N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2011-01-15

anthropastro-nomie

Professeur d'astronomie dans l'une des universités de Minneapolis, il affirme qu'il n'existe aucun rapport entre les constellations et les traits de caractère (ce qui n'est pas surprenant, les astronomes n'ayant jamais eu une très bonne opinion de l'astrologie) :
« Bien sûr qu'on peut faire un lien entre les récoltes aux étoiles. Mais la personnalité ? Non. »

Des effets sur l'agriculture mais pas sur les personnalités ? Encore un con qui se prend pour tellement plus qu'une plante, au-dessus du lot des autres espèces vivantes, comme relevant d'une autre nature au fond nettement plus indépendante. Mais bien sûr ! les Hommes sont suffisamment dégagés de tout ça, des jeux de forces en présence — magnétique(s). À part l'indéniable force d'attraction de leur seule petite planète qui les cloue au sol pour des raisons pratiques, rien d'autre ! Bref : pff !...
(O.K.)

Ulf Büntgen de l’institut fédéral suisse de la recherche sur la forêt, la neige et le paysage a dirigé une étude portant sur l’implication des variations climatiques sur l’évolution et le déclin des civilisations à travers les âges. Grâce à l’étude de trois facteurs, lui et ses collègues ont réussi à retracer les climats, les températures et les précipitations des 2500 dernières années.
C’est en se basant sur 7.284 échantillons de chênes que l’équipe de chercheurs a pu évaluer les précipitations et grâce à  1.089 pignes de pin et 457 échantillons de mélèze qu’ils ont pu reconstituer les températures.
Ils ont ainsi pu constater qu’à chaque revirement dans le climat, quand celui-ci passait du froid et sec au chaud et humide par exemple, l’impact sur les civilisations était immédiat. En effet, l’agriculture s’en trouvait gravement perturbée mais cependant pas suffisamment longtemps pour que les populations aient le temps de s’y adapter.
Ainsi, les revirements climatiques correspondent aux bouleversements politiques et aux vagues de migrations humaines. C’est dans ces conditions que l’empire romain a chuté. De même, dans les périodes relativement stables de l’époque médiévale, on constate que le climat était, lui aussi relativement constant. Mais au moment de la peste, la période était humide et l’épidémie a profité de ces conditions pour se répandre.
Les exemples sont innombrables. A l’heure actuelle, notre société est moins perturbée par les changements climatiques parce que le commerce international et les technologies modernes en atténuent les effets comme le rapporte la revue Science.
(Maxiscience)

cf. as a rolling stone
cf. CHAPITRE : physio-logique

2011-01-13

adroit au brut

Je dis ce que je pense, crois et vois. (...) Mes propos ne sont pas maladroits, mais brutaux. Mais la vie, la réalité est brutale.
(E.Z.)

2011-01-10

c'était d'une tristesse



Là c'est l'entrée de la piscine. Je me suis pété un bras sur la R5 du maître-nageur qui sortait. J'avais des beef-steaks sur mon vélo, ils étaient par terre, c'était d'une tristesse !...
(P.K.)

2011-01-07

su ici de sort...

Qui sait souffrir peut tout oser.
(V.)

Sans le suicide la vie serait à mon avis vraiment insupportable. On n'a pas besoin de se tuer. On a besoin de savoir qu'on peut se tuer. Cette idée est exaltante. Elle vous permet de supporter tout. C'est un des plus grands avantages qui soient donnés à l'homme. C'est pas compliqué. Je ne suis pas pour le suicide, je suis uniquement pour l'utilité de cette idée.
(C.)

Malheureusement cette porte de sortie qu'est le suicide n'est pas toujours accessible. Dans certains cas d'enfer-mement (même dans son propre corps). Où la vie relève alors d'un véritable enfer, « sans porte ni fenêtre ». Preuve que la vie, dans le fond...
Bref, au-dessus des nuages le ciel bleu, mais, au fond, le noir infini — du moins jusqu'à nouvel ordre.
(o.K.)

