N'en jetons presque plus ! Trions, reprenons, détournons.
L'essentiel est presque bien dit et redit, en long, en large...
Reprenons serré, de travers, à travers.
Par les moyens d'avenir du présent. Pour le présent de l'avenir.
(OTTO)KARL

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2009-10-31

couple mégéré

Le fer un jour dit à l’aimant : « C’est toi que je hais par-dessus tout ; tu m’attires, mais tu n’es pas assez fort pour me retenir. ».
(F.N.)

... voir tous ces couples (de campagne ou d'ailleurs) où la femme est finalement passée dominante... et tout le monde s'en trouve malheureux, sans trop savoir pourquoi, ou vouloir le savoir ou l'admettre, à commencer par elle, qui le fait souvent payer cher à tout le monde, à commencer par lui, qu'elle méprise et humilie d'autant plus qu'il se révèle toujours plus incapable de renverser la situation, la spirale, impuissant. Sa faute ? Avoir montré des failles, des paresses, des faiblesses, des tendresses, des lâchetés : avoir été humain, de trop près ; ou psychologisé. Bref, ne pas avoir été, sur la durée et la proximité, à la hauteur de son idéal (préfabriqué) à « elle ». Peu à peu, par la promiscuité, la démocratisation du foyer, etc., l'individualisme s'est durci, les déceptions multipliées, le mépris insinué, d'abord par piques, sans assez de réactions... Et insinué par où ? Encore une fois, dans les failles de l'idéal masculin et humain qu'on nous met dans la tête, des femmes y compris, donc. Tous victimes. Et, comme je me le suis entendu penser l'autre jour, plus généralement, il faut reconnaître que dans cette histoire aussi : les femmes n'ont pas toujours cette classe, que les hommes n'ont pas souvent non plus.
(o.K.)

Mon ange, je t'ai punie à tant me sacrifier / Icône idolâtrée, immondice à la nuit / Mon ange, je t'ai haïe, je t'ai laissée tuer / Nos jeunesses ébauchées, le reste de nos vies / Si loin de moi, si loin de moi, si loin de moi, si loin de moi...
((A.B.))

L'amour aussi bien que le feu ne peut subsister sans un mouvement continuel ; et il cesse de vivre dès qu'il cesse d'espérer ou de craindre.
(F.d.L.)


cf. ceux qui n'ont pas leur content
cf. coquillage & rocher (ou roger ?)
cf. O+
cf. king/kang
cf. les trop chères tyrans chéries
cf. dyspaartition
cf. conditionnel impératif
cf. existence mégérée (à reprendre)

2009-10-30

du vaginal au vaginalisme ⓚ

. L'amour avec [elle] ne m'épuisait jamais. (...) nous jouissions vite et ensemble, dans un paroxysme tendre et violent.
. Nous étions déjà accouplés et retrouvions un mouvement plus sauvage, plus agressif, elle sans doute dans son désir inconscient et irréaliste de m'absorber et moi dans l'espoir de retrouver la liberté et le repos. Ces pulsions contraires aboutirent à une nouvelle explosion simultanée, et au silence des méduses.
(J.P.)

cf. vaginalisme ⓚ (équation) 
cf. au fait de son égoïsme
cf. pour une sexualité performative

à propos sur le bonheur


DÉBUT :
Lorsqu'un petit enfant crie et ne veut pas être consolé, la nourrice fait souvent les plus ingénieuses suppositions concernant ce jeune caractère et ce qui lui plaît et déplaît ; appelant même l'hérédité au secours, elle reconnaît déjà le père dans le fils ; ces essais de psychologie se prolongent jusqu'à ce que la nourrice ait découvert l'épingle, cause réelle de tout.
(...)
L'impatience d'un homme et son humeur viennent quelquefois de ce qu'il est resté trop longtemps debout ; ne raisonnez point contre son humeur, mais offrez-lui un siège. (...)
et chacun sait qu'un enfant qui crie fait crier les autres ; bien pis, l'on crie de crier. Les nourrices, par un mouvement qui est de métier, mettent l'enfant sur le ventre ; ce sont d'autres mouvements aussitôt et un autre régime ; voilà un art de persuader qui ne vise point trop haut. (...)
ne dites jamais que les hommes sont méchants ; ne dites jamais qu'ils ont tel caractère. Cherchez l'épingle. (...)
Et je ne vois pas beaucoup de différence entre un homme qui s'abandonne à la colère et un homme qui se livre à une quinte de toux. De même la peur est une angoisse du corps contre laquelle on ne sait point toujours lutter par gymnastique. La faute, dans tous ces cas-là, c'est de mettre sa pensée au service des passions, et de se jeter dans la peur ou dans la colère avec une espèce d'enthousiasme
farouche. En somme nous aggravons la maladie par les passions ; telle est la destinée de ceux qui n'ont pas appris la vraie gymnastique. Et la vraie gymnastique, comme les Grecs l'avaient compris, c'est l'empire de la droite raison sur les mouvements du corps. Non pas sur tous, c'est bien entendu.
Mais il s'agit seulement de ne pas gêner les réactions naturelles par des mouvements de fureur. Et, selon mon opinion, voilà ce qu'il faudrait apprendre aux enfants, en leur proposant toujours pour modèles les plus belles statues, objets véritables du culte humain.
(A.)

