales et culturelles, le rôle d'une femme passe obligatoirement par celui de mère de famille.
Et voici ce que ça m'inspire:
(...)
J'ai choisi de ne pas avoir d'enfants. Et alors?
Je n'ai pas besoin d'expulser un enfant par mon vagin pour me sentir femme.
Je n'ai pas besoin d'un enfant pour connaître l'amour absolu ou faire des sacrifices.
Je n'ai pas besoin d'un enfant pour être heureuse.
Je n'ai certainement pas besoin d'avoir des enfants pour mes vieux jours. Pour ça, il y a les maisons de retraite.
Et je ne changerai pas d'avis. (...)

La culpabilisation, ça suffit.
(S.K.)(O.K.) – merci à I.K. –

2015-03-09

derrière l'oreille

Toute [l]a vie, c'est courir après des choses qui se sauvent
Des jeunes filles parfumées, des bouquets de pleurs, des roses
Ma mère aussi mettait derrière son oreille
Une goutte de quelque chose qui sentait pareil
(A.S.)

> relais 4... 100 mètres
> bougeoir
...

2015-03-01

les petites-mères

[Les petites-mères ou pubmères] sont charmantes, sans doute, mais emmerdantes. (…) Elles veulent sans cesse m'encadrer, me surveiller, m'accompagner, m'aider à marcher. Quand nous revenons ensemble (…), elles tiennent absolument à venir me chercher, à me prendre par la main, à aller à leur allure de [petites-mères] tranquilles. Elles font les importantes, les pré-mères, les responsables de mon existence. Seule solution : dégager mes bras et courir à toute allure pour échapper à cette tutelle de mauvais anges gardiens. Je cours, je cours, elles ne pourront pas me rattraper, tant pis si une voiture et un tram me renverse (…). [Les pubmères] rentrent affolées et dénonciatrices, réprimandes, une fois, dix fois, et, comme je n'arrête pas, permission enfin d'aller seul. Après quoi, nous sommes en froid, [les pubmères] et moi. (…) Elles se sont mariées, elles ont faits beaucoup d'enfants, tout est pour le mieux dans le moins mauvais des mondes possibles. Cela dit, le type qui a résisté, enfant, à [des petites-mères] plus âgées que lui, est blindé pour la vie.
(Ph.S.)(O.K.)

2015-02-27

A.K. [thanks] O.K.

Le nom d'A.K. ne sera certainement pas inconnu des amateurs de la scène black metal parisien, ce dernier officiant, ou ayant officié, au sein de Love Lies Bleeding, Epic, Vorkreist, Merrimack ou encore Mahlkebre. Avec Decline of the I [comme pour déjà Love Lies Bleeding], le multi-instrumentiste se charge de la totalité de la composition, tout en s'entourant de musiciens pour l'enregistrement et le live. Avec son deuxième album, Rebellion, Decline of the I continue son exploration des travaux du biologiste français Laborit (…) sous la forme d'un black metal malsain, lourd et qui prend aux tripes.
(S., in Hardrock Magazine, janvier-février 2015)

Rebellion est la 2ème partie d’une trilogie qui repose sur les travaux du biologiste Henri Laborit. (…)
Le premier, [Inhibition], lourd et neurasthénique s’attardait sur l’inhibition de l’action (…).
Rebellion marque le moment où le sujet tente de répondre par la violence à cette agression. Vaine ou efficace, peu importe : il doit se battre, et cette réaction lui est salvatrice. Ainsi, ce deuxième album est plus violent, plus rapide, tout en gardant les éléments qui marquent le style de Decline of the I : une musique qui ne se donne aucune barrière de genre, et traverse sans complexe le Black Metal, le Doom, le post-hardcore, le drone, le breakcore, etc.
(v.s.w.)

En termes de one man band iconoclaste bourré de talent, Decline Of The I en impose méchamment. C'est armé de son second opus Rebellion qu'A.K., multi-instrumentiste prolifique et inspiré, revient nous hanter les neurones et d'emblée on est assailli de samples philosophiques, de riffs tranchants, de cris torturés et d'arrangements d'une intelligence rare, puisant aussi bien dans la musique classique que dans l'électro insaisissable. Decline Of The I ne suit aucun courant, trace sa route seul, une nouvelle preuve que le Metal Extrême Hexagonal est et restera un vivier d'artistes surprenants, toujours là pour nous proposer de la musique à la fois innovante, abrasive et sans compromis. Alors que bon nombre de formations sont toujours engagées dans cette course sans fin à l'extrémisme sonore, A.K. se détache du lot, nous offrant l'un des albums de Metal Noir le plus cérébral et original qui soit.
(T.M.)