> sui...c...urieux

2011-01-04

au fond, le tintoret, c'est moi


G.C. — Mais ce qui est difficile c'est surtout de faire comprendre au public, qui lui n'a pas été habitué à voir de la peinture de Tintoret, n'a pas été habitué à lire des livres autour de ce peintre, donc de faire comprendre son oeuvre, sans en passer par des grandes généralités. C'est ça le plus dur. (…)
A.V. — Lui-même, selon vous, veut s'imposer comme un grand artiste, aux yeux de tous.
G.C. — Oui. Alors sans tomber dans la psychologie on sent dans les textes qui sont écrits à l'époque qu'il a une ambition assez grande et une ambition polémique. (…) Quelqu'un qui veut en découdre avec les peintres officiels de l'époque et avec la tradition aussi.
A.V. — Et c'est comme ça que vous interprétez le changement d'échelle auquel il soumet ses oeuvres au cours des années 1545-1548, où il juxtapose de très grandes figures avec d'autres figures, beaucoup plus petites.
G.C. — Oui...
(…)
G.C. — Là encore c'est une pratique assez originale, puisqu'il peint vite – ce qui agace ses contemporains, parce qu'en peignant vite il peint beaucoup et il vend moins cher –, et il invente, en fait, une technique toute simple qui est de préparer la toile avec un fond neutre, généralement sombre, qui lui permet de pas peindre la totalité de sa toile. Donc c'est ce qui lui permet d'aller vite, et il récupère aussi, nous dit-on, les pigments qui ont séché, il les gratte sur sa palette, sur le sol de son atelier, il les fait fondre pour les réutiliser dans ce fond préparatoire. Une pratique étonnante...
(…)
A.V. — Il est intéressant de se pencher sur les visages, tels que Tintoret les peint. Parce que rarement il a recours à l'expressivité.
G.C. — Oui. C'est aussi une option qu'il utilise et qui lui permet de se démarquer des autres peintres comme Titien ou Veronèse qui jouent beaucoup sur la théâtralité ou sur l'expressivité dramatique : les figures dans les représentations religieuses notamment pleurent, crient, se tordent de douleur, et chez Tintoret – alors que c'est vraiment la norme ! – il refuse catégoriquement ce type d'expressivité, et il va même nier ça dans les tableaux qui le réclament comme (…) Le massacre des innocents, où aucune mère n'est éplorée. Et c'est la disposition formelle du tableau qui dit ce drame.
(…)
A.V. — La nouveauté de son langage et sa modernité, au sens d'aujourd'hui, tient aussi au fait que la signification de sa peinture ne dépend pas uniquement du contenu, de l'histoire, de l'iconographie mais du fonctionnement même de l'image.
G.C. — Oui. Et c'est sans doute ça qui a posé tant de problèmes à la réception contemporaine de Tintoret, et le fait qu'on se soit pas tellement intéressé à lui puisque les historiens de l'art aiment beaucoup l'iconographie, essayer de comprendre les messages cachés, [etc.], et ils s'intéressent beaucoup moins à la forme, alors que c'est sans doute par la forme qu'on peut percer le travail de Tintoret, et notamment par cette volonté à chaque fois de verticaliser ses toiles il crée un effet physique sur le spectateur…
(…)
A.V. — Le spectateur a donc un rôle a jouer, aussi, c'est pas un spectateur passif.
G.C. — Non, pas du tout, c'est un spectateur actif et en cela très proche du spectateur qui visite les expositions d'art contemporain, les in situ, où on est noyé dans l'oeuvre et on participe aussi par notre mouvement à l'oeuvre. Et Tintoret travaille beaucoup ce type de scénographie.
(…)
… notamment par le jeu sur les éclairages des salles, qu'il répète à l'intérieur de ses toiles comme si c'était une continuité spatiale. Ainsi il donne une sorte de rapport entre l'espace réel et l'espace fictif et aussi il crée une communauté temporelle, entre l'histoire passée et l'histoire actuelle (…)
A.V. — La parole se substitue à l'action dans un grand nombre de ses peintures et, en même temps, c'est un peintre qui est, vous le soulignez, profondément littéraire, ne serait-ce que parce que ses personnages sacrés ont en main, souvent, des livres.

