N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2012-01-11

fût-ce l'histoire d'une solitude

C'est une histoire compliquée que celle-ci et le lecteur croira peut-être que j'ai compilé là dieu sait quelles bonnes choses disparates, pourtant je garantis à chacun qu'il n'est ici question que d'une seule et même chose, ainsi qu'il en ressortira peut-être.
(M.F.)

2012-01-09

hétérotopie postmoderne

au fond, karl marx, c'est moi

     Parallèlement à cette activité [in]visible, Marx élabore une oeuvre théorique immense, toujours inachevée, publiée de façon très partielle de son vivant. Cet inachèvement est lié à la manière très singulière qu'a Marx de travailler (...). Il semble n'être jamais en mesure d'embrasser de manière unifiée l'énorme quantité de faits, d'archives, de données qu'il amasse au cours de ses lectures. Son travail se modifie à mesure qu'il avance, reportant l'achèvement de la théorie à un moment ultérieur.
    Du coup, la pensée de Marx telle qu'elle était perçue par ses contemporains ne correspond pas exactement à la réalité d'une oeuvre complexe qui demeure en suspens. En outre, pour nous, lecteurs de Marx aujourd'hui, il est nécessaire de tenir compte de l'évolution de sa pensée, des différentes optiques qu'il adopte successivement dans un chantier perpétuellement remanié.
(R.-P. D.)

cf. hétérotopie postmoderne

2012-01-06

A. b. C. D emande

Albert Camus écrivait en 1953 dans ses Carnets : « Je demande une seule chose, et je la demande humblement, bien que je sache qu’elle est exorbitante : être lu avec attention. »
(M.O.)

cf. artiste à son poste
cf. re-li-re

2012-01-04

le temps d'une oeuvre pour soi

R.M. — Quel conseil donneriez-vous donc à un jeune homme – ou à une jeune fille  – qui s'intéresserait à la littérature, et voudrait se développer, se tenir au courant ?

J.P. — Ça dépend. S'il veut simplement être capable de parler de littérature, qu'il s'abonne à l'un de ces cours de conversation mondaine, qui se trouvent un peu partout. Après dix leçons il saura très bien ce qu'on peut raisonnablement dire de Sartre ou de Maurois. Ou même de Simenon.

R.M. — Mais s'il s'intéresse véritablement à la littérature ?

J.P. — Ah !  s'il y croit véritablement, c'est tout différent ! Eh bien, je lui conseillerais de ne prendre qu'un auteur ! Un auteur qu'il se sente disposé à aimer bien entendu. Mais un seul auteur, qu'il épuisera, dont il lira l'oeuvre tout entière. Qu'il y passe un an s'il le faut ou deux ans. Mais qu'il le possède à fond ! Je ne sais rien de plus révélateur — ni qui montre mieux les tenants et les aboutissants, enfin les raisons d'être, de la littérature.

R.M. — Il sera conduit à lire pas mal de pauvretés.

J.P. — C'est donc que les pauvretés, les manques, les erreurs font partie de la littérature. (…)

R.M. — Mais ce ne sont pas des oeuvres si faciles à trouver.

JP — Eh bien, que votre amateur les cherche ! Qu'il aille les recopier dans les bibliothèques ! Qu'il s'associe avec huit ou dix camarades pour les acheter ! Ou bien qu'il lise au hasard (…). Qu'il se lance en pleine aventure ! Qu'il ouvre les livres dont personne ne veut. Ce sont les meilleur marché. Il arrive même qu'ils ne coûtent rien. (…)

R.M. — Il tombera sur de la mauvaise littérature.

J.P. — Mais peu importe. Les mauvais livres aussi sont nécessaires. Ce sont les plus excitants : ils donnent envie de les recommencer. Ils vous invitent à intervenir. Ils vous jettent en pleine littérature. Au lieu qu'un très bon livre est souvent un peu froid. Décourageant, en tout cas.

cf. re-li-re
cf. partenaires particuliers

2012-01-03

re-li-re

Vous savez, pour vous dire la vérité, je considère que pour moi un écrivain n'existe que si on le relit. Quand je dis que j'aime quelqu'un ou que je l'ai lu, ça veut dire que je l'ai relu. Plusieurs fois. Avoir lu un livre une seule fois ne signifie rien. (…) Lire une seule fois c'est faire connaissance de quelque chose, c'est tout. Tous les écrivains qui ont compté dans ma vie, je les ai relus.
(C.)

Livres préférés ?
Ceux que je relis... qui me relient... zzz...
(O.K.)

cf. mévoir ou mémoire
cf. même longueur d'ondes entre les lignes

2012-01-01

résolution pour tous

Une vie à parler de ce qui est mal / et de ce qui est bien / alors qu'on a soi-même / jamais fait le point. (A.M.)*

Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne se plaint de son jugement. (F.d.l.R.)

Qu’il s’agisse de politique, de morale ou de philosophie, je suspecte les jugements de ceux qui ignorent tout de ce qu’ils sont. (J.R.)

Jamais les hommes ne sauront assez la contingence de leur personne, et à combien peu ils doivent de n'être pas ce qu'ils méprisent. (J.R.)**


*cf. une vie : programme
**cf. la liberté ta soeur

cf. CHAPITRE : moralisme

2011-12-25

au fond, le Christ, c'est moi

A.R.-G. — On retrouve cette névrose chez Kierkegaard, dans son opposition entre reprise et répétition que j'utilise dans mon prochain roman : la seconde est un mouvement tournée vers l'arrière, tandis que la première est résolument dirigée vers l'avant. « Mais, précise le philosophe, il n'y a de véritable reprise que si je deviens le Christ. » C'est surprenant !
              — Vous avez si peu parlé du Christ…

A.R.-G. — Mais parce que le Christ, c'est moi !
              — Pourtant le Christ n'est pas le Créateur. Il ne crée rien, Jésus. C'est mieux d'être Dieu, non ?

A.R.-G. — Sauf que [le] Dieu [que vous concevez] n'existe pas. Le Christ, si. Et il s'est fondé comme le Dieu vivant.