N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2009-10-23

de l'homme moyen

Il y a assez de traitrise, de haine, de violence,
D'absurdité dans l'être humain moyen
Pour approvisionner à tout moment n'importe quelle armée
Et les plus doués pour le meurtre sont ceux qui prêchent contre
Et les plus doués pour la haine sont ceux qui prêchent l'amour
Et les plus doués pour la guerre - finalement - sont ceux qui prêchent la paix

Méfiez-vous
De l'homme moyen
De la femme moyenne
Méfiez-vous de leur amour

Leur amour est moyen, recherche la médiocrité
Mais il y a du génie dans leur haine
Il y a assez de génie dans leur haine pour vous tuer, pour tuer n'importe qui

Ne voulant pas de la solitude
Ne comprenant pas la solitude
Ils essaient de détruire
Tout
Ce qui diffère
D'eux

Étant incapables
De créer de l'art
Ils ne comprennent pas l'art

Ils ne voient dans leur échec
En tant que créateurs
Qu'un échec
Du monde

Étant incapables d'aimer pleinement
Ils croient votre amour
Incomplet
Du coup, ils vous détestent

Et leur haine est parfaite
Comme un diamant qui brille
Comme un couteau
Comme une montagne
Comme un tigre
Comme la ciguë
Leur plus grand art.
(C.B.)

(C.B.) :: 1'39''::

cf. born into this

2009-10-20

le premier homme (con)venu

Et somme toute les gens ordinaires, les hommes de la rue le savent. Évidemment ils ne s'en font pas une idée très nette. On ne peut pas s'en faire une idée très nette. Mais ils se conduisent en tout cas comme s'ils le savaient très bien. Je me suis demandé souvent pourquoi ils regardent de si haut les hommes politiques et les grands auteurs. Par exemple, les grands conférenciers. Quand on songe à tous les efforts qu'a dû faire l'écrivain ou le conférencier, quand on songe combien c'est difficile et par instant décourageant de faire un livre ou une conférence, naturellement on trouve ça injuste. Mais la raison est très simple. C'est que l'homme politique ou le grand auteur est un homme qui ne supportent pas l'étrange, la terrible condition commune (que l'homme de la rue, lui, supporte très bien). Il cherche à s'en évader, à faire des projets : à force d'actions extraordinaires, ou de raisonnements admirables. (...) C'est une sorte de fuyard. (Et l'homme de la rue sent très bien cela.) (...) nous courons le grand risque, sitôt que nous écrivons ou nous parlons, d'être inégaux à nous-mêmes : de trahir le premier venu — que nous portons en nous.
(J.P.)
cf. philosofi!

vivre sans ailes

Et tous deux s'avouèrent qu'ils étaient las des philosophes. Tant de systèmes vous embrouille. La métaphysique ne sert à rien. On peut vivre sans elle.
(G.F.)

cf. au fond, claude minière, c'est moi

2009-10-19

l'équilibre follain

L'ÉQUILIBRE TERRESTRE
Il monte de la forge une dernière étincelle
dans leur grand loisir
les objets reposent
et toutes ces poussières
dans l'air suspendues
qui faisaient se trahir des voix
ou se fermer des yeux
descendent sur les choses
tandis que dans un chemin
un papillon mort
rouge et noir
se désagrège seul
que les robes ôtées
perdent de leur tiédeur
et que les mains d'enfant
dont la croissance se poursuivrait
durant des années longues
pétrissent par jeu la terre
(J.F. — E37)

LES ENFANTS
Les enfants jouent au théâtre
jusqu'à l'heure
du souper dans la nuit qui vient
alors les grandes personnes les appellent
le garçon a les yeux si clairs
puis voici celle qui mourra jeune
et celle dont sera seul le corps
tous se lavent les mains dans l'ombre
près des végétaux flamboyants
et sont encore dans ce temps
que l'on vit dans l'éternité
(J.F. — T119)