2011-01-02

bataille pour une économie générale

La vie humaine, distincte de l'existence juridique et telle qu'elle a lieu en fait sur un globe isolé dans l'espace céleste, du jour à la nuit, d'une contrée à l'autre, la vie humaine ne peut en aucun cas être limitée aux systèmes fermés qui lui sont assignés dans des conceptions raisonnables. L'immense travail d'abandon, d'écoulement et d'orage qui la constitue pourrait être exprimé en disant qu'elle ne commence qu'avec le déficit de ces systèmes : du moins ce qu'elle admet d'ordre et de réserve n'a-t-il de sens qu'à partir du moment où les forces ordonnées et réservées se libèrent et se perdent pour des fins qui ne peuvent être assujetties à rien dont il soit possible de rendre des comptes. C'est seulement par une telle insubordination, même misérable, que l'espèce humaine cesse d'être isolée dans la splendeur sans condition des choses matérielles.
(G.B.)

(…) Là où il propose un véritable « changement copernicien » des conceptions économiques de base, c'est quand il aperçoit la différence fondamentale entre l'économie d'un système séparé – où règne un sentiment de rareté, de nécessité, où se posent des problèmes de profit, et où la croissance peut toujours sembler possible et désirable – et celle d'une économie qui est celle de la masse vivante dans son ensemble – où l'énergie est toujours en excès et qui doit sans relâche détruire un surcroît. Montrant que l'étude des phénomènes isolés est toujours une abstraction, il propose un effort de synthèse, qui était jusqu'alors sans précédent, par opposition à l'esprit borné des économistes traditionnels qu'il compare à celui « d'un mécanicien qui change une roue ». Vue profonde, qui a fait son chemin car l'on sait la fortune qu'a connu, depuis que ces lignes furent écrites, le terme d'économie généralisée.
(J.P.)

Un excédent doit être dissipé par le moyen d'opérations déficitaires : la dissipation finale ne saurait manquer d'accomplir le mouvement qui anime l'énergie terrestre.
Le contraire apparaît d'habitude pour la raison que l'économie n'est jamais envisagée en général. L'esprit humain en ramène les opérations, dans la science comme dans la vie, à une entité fondée sur le type des systèmes particuliers (des organismes ou des entreprises). L'activité économique, envisagée comme un ensemble, est conçue sur le mode de l'opération particulière, dont la fin est limitée. L'esprit généralise en composant l'ensemble des opérations : la science économique se contente de généraliser la situation isolée, elle borne son objet aux opérations faites en vue d'une fin limitée, celle de l'homme économique ; elle ne prend pas en considération un jeu de l'énergie qu'aucune fin particulière ne limite : le jeu de la matière vivante en général, prise dans le mouvement de la lumière dont elle est l'effet.
(…)
Ces excès de force vive, qui congestionnent localement les économies les plus misérables, sont en effet les plus dangereux facteurs de ruine. Aussi la décongestion fut-elle en tous temps, mais au plus obscur de la conscience, l'objet d'une recherche fiévreuse. Les sociétés anciennes la trouvèrent dans les fêtes ; certaines édifièrent d'admirables monuments, qui n'avaient pas d'utilité ; nous employons l'excédent à multiplier les « services », qui aplanissent la vie, et nous sommes portés à en résorber une partie dans l'augmentation des heures de loisir. Mais ces dérivatifs ont toujours été insuffisants : leur existence en excédent  malgré cela (en de certains points) a voué en tous temps des multitudes d'êtres humains et de grandes quantités de biens utiles aux destructions des guerres. (…)

En conséquence le principe général de l'excédent d'énergie à dépenser, envisagé (par-delà l'intention trop étroite de l'économie) comme effet d'un mouvement qui le dépasse, en même temps qu'il éclaire tragiquement un ensemble de faits, revêt une portée que personne ne peut nier.
(…)
Je préciserai seulement, sans attendre davantage, que l'extension de la croissance exige elle-même le renversement des principes économiques – le renversement de la morale qui les fonde. Passer des perspectives de l'économie restreinte à celles de l'économie générale réalise en vérité un changement copernicien : la mise à l'envers de la pensée – et de la morale.
(G.B.)