A.K. : (…) De façon générale, Decline est un peu une synthèse de tout ce que je peux faire à côté, et c'est donc normal qu'un peu toutes mes influences s'y retrouvent. Mais le maître mot est, et sera toujours : faire ressortir ce que j'ai en moi, par la musique. Après, la forme précise importe peu tant que j'y trouve une cohérence. Même si d'extérieur, mixer un cours de Deleuze [et autres, via une postréalisation d'otto karl, merci] avec de la drill'n'bass semble un peu absurde, cela ne l'est pas du tout pour moi.

(…)
S. : Sur « Low Degree of God's Might », on peut entendre un sample qui est une citation d'Emil Cioran dans le film Un Siècle d'écrivains ; sur « Le Rouge, le vide et le tordu », un sample tiré de Mon Oncle d'Amérique ; sur « Piece of drowned motion », un extrait de La Mort en face de Robert Brasillach. Déjà sur le premier album un certain nombre de samples étaient utilisés au sein des morceaux d'une façon qui les structuraient et qui jouaient une importance dans le rendu final de la chanson, ça ne donnait pas l'impression d'avoir été placé là juste pour faire une couche supplémentaire. Ce sont toujours des citations qui portent des idées très fortes et surtout des pensées à la fois négatives mais en temps libératrices dans le sens que leur donnent leurs auteurs, comment se fait la sélection des films et passages utilisés ?

A.K. : Bien vu, en tout cas, car les extraits ne sont pas toujours simples à retrouver ! J'aime bien jouer avec cette idée propre au postmoderne qui dit qu'il n'y a pas de nouvelles formes fondamentales à inventer mais qu'on crée des alliages avec ce qui existe déjà pour obtenir de nouveaux agencements. C'est l'esprit du détournement, du sampling, que j'utilise avec Decline of the I. Je pense arriver à quelque chose d'assez propre, de peu commun, et pourtant je n'ai rien vraiment inventé. Et les extraits de ces films, penseurs, philosophes, sortis de leurs contextes (sans pour autant les déformer) participe à une sorte de nouveau discours, à l'émergence de nouvelles rencontres. Je vois un peu les morceaux de Decline comme des mondes avec leurs différentes strates, qu'on peut explorer au fil des écoutes. Les samples peuvent d'abord être pris purement musicalement : une texture de voix, un rythme de phrasé (que je re-travaille très souvent, parfois à la syllabe près). Puis quelques mots émergent, rendent l'ensemble un peu plus poétique, puis, enfin, le discours lui-même et sa mise en relation avec les autres samples, avec l'ambiance du morceau, etc. C'est un peu l'inverse de l'opéra, en fait : dans l'opéra, la musique est au service d'une histoire, d'un thème. Dans Decline, le propos sert la musique, rend l'expérience musicale plus dense.

S. : Le morceau « Hexenface » a une résonance toute particulière car on peut y entendre un texte en hommage à Marianne, aka LSK, qui a malheureusement disparu en octobre 2013, avec qui tu as collaboré au sein de nombreux projets et qui était certainement une amie très proche. À quel point son esprit a-t-il influencé la création de ce nouvel album ?

A.K. : Une bonne partie de l'album était terminée quand c'est arrivé. Mon père est d'ailleurs mort 15 jours après. C'était une très étrange époque pour moi. Je ne peux pas dire, directement, à quel point tout ceci a influencé ma musique, mais c'est évident qu'il y a quelque chose. Quand un ami m'a fait écouter [à dessein, par un pré-montage de 20 minutes, merci otto karl] des extraits du film inclus dans « Hexenface », j'ai été complètement troublé de voir à quel point il y avait moyen d'en faire une « rencontre » comme je disais plus haut. Il y a des éléments très personnels dans ce morceau, notamment la fin, mais je n'en dirai pas plus. Je l'ai fait avant tout pour moi, et aussi pour rendre hommage à celles et ceux qui étaient présents autour de moi pendant ces moments difficiles. Je ne peux que terminer par cette phrase [merci otto karl] qui m'a hanté pendant tous ces mois froids de l'année 2013 : La vie ne suffit pas.
(Hardrock Magazine, janvier-février 2015)

Extrait du livret :


> postmoderne ?
> fuir l'inhibition de l'action
> pour pensée la musique
> « La vie ne suffit pas » : parce que pas que + pourquoi écrire quand même
...
>>> [AU FOND, HENRI LABORIT, C'EST MOI]