LES JARDINS
S'épuiser à chercher le secret de la mort
fait fuir le temps entre les plates-bandes
des jardins qui frémissent
dans leurs fruits rouges
et dans leurs fleurs.
L'on sent notre corps qui se ruine
et pourtant sans trop de douleurs.
L'on se penche pour ramasser
quelque monnaie qui n'a plus cours
cependant que s'entendent au loin
des cris de fierté ou d'amour.
Le bruit fin des râteaux
s'accorde aux paysages
traversés par les soupirs
des arracheuses d'herbes folles.
(J.F. — E33)

POISSONS
Les poissons
vus par l'économie
sont abaissés par des mains éplucheuses
grattant l'écaille
scrutant l'oeil mort
alors qu'au jardin ploient les tiges
et que l'air pur qui passe
par l'entrebâillement d'une fenêtre
flatte une femme qui se dévêt
et qui jamais n'a vu la mer.
(J.F. — T138)

MÉTAPHYSIQUE
Quand ils l'aperçoivent
au fond des chaumières
ses mains soutenant
le bol à fleurs bleues
devant ses seins tendres
ils sentent l'ardeur
puis tout s'évapore
du décor fragile
pour laisser flotter
la seule odeur nue
de métaphysique.
(J.F. — E28)

2009-10-18

au fond, jean follain, c'est moi

Pour Jean Follain, tout événement, toute vision appartient à un passé virtuel, comme s'il ne pouvait vivre et voir qu'à reculons. (—)
il y faut (...) quelque chose qui semble aller à l'opposé du but et fait pourtant qu'il est atteint comme par éclairs : une attention presque superstitieuse envers les vestiges d'anciennes existences... (H.T.)
et l'oeuvre de follain prend, par contraste, toute sa singularité, patiemment menée non pas tellement à l'encontre d'une « poétique » qu'elle se borne à refuser, que contre ce qui nous dérobe le réel, et nous dérobe à lui. (...)
Refuser l'illusion lyrique, vaincre par le langage commun l'angoisse de l'homme sans assise dans la durée, tel est le dessein de jean follain. (H.T.)

2009-10-17

du vécu, l'existence


(L.B.)(O.K.) :: 1'30''::

cf. éééévééénemeeeenttttsssssss...
cf. otto k.arl, tempsperdu...
cf. l'autre temps : pas perdu

henri, tome A

On a le sentiment que le jeune Henri Thomas ne peut pas vivre sans écrire ce qu'il vit ; ni vivre si ce n'est pas destiné à être aussitôt consigné.
Henri Thomas note : « Mon Carnet m'est utile pour m'assurer de ce bien : la pensée qui s'articulait mal tant que je la gardais dans l'esprit seulement, une fois écrite prend de la consistance, peut me défendre mieux. »
(-)
Une certaine façon de passer les jours est toute ma morale.
(H.T.)

cf. EN PHrASE
cf. le nécessaire d'écrire
cf. du bénéfice d'avoir écrit
cf. pourquoi écrire quand même
cf. du vécu, l'existence

2009-10-16

où le blues continue

son house, death letter, XXe siècle


son house, Grinnin' In Your Face, XXe siècle


À la différence de certains guitaristes de blues des années 1920 et 1930, Son House n'était pas un virtuose, et sa technique n'est pas particulièrement impressionnante. Son manque de technicité est toutefois compensé par un style puissant et novateur, très rythmé, répétitif, souvent joué au bottleneck, accompagnant un chant qui doit beaucoup à celui des forçats des "chain gangs".


the white stripes, death letter + Grinnin' In Your Face, XXIe siècle


Jack White, des White Stripes, puise la source de ses compositions directement chez les plus grands bluesmen américains (des Sonics à Son House en passant par Blind Willie McTell en particulier).
Le premier album des White Stripes, est dédié à Son House, et témoigne d'une affection première du groupe pour le blues.