cf. le jeu du monde
cf. la dominance et autre usage
cf. in su ici de

2011-01-01

in su ici de

Je partirai d'un fait élémentaire : l'organisme vivant, dans la situation que déterminent les jeux de l'énergie à la surface du globe, reçoit en principe plus d'énergie qu'il n'est nécessaire au maintient de la vie : l'énergie (la richesse) excédante peut être utilisée à la croissance d'un système (par exemple d'un organisme) ; si le système ne peut plus croître, ou si l'excédent ne peut plus en entier être absorbé dans sa croissance, il faut nécessairement le perdre sans profit, le dépenser, volontiers ou non, glorieusement ou sinon de façon catastrophique.
(...)
Nous pouvons l'ignorer, l'oublier : le sol où nous vivons n'est quoi qu'il en soit qu'un champ de destructions multipliées. Notre ignorance a seulement un effet incontestable : elle nous mène à subir ce que nous pourrions, si nous savions, opérer à notre guise. Elle nous prive du choix d'une exsudation qui pourrait nous agréer. Elle livre surtout les hommes et leurs oeuvres à des destructions catastrophiques. Car si nous n'avons pas la force de détruire nous-mêmes l'énergie en surcroît, elle ne peut être utilisée ; et, comme un animal intact qu'on ne peut dresser, c'est elle qui nous détruit, c'est nous-mêmes qui faisons les frais de l'explosion inévitable.
(G.B.)

cf. bataille pour une économie générale
cf. la dominance et autre usage
cf. fuir l'inhibition de l'action
cf. écart, tellement...
cf. gueuloir

2010-12-31

écart, tellement...

Qu’il fasse mauvais t’évitait la culpabilité de ne pas sortir. Tu pouvais rester chez toi sans qu’apparaisse l’anomalie de ton enfermement. Personne ne venait alors t’interroger sur ton goût pour la chambre.
(...)
Ton corps, comme celui d’un animal, produisait plus d’énergie que nécessaire. Le trop-plein de puissance que tu accumulais se retournait contre toi si tu ne l’évacuais pas. Si tu passais une semaine sans te dépenser, tu trépignais, tes muscles étaient tendus dès le réveil, et ne se relâchaient qu’à la tombée de la nuit.
(E.L. – merci à S.)

cf. in su ici de
cf. délicatescence
cf. amphibie

2010-12-10

le silence infini de l'amer

Vercors dédie [son livre Le Silence de la mer] à Saint-Pol-Roux, « Poète assassiné ». Saint-Pol-Roux est un écrivain, vieil homme qui meurt de chagrin en 1940 quand son manoir contenant tous ses textes inédits est pillé, peu après qu'un soldat allemand a violé sa fille et tué sa servante. Tout comme Le Silence de la mer veut évoquer une résistance muette au bord des cris, cet homme qui meurt brisé, presque futilement, est le symbole même de la lutte silencieuse de Vercors.

Saint-Pol-Roux, ami de Jean Moulin et de Max Jacob, est mort en décembre 1940 à l'hôpital de Brest six mois après qu'un soldat allemand ivre eut forcé la porte de son manoir, tué sa servante et violé sa fille, Divine (le viol fut réfuté par la suite).

Dans la nuit du 23 au 24 juin 1940, un soldat allemand investit le manoir, tue la fidèle gouvernante et blesse grièvement sa fille, Divine, à la jambe, d'une balle de révolver. Il sera souvent dit et écrit que le soldat viola Divine, chose qu'elle réfuta par la suite. Saint-Pol-Roux échappe miraculeusement à la mort. Le soldat allemand s'enfuit, effrayé par le chien de la maison, [il] fut arrêté, condamné à mort par un Conseil de guerre et fusillé.
Saint-Pol-Roux, qui était à Brest pour s'occuper de sa fille suite à ce méfait, avait négligé de mettre ses inédits en lieu sûr. Lorsqu'il retourna à Camaret, il trouva le manoir livré au pillage et ses manuscrits déchirés, dispersés ou brûlés : il ne se remit pas de ce second choc. Transporté le 13 octobre à l'hôpital de Brest, Saint-Pol-Roux « le Magnifique », « mage de Camaret », atteint d'une crise d'urémie, y meurt de chagrin le 18 octobre [1940].
[Son] « manoir de Coecilian » fut bombardé en août 1944 par les avions alliés et complètement incendié. Il ne reste, de nos jours, que quelques vestiges de cette demeure.