ETC. ETC.

2009-10-28

au fond, claude minière, c'est moi


(C.M.) :: "3'42''::

du planeur


(J.R.)(O.K.) :: 2'48''::

> CHAPITRE : s'en sortir sans sortir

miss civilisation

Mais, hélas, une courbe qui a monté doit redescendre : loi terrible de la vie. La civilisation est un organisme vivant, comme une fleur, comme un canard dans la mare, comme un homme. Elle naît, elle grandit, elle mûrit, elle vieillit, elle meurt. Ou bien on la tue. Et quand elle vieillit, il se passe en elle ce qu'il se passe dans n'importe quel organisme : ses tissus s'appauvrissent, ses éléments se dissocient, tentent anarchiquement de survivre au détriment des autres et dépérissent. Alors l'artiste n'est plus nécessairement accordé à son temps, ni à son groupe. Il arrive même qu'il s'y oppose de toutes ses forces, le salut devenant solitaire au milieu de l'agonie collective. Les deux options possibles de l'artiste, aujourd'hui où de nombreux signes annoncent qu'il y a quelque chose de pourri au royaume d'occident, sont donc d'accepter ou de refuser la décadence. [Ou...]
(M.M.)
cf. notre destin, tranquille
cf. comme un légo avec du vent
cf. born into this

2009-10-25

souffrage universel

. Tel que [le suffrage universel] est constitué, un seul élément prévaut au détriment de tous les autres : le nombre domine l'esprit...
. Notre salut [serait] dans (...) une majorité qui se composera d'autre chose que de chiffres.
((G.F.))

cf. notre troupocratie

2009-10-23

born into this

Nés comme ça, dans ça, (...) un endroit où les masses élèvent des imbéciles au rang de riches héros. Nés dans ça, marchant et vivant à travers ça, mourant à cause de ça. Castrés, débauchés, déshérités à cause de ça. Les doigts se tendent vers un Dieu impassible. Les doigts se tendent vers la bouteille; le cachet, la poudre. (...) Nés de ça, le soleil caché là-bas, dans l'attente du chapitre suivant...
(C.B.)

cf. de l'homme moyen
cf. miss civilisation

de l'homme moyen

Il y a assez de traitrise, de haine, de violence,
D'absurdité dans l'être humain moyen
Pour approvisionner à tout moment n'importe quelle armée
Et les plus doués pour le meurtre sont ceux qui prêchent contre
Et les plus doués pour la haine sont ceux qui prêchent l'amour
Et les plus doués pour la guerre - finalement - sont ceux qui prêchent la paix

Méfiez-vous
De l'homme moyen
De la femme moyenne
Méfiez-vous de leur amour

Leur amour est moyen, recherche la médiocrité
Mais il y a du génie dans leur haine
Il y a assez de génie dans leur haine pour vous tuer, pour tuer n'importe qui

Ne voulant pas de la solitude
Ne comprenant pas la solitude
Ils essaient de détruire
Tout
Ce qui diffère
D'eux

Étant incapables
De créer de l'art
Ils ne comprennent pas l'art

Ils ne voient dans leur échec
En tant que créateurs
Qu'un échec
Du monde

Étant incapables d'aimer pleinement
Ils croient votre amour
Incomplet
Du coup, ils vous détestent

Et leur haine est parfaite
Comme un diamant qui brille
Comme un couteau
Comme une montagne
Comme un tigre
Comme la ciguë
Leur plus grand art.
(C.B.)

(C.B.) :: 1'39''::

cf. born into this

2009-10-20

le premier homme (con)venu

Et somme toute les gens ordinaires, les hommes de la rue le savent. Évidemment ils ne s'en font pas une idée très nette. On ne peut pas s'en faire une idée très nette. Mais ils se conduisent en tout cas comme s'ils le savaient très bien. Je me suis demandé souvent pourquoi ils regardent de si haut les hommes politiques et les grands auteurs. Par exemple, les grands conférenciers. Quand on songe à tous les efforts qu'a dû faire l'écrivain ou le conférencier, quand on songe combien c'est difficile et par instant décourageant de faire un livre ou une conférence, naturellement on trouve ça injuste. Mais la raison est très simple. C'est que l'homme politique ou le grand auteur est un homme qui ne supportent pas l'étrange, la terrible condition commune (que l'homme de la rue, lui, supporte très bien). Il cherche à s'en évader, à faire des projets : à force d'actions extraordinaires, ou de raisonnements admirables. (...) C'est une sorte de fuyard. (Et l'homme de la rue sent très bien cela.) (...) nous courons le grand risque, sitôt que nous écrivons ou nous parlons, d'être inégaux à nous-mêmes : de trahir le premier venu — que nous portons en nous.
(J.P.)
cf. philosofi!