Le deuxième album du groupe, intitulé De Stijl a été inspiré par le nom d'un mouvement néerlandais ayant pour principe une purification radicale de l'art, passant par un retour à des formes et à des couleurs basiques, ce qui définit justement le style des White Stripes.
Les White Stripes jouent sur trois couleurs : le rouge, le noir et le blanc. Leurs pochettes de disques, leurs vêtements, leurs instruments sont tous de ces couleurs. La raison est simple, lorsque l'on naît, on ne peut percevoir toutes les couleurs. Le rouge est la première d'entre elles que l'on perçoit, mis à part le noir et le blanc. Jack White a également expliqué dans une interview que ces couleurs étaient les plus fortes, ayant le plus d'impact au niveau historique. Il cita comme exemple à ce titre le nazisme et le coca cola. Une autre origine du nom "White Stripes" proviendrait d'un bonbon que Meg et Jack auraient très bien connu durant leur enfance, aux rayures rouges et blanches. Enfin, bien sûr, ce trio de couleurs est en lui-même symbole de la simplicité et de la puissance du rock[, du moins, de ce qu'il devrait être !]

cf. chapitre : ALLEZ, LA MUSIQUE
cf. où le blues commence
cf. le génie du primitivisme ou le génie
cf. lu

où le blues commence


(o.K.)(J.-.P.M.) :: 5'14''::

cf. chapitre : ALLEZ, LA MUSIQUE
cf. où le blues continue
cf. le génie du primitivisme ou le génie

2009-10-14

le guerre du goût de trancher

L'homme est inconstant. Il exige volontiers le brut et le spontané quand il a trop longtemps goûté l'artifice. Et l'artifice quand il est fatigué du brut.
(J.P.)
cf. le génie du primitivisme ou le génie
cf. où le blues continue

il suffit d'une phase

Quand on est tant soit peu sensible à ces choses-là, il suffit de cinq lignes, il suffit d'une phrase pour qu'un auteur se livre à vous tout entier.
Ensuite, sans s'en apercevoir, on passe sa vie à le répéter, à le poursuivre. On le continue avec d'autant plus d'entrain que justement on n'en a lu qu'une phrase.
Au contraire, si on lit tout le livre (ou toute l'oeuvre), si on le relit, si on s'en soûle, c'est tout le contraire. On en est dégoûté, on en a assez, on est bien forcé d'aller plus loin, de faire autre chose.
(J.P.)

2009-10-13

véri t.

Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps ; vous pouvez même tromper certains tout le temps ; mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps.
(A.L.)
cf. auto[v]rité

génération solo forcé

A la fin des années 1970, pour la première fois les médias venaient à Rennes flairer l’odeur de la nouveauté. Il s’est passé quelque chose de vraiment dingue entre 1978 et 1981. On avait l’impression d’être au coeur de tout, pleinement vivants, tout était excitant. J’étais heureux d’être dedans. (E.D.)
Dix ans plus tard, c’était déjà trop tard. Quand j’ai eu 20 ans, il n’y avait plus de collectif. (...) Pour nous, pas de révolution, pas d’événements historiques ni artistiques majeurs... Nous étions seuls et dans nos chambres. (...) Le point commun majeur entre D.A. et moi, c’est qu’on a fait nos premiers albums dans nos chambres. (P.K.)

cf. martyr ou groùpé ?

2009-10-12

de génération sans génération

jeu d'adulpte

Dans la plupart des cas, on devient adulte à force de vouloir y jouer, et d'y jouer.
(O.K.)

Entre autres raisons plus primaires, beaucoup de gens deviennent parents pour avoir voulu jouer aux parents, s'y essayer, s'y voir, s'y vivre, enfin jouer à jouer les parents, comme dans leurs rêves d'enfants, immatures. Rêves de « grandeur », facile. (...) Jouer aux grands, pour de vrai, en sous-estimant trop souvent qu'à y laisser ainsi tomber le « beurre », il faudra trouver l'argent. Toujours.
Comme je le répète aux « travailleurs » et aux autres : le vrai patron, c'est l'enfant. Ou encore : ton vrai boss c'est ton gosse, c'est pour lui que tu bosses.
(O.K.)