En 1882, Saint-Pol-Roux (natif de Marseille) part s'installer à Paris et commence des études de droit, qu'il ne terminera jamais. Il fréquente en particulier le salon de Stéphane Mallarmé pour qui il a la plus grande admiration. Il gagne une certaine notoriété, essaie quelques pseudonymes et signe à partir de 1890 « Saint-Pol-Roux ». Il tente de faire jouer une de ses pièces, la Dame à la faux, par Sarah Bernhardt. Il est même interviewé par Jules Huret, en tant que membre du mouvement symboliste. Il aurait peut-être participé à la Rose-Croix esthétique de Péladan. Mais il n'y appartient pas très longtemps, car il ne figure pas parmi les signataires sur l'original du document. Saint-Pol-Roux s'est sans doute intéressé à cette audacieuse tentative littéraire, et a dû la quitter rapidement. En 1891, il rencontre sa future femme, Amélie Bélorgey. À cause de difficultés financières, Saint-Pol-Roux quitte Paris.
Son exil l'amènera d'abord à Bruxelles, avant qu'il ne trouve une retraite paisible dans les forêts d'Ardenne. C'est là, en toute tranquillité, qu'il terminera sa Dame à la faux. Après un court retour à Paris, Saint-Pol-Roux quitte la capitale définitivement en 1898.

Il exécra rapidement la capitale pour son ostracisme et la médiocrité du milieu de la critique littéraire, qu'il ignora avec autant de superbe qu'elle le méconnut.

Il s'installe ensuite avec sa femme à Roscanvel dans le Finistère, où naît sa fille Divine. La « chaumière de Divine » devenue trop petite, il s'installe à Camaret-sur-Mer et fait de la Bretagne le centre de gravité de son œuvre.

Il profite des subsides que lui avait assurés un opéra, Louise, dont il avait rédigé pour Gustave Charpentier le livret. Il acheta en 1903 une maison de pêcheur surplombant l'océan, au-dessus de la plage de Pen-Had, sur la route de la pointe de Pen-Hir. Il la transforme en manoir à huit tourelles dont la maison formerait le centre et baptisa la demeure « Manoir du Boultous ». À la mort de son fils Coecilian, mort en 1914 près de Verdun, il le renommera « Manoir de Coecilian » dont on peut encore voir les ruines.

Il reçoit de nombreux artistes et écrivains comme André Antoine, Victor Ségalen, Alfred Vallette, Max Jacob, André Breton, Louis-Ferdinand Céline et même, en 1932, Jean Moulin, alors sous-préfet de Châteaulin. Les membres du mouvement surréaliste le considèrent comme un prédécesseur. André Breton publia son "Hommage à Saint-Pol-Roux" le 9 mai 1925 dans Les Nouvelles Littéraires, où il revendiqua Saint-Pol-Roux comme le seul authentique précurseur du mouvement dit moderne.

Saint-Pol-Roux représente l'archétype du « poète oublié ». C'est à ce titre qu'André Breton lui dédie le recueil Clair de terre (ainsi qu'à « ceux qui comme lui s'offrent le magnifique plaisir de se faire oublier ») et que Vercors lui dédie Le Silence de la mer (« le poète assassiné »).

De son vivant même, son œuvre restait méconnue, pourtant il a été célébré aussi bien par les symbolistes (notamment Rémy de Gourmont) que les surréalistes (qui donneront un banquet à la Closerie des lilas en son honneur en 1925, lequel tourna au pugilat et dont Saint-Pol-Roux s'enfuit, effrayé).