vivre sans ailes

Et tous deux s'avouèrent qu'ils étaient las des philosophes. Tant de systèmes vous embrouille. La métaphysique ne sert à rien. On peut vivre sans elle.
(G.F.)

cf. au fond, claude minière, c'est moi

2009-10-19

l'équilibre follain

L'ÉQUILIBRE TERRESTRE
Il monte de la forge une dernière étincelle
dans leur grand loisir
les objets reposent
et toutes ces poussières
dans l'air suspendues
qui faisaient se trahir des voix
ou se fermer des yeux
descendent sur les choses
tandis que dans un chemin
un papillon mort
rouge et noir
se désagrège seul
que les robes ôtées
perdent de leur tiédeur
et que les mains d'enfant
dont la croissance se poursuivrait
durant des années longues
pétrissent par jeu la terre
(J.F. — E37)

LES ENFANTS
Les enfants jouent au théâtre
jusqu'à l'heure
du souper dans la nuit qui vient
alors les grandes personnes les appellent
le garçon a les yeux si clairs
puis voici celle qui mourra jeune
et celle dont sera seul le corps
tous se lavent les mains dans l'ombre
près des végétaux flamboyants
et sont encore dans ce temps
que l'on vit dans l'éternité
(J.F. — T119)

LES JARDINS
S'épuiser à chercher le secret de la mort
fait fuir le temps entre les plates-bandes
des jardins qui frémissent
dans leurs fruits rouges
et dans leurs fleurs.
L'on sent notre corps qui se ruine
et pourtant sans trop de douleurs.
L'on se penche pour ramasser
quelque monnaie qui n'a plus cours
cependant que s'entendent au loin
des cris de fierté ou d'amour.
Le bruit fin des râteaux
s'accorde aux paysages
traversés par les soupirs
des arracheuses d'herbes folles.
(J.F. — E33)

POISSONS
Les poissons
vus par l'économie
sont abaissés par des mains éplucheuses
grattant l'écaille
scrutant l'oeil mort
alors qu'au jardin ploient les tiges
et que l'air pur qui passe
par l'entrebâillement d'une fenêtre
flatte une femme qui se dévêt
et qui jamais n'a vu la mer.
(J.F. — T138)

MÉTAPHYSIQUE
Quand ils l'aperçoivent
au fond des chaumières
ses mains soutenant
le bol à fleurs bleues
devant ses seins tendres
ils sentent l'ardeur
puis tout s'évapore
du décor fragile
pour laisser flotter
la seule odeur nue
de métaphysique.
(J.F. — E28)

2009-10-18

au fond, jean follain, c'est moi

Pour Jean Follain, tout événement, toute vision appartient à un passé virtuel, comme s'il ne pouvait vivre et voir qu'à reculons. (—)
il y faut (...) quelque chose qui semble aller à l'opposé du but et fait pourtant qu'il est atteint comme par éclairs : une attention presque superstitieuse envers les vestiges d'anciennes existences... (H.T.)
et l'oeuvre de follain prend, par contraste, toute sa singularité, patiemment menée non pas tellement à l'encontre d'une « poétique » qu'elle se borne à refuser, que contre ce qui nous dérobe le réel, et nous dérobe à lui. (...)
Refuser l'illusion lyrique, vaincre par le langage commun l'angoisse de l'homme sans assise dans la durée, tel est le dessein de jean follain. (H.T.)

2009-10-17

du vécu, l'existence


(L.B.)(O.K.) :: 1'30''::

cf. éééévééénemeeeenttttsssssss...
cf. otto k.arl, tempsperdu...
cf. l'autre temps : pas perdu

henri, tome A

On a le sentiment que le jeune Henri Thomas ne peut pas vivre sans écrire ce qu'il vit ; ni vivre si ce n'est pas destiné à être aussitôt consigné.
Henri Thomas note : « Mon Carnet m'est utile pour m'assurer de ce bien : la pensée qui s'articulait mal tant que je la gardais dans l'esprit seulement, une fois écrite prend de la consistance, peut me défendre mieux. »
(-)
Une certaine façon de passer les jours est toute ma morale.
(H.T.)

cf. EN PHrASE
cf. le nécessaire d'écrire
cf. du bénéfice d'avoir écrit
cf. pourquoi écrire quand même
cf. du vécu, l'existence