> l'enfance offensée
> la vie en creux
> de génération sans génération

2009-10-11

no place to hide

Nous aurons toujours contre nous les imbéciles et les apparences.
(F.N. — PDBM §225)

cf. uni vers de l'imbécile
cf. (pré)jugé libre
cf. gauchehcuag droitetiord = gauchetiord ?

(pré)jugé libre

On est, chacun, à la fois fruit de ses aïeux et produit de son environnement. Quoi de plus ?
(O.K.)

Mais, pour la énième fois, on n'est pas vraiment libre d'être comme on est. On est conditionné, génétiquement, socialement, culturellement, biographiquement... on ne devient jamais que ce le milieu nous fait devenir, ou, plus exactement, ce que notre héritage génétique nous fait devenir (constamment) en réaction au milieu, c'est-à-dire aux rencontres (de toute nature : culture, lieux, apprentissages, personnes, gestes, comportements, maladies, incidents, accidents, tout). Ce par quoi [feu unetelle] est donc devenue celle qu'on a connue. Et pour la juger, il faudrait qu'elle fût libre d'avoir été ce qu'elle fut, que ce fût un choix, un libre-choix, or ce n'était pas le cas, comme ce n'est le cas de personne. Voilà qui forme à la tolérance.
On juge toujours quelqu'un parce qu'on le croit libre, d'être ce qu'il est et de faire ce qu'il fait ; pour mieux dire, on se permet de le juger dans l'exacte mesure de la liberté qu'on lui prête ; bien sûr, en se croyant libre soi-même d'être comme on est, différent de lui. (Je ferais d'ailleurs remarquer qu'ignorer ce mécanisme, ne pas en avoir conscience, n'est jamais qu'une preuve de plus qu'on n'est pas complètement libre, puisqu'alors on agit personnellement dans et à travers l'inconscience d'un mécanisme universel.)
Récemment je lisais encore cette phrase aberrante :
« comme [footballeur] musulman, j'ai le droit de décider de ne pas jouer contre des homosexuels car je ne partage pas leurs idées ». Illusion double, complète, selon laquelle l'homosexualité serait une idée qu'on décide d'avoir, qu'on choisit, de la même façon qu'on choisit... plutôt l'islam. Or, on peut parier que si cet homme-là, footballeur, était né et avait vécu mettons en Bretagne au début du XXème siècle, il ne se serait évidemment pas fait musulman, en aucun cas, alors même qu'il se croit libre de l'être aujourd'hui. C'est donc autre chose que nous-mêmes qui décide, pour nous, à travers nous, en notre nom pourtant : comme je l'ai dit, c'est la réaction dans un milieu, lui-même conditionné, de notre conditionnement génétique. Bref, on est conditionné, déterminé de toute part, d'amont en aval. Et on se croit libre ? Et donc libre de juger les autres ? En vertu de quoi ? De notre liberté supposée ; en fait, fantasmée, illusoire.
Bref, tout ça pour dire que les autres sont comme la vie, puisqu'ils en sont une pure manifestation, intégrale, et nous avec, naturellement : nous sommes la vie-même, c'est-à-dire sans explication. Sous-entendu : sans explication rationnelle, soit : humaine.
Bref, tout ça pour parler de [feu unetelle] ; et tenter de vous faire comprendre qu'il n'y a pas vraiment à lui en vouloir. Comprendre [unetelle], voire aimer [unetelle], c'est comprendre la vie, aimer la vie.
La vie, certes, rien ne nous oblige à l'aimer béatement — puisqu'on ne l'a pas demandée, déjà, pour commencer — ; mais dans ce cas, faire reproche à la vie-même, et non à certaines de ses manifestations, particulières — personnifiées, en l'occurrence.
(O.K.)

cf. la liberté ta soeur
cf. that isn't the question
cf. de la joie tragique
cf. va donc savoir