À partir de la Libération, Divine tentera en vain que l'oubli ne se fasse pas sur l'œuvre de son père. Malgré les études de Michel Décaudin, la parution d'un volume dans la collection "Poètes d'aujourd'hui" chez Seghers et les émissions de Jean-Pierre Rosnay à la radio, où il fit dire quelques-un de ses poèmes, Saint-Pol-Roux reste largement méconnu.

Saint-Pol-Roux a tenté de créer une œuvre d'art totale. Ce rêve de la littérature symboliste, consistait à créer une œuvre parfaite répondant à tous les sens. Saint-Pol-Roux s'était donc intéressé au genre théâtral et à l'opéra, pendant ses années parisiennes. A la fin de sa vie, il s'émerveille des possibilités artistiques offertes par le cinéma.
[w.]

2010-11-17

fragmentisme

C. — Je crois que la philosophie n'est plus possible qu'en tant que fragment. Sous forme d'explosion. Il n'est plus possible, désormais, de se mettre à élaborer un chapitre après l'autre, sous forme de traité. En ce sens, Nietzsche a été éminemment libérateur. C'est lui qui a saboté le style de la philosophie académique, qui a attenté à l'idée de système. Il a été libérateur, parce qu'après lui, on peut tout dire… Maintenant, nous sommes tous fragmentistes, même lorsque nous écrivons des livres en apparence coordonnés. Ce qui va aussi avec notre style de civilisation.
F.S. — Cela s'accorde également avec notre probité. Nietzsche disait que dans l'ambition systématique, il y a un manque de probité…
C. — À propos de la probité, je vais vous dire quelque chose. Quand quelqu'un entreprend un essai de quarante pages sur quoi que ce soit, il part de certaines affirmations préalables et il en reste prisonnier. Une certaine idée de la probité l'oblige à aller jusqu'au bout en les respectant, à ne pas se contredire ; cependant, tandis qu'il progresse, le texte lui présente d'autres tentations, qu'il lui faut rejeter, parce qu'elle s'écarte de la voie tracée. On est enfermé dans un cercle que l'on a soi-même tracé. C'est ainsi qu'en se voulant probe, on tombe dans la fausseté, et dans le manque de véracité. Si cela se produit dans un essai de quarante pages, que ne se passera-t-il pas dans un système ! Là est le drame de toute réflexion structurée : ne pas permettre la contradiction. C'est ainsi que l'on tombe dans le faux, que l'on se ment pour sauvegarder la cohérence. En revanche, si l'on produit des fragments, on peut, en une même journée, dire une chose et son contraire. Pourquoi ? Parce que chaque fragment est issu d'une expérience différente, et que ces expériences, elles, sont vraies : elles sont l'essentiel. On dira que c'est irresponsable, mais si tel est le cas, ce le sera au sens même où la vie est irresponsable. Une pensée fragmentaire reflète tous les aspects de votre expérience ; une pensée systématique n'en reflète qu'un seul aspect, l'aspect contrôlé, et par là même, appauvri. En Nietzsche, en Dostoïevski, s'expriment tous les types d'humanité possible, toutes les expériences. Dans le système, seul parle le contrôleur, le chef. Le système est toujours la voix du chef : c'est pour cela que tout système est totalitaire, alors que la pensée fragmentaire demeure libre.
(C.)

On a le don d’étouffer toute vie en cherchant et en posant un premier principe abstrait. (…) En fait, le premier principe est toujours un masque, une simple image, ça n’existe pas, les choses ne commencent à bouger et à s’animer qu’au niveau du deuxième, troisième, quatrième principe, et ce ne sont même plus des principes. Les choses ne commencent à vivre qu’au milieu.
(G.D.)

2010-11-16

le monde aura passé notre tour

Il faudrait y vivre tout seul, et en hiver. Comme moi, quoi. Mais enfin tout ça est généralisé. Cet isolement de chacun, de presque chacun. Ça se retrouve même sur internet. Ça devrait changer un jour, mais en attendant ça aura été notre époque, notre jeunesse sacrifiée, notre « guerre ». Sida (M.S.etc.), préservatif, chômage, glaciation sociale... et j'en passe !... Bref, pour nous, ça aura été ce refrain de brigitte fontaine : « Il fait froid dans le moooonde ! » Qui continue par :  « Ça commence à se savoir. »
Mais le temps de s'en rendre compte, en prendre acte, que ça réagisse, et s'organise... on aura passé, pour ce qui est de notre compte(ur). Passé notre tour. Le monde aura tourné... « tourné sans nous... sans nous attendre. »

2010-11-15

le crépuscule n'est pas la nuit

Du crépuscule c'est pas l'horaire mais la lumière! qui me déchante. Cet orangé dégueulasse, rouquin, cette agonie du jaune. Jaune étant ma couleur préférée, comme le soleil. (Comprendre aussi à cet égard mon immémorial penchant pour les filles blondes, solaires, et le contraire pour les rouquines, crépusculaires – que je distingue des simples rousses. Peut-être.) En tout cas voilà. Et le crépuscule n'est pas la nuit, donc. Question lumière : rien à voir. La nuit est mon autre couleur préférée, le noir. À la nuit mon rythme s'apaise, ralentit, s'approfondit, je m'appartiens mieux. La journée me rend troublé, limite affolé, comme un insecte par la lumière électrique ; tandis qu'avec la nuit s'installe ma vitesse de croisière, le calme pour faire ; légèrement hors du monde, du mondain, et plus ou mieux au coeur du mien.
(O.K.)

La nuit, tu percevais moins l’écoulement du temps. Les devoirs urbains étaient repoussés au lendemain. Aucun acte social ne pouvait être entrepris, rien ne te distrayait plus de toi-même. Tu devenais contemplatif sans culpabilité, et sans autre limite que ta fatigue.
(E.L. – merci à S.)

Le jour m’éblouit.
Le soir m’apaise.
La nuit m’enveloppe.
(E.L. – merci à S.)

2010-11-13

à la réaction

« La folie actuelle », oui, ou les prémices de l'avenir, ma chère. Balbutiantes ou maladroites. Mais l'humanité déroule son destin, dont on n'est guère que grains. Et pas plus que d'où elle vient on ne sait vraiment où elle va, quel est-il, ce destin. (J'entends « destin » au sens cosmo-logique plus que programmatique.) S'en faire une idée et juger tout en fonction, c'est ce qu'on appelle la morale : à défaut de connaître l'origine de cette humanité on délire volontiers sur sa fin, sinon son sens – qu'on prend alors pour une direction, à tenir. Voilà le lieu, l'enjeu de la morale. Et c'est n'y pas comprendre grand chose, en fait... à la grande chose – que j'appelle la cosmo-logique. Précisément, même, moins on comprend, plus on moralise, disait deleuze, qui comprenait manifestement beaucoup de choses. Bref, le monde et l'Homme tels qu'on les connaît ou croit les connaître ne sont que passage et métamorphose, avec tout le reste. Donc, au moins, l'Homme actuel n'a « rien de définitif », il n'est qu'un pont. Un pont entre les ponts. Tout est devenir. Le reste n'est que Morale.
(O.K.)

2010-11-12

[u] en étais-je ?

Oui, les génies, ça ne manque pas. À notre niveau il n'y a plus qu'à recopier ! Et recycler, par montages. C'est ce que font déjà certains présents génies... du futur. Eh oui, les génies sont d'abord de simples vivants, parmi les autres, avec des amis, des manies, des simplicités, avant de devenir reconnus par les siècles. Voilà aussi pourquoi ils passent d'abord inaperçus, souvent. Les vrais. Non pas les faux à la mode : c'est plus rares. Inaperçus même auprès de leurs proches. Et surtout ? Puisqu'on en est à nietzsche, prenons seulement nietzsche. Etudie son cercle d'amis. Moi je le connais. Catastrophe. Solitude immense, et, je pourrais dire : absolue. Certes ontologique, déjà, comme tout le monde. ; seulement, aggravée, accentuée, radicalisée par le génie. Sur « la cime », quoi. Glacée. Vertigineuse. Et je pourrais aligner les noms : flaubert, etc. Mais presque tous. Et je dirais même : tous, par définition. Même eux-mêmes ne sont pas en mesure de mesurer à quel point ! Naturellement. (Sinon ils deviendraient (tous) fous sur place. Je peux te le dire. Je crois pouvoir te le dire. On ne mesure pas, ou pas tellement, et mieux vaut ne pas mesurer, tellement.) Mais... j'en étais où ? Qu'est-ce que je voulais dire ?...
(O.K.)

cf. conpréhensiom
cf. l'ascésure
cf. ottocrédit
cf. k.abbale
cf. les certitudes, ça, (g)rands fous
cf. au fond, proust, c'est moi (1)
etc.

amphibie

Mon amphivie. (o.k.)

cf. écart tellement...

2010-11-11

1910-2010

Paraît-il que ma voisine d'en face serait morte.
Elle devait avoir 100 ans bientôt. Ce mois-ci, même, je crois.
Et il se pourrait bien que ce soit le coup de bouderie de sa soeur, l'autre jour, qui lui ait foutu un coup. C'est mon analyse. Elle était déconfite, ce jour-là, qui à duré toute une journée, si je puis dire. Car c'est après elle que sa soeur en avait, dans sa fugue. Maintenant, cette dernière se retrouve seule, comme une..., seule, dans l'appartement qu'elles partageaient, et comme elle est à moitié aveugle, elle va peut-être atterrir en maison de retraite, je sais pas. Sa soeur était incroyablement en forme pour son âge. C'était vraiment incroyable. (Adèle pourrait en témoigner.) Elle faisait encore ses courses, et son ménage, épaulait sa soeur pour marcher, et discutait même avec moi de fenêtre à fenêtre !... Je me disais encore hier, hier encore, que j'étais en contact, là, en présence, à quelques mètres en face, en con-temporanéité avec quelqu'un qui nous venait quand même du début de XXème siècle ! 1910 ! Une sorte de monstre du passé, persistant jusque devant moi. M'englobant dans l'histoire – je sais pas si je dois l'écrire avec un H majuscule, je pourrais. C'est une émotion que tout le monde ne partage pas, je suppose. Comme cette petite solitude de Barthes, dans La chambre claire. Moi ça me fascine. Je fais partie de ceux-là, profondément.

« Un jour, il y a bien longtemps, je tombai sur une photographie du dernier frère de Napoléon, Jérôme (1852). Je me dis alors, avec un étonnement que depuis je n'ai jamais pu réduire « je vois les yeux qui ont vu l'Empereur. » Je parlais parfois de cet étonnement, mais comme personne ne semblait le partager, ni même le comprendre (la vie est ainsi faite à coups de petites solitudes), je l'oubliai. Mon intérêt pour la Photographie prit un tour plus culturel. » (Barthes, La chambre claire.)
 (o.K.)

pré-tention

Ma sorte de « prétention » n'est, au fond, qu'une forme d'impatience. Intenable.
(O.K.)

cf. vague al'arme

KE6PZH

Connu mondialement par les radioamateurs sous les indicatifs KE6PZH et FO5GJ, [Marlon] Brando est inscrit dans la base de données du FCC sous le nom de Martin Brandeaux. À l'occasion, on pouvait l'entendre avec son indicatif FO5GJ émettant depuis son île privée en Polynésie française. En 1994, au cours d'une entrevue sur CNN avec Larry King, Marlon Brando avait confirmé qu'il s'intéressait toujours au radio amateurisme. En réponse à une question d'un téléspectateur, il avait révélé que le radio amateurisme lui permettait d'avoir l'opportunité « d'être simplement lui-même ».
(w.)

2010-11-10

le second souffle

J'avais le secret du plaisir à vivre – c'était par les petites choses, les moindres choses, celles où l'on n'ose pas voir l'immensité, – les oeuvres du temps dont l'éternité est jalouse. (La jalousie n'a rien à voir là-dedans; l'éternité ne s'occupe de rien, les petites choses le savent, pas nous.)
(H.T.)

Le temps diminue chez nous l'intensité des plaisirs absolus, comme parlent les métaphysiciens ; mais il paraît qu'il accroît les plaisirs relatifs : et je soupçonne que c'est l'artifice par lequel la nature a su lier les hommes à la vie (...)
(C.)

cf. tant